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Fluctuat Nec Mergitur

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Fluctuat Nec Mergitur

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J’ai regardé… 13 Novembre – Fluctuat Nec Mergitur de Netflix

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J’ai regardé… 13 Novembre – Fluctuat Nec Mergitur de Netflix

J’ai regardé… 13 Novembre – Fluctuat Nec Mergitur de Netflix
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La police en Lamborghini

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Ce 23 septembre 2011 une journée pas comme les autres, sous un tonnerre d’applaudissement à l’assemblée de l’ONU : Demande de reconnaissance de l’Etat Palestinien et au droit légitime d’être membre de l’ONU en tant qu’Etat de Palestine avec Jérusalem comme capitale. Maï Salaün

Palestinian President Mahmoud Abbas

Image via Wikipedia

Ce 23 septembre 2011 une journée pas
comme les autres,
sous un tonnerre d’applaudissement
à l’assemblée de l’ONU :
Demande de reconnaissance de l’Etat Palestinienet au droit légitime d’être membre de l’ONUen tant qu’Etat de Palestineavec Jérusalem comme capitale. Maï SalaünMahmoud Abbas demandela reconnaissance d’un Etat palestiniens à l’ONU

Publié le 23-09-11 à 20:10    Modifié à 19:39

NATIONS UNIES (AP) — Mahmoud Abbas franchit le Rubicon. Bravant l’opposition d’Israël et des Etats-Unis, le président de l’Autorité palestinienne a demandé vendredi la reconnaissance pleine et entière d’un Etat palestinien aux Nations unies. Par ailleurs, alors que les tensions autour de ce dossier font craindre un regain de violence au Proche-Orient, un Palestinien a été tué dans des affrontements avec des soldats et colons israéliens en Cisjordanie.

Malgré les ultimes pressions exercées notamment par Washington ces derniers jours pour tenter de l’en dissuader, Mahmoud Abbas a adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, demandant que la demande de reconnaissance soit immédiatement transmise au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale. « Le président Abbas vient de soumettre la candidature palestinienne au secrétaire général », a annoncé sur Twitter peu avant midi, heure de New York, le porte-parole de M. Ban.

Un peu plus tard, dans son discours à la tribune de l’Assemblée générale, Mahmoud Abbas, qui a gagné l’estrade sous des applaudissements nourris, a dénoncé la poursuite de la colonisation israélienne sur les terres revendiquées par les Palestiniens. Des négociations avec Israël « n’auront pas de sens » tant que la colonisation se poursuit, a-t-il expliqué. Une colonisation qui « est responsable de l’échec persistant des tentatives successives pour sauver le processus de paix », « menace la structure de l’Autorité palestinienne, et risque même de mettre un terme à son existence », a-t-il souligné.

Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, s’exprimant depuis la tribune de l’Assemblée générale peu après Mahmoud Abbas, a affirmé que son pays « avait la volonté de faire des compromis douloureux ». « Je tends ma main au peuple palestinien, avec lequel nous cherchons une paix juste et durable », a-t-il assuré.

Les Palestiniens, a-t-il ajouté, « devraient vivre dans un Etat libre à eux, mais ils devraient être prêts à des compromis » et « commencer à prendre au sérieux les inquiétudes d’Israël en matière de sécurité ».

La demande de reconnaissance palestinienne s’appuie sur deux résolutions onusiennes portant sur la partition de la Palestine et les frontières d’avant la guerre des Six-Jours en 1967, a précisé un diplomate palestinien sous le couvert de l’anonymat.

M. Abbas demande à l’ONU de reconnaître un Etat palestinien dans les frontières de 1967 -incluant la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza-, qui deviendrait le 194e Etat membre de l’organisation si la requête était adoptée.

Mais il semble exclu que le Conseil de sécurité, dont l’accord est indispensable, donne son feu vert, les Etats-Unis ayant promis de mettre leur veto. Washington estime que la création d’un Etat palestinien doit passer par des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens.

Pour être adoptée, la demande doit recueillir le soutien de neuf des 15 membres du Conseil, ce qui ne semble pas acquis, et ne faire l’objet d’aucun veto parmi les cinq membres permanents. Le vote au Conseil ne devrait toutefois ne pas avoir lieu avant des semaines ou des mois, laissant ainsi du temps à la diplomatie internationale pour tenter de relancer les négociations israélo-palestiniennes.

En outre, l’initiative de M. Abbas ne devrait rien changer dans l’immédiat sur le terrain. Israël devrait ainsi continuer à occuper la Cisjordanie et à restreindre strictement l’accès à la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas.

Mais les Palestiniens espèrent avec leur demande faire monter la pression internationale pour pousser l’Etat hébreu à accepter de négocier sur la base des frontières de 1967.

Si la demande est rejetée comme prévu, les Palestiniens demanderont probablement à l’Assemblée générale de rehausser leur statut actuel d' »observateur non membre » à l’ONU, en leur accordant celui d' »Etat observateur non membre », comme le Vatican. Ce qui leur permettrait d’adhérer à des agences de l’ONU et à des traités internationaux, y compris celui qui fonde la Cour pénale internationale (CPI).

Mercredi, le président français Nicolas Sarkozy avait plaidé à l’ONU pour cette solution intermédiaire, également souhaitée par Washington, en lieu et place d’une demande de reconnaissance pleine et entière.

Les tensions autour de l’initiative palestinienne font craindre une nouvelle flambée de violence. Vendredi, un homme de 35 ans a été tué près du village de Qusra, en Cisjordanie, lors d’affrontements avec des soldats et colons israéliens.

Des incidents sans gravité ont également été signalés ailleurs dans la région, alors que, dans la soirée, des milliers de Palestiniens en liesse se rassemblaient dans les rues, pour suivre sur des écrans en plein air l’intervention de Mahmoud Abbas à l’ONU, et marquer cette nouvelle journée historique dans l’histoire palestinienne. AP

lma/v/nc/pyr

    • Abbas demande l’adhésion d’un État palestinien à l’ONU

      Mots clés : 

      Par lefigaro.frMis à jour le 23/09/2011 à 22:03 | publié le 23/09/2011 à 18:45 Réactions(57)

      Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas remet sa demande d'adhésion au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
      Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas remet sa demande d’adhésion au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Crédits photo : Seth Wenig/AP
      Le président de l’Autorité palestinienne a demandé vendredi aux Nations unies de reconnaître un État dans les frontières de 1967. Israël dit «regretter» sa décision.
      Malgré d’intenses pressions depuis des mois pour l’en dissuader, le président Mahmoud Abbas a présenté vendredi la demande historiqued’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU, avant un discours très applaudi devant l’Assemblée générale. Dans ce discours, il a précisé avoir présenté juste auparavant au secrétaire général Ban Ki-moon la demande d’adhésion d’un Etat comme membre à part entière des Nations unies «sur la base des lignes du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale». Brandissant le document, il a reçu un tonnerre d’applaudissements.Plus de soixante ans après le partage de la Palestine, Mahmoud Abbas a déposé cette demande, qui a ensuite été transmise pour examen au Conseil de sécurité.Mahmoud Abbas s’est dit prêt à reprendre des négociations avec Israël sur la base des lignes de 1967 avec un gel de la colonisation israélienne. Il a également affirmé que par cette démarche les Palestiniens «ne cherchaient pas à isoler ni délégitimer Israël», mais l’occupation et la colonisation. Son discours a été salué par de nombreux applaudissements des délégués dont beaucoup se sont levés pour applaudir le président palestinien. Il a accusé le gouvernement israélien d’avoir «sapé tous les efforts de paix» depuis un an et affirmé que la colonisation israélienne était «en train de détruire une solution à deux Etats».

      Israël a immédiatement réagi. «Nous regrettons la démarche», a déclaré Gidi Shmerling, porte-parole du Premier ministre Benjamin Nétanyahou. «Nous pensons que la seule voie vers une paix véritable passe par des négociations, pas par des actes unilatéraux», a-t-il ajouté. Israël et les Etats-Unis s’opposent catégoriquement à cette initiative, affirmant qu’un Etat palestinien ne peut être que le résultat d’un accord de paix.

      Nétanyahou veut rencontrer Abbas

      Benyamin Nétanyahou a quant à lui affirmé à l’ONU qu’Israël tendait «la main au peuple Palestinien» pour «rechercher la paix», mais que ceux-ci refusaient de négocier. «La vérité est que nous ne pouvons pas parvenir à la paix par des résolutions de l’ONU mais par des négociations. La vérité est que jusqu’à présent, les Palestiniens ont refusé de négocier,» a-t-il dit.

      Il a ensuite demandé à Mahmoud Abbas de le rencontrer ce vendredi aux Nations unies pour discuter du processus de paix. Il a également estimé que «la base du conflit c’est le refus des Palestiniens de reconnaître l’Etat juif». «Reconnaissez l’Etat juif et faites la paix avec nous», a-t-il déclaré, rejetant la position palestinienne selon laquelle le fond du conflit, c’est la question de la colonisation.

      Après son discours, «le président Abbas rentrera (à Ramallah) pour étudier les options des Palestiniens, lors d’une réunion avec la direction palestinienne, notamment l’initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy», a indiqué jeudi le négociateur palestinien Saëb Erakat. Le président français a appelé mercredi l’Assemblée générale à accorder à la Palestine le «statut intermédiaire d’Etat observateur», identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix «définitif» d’ici un an.

      Les Palestiniens comptent obtenir «plus que les neuf voix» sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité pour valider une demande d’adhésion, ce qui forcerait les Etats-Unis à recourir au veto. Ce vote ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais les Palestiniens se sont dits prêts à attendre qu’il statue avant d’étudier des alternatives.

      Ambiance festive en Cisjordanie

      Des milliers de Palestiniens rassemblés à Ramallah ont acclamé le discours d'Abbas
      Des milliers de Palestiniens rassemblés à Ramallah ont acclamé le discours d’Abbas Crédits photo : DARREN WHITESIDE/REUTERS

      Sur place, des milliers de manifestants étaient massés dans le centre de Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie, à Naplouse, à Hébron et à Jéricho, notamment, dans une ambiance festive.

      Un Palestinien a été tué et trois autres blessés vendredi en Cisjordanie par des tirs de l’armée israélienne à la suite de heurts entre des villageois palestiniens et des colons israéliens. Des heurts sporadiques ont opposé dans l’après-midi des manifestants à Tsahal en plusieurs endroits de Cisjordanie, avant la demande d’admission.

      L’armée et la police israéliennes étaient en état d’alerte, les autorités ont déployé quelque 22.000 policiers le long de la «ligne verte», qui sépare Israël de la Cisjordanie, près des localités arabes israéliennes ainsi qu’à Jérusalem-Est occupée et annexée.

      Les palestiniens ont l’impression d’avoir retrouvé leur dignité. La nouvelle arme massive de la Palestine, la paix et la conception d’un Etat et un Chef d’Etat. Ils ont rompu avec le « Vieux » – Arafat. Mahmoud Abbas a fait une présentation d’une Palestine pleine de sagesse et de calme.

      LIRE AUSSI :

      » Palestine : le Hamas ambigu face à la démarche d’Abbas

      » L’inespéré regain de popularité d’Abbas

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AvatarColonel BrainsAbbas ne veut pas abouler. Aboule, Abbas!

Le 23/09/2011 à 22:15 AlerterRépondre
AvatarMarie StigsetUn moment historique! La planète acclamant un président palestinien devant les mines déconfites des USA et d’Israël. Le vent tourne. Il y aura un avant et un après septembre 2011. Mr Netanyahu n’a pu que réciter son vieux credo une fois de plus, mêlant Bible et politique. Un discours approprié pour le public américain et pour l’aile extrême droite du Likoud, mais peu apte à lui regagner la faveur de l’opinion internationale. Quant à Obama, il ne lui reste plus qu’à lécher ses plaies tout en aiguisant ses couteaux contraint et forcé par un congrès républicain.

Le 23/09/2011 à 22:07 AlerterRépondre
AvatarRacheelC’est une terrible gifle pour Obama et son véto contre la paix ne fera qu’accentuer le sentiment de dégoût du monde vis à vis des états ruinés d’amérique. Abbas a fait un grand pas pour les 2 camps israeliens et palestiniens. A suivre…

Le 23/09/2011 à 21:55 AlerterRépondre
AvatarRoland bourgerLe monde arabe et la communaute internationale doivent celebrer ce jour historique from* sea to shinning sea*

Le 23/09/2011 à 21:47 AlerterRépondre
AvatarKhalid11Tous les peuples du monde sont avec les palestiniens, même le peuple américain, si on lui explique bien le cas et on arrête de lui interdire d’oser parler d’Israël. Il est révolu l’époque où les US se baladaient dans le monde comme ils veulent, aujourd’hui d’autre États sont là, … heureusement

Le 23/09/2011 à 21:24 AlerterRépondre
AvatarCestlacriseDes décisions unilatérales c’est ce que fait Israel depuis des années. Les Palestiniens ont beaucoup de patience.Ce qui a été crée par l’ONU doit être règlé par l’ONU.

Le 23/09/2011 à 21:20 AlerterRépondre
Avatarmira.bCe soir l’État palestinien est né , malgré les vétos .Peu importe .c’est une affaire de temps .
Les victimes de Sabra et Chattila , les feddayins , les résistants ne sont plus morts pour rien .

Le 23/09/2011 à 21:12 AlerterRépondre
AvatarMariusLMerci de ne pas oublier les millions d´étudiants qui, en Turquie, Russie, Indonésie, Canada, Brésil, Agentine, France, Belgique, Congo ou Afrique du Sud ont porté des keffieh en solidarité avec la Cause.

Le 23/09/2011 à 21:52 AlerterRépondre
AvatarSDK TOTOQuelle magnifique image cette superbe standing ovation de plusieurs minutes en pleine assemblé lors de l’annonce faite par Mahmoud Abbas !! Tous les diplomates se levant pour applaudir en liesse et montrés leur joie comme s’ils ne faisaient qu’un (y compris Condeliza Rice ancienne secrétaire d’état sous Bush!!)…Que rajouter de plus si ce n’est une pensé au pauvre Obama qui s’est ridiculisé et passé à coté de l’histoire en déshonorant son prix nobel de la paix…Comble de l’ironie, malgré son discours sur Israël (que même Netanyahou n’aurai pu prononcer par pudeur) il n’aura pas pour autant l’appuie qu’il espérait de la communauté juive américaine pour les prochaines élections et ne gagnera pas son nouveau mandat. Plus tard surement lorsqu’il sera libre de ses opinions, tout comme aujourd’hui Bill Clinton il regretta son discours du 22 septembre 2011…

Le 23/09/2011 à 21:10 AlerterRépondre
Avatardk7Comme cela, il pourra ensuite demander à l’ONU d’attaquer Israël sous un pretexte fabriqué…
Et concernant les futurs attentats qui ne manqueront pas de souligner la  » mauvaise volonté « Israëlienne ,le chantage ne doit pas être un moyen de pression…

Le 23/09/2011 à 20:59 AlerterRépondre
AvatarKamel KamiLa résolution de l’ONU est claire ,ISRAEL doit revenir aux frontiéres de 1967 ,alors on connait bien celui qui bafoue le droit international ,que la communauté internationale soit stricte avec tout le monde y compris Israel comme elle l’a était avec la Libye ,la Syrie,le Kosovo et d’autres pays…………

Le 23/09/2011 à 20:56 AlerterRépondre

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Par Adrien JaulmesPublié le 22/09/2011 à 08:42 Réactions (24)

Mahmoud Abbasa rencontré Barack Obama, le 21 septembre dernier, à New York.
Mahmoud Abbasa rencontré Barack Obama, le 21 septembre dernier, à New York.Crédits photo : MANDEL NGAN/AFP

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Le chef de l’Autorité palestinienne regagne en prestige à la faveur de son offensive à l’ONU.

Son portrait couvre la façade du centre commercial de Naplouse, à côté de celui de Yasser Arafat. Sur la scène dressée au pied de l’immeuble, les orateurs se succèdent sous un immense drapeau palestinien. Un panneau géant porte la phrase prononcée par Arafat pendant son premier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU en 1974: «Ne laissez pas le rameau d’olivier tomber de ma main», qui avait symboliquement marqué la reconnaissance internationale de la question palestinienne. À côté figure celle de Mahmoud Abbas, tirée de son discours de vendredi dernier: «Je vais à l’ONU pour demander la reconnaissance de notre droit légitime.» Au centre, une chaise tapissée d’un keffieh noir et blanc représente le fauteuil que Mahmoud Abbas va briguer aujourd’hui à l’ONU au nom de la Palestine. La foule applaudit à tout rompre au nom du président de l’Autorité palestinienne, alias Abou Mazen.Un chanteur improvise une ode en son honneur: «Raïs Abou Mazen, tu es comme Omar el-Mokhtar», en référence au libyen héros de la lutte contre la colonisation italienne. «C’est comme si Mahmoud Abbas était devenu un homme nouveau, explique Ahmad Ramal, le chanteur-compositeur. Personne n’aurait jamais cru ça de lui. Avant, il ne parlait que de politique, de sécurité. Maintenant, il va nous obtenir un État!»

Déçu par les Américains

La soudaine popularité de Mahmoud Abbas dans l’opinion palestinienne est d’autant plus étonnante qu’il était il y a encore quelques mois une figure déconsidérée. Traité de valet des Américains et de collaborateur d’Israël, il était souvent l’objet de mépris et de dérision.

Même ses plus fervents partisans étaient bien en peine de lui trouver le moindre charisme. À 76 ans, gros fumeur, Abbas est un homme sombre, en proie à de profonds accès de dépression. Il a déjà menacé à plusieurs reprises de démissionner, et de dissoudre l’Autorité palestinienne pour laisser les Israéliens se débrouiller avec l’occupation. Bluff, selon ses adversaires, véritable lassitude d’après ses proches, ­Abbas a été chaque fois rattrapé par la manche par les Américains et les Européens.

Le paradoxe de sa soudaine popularité est qu’elle vient avant tout de l’échec de la politique qu’il a menée depuis qu’il a succédé à Arafat. Considérant la lutte armée et le recours aux attentats comme contre-productifs, Abbas fait tout pour remplir les demandes des Américains et des Occidentaux. Son premier ministre, Salam Fayat, réorganise les ministères palestiniens. Sa police, entraînée par le général américain Dayton, fait la chasse aux activistes du Hamas. Les groupes armés sont dissous, et ses services de sécurité collaborent étroitement avec Israël. Abbas attend tout de Washington. Il se plie à toutes les pressions. À l’été 2009, il atteint des gouffres d’impopularité chez les Palestiniens, en renonçant à déposer devant l’ONU le rapport du juge Goldstone sur les crimes de guerre commis pendant l’opération israélienne «Plomb durci» à Gaza.

«Il avait confiance dans les Américains, et tout misé sur la coopération avec eux, explique Hani Masri, le directeur du centre d’études Palestiniennes Badael. Il avait rempli toutes les obligations de la feuille de route. Obama avait promis un État palestinien pendant son discours du Caire, et il pensait qu’il allait faire pression sur les Israéliens. Mais il n’a finalement rien obtenu, rien d’autre que la poursuite de la colonisation et la perspective de négociations sans fin.»

«L’initiative de Mahmoud Abbas est celle d’un homme désespéré, dit Sam Bahour, homme d’affaires et analyste américano-palestinien de Ramallah. Sa politique d’engagement proaméricain a échoué. Il a 76 ans. Il cherche à présent à laisser un héritage aux Palestiniens. Ce sera la demande de reconnaissance de l’ONU. Il ne reculera pas.»

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Demande de reconnaissance

de l’Etat palestinien à l’ONU

VENDREDI, 23 SEPTEMBRE 2011 08:46

Aujourd’hui, 23 septembre 2011, le présidentMahmoud Abbas remettra sa requête à l’ONU pour la reconnaissance d’un Etat de Palestinesur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, soit la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza.

Pour appuyer cette démarche, les Palestiniens ont lancé depuis hier à Ramallah une campagne nationale pour la Palestine, 194e Etat. L’ONU compte actuellement 193 membres.
Une centaine de personnes, brandissant drapeaux et pancartes, ont défilé jusqu’au QG de l’ONU et remis une lettre sollicitant le soutien du secrétaire général Ban Ki-moon à l’adhésion d’un Etat de Palestine.

En dépit de toutes les pressions israéliennes et américaines, pour l’en dissuader, M.Abb présentera la demande d’adhésion à part entière comme Etat membre au secrétaire général Ban Ki qui la transmettra ensuite pour examen au Conseil de sécurité.

http://www.eparsa.com/index.php/actus/actualite/2263-demande-de-reconnaissance-de-letat-palestinien-a-lonu.html

Le vote ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais les Palestiniens se sont dits prêts à attendre qu’il statue avant d’étudier des alternatives.

Le président Abbas donnera du temps au Conseil de sécurité pour examiner notre demande d’admission à part entière.

Si nous considérons qu’il y a eu un délai injustifié, nous irons à l’Assemblée générale, a déclaré le négociateur palestinien Nabil Chaath.

Israël s’oppose à cette initiative arguant que la reconnaissance d’un Etat palestinien se faire sans son accord, obtenu par négociations.

Mercredi, à la tribune de l’ONU, Barack Obama a qualifié la demande palestinienne de raccourci illusoireLes Etats-Unis ont prévenu qu’ils opposeront leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire.

En revancheNicolas Sarkozy a demandé par téléphone à l’Assemblée générale d’accorder à la Palestine le tatut intermédiaire d’Etat observateur à l’ONU, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix définitif. Les pourparlers de paix sont au point mort depuis près d’un an.

Selon le conseiller diplomatique de M. Abbas, Majdi al-Khaldi, les Palestiniens espèrent obtenir plus de neuf voix sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité pour valider une demande d’adhésion,  ce qui forcerait les Etats-Unis à recourir au veto.

Pour en savoir plus, cliquer sur le lien suivant :  http://www.eparsa.com/index.php/actus/actualite/2263-demande-de-reconnaissance-de-letat-palestinien-a-lonu.html

L’Etat palestinien ne mourra jamais

LE PLUS.

Alors que la Palestine doit demander aujourd’hui la reconnaissance de son Etat à l’ONU à New York,

Mahmoud Abbas devra faire face à la frilosité du président américain.

Et il sera difficile d’obtenir cette reconnaissance avec le gouvernement israélien actuel.

Cyril Novakovic

> Par Cyril Novakovic Conseiller parlementaire Edité par Melissa Bounoua

 Voilà. Nous y sommes. Le 23 septembre, date fatidique qui devait consacrer la reconnaissance d’un fait : la Palestine est un Etat qui a sa place dans le concert des nations. Pas dans un an, deux ans ou dix ans ; non, maintenant !

Un rassemblement en faveur de la reconnaissance de l'Etat d'Israël à Paris le 21 septembre 2011 (M. FEDOUACH / AFP)

Un rassemblement en faveur de la reconnaissance de l’Etat palestinien à Paris le 21 septembre 2011 (M. FEDOUACH / AFP)

Douze mois auparavant, à la tribune de l’ONU, le Président Obama ne promettait rien d’autre que cela. Certes, la méthode envisagée pour y parvenir différait, dans la mesure où il prévoyait des négociations fructueuses entre Israël et l’Autorité palestinienne, plutôt qu’une démarche unilatérale.Suite au refus du gouvernement israélien de prolonger le moratoire sur l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie, les négociations directes entre les deux principaux protagonistes ont été rapidement rompues.

Le printemps arabe a éclipsé le conflit israélo-palestinien

Depuis, le gouvernement israélien a persisté dans sa logique d’enfermement sur lui-même, faisant notamment la sourde oreille au printemps arabe ; le Président Obama s’est concentré sur les problèmes de politique intérieure, comme en témoigne son relatif désengagement politique lors de l’intervention en Libye ; enfin, le Quartet, institution fantôme, a brillé dans son rôle de Casper.

Dans un tel contexte, où le dossier israélo-palestinien était éclipsé par les révolutions arabes et la crise de la dette, que pouvait faire l’Autorité palestinienne, dont le territoire continuait à être rongé par la colonisation israélienne, pourtant jugée illégale en droit international ? Premièrement, promouvoir l’unité. Bien que la réconciliation entre le Fatah et le Hamas soit une union de façade, cette étape était primordiale afin de souder le peuple palestinien autour des causes défendues par le gouvernement de Ramallah.

D’autre part, puisque les négociations avec Israël étaient au point mort, que la « communauté internationale » était absorbée par d’autres dossiers et s’était montrée incapable de trouver une solution satisfaisante afin de résoudre le conflit israélo-palestinien, il apparaît logique que l’Autorité palestinienne se soit lancée dans une démarche unilatérale, aussi désespérée que calculée.

Israël isolé

Qu’a-t-elle à perdre ? Absolument rien, le gouvernement israélien étant le grand bénéficiaire dustatut quo, car il lui permet de continuer à mettre en œuvre sa politique de colonisation, sans avoir à la remettre en cause.

A cet égard, il faut souligner qu’Israël n’est jamais apparu aussi isolé qu’aujourd’hui. Les relations diplomatiques entre la Turquie, pourtant alliée d’Israël depuis 1949, et l’Etat hébreu se sont détériorées à une vitesse fulgurante, au point que l’Ambassadeur d’Israël a été récemment expulsé d’Ankara ; les candidats à l’élection présidentielle égyptienne, dont l’un des favoris, Mohamed El-Baradei, n’hésitent plus à remettre explicitement en cause le Traité de paix de 1979 qui a scellé, symboliquement, la première reconnaissance d’Israël par un pays arabe.

La rhétorique employée est même parfois belliqueuse, Baradei ayant déclaré que « si Israël attaquait la bande de Gaza, l’Egypte ripostera » ; quant aux Etats-Unis, par la voix d’Obama, ils ont à plusieurs reprises marqué publiquement leur désaccord face à l’attitude arrogante et la politique illégale menée par le gouvernement israélien. Pour autant, le Président américain a dû faire face au retour de bâton et a essuyé les affronts répétés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

Barack Obama à la maison blanche avec (de gauche à droite) Hosni Moubarak, Benjamin Netanyahu, Mahmoud Abbas et le roi Abullah II de Jordanie (T.SLOAN/AFP)

Barack Obama à la maison blanche avec (de gauche à droite) Hosni Moubarak, Benjamin Netanyahu, Mahmoud Abbas et le roi Abullah II de Jordanie (T.SLOAN/AFP)

Malgré cette évolution notable dans les relations israélo-américaines, les Etats-Unis s’opposent à la démarche de l’Autorité palestinienne, qui vise à obtenir, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la reconnaissance de la Palestine comme Etat souverain. D’ailleurs, ils n’hésiteront pas à apposer leur veto afin de souternir Israël, si neuf des quinze pays qui composent le Conseil de sécurité votent en faveur de la reconnaissance de l’Etat palestinien. Quelle erreur ! Quel drame.

Mahmoud Abbas adopte t-il une démarche trop unilatérale ?

L’administration américaine, comme l’ensemble des Etats qui dénoncent la tentative de l’Autorité palestinienne, prend appui sur un argument qui ressemble fort à un prétexte : la démarche unilatérale initiée par Mahmoud Abbas serait un frein à la paix. Partant, seules des négociations directes entre le gouvernement israélien et celui de Ramallah peuvent assurer une paix durable.

En soi, l’argument est difficilement contestable. Les démarches unilatérales n’ont jamais amené la paix. A titre d’exemple, la paix des vainqueurs a toujours été une importante source de conflits ; elle a nourri le ressenti des populations écrasées par cette paix, comme le rappelle le funeste Traité de Versailles de 1919 qui a fait peser l’entière responsabilité de la Première guerre mondiale à l’Allemagne. Conséquence directe : vingt ans plus tard, un nouveau conflit mondial éclatait.

Néanmoins, dans le cas de la démarche de Mahmoud Abbas, la raison invoquée par le Président Obama est spécieuse. Aujourd’hui, l’herméticité du gouvernement israélien ne permet pas de négocier une paix juste. Comment serait-il possible d’imaginer que ce dernier souhaite sincèrement aboutir à la paix, quand son ministre des affaires étrangères n’est autre qu’Avigdor Lieberman, figure majeure de l’extrême-droite israélienne et ardent partisan de la colonisation, dont l’arrêt est un des pré-requis pour obtenir la paix ? En la matière, l’engagement du Premier ministre israélien peut être aussi questionné. En effet, il suffit de se rappeler la logorrhée de pré-conditions qu’il a établies pour retourner à la table des négociations, comme en témoigne son discours au Congrès américain en mai dernier, pour remettre en cause sa réelle volonté de mettre fin à ce conflit larvé.

Mahmoud Abbas au siège de l'ONU à New York le 21 septembre 2011 (E. DUNAND/AFP)

Mahmoud Abbas au siège de l’ONU à New York le 21 septembre 2011 (E. DUNAND/AFP)

Par conséquent, la paix, indépendamment de l’issue de la démarche unilatérale de l’Autorité palestinienne à l’ONU, ne pourra être obtenue avec le gouvernement israélien actuel. A mon sens, il ne s’agit pas seulement d’un avis, mais d’une réalité qu’il est impossible de contourner, sauf à faire preuve d’un idéalisme démesuré et, en l’espèce, dangereux. Seul un changement de gouvernement en Israël, en 2013, permettra d’y parvenir.

En revanche, la reconnaissance de la Palestine comme Etat confèrerait à l’Autorité palestinienne une légitimité et un pouvoir supplémentaires dans le cadre de futures négociations avec l’Etat hébreu. Elle serait de nature à rééquilibrer le rapport de force entre Israël et la Palestine, la balance penchant totalement en faveur du premier cité aujourd’hui ; tel est l’enjeu essentiel de la démarche de Mahmoud Abbas.

Une reconnaissance attendue par les Palestiniens

Ainsi, s’opposer à la tentative de l’Autorité palestinienne, c’est refuser de rééquilibrer la balance ; c’est promouvoir le statu quo ; c’est prôner l’injustice. Indirectement, cette posture s’apparente à cautionner, ou tout du moins à fermer les yeux, sur la politique hégémonique menée par le gouvernement israélien ; elle envoie le signe que la loi du plus fort, le deux poids deux mesures sont les seules règles internationales qui prévalent.

Surtout, elle fait honte et elle fait mal ; car elle prive tout un peuple d’une reconnaissance attendue depuis plus de soixante ans, d’un principe érigé au frontispice du droit international et consubstantiel à toute nation, celui de l’auto-détermination des peuples. Aujourd’hui, le sérail des nations qui a épousé cette position a renié ce droit aux Palestiniens. Il a oublié d’où il venait, il s’est trahi.

Pour autant, il ne me semble pas que le gouvernement américain soit frappé de cécité et n’ait pas conscience de ces éléments. Cependant, il a ses propres priorités, dont l’élection présidentielle de 2012 qui figure au sommet de la liste. Comme l’ont mis en exergues plusieurs journaux américains récemment, afficher son hostilité à l’encontre du gouvernement israélien serait un suicide politique pour Barack Obama. Mais qu’il est loin le temps où son arrivée au pouvoir était symbole de changement, de renaissance, d’espoir. Le président américain, lui aussi, est capable de se travestir pour obtenir des succès électoraux.

Mahmoud Abbas et Barack Obama, réunion le 21/09/2011 / MANDEL NGAN/AFP

Mahmoud Abbas et Barack Obama lors d’une rencontre le 21 septembre 2011 aux Etats-Unis (MANDEL NGAN/AFP)

A l’inverse des Etats-Unis ou de certains Etats européens, les pays émergents ne sont prisonniers d’aucun passé, d’aucun poids de l’histoire, d’aucun sentiment de culpabilité à l’égard d’Israël. Ils ne sont prisonniers d’aucune posture, d’aucun carcan et peuvent, par conséquent, analyser objectivement la situation au Proche-Orient et prendre une position adéquate. N’est-il pas probant que le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Nigéria, et même la Chine et la Russie, souvent timorées sur la scène internationale, aient annoncé leur soutien à la candidature palestinienne ?

Comme en matière économique, le centre de la diplomatie mondiale se déplace de plus en plus en direction des pays émergents qui n’hésitent plus à proposer des initiatives et à se démarquer des grandes et moyennes puissances traditionnelles ; comme en matière économique, leur politique étrangère n’est pas handicapée par de lourds dogmes et postures établis depuis des décennies et sur lesquels la poussière ne cesse de s’entasser.

Il faut bien comprendre : protéger Israël, ce n’est pas protéger le gouvernement israélien ; ce n’est pas lui offrir l’impunité, en couvrant ses yeux d’un épais voile opaque afin de feindre de ne pas voir que la politique menée est illégitime, injuste, illégale, véritable entrave à la paix. Taire l’injustice est le meilleur moyen d’enclencher la spirale de la frustration, de la rancœur et de la violence.

Comme tout Etat, des actions concrètes doivent être entreprises quand Israël franchit la ligne jaune – à commencer par le vote de résolutions à l’ONU – ; mais puisque cela n’est pas du domaine de l’imaginable aujourd’hui, qu’il soit au moins permis aux Palestiniens de négocier leur propre sort de manière plus équitable ; qu’il leur soit reconnu, maintenant, leur droit d’exister.

J’alerte

VOS RÉACTIONS (3)

William Ewan

William Ewan a posté le 23-09-2011 à 13:59

La mauvaise foi !!!

« suite au refus du gouvernement israélien de prolonger le moratoire sur les implantations … »

Ce que l’auteur de l’article oublie sciemment de préciser est que durant les longs mois de ce moratoire, l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas A REFUSE DE NEGOCIER, refusé de s’asseoir face aux Israéliens pour discuter des blocages à la paix et se mettre d’accord, alors que C’ETAIT JUSTEMENT L’OBJET DE CE MORATOIRE.

Les contempteurs d’Israël présentent faussement les faits, ici, par occultation, ce qui change évidemment le sens de qui est le « fautif » et qui ne l’est pas.

Chakib Kabacha

Chakib Kabacha a posté le 23-09-2011 à 13:25

Bravo, M. Cyril NOVAKOVIC !

Vous êtes un homme juste, votre analyse du conflit israëlo-palestinien est pertinente.
Puisse-t-elle ouvrir les yeux à tous ceux qui soutiennent aveuglément la politique injuste d’Israël !
C’est la 1ère fois que je trouve dans la presse française une position aussi courageuse sur ce conflit !
Je remercie Le Nouvel Obs d’avoir permis la publication de cet article.

Cohen Tanugi Saskia

Cohen Tanugi Saskia a posté le 23-09-2011 à 12:52

bonne chance

22/9/11 – 19 H 05 MIS À JOUR LE 22/9/11 – 19 H 050 réaction Réagir
La majorité des Israéliens souhaite une reconnaissance de l’Etat palestinien

La population d’Israël attend du premier ministre Benyamin Netanyahou un plan de paix.

Pas moins de 70 % des Israéliens estiment que leur pays devrait reconnaître l’État palestinien si son adhésion à l’ONU est entérinée, selon un récent sondage réalisé par l’Institut Truman pour la paix de l’Université hébraïque de Jérusalem. Et 34 % des Israéliens préconisent des négociations immédiates sans colonisation pendant cette période. Ils sont toutefois 16 %, au contraire, à s’opposer à toute reconnaissance onusienne.

La majorité des Israéliens souhaite que le premier ministre de droite, Benyamin Netanyahou, présente un plan pour résoudre le conflit « au prix de concessions substantielles ». Jeudi 22 septembre encore, peu après avoir accédé à la direction du parti travailliste d’opposition, Shelly Yacimovitch a appelé le chef du gouvernement « à reconnaître l’État palestinien, à l’issue de négociations ». Et Tzipi Livni, chef du parti centriste Kadima, également d’opposition, a déploré qu’il ait conduit ces négociations dans l’impasse.

Benyamin Netanyahou s’est déjà fait violence en acceptant, en 2009, le principe d’un État palestinien après avoir fait table rase du rêve du Grand Israël cher à son parti, le Likoud. Pour encourager les Palestiniens à reprendre des négociations de paix, il a même ensuite ordonné de geler pendant dix mois la colonisation en Cisjordanie. Mais, à l’issue de ce moratoire – qui ne concernait pas Jérusalem-Est –, il a refusé de le proroger comme le souhaitaient les Palestiniens.

BENYAMIN NETANYAHOU A CONFORTÉ LE SENTIMENT D’INSULARITÉ DES ISRAÉLIENS

Il a ainsi cédé aux demandes de sa coalition gouvernementale de droite, et conforté du même coup le sentiment général qu’il était difficilement crédible. Tout en se disant prêt à « d’importantes concessions », il a multiplié ses conditions à un accord avec les Palestiniens. Pour satisfaire ses alliés de droite, notamment l’intransigeant chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, il a aussi adopté un arsenal de lois ultranationalistes.

Résultat : Benyamin Netanyahou a peaufiné son image de manœuvrier habile, mais a ainsi fait douter de sa stratégie de paix. Faute de progrès dans le processus de paix, il a conforté ses compatriotes dans leur sentiment d’insularité au milieu d’un océan arabe hostile. La demande de sécurité ainsi demeure même si les Israéliens se préoccupent aujourd’hui de leurs conditions de vie, comme la large contestation sociale l’a illustré. La remontée des intentions de vote en faveur des travaillistes en donne un autre exemple.

Si des arrangements sont possibles sur le tracé des frontières de l’État palestinien et sur le statut de Jérusalem, Benyamin Netanyahou ne peut guère transiger, car il y va du caractère juif d’Israël. Ses alliés de droite ne lui pardonneraient pas la moindre concession sur ce point. Un abîme, apparemment insurmontable pour l’heure, sépare les positions respectives entre Israéliens et Palestiniens. Plutôt que de chercher à conclure un accord de paix, le premier ministre israélien souhaite perpétuer des négociations en mettant en avant ses impératifs sécuritaires. Habile orateur, il va expliquer son point de vue aujourd’hui à l’assemblée générale de l’ONU, une enceinte qui lui est globalement hostile.

Mahmoud Abbas dépose une demande d’adhésion d’un État palestinien à l’ONU

Le président palestinien Mahmoud Abbas a remis vendredi 23 septembre la demande d’adhésion aux Nations unies d’un État de Palestine au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

Le président Mahmoud Abbas a présenté vendredi 23 septembre la demande historique d’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU sur la base des lignes de 1967, avant un discours très applaudi devant l’Assemblée générale. Dans ce discours, le président de l’Autorité palestinienne a précisé avoir présenté juste auparavant au secrétaire général Ban Ki-moon la demande d’adhésion d’un Etat comme membre à part entière des Nations unies « sur la base des lignes du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale ». Brandissant le document, il a reçu un tonnerre d’applaudissements.

Plus de soixante ans après le partage de la Palestine , Mahmoud Abbas a déposé cette demande, qui doit ensuite être transmise pour examen au Conseil de sécurité. Israël a immédiatement réagi. « Nous regrettons la démarche », a déclaré à Gidi Shmerling, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Nous pensons que la seule voie vers une paix véritable passe par des négociations, pas par des actes unilatéraux », a-t-il ajouté. Israël et les Etats-Unis s’opposent catégoriquement à cette initiative, affirmant qu’un Etat palestinien ne peut être que le résultat d’un accord de paix.

Mahmoud Abbas s’est dit prêt à reprendre des négociations avec Israël sur la base des lignes de 1967 avec un gel de la colonisation israélienne. Nous sommes « prêts à revenir immédiatement aux négociations sur la base des références fondées sur le droit international et d’un arrêt total de la colonisation », a-t-il dit. Il a également affirmé que par cette démarche les Palestiniens « ne cherchaient pas à isoler ni délégitimer Israël », mais l’occupation et la colonisation.

Son discours a été salué par de nombreux applaudissements des délégués dont beaucoup se sont levés pour applaudir le président palestinien. Il a accusé le gouvernement israélien d’avoir « sapé tous les efforts de paix » depuis un an et affirmé que la colonisation israélienne était « en train de détruire une solution à deux Etats ». « Tous les efforts et tentatives des parties internationales ont été sapés par les positions du gouvernement israélien qui ont ruiné les espoirs nés de la reprise des négociations en septembre dernier », a-t-il ajouté.

UN VOTE INDÉCIS

Le président américain Barack Obama avait récusé mercredi 21 septembre à la tribune de l’ONU comme un « raccourci » illusoire la demande palestinienne, à laquelle les Etats-Unis comptent opposer leur veto au Conseil de sécurité si nécessaire. Le président français a appelé mercredi 21 septembre l’Assemblée générale à accorder à la Palestine le « statut intermédiaire d’Etat observateur », identique à celui du Vatican, parallèlement à des négociations israélo-palestiniennes pour parvenir à un accord de paix « définitif » d’ici un an.

Après son discours, « le président Abbas rentrera (à Ramallah) pour étudier les options des Palestiniens, lors d’une réunion avec la direction palestinienne, notamment l’initiative présentée par le président Nicolas Sarkozy », a indiqué jeudi 22 septembre le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Les Palestiniens comptent obtenir « plus que les neuf voix » sur 15 nécessaires au Conseil de sécurité pour valider une demande d’adhésion, ce qui forcerait les Etats-Unis à recourir au veto. Ce vote ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, mais les Palestiniens se sont dits prêts à attendre qu’il statue avant d’étudier des alternatives.

HEURTS EN CISJORDANIE

Sur place, des milliers de manifestants étaient massés dans le centre de Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie, à Naplouse (nord), à Hébron et à Jéricho, notamment, dans une ambiance festive. Un Palestinien a été tué et trois autres blessés vendredi 23 septembre en Cisjordanie par des tirs de l’armée israélienne à la suite de heurts entre des villageois palestiniens et des colons israéliens.

Des heurts sporadiques ont opposé dans l’après-midi des manifestants palestiniens à l’armée israélienne en plusieurs endroits de Cisjordanie, avant la demande d’admission. L’armée et la police israéliennes étaient en état d’alerte, les autorités ont déployé quelque 22 000 policiers le long de la « ligne verte », qui sépare Israël de la Cisjordanie, près des localités arabes israéliennes ainsi qu’à Jérusalem-Est occupée et annexée..

AFP – JOËL DAVID, à Jérusalem 

Les différentes voies vers un Etat palestinien

Le président palestinien doit annoncer vendredi 23 septembre sa stratégie pour obtenir la reconnaissance de l’État palestinien.

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu (L) shakes hands with Palestinian pr...

Alex Brandon / AFP

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu (L) shakes hands with Palestinian president Mahmud Abbas in Sharm El-Sheikh on September 14, 2010, during the second round of Middle East peace talks.

La France a fait une proposition de relance immédiate des négociations pour éviter un vote sanction du Conseil de sécurité.

Un statut provisoire d’« État non-membre » pourrait être proposé à la Palestine.

 Palestinian leader appeals to conscience of world as Netanyahu rejects claim problem lies with Israel. Mahmoud Abbas has formally asked the United Nations to recognise a Palestinian state, defying intense US pressure to abandon the move with a powerful appeal to the conscience of the world to recognise that the Palestinian people are entitled to…

SI MAHMOUD ABBAS DEMANDE L’ADHÉSION PLEINE ET ENTIÈRE À L’ONU

Après les discours de Barack Obama et Nicolas Sarkozy, mercredi 21 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, deux choix s’offrent au président palestinien, Mahmoud Abbas. Il peut persister dans sa volonté de demander l’adhésion pleine et entière de la Palestine devant le Conseil de sécurité.

Dans ce cas, il devrait saisir le secrétaire général des Nations unies d’une demande d’inscription à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’acceptation de la Palestine comme État membre des Nations unies. Ensuite, le secrétaire général saisira le Conseil de sécurité, lequel mettra en place un comité d’examen de cette candidature, qui arrivera devant le Conseil de sécurité lui-même. Cela peut intervenir à tout moment ou traîner plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Mais, en cas de vote au Conseil de sécurité, la demande palestinienne sera rejetée du simple fait du veto américain, comme l’a prévenu l’administration Obama. L’obstination palestinienne n’aurait d’intérêt que si le président Abbas pouvait s’assurer au minimum neuf voix sur les quinze membres que compte le Conseil de sécurité – cinq permanents (France, Chine, Russie, États-Unis et Grande-Bretagne) et dix non permanents (Brésil, Liban, Afrique du Sud, Colombie, Bosnie Herzégovine, Gabon, Allemagne, Inde, Nigeria, Portugal).

LES CHANCES D’OBTENIR UN VOTE FAVORABLE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

S’ils obtenaient moins de neuf voix, « ce serait un désaveu », explique un diplomate, car en février dernier, une résolution condamnant la colonisation israélienne comme « illégale » et demandant son arrêt immédiat et total dans les Territoires palestiniens occupés, coparrainée par 130 pays, avait été votée par quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité. Seuls les États-Unis avaient opposé leur veto, le premier de l’administration Obama à l’ONU.

Pour le moment, cinq États membres ont annoncé leur intention de voter en faveur de cette adhésion palestinienne à part entière – Brésil, Chine, Liban, Russie, Afrique du Sud. La Colombie a indiqué qu’elle s’abstiendrait en cas de vote. Les huit autres pays membres n’ont pas précisé leur intention, mais on sait que l’Allemagne y est opposée.

La France veut à tout prix éviter ce vote au Conseil de sécurité, qui « conduirait à l’impasse ». Paris compte mettre à profit « la période qui va s’ouvrir entre le dépôt de la demande palestinienne et son examen par le Conseil de sécurité, pour explorer d’autres alternatives », selon le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé. La démarche diplomatique française vise à obtenir un accord définitif sur le futur État palestinien, jugé possible d’ici à un an.

À la tribune de l’ONU, Nicolas Sarkozy a proposé une feuille de route avec un calendrier pour sortir de l’impasse : reprise des négociations d’ici à un mois, accord sur les frontières et la sécurité dans six mois, accord définitif dans un an. La France accueillerait dans ce cadre une conférence des donateurs « dès cet automne », pour aider les Palestiniens à « parachever la construction de leur futur État, déjà remarquable », selon ses propos. Ce processus serait parrainé non seulement par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, mais aussi par les pays arabes engagés dans une normalisation avec Israël.

LE STATUT D’« OBSERVATEUR NON-MEMBRE » OU « OPTION VATICAN »

En attendant un accord définitif sur le futur État palestinien, la France propose que l’ONU accorde à la Palestine le statut d’« observateur non-membre » ou « option Vatican ». Celui-ci a été accordé jusque-là au Saint-Siège ainsi qu’à la Suisse, jusqu’à sa pleine adhésion en 2002. Pour les Palestiniens, il s’agirait d’un rehaussement de leur statut, puisque l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui représente à l’ONU le peuple palestinien, y est déjà reconnue depuis 1974. Elle dispose déjà d’un statut d’« entité » qui lui permet de participer aux travaux de l’Assemblée en qualité d’observateur.

En cas de vote devant l’Assemblée générale, les Palestiniens devraient recueillir une majorité des deux tiers des 194 pays qui la composent. Le statut d’« observateur non-membre » lui donnerait, en théorie, la possibilité de s’adresser aux organisations dépendant de l’ONU, comme la Cour internationale de justice ou la Cour pénale internationale (CPI).

Sauf que, selon Alain Juppé, « les Palestiniens s’engageraient pendant cette période de négociation – avant un accord définitif pouvant déboucher sur la reconnaissance d’un statut d’État de plein exercice – à ne pas utiliser les possibilités du statut de membre observateur à des fins qui pourraient être négatives ou porteuses de conflit, c’est-à-dire s’engager à ne pas saisir la Cour pénale internationale ». Une couleuvre difficile à avaler pour les Palestiniens.

Agnès Rotivel

Rdv le 20 septembre 2011, en Palestine…

Publié le
Israeli Prime Minister Yitzhak Rabin, U.S. pre...

Image via Wikipedia

Le 20 septembre 2011,

les Palestiniens ont rendez-vous avec l’Histoire

et le reste du monde, avec l’histoire

de la Palestine

Pour un monde meilleure et pour voir

enfin la fin d’une histoire

qui dure des siècles et siècles. Amen.

Article écrit par Pierre Haski et publié sur le site Rue89 le 14/08/2011 à 12H54Un homme passe devant les drapeaux des pays qui ont reconnu l'Etat palestinien, le 7 août 2011 à Ramallah (Mohamad Torokman/Reuters). Photo : un homme passe devant les drapeaux des pays qui ont reconnu l’Etat palestinien, le 7 août 2011 à Ramallah (Mohamad Torokman/Reuters).
Notez dans vos tablettes le rendez-vous du 20 septembre : c’est la date de la nouvelle confrontation annoncée autour du sort de la Palestine. Le compte à rebours a commencé autour de la décision palestinienne de déposer ce jour-là, à l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvre à New York, la reconnaissance d’un Etat qui n’existe toujours pas.

Israël s’oppose vigoureusement à cette initiative diplomatique qui vise à briser l’impasse.

Dès la confirmation, samedi, par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qu’il déposerait sa demande de reconnaissance, assurée de bénéficier d’une majorité de votes positifs à l’Assemblée générale de l’ONU, le gouvernement israélien a fait connaître son opposition en deux mots : « prévu », « regrettable ».

Israël s’y attendait, et fait vigoureusement campagne depuis des semaines pour bloquer cette initiative. Car si le vote de l’Assemblée générale n’a pas de portée légale – seules les décisions du Conseil de sécurité sont censées avoir valeur de loi internationale, ce qui ne les empêche pas d’être ignorées, notamment s’agissant du Proche-Orient –, la portée symbolique et diplomatique de l’événement n’échappe pas aux dirigeants israéliens.

Un Etat palestinien reconnu disposera d’une tribune et d’un statut qui rendra plus difficile la poursuite du statu quo, et la continuation du non-respect par Israël des principales résolutions du Conseil de sécurité sur la question des territoires palestiniens, à commencer par le dossier brûlant de la colonisation par Israël des territoires occupés en 1967.

La semaine dernière, Israël a encore annoncé la construction de centaines de nouveaux logements dans un quartier de Jérusalem-Est couvert par l’interdit onusien.

Une troisième intifada ?

De surcroît, ce que redoute le plus Israël, c’est l’embrasement des territoires palestiniens pour soutenir la transformation de ce futur Etat de jure en Etat de fait. Les Palestiniens sont restés étonnamment calmes depuis le début des révolutions arabes, il y a maintenant huit mois, et n’ont pas réagi non plus lorsque des incidents graves se sont déroulés aux frontières d’Israël avec certains de ses voisins arabes, sur le plateau du Golan et à la frontière libanaise.

Cela fait des mois que les Israéliens redoutent le déclenchement d’une « troisième intifada », après le soulèvement des années 80 qui a duré plusieurs années et a été indirectement à l’origine des accords israélo-palestiniens d’Oslo, et celui de 2000, en pleine impasse dans la mise en œuvre de ces accords, alors que Yasser Arafat était encore en vie.

Autant Israël peut espérer le soutien actif des Etats-Unis, qui ont déjà fait connaître leur opposition à la reconnaissance de cet Etat palestinien en septembre, et espèrent toujours empêcher les Européens de franchir le pas comme certains, dont la France, ont laissé entendre qu’ils pourraient se rallier à la demande palestinienne, autant cet alignement sur l’Etat hébreu sera difficilement défendable si des images de confrontation surgissent de nouveau en provenance de Cisjordanie ou de Gaza.

Nicolas Sarkozy avait déclaré en mars dernier à L’Express :

« Si le processus de paix reprend durant l’été, la France dira qu’il faut laisser les protagonistes discuter sans bousculer le calendrier. Si, à l’inverse, le processus de paix est toujours au point mort en septembre, la France prendra ses responsabilités sur la question centrale de la reconnaissance de l’Etat palestinien. »

 

L’été s’achève bientôt sans le moindre signe de reprise du processus de paix, et ce ne sont pas les dernières déclarations de Benyamin Netanyahou dans son discours au Congrès américain, en mai dernier, qui peuvent laisser entrevoir une ouverture.

Un contexte inédit

Le contexte est totalement inédit. Israël bénéficie indirectement, actuellement, de la situation de violence en Syrie voisine, où le régime de Bachar al-Assad envoie les chars sur sa propre population, des Arabes tuent d’autres Arabes.

Par contraste, la confrontation larvée mais sans grande effusion de sang entre Israéliens et Palestiniens n’attire plus réellement l’attention.

En revenant à la une des journaux, la Palestine pourrait retrouver sa place habituelle de « mère de tous les conflits » du Proche et Moyen-Orient.

La deuxième surprise est venue des Israéliens eux-mêmes. Depuis le 14 juillet, par centaines de milliers, ils participent à un mouvement citoyen sans précédent, déconnecté des partis politiques, né de la vie chère et des inégalités sociales croissantes dans le pays qui inventa les kibboutz et un égalitarisme forcené.

Ce mouvement a jusqu’ici évité de se frotter aux questions sensibles liées aux relations avec les Palestiniens, aux colonies de peuplement de Cisjordanie, à la place d’Israël dans sa région. Sans doute pour préserver le large consensus qui est apparu dans le pays autour des revendications économiques et sociales nées du village de tentes du boulevard Rothschild à Tel Aviv, et qui s’est étendu à toutes les régions, comme l’ont montré les dernières manifestations, samedi soir.

Si ce mouvement durait jusqu’en septembre, il pourrait difficilement éviter de se confronter à la question palestinienne lorsque celle-ci se posera de manière forte, à l’ONU, à Ramallah ou à Gaza.

Un double défi pour l’Etat hébreu

Le défi lancé à Israël et à son gouvernement le plus à droite qu’ait connu l’Etat hébreu depuis sa fondation, est aussi un défi que se lancent les Palestiniens à eux-mêmes. Leur situation de faiblesse est extrême : toujours divisés malgré les unions de façade entre partisans du Fatah de Mahmoud Abbas et ceux du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza, ils vont devoir se montrer à la hauteur de la crédibilité qu’appelle la création d’un Etat. Ce n’est pas joué.

Quoi qu’il en soit, le 20 septembre, l’enlisement lent et pervers de la situation, permettant à la colonisation des territoires occupés de se poursuivre inexorablement et de changer la situation de manière irréversible a toutes les chances d’entrer dans une nouvelle phase.

Cela débouchera-t-il sur une nouvelle confrontation, ou sur la création des conditions d’une véritable négociation ? Cela dépendra de l’attitude des acteurs sur le terrain, mais aussi, dans une large mesure, des réactions du reste du monde, aux Etats-Unis et en Europe en particulier, qui ont été les alliés passifs ou actifs d’Israël et qui devront sortir de leur attentisme si les événements se mettent en mouvement.

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Proche-Orient :

Obama pourra-t-il être un arbitre

(enfin) impartial ?

écrit par Philippe Marlière correspondant & Politiste à Londres publié le 02/04/2010 à 18H42

Barack Obama nous surprendra-t-il sur le terrain miné du conflit israélo-palestinien ? Parmi les présidents états-uniens, sera-t-il le premier « honest broker » (« arbitre impartial ») entre les deux parties ?

Reconnaîtra-t-il l’infini déséquilibre des forces en présence ? D’un côté, Israël, puissance nucléaire et coloniale (le « flic des Etats-Unis au Proche-Orient », comme le souligne Noam Chomsky). De l’autre, l’« Autorité » palestinienne de Mahmoud Abbas, entité sans pouvoir, dont la ligne de compromis mou avec Israël n’a amené que revers et déboires à un peuple déjà meurtri par les interventions militaires israéliennes et le blocus de Gaza.

Pourtant, rien ne devrait inciter à l’optimisme. Depuis la présidence Clinton, les Etats-Unis n’ont rien fait pour contrarier le fait colonial des Israéliens, se contentant de le condamner de manière purement formelle. George W. Bush donna même son appui à l’entreprise coloniale peu avant son départ de la Maison Blanche sans que cela ne suscite d’émotion particulière.

Obama n’a pas dissipé l’image très pro-israélienne des Etats-Unis

Depuis le refus, par Yasser Arafat, du « deal en or » concocté par Bill Clinton à Camp David en juillet 2000, les Etats-Unis n’essayent même plus de maquiller leur parti-pris pro-israélien.

Ce « deal en or » prévoyait de reconnaître l’annexion d’une partie des terres occupées par Israël depuis 1967. Il entérinait la mainmise israélienne sur la partie arabe de Jérusalem ou encore apportait une fin de non-recevoir au droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948 et en 1967.

Qu’Arafat ait dû porter seul la responsabilité de l’échec de Camp David, qui « ruina » la présidence Clinton (avant que Monica Lewinsky ne vienne définitivement l’achever), montre bien de quel côté penche la machine médiatico-diplomatique aux Etats-Unis.

Lors de la première année de sa présidence, Obama n’a rien fait pour dissiper l’image très partisane de son pays sur ce dossier. Aux prises avec Benyamin Netanyahou, un homme de la droite extrême et hostile à l’arrêt de la colonisation, Obama a peiné à se démarquer de ses prédécesseurs.

De « profondes divergences de vue » avec Netanyahou

Il a quand même bien compris que l’arrêt inconditionnel de la colonisation est le préalable à toute reprise des négociations. Pourtant, Barack Obama est allé d’échec en échec, humilié par la politique jusqu’au-boutiste du Premier ministre israélien jusqu’à la semaine passée.

A cette occasion, Netanyahou a essuyé un premier refus : Obama a demandé l’arrêt de la construction de logements dans la partie arabe de Jérusalem. Le Premier ministre israélien a estimé qu’il s’agissait d’une exigence « irraisonnable » et « illogique ». L’administration américaine a, fait inhabituel, rendu public son désaccord.

Un porte-parole de la Maison Blanche n’a pas hésité à parler de « profondes divergences de vue » entre les deux hommes. Quand Netanyahou a déclaré que c’était à ses yeux la même chose de construire des maisons à Tel Aviv et à Jérusalem, Obama lui a répondu qu’il n’était pas d’accord.

La teneur de cet entretien privé a filtré en direction des médias américains (caricaturalement favorables aux positions israéliennes), ce qui marque un changement de stratégie au sein de l’administration Obama.

Ce contrepied médiatique a plongé Israël dans l’embarras et a paru suffisamment sérieux pour que le lobby pro-Israël mène une contre-offensive de grande ampleur par l’entremise de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

Le redoutable et redouté lobby pro-Israël au Congrès

Il s’agit, en la matière, d’une institution de masse dont l’objectif est de faire adopter au Congrès les « politiques et décisions les plus favorables à Israël ». Une majorité d’élus au Sénat et à la Chambre des représentants est membre de cette organisation.

Les universitaires John Mearsheimer et Stephen Walt ont souligné le rôle influent d’AIPAC dans l’élaboration de choix politico-militaires des Etats-Unis, le présentant comme le « bras armé » du gouvernement israélien au Congrès (« The Israel Lobby and US Foreign Policy », 2007).

AIPAC a déclaré que les « trois quarts » des membres du Congrès avait signé sa lettre ouverte exigeant la « fin des critiques » à l’égard d’Israël, car ce type de querelles doit être réglé en « tête-à-tête et non sur la place publique ». Et préconisé un resserrement des liens entre l’administration étatsunienne et le gouvernement israélien.

Les campagnes d’intimidation contre les critiques de la politique israélienne sont redoutables et redoutées. La vigueur des attaques fait très souvent rentrer dans le rang les rares éléments récalcitrants. Ici, la contre-offensive n’a pas semblé perturber l’administration Obama.

Robert Malley, l’ex-bras droit du président Clinton pour les affaires israélo-arabes, a confié que cette confrontation était « délibérée » du côté du gouvernement fédéral. Elle serait la preuve de la « détermination » d’Obama sur la question.

Les colons israéliens mettent en danger les GI’s d’Afghanistan

L’avenir nous dira si l’infime espoir suscité par l’opposition obamesque était illusoire ou pas. Il apparaît pourtant difficile pour Obama de rebrousser chemin car il perdrait la face et toute crédibilité pour le plus grand malheur des Palestiniens.

Le président américain aurait d’autant plus tort de relâcher son effort que le fait colonial israélien est en passe de devenir impopulaire au Capitole. On y estime que l’extrémisme de Netanyahou met en danger la vie des GI’s en Irak et en Afghanistan.

Si l’administration Obama parvient à convaincre l’opinion publique que l’arrêt de la colonisation israélienne est dans l’intérêt des Etats-Unis, alors peut-être sera-t-il possible d’envisager à moyen terme le retour à une vraie solution négociée. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Pour retrouver l’intégralité de cet article, cliquez sur le lien suivant :

http://www.rue89.com/philippe-marliere/2010/04/02/proche-orient-obama-pourra-t-il-etre-un-arbitre-enfin-impartial-145737

 

Israël-Palestine : le minuscule espoir de paix en sursis

Ecrit par Pierre Haski et publié sur le site Rue89 le 11/03/2010 à 14H26

L’annonce de nouveaux logements israéliens à Jérusalem-Est menace les négociations que les Etats-Unis tentent d’orchestrer.

Des ouvriers palestiniens sur le toit d'une maison en construction à Ramat Shlomo (Ronen Zvulun/Reuters) Photo : des ouvriers palestiniens sur le toit d’une maison en construction à Ramat Shlomo, une zone annexée au nord-est de Jérusalem (Ronen Zvulun/Reuters)

 

On pensait l’exercice de négociations « indirectes » entre Israéliens et Palestiniens sans grand espoir ; il est sans doute mort-né. Le délicat édifice diplomatique que tentait de bâtir le vice-président américain Joe Biden s’est écroulé jeudi lorsque l’Autorité palestinienne a menacé de se retirer du processus après l’annonce de la construction de nouveaux logements pour juifs ultraorthodoxes dans la partie Est de Jérusalem.

Si les éléments les plus durs de la coalition hétéroclite au pouvoir en Israël avaient voulu torpiller le minuscule espoir de paix avec les Palestiniens, ils ne s’y seraient pas pris autrement. L’annonce par le ministre de l’Intérieur, Eli Yishai, membre duparti ultraorthodoxe séfarade Shass, de la construction de ces logements en pleine visite de Joe Biden dans la région, ne pouvait être perçue par la partie palestinienne que comme une provocation.

Jeudi, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a présenté ses excuses à Joe Biden, toujours présent en Israël, pour cette annonce « malencontreuse ». Mais le mal est fait et le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncéqu’il ne reprendrait les négociations qu’à la condition de l’arrêt complet de la colonisation de Jérusalem-Est.

Depuis le début, les efforts de l’administration Obama pour sortir ce qu’on n’ose même plus qualifier de processus de paix de l’impasse, se heurte depuis un an à la question de la colonisation. Les Palestiniens exigeait un gel d’un an de toute nouvelle construction dans les territoires conquis en 1967 -dont Jérusalem-Est annexée- pour reprendre les négociations.

Lâchée par Hillary Clinton qui cédait sur ce point, l’Autorité palestinienne acceptait finalement le principe de ces discussions indirectes, c’est-à-dire en passant par l’intermédiaire des Américains, accompagnées d’une ambiguïté constructive sur la question des colonies.

Cette ambiguïté a été levée de manière spectaculaire par Eli Yishai, et même plus encore puisque le quotidien Haaretz annonce ce jeudi que ce sont en fait quelque 50 000 nouveaux logements pour la population juive qui sont en phase d’approbation ou de planification pour la partie palestinienne de la ville.

Menaces sur la coalition Netanyahou

Les conséquences politiques de ce coup d’éclat risquent d’être importantes. Dès jeudi, le parti travailliste a menacé de quitter la coalition au pouvoir, car, comme l’a déclaré à la radio de l’armée le ministre de l’Agriculture Shalom Simhon :

« Les travaillistes ont de plus en plus de difficultés à participer à la coalition gouvernementale dans laquelle ils sont entrés pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens. »

 

La coalition dirigée par Benyamin Netanyahou, le chef du parti de droite Likoud, va actuellement de l’extrême droite, incarnée par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman, aux travaillistes du ministre de la Défense Ehud Barak, en passant par les partis religieux comme le Shass. Un attelage bancal qui a déjà menacé plusieurs fois d’exploser.

Ce délicat équilibre politique résistera-t-il à cette crise surgie de l’intérieur de la coalition ? Le parti travailliste, qui n’est déjà plus que l’ombre de l’ancienne formation de David Ben Gourion, qui avait fondé et façonné l’Etat hébreu pendant ses 30 premières années, puis impulsé le processus de paix d’Oslo avec Yitzhak Rabin et Shimon Pérès dans les années 90, pourra-t-il longtemps faire le grand écart entre ses principes affichés et la réalité de ce gouvernement ?

L’éclatement de la coalition risquerait de renvoyer les Israéliens aux urnes, dans un contexte de tension accrue, potentiellement générateur de nouvelles violences. De nombreux observateurs n’excluent pas, en effet, une troisième intifada, après celles de 1987 et de 2000, et dont les récentes échauffourées autour de l’esplanade des mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, pourraient être la préfiguration.

Pour l’administration Obama, l’incident des appartements de Jérusalem-Est ne pouvait moins bien tomber. Le Président américain n’avait pas besoin de cette humiliation publique de la part d’un allié des Etats-Unis alors que ses difficultés de politique intérieure s’accumulent.

L’entrée en scène du vice-président Joe Biden correspondait à une escalade de l’engagement de l’administration, après l’échec des premières navettes de l’émissaire américain George Mitchell. Israël, où Barack Obama ne s’est pas encore rendu depuis son élection, est décidément un écueil de poids pour le Président des Etats-Unis, que de nombreux Israéliens appellent généralement de son deuxième prénom « Hussein » pour bien montrer qu’ils ne l’apprécient pas.

Dessin de Lardon

Retrouver cet article, dans son intégralité, sur le lien suivant :  http://www.rue89.com/2010/03/11/israel-palestine-le-minuscule-espoir-de-paix-en-sursis-142419?page=1

 

A LA UNE

Sarkozy appelé à l’action pour la Palestine par

d’ex-diplomates

Ecrit par Pierre Haski et publié sur le site de Rue89 le 03/03/2010 à 20H04

Un enfant sous un grand drapeau palestinien, pendant une manifestation, en Cisjordanie (Darren Whiteside/Reuters) Photo : un enfant sous un grand drapeau palestinien, pendant une manifestation en Cisjordanie, février 2010 (Darren Whiteside/Reuters)  

C’est une initiative sans précédent : seize ex-ambassadeurs et diplomates de haut rang ont signé une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy pour l’inciter à prendre une initiative afin de débloquer l’impasse des relations israélo-palestiniennes.

L’initiative qu’ils appellent de leurs vœux serait plus ambitieuse que la reprise de négociations indirectes à laquelle travaillent actuellement les Américains, et pourrait déboucher sur la proclamation d’un Etat palestinien en 2011.

Prenant acte du blocage actuel et du risque permanent de violence dans cette région, ils estiment que l’heure est à une initiative « contraignante » :

« Le recours à une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l’ONU paraît nécessaire. Cette résolution tracerait le cadre et les objectifs de l’ultime négociation à mener entre les parties sous le contrôle d’une conférence internationale qui veillerait à la mise en œuvre dans des délais déterminés de l’accord à intervenir et des garanties nécessaires. »

 

On est loin du projet américain visant à permettre la reprise de négociations indirectes entre Israël et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, en laissant de côté les sujets qui fâchent…

Envoyer des casques bleus

Dans leur texte, initialement publié par LeMonde.fr, les diplomates, dont certains ont occupé des postes importants liés au dossier proche-oriental, mettent en avant une autre mesure susceptible de réduire les tensions dans la région :

« Il est en particulier urgent de mettre un terme à l’enfermement dans la bande de Gaza d’une population d’un million et demi de personnes en violation du droit humanitaire international, situation à laquelle il serait possible de remédier par l’envoi de casques bleus aux accès à ce territoire. »

 

Les diplomates soulignent que la France est idéalement placée pour prendre une telle initiative, en s’appuyant sur la position des 27 pays de l’Union européenne, réaffirmée en décembre 2009, en faveur d’un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale, et sur la déclaration de Nicolas Sarkozy à la Knesset, le parlement israélien, en juin 2008, affirmant que « Jérusalem a vocation à devenir la capitale de deux Etats ».

Ce que les diplomates ne disent pas, c’est ce qui vient de se passer lorsque le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est dit « tenté » par l’idée de :

« la proclamation rapide d’un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières ».

 

Il s’est aussitôt attiré une violente riposte d’Israël, et un « recadrage » plus prudent de l’Elysée qui n’avait visiblement pas été consulté avant la sortie du ministre. Un diplomate qualifie en privé la sortie de Kouchner de « maladroite et précipitée », et donc vouée à l’échec.

Proclamer un Etat palestinien unilatéral

Pourtant, cette idée de proclamation d’un Etat souverain unilatéral reconnu par la Communauté internationale fait son chemin, et, selon l’un des signataires de la lettre, pourrait être une des issues possibles de l’initiative souhaitée par les auteurs de la lettre ouverte.

Elle pourrait être envisagée en 2011, après avoir laissé sa chance à la négociation, et un tel Etat pourrait être reconnu par l’immense majorité des Etats de la planète.

Dans une tribune séparée publiée la semaine dernière par Le Monde, l’un des signataires, Yves Aubin de la Messuzière, ancien directeur du Moyen Orient au Quai d’Orsay, va ouvertement dans cette direction :

« La proclamation unilatérale de l’Etat palestinien à l’échéance de 2011, qui participerait d’une révolution conceptuelle, permettra de déclencher une nouvelle dynamique, un réel processus se séparant de la méthode d’Oslo par l’inversion de la perspective, les négociations devant suivre la création de l’Etat palestinien.

La dissidence de Gaza ne devrait pas être un obstacle, l’histoire du mouvement palestinien étant faite davantage de conciliations que de ruptures. »

 

On en est loin, et la tentative de relance des négociations par l’administration Obama parait bien timide par rapport aux proclamations initiales du président américain. Et rien n’indique, à ce stade, que Nicolas Sarkozy ait l’audace, et la cohérence diplomatique, nécessaires pour faire le saut conceptuel que lui recommandent « ses » anciens diplomates.

Pour retrouver dans son intégralité cet article, cliquer sur le lien suivant :  http://www.rue89.com/2010/03/03/des-ex-diplomates-francais-appellent-sarkozy-a-laction-pour-la-palestine-141329

 

Les clés du futur Proche-Orient

entre les mains d’Obama

Ecrit par Pierre Haski et publié sur le site Rue89 le 01/03/2009 à 23H41

Avec des acteurs locaux aussi antagonistes, seuls les Etats-Unis peuvent débloquer la situation. Explications.

Barack Obama devant le Mur des lamentations, à Jérusalem, le 24 juillet (Jim Young/Reuters) Photo : Barack Obama devant le Mur des lamentations, à Jérusalem, le 24 juillet (Jim Young/Reuters)

La diplomatie a parfois des logiques que la logique a du mal à suivre… Ce lundi, se tient en Egypte une conférence internationale -ça doit être important puisque Nicolas Sarkozy s’y rend- consacrée à la reconstruction de la bande de Gaza. N’aurait-il pas été préférable de réunir d’abord une conférence internationale destinée à empêcher que Gaza soit de nouveau détruite ?

Certes, il faut assurément aider les Gazaouites à se relever, après les dégâts considérables causés par l’opération israélienne Plomb durci au début de l’année : entre 600 millions de dollars selon le FMI et 1,9 milliard selon l’Autorité palestinienne. L’Union européenne a déjà promis 554 millions de dollars, les Etats-Unis 900 millions.

Mais cette conférence n’aurait de sens que si, parallèlement, on réunissait aussi la planète au chevet de la paix et pas seulement pour faire des chèques sans se poser la question de savoir pourquoi il y a eu ces destructions.

D’autant que le non-dit absolu de cette conférence est que les chèques sont établis au nom de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui…ne contrôle pas Gaza, toujours sous la férule du Hamas, auquel la Communauté internationale ne parle pas (directement).

Tony Blair, le bien inutile émissaire du Quartet international pour le Proche-Orient, s’est ainsi rendu pour la première fois à Gaza ce weekend sans rencontrer les maîtres du territoire.

Mes questions sont évidemment faussement naïves : il est clair que le climat de la région ne porte pas à la négociation de paix. Même si, y compris au Proche-Orient, le pire n’est jamais sûr, et nul ne peut réellement prédire ce qui sortira de la nouvelle équation régionale qui est en train de se mettre en place.

La droite au pouvoir en Israël

Premier élément de la nouvelle donne : les élections israéliennes de février, et surtout les négociations qui ont été menées pour définir les contours de la coalition autour de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre désigné.

Le chef de file du Likoud n’a pas réussi à élargir sa base, et va finalement se retrouver à la tête du gouvernement le plus à droite qu’ait connu Israël en soixante ans d’existence.

Ni Tzipy Livny, leader des « centristes » de Kadima, pourtant arrivée en tête du scrutin, ni les travaillistes d’Ehud Barak, qui ont subi une défaite historique, n’ont accepté de siéger dans un gouvernement qui fait une large place à l’extrême-droite israélienne.Pour Tzipy Livny, citée par le quotidien Maariv :

« Netanyahou ne croit pas au processus de paix et est prisonnier des visions traditionnelles de la droite [hostile à un retrait de Cisjordanie]. Dans ces conditions, la meilleure option est de servir le peuple dans l’opposition. »

Car le vrai vainqueur du scrutin, c’est bien Avigdor Lieberman, le dirigeant d’un parti, Israël Beiteinu (« Israël notre maison ») qui a fait campagne sur le dos des Arabes israéliens dont il a mis en doute le statut au sein d’Israël, et sur l’idée que la guerre de Gaza n’était pas allée assez loin.

Et s’il accepte le principe de deux Etats, c’est en procédant à un charcutage territorial qui échangerait les zones arabes de Galilée contre les grandes colonies juives de Cisjordanie difficilement acceptable pour les Palestiniens.

Ce futur gouvernement de droite a déjà annoncé la couleur : la question palestinienne n’est pas sa priorité autrement que dans sa dimension économique, et il s’assoit sans complexes sur la « Feuille de route » élaborée en 2007 par le gouvernement sortant avec les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne, qui n’avait, il est vrai, mené nulle part.

Benyamin Netanyahu met en avant la « menace de l’Iran » plutôt que la nécessité de trouver un accord avec les Palestiniens : ce sera le ciment de sa coalition avec l’extrême-droite et les religieux.

L’inconnue Obama

C’est à Washington que s’est produit l’autre changement majeur, avec, évidemment, l’installation à la Maison Blanche de Barack Obama, soucieux de rétablir l’image de l’Amérique dans le monde arabo-musulman.

Certes, sa priorité est de sauver l’économie américaine de la banqueroute, et deretirer ses troupes d’Irak, comme il vient de le confirmer de manière éclatante. Mais il n’a pas oublié le Proche Orient, en nommant George Mitchell comme émissaire spécial, qui en est déjà à sa deuxième visite dans la région.

Mitchell tranche avec la position américaine classique d’alignement systématique sur le gouvernement israélien, qu’incarne beaucoup plus, par exemple, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Il est ainsi l’auteur d’un rapport sur le déclenchement de la deuxième Intifada, en 2000, dans lequel il préconisait le gel des colonies de Cisjordanie, y compris de leur « croissance naturelle », ce qui avait agacé en Israël.

Quelle sera la marge de manoeuvre de George Mitchell ? Il est encore trop tôt pour le dire, même si le nouveau président américain semble bien conscient de l’impact positif qu’aurait un règlement au Proche-Orient sur l’ensemble des problèmes du monde. Cela peut-il aller jusqu’à un clash avec le gouvernement de Netanyahou, qui a visiblement un autre agenda ?

Le Hamas incontournable

Troisième élément de la nouvelle donne : la position du Hamas, le mouvement islamiste palestinien, qui est sorti de la guerre de Gaza affaibli militairement, mais tout aussi fort sinon renforcé politiquement. Ce n’est pas le moindre paradoxe de cette guerre de janvier, dont les Israéliens sont les seuls à penser qu’elle a été un grand succès.

Dans une tribune publiée ce weekend dans Haaretz, Shaul Arieli, l’un des signataires de l’Intiative de paix israélo-palestinienne de Genève, va même jusqu’à écrire que « les Israéliens ont voté pour le Hamas », en mettant au pouvoir Beyamin Netahyahou et ses alliés de droite. Il estime qu’en l’absence de perspective de paix, le Fatah de Mahmoud Abbas ne survivra pas dans sa modération actuelle, et disparaîtra ou sera absorbé dans une alliance avec le Hamas.

Le Hamas est en effet incontournable, comme le montre le simple fait que, de nouveau, des discussions ont eu lieu ces derniers jours au Caire pour favoriser l’émergence d’un gouvernement d’union nationale entre Fatah et Hamas, et même pour négocier une entrée du Hamas au sein de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), la maison commune des nationalistes palestiniens, dont il s’était tenu à l’écart depuis sa création en 1987.

Sur le terrain, les Islamistes ont effectué des purges à Gaza, soupçonnant les partisans du Fatah d’avoir prêté main forte aux Israéliens pendant leur offensive, et renforcent leur emprise par un subtil mélange de terreur et d’aide sociale qui leur a réussi jusqu’ici.

Comme le redoutent les pacifistes israéliens, ils seront les principaux bénéficiaires de l’absence de perspective de paix, faute d’avoir au moins tenté de les inclure dans une logique positive qui testerait leur supposé « pragmatisme ».

L’absence de volonté politique

Tout se met donc en place pour cette nouvelle phase. Et avec des acteurs aussi éloignés que le futur gouvernement israélien ou le Hamas, le seul espoir d’avancer réside dans l’attitude qu’adopteront les Etats-Unis. Ils sont les seuls, en effet, à avoir la capacité de peser sur Israël et ses voisins, s’ils en ont la volonté politique.

Obama peut-il tordre le bras d’Israël ? C’est, au bout du compte, la véritable inconnue de cette équation.

Il y a quelques semaines, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rapportait dans son tchat sur Rue89 une conversation qu’il avait eue avec Henry Kissinger, l’ancien grand architecte de la diplomatie américaine. Kissinger lui avait dit :

« Tout le monde sait comment résoudre le conflit du Proche-Orient, la seule chose qui manque, c’est la volonté politique. »

Cette volonté politique existe-t-elle cette fois à Washington ? Ce sera l’un des tests les plus difficiles pour Barack Obama, qui, pourtant ne manque pas d’obstacles.


2011 va-t-il voir naître l’état palestinien ?

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ACTUALITÉ  International

  • État palestinien : Nétanyahou s’oppose à Obama

    Benyamin Nétanyahou, photographié mercredi, doit rencontrer Barck Obama vendredi.
    Benyamin Nétanyahou, photographié mercredi, doit rencontrer Barck Obama vendredi. Crédits photo : Sebastian Scheiner/AP

    Au président américain qui plaide pour un État palestinien sur la base des frontières de 1967, le premier ministre israélien, en visite aux États-Unis, se targue d’engagements contraires faits par son allié américain.

    Les médias israéliens y voient un défi lancé au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui doit rencontrer aujourd’hui Barack Obama à la Maison-Blanche. Le président américain a affirmé jeudi, lors d’un discours sur le Moyen-Orient, que les frontières d’Israël et d’un futur État palestinien devaient être fondées sur celles de 1967. C’est-à-dire inclure toute la Cisjordanie, actuellement en partie occupée, la bande de Gaza, et Jérusalem-Est, annexé. Autant de territoires conquis pendant la Guerre des six jours.Benyamin Nétanyahou a aussitôt réagi par un communiqué diffusé avant son départ pour les États-Unis et dans lequel il exclut un tel projet synonyme de retrait. Il se targue d’engagements américains, faits en 2004, selon lesquels Israël n’aurait pas à se retirer au-delà des «lignes indéfendables de juin 1967». Il fait notamment référence à une lettre en ce sens adressée en 2004 par George W. Bush au premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon. Selon son entourage, Nétanyahou a été «déçu» de la prise de position du président américain sur un certain nombre de sujets, en premier lieu «du fait qu’il n’a pas traité du problème des réfugiés» comme Israël l’entend, c’est-à-dire en excluant le retour des réfugiés palestiniens en Israël.

    Un haut responsable israélien a néanmoins minimisé ces divergences, soulignant qu’Obama avait réitéré l’opposition des États-Unis à la démarche des Palestiniens de faire reconnaître leur État devant l’ONU en septembre prochain sans accord de paix préalable. «Nous ne sommes pas inquiets mais des éclaircissements seront nécessaires», a indiqué ce responsable sous couvert d’anonymat.

    Abbas salue les efforts d’Obama

    Dans la presse israélienne, les quotidiens Yédiot Aharonot et Maariv parlent de «Confrontation» et de choc pour Nétanyahou. Un éditorialiste parle d’«embuscade organisée à l’avance» par Washington et de «revanche» d’Obama contre le chef du gouvernement israélien, avec lequel il est notoire que le courant ne passe pas, après «deux années de stagnation diplomatique».

    Côté palestinien, Mahmoud Abbas a salué les efforts d’Obama. Il a appelé Israël à «donner au processus de paix la chance qu’il mérite» et convoqué la direction palestinienne pour «une réunion d’urgence». Son porte-parole a qualifié la réaction israélienne de «coup» porté aux efforts d’Obama et de «refus de la paix» au Proche-Orient. Pour sa part, le porte-parole du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, a exhorté le président américain à «accomplir des actes concrets pour protéger les droits des Palestiniens et de la nation arabe». Il a rejeté les appels d’Obama à reprendre les négociations de paix et à reconnaître Israël.

    La presse palestinienne a salué l’appel d’Obama mais relevé l’absence de propositions pour les reprendre.

    En Europe, la Pologne, la France et l’Allemagne ont dit vendredi soutenir la position du président américain sur le conflit au Proche-Orient. À l’issue d’une rencontre avec ses homologues français et allemand, le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a évoqué un «message courageux».

    Analyse

    L’Etat palestinien risque de naître, en septembre, dans la violence

    LEMONDE | 20.05.11 | 14h19

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/20/l-etat-palestinien-risque-de-naitre-en-septembre-dans-la-violence_1524967_3232.html

    Ayant perdu confiance dans leurs partenaires israéliens, s’estimant trahis par les Américains et ne croyant plus à une relance du processus de paix, les Palestiniens sont engagés dans une fuite en avant. Paradoxalement, pourtant, c’est le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui, au moins pour quelques mois, contrôle l’agenda diplomatique et force le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à réagir :

    En dépit de dénégations officielles, la perspective d’une reconnaissance d’un Etat palestinien, en septembre, par l’Assemblée générale des Nations unies, est envisagée avec appréhension à Jérusalem et à Washington. Barack Obama répugne à l’idée de brandir son veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer une démarche qui correspond in fine à l’objectif de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, que l’administration américaine à maintes fois appelée de ses vœux.

    Pour avoir martelé que cet Etat ne peut être issu que de négociations avec Israël, M. Obama risque d’être obligé de s’y opposer, avec pour conséquence la détérioration de l’image de l’Amérique au Proche-Orient. Or il cherche à capitaliser sur les soulèvements populaires qui secouent la région, afin de reconnecter l’Amérique au monde arabo-musulman.

    La seule manière pour M. Obama d’échapper à ce piège serait de convaincre M. Nétanyahou de faire des concessions susceptibles de ramener M. Abbas à la table des négociations. La clé est connue de tous : un nouveau moratoire de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés ; l’acceptation sans ambiguïté d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Dans son discours, jeudi 19 mai, le président américain vient de se rallier à cette dernière référence, au grand dam de M. Nétanyahou. Ce scénario a cependant peu de chances de se réaliser. Le premier ministre israélien s’efforce depuis deux ans de gérer le conflit israélo-palestinien, mais il n’a pas de vision à long terme.

    M. Nétanyahou est arrivé le 19 mai à Washington bien décidé à se livrer à son numéro d’équilibrisme favori : parler de paix avec conviction mais en termes vagues, rendre son adversaire responsable d’un statu quo qui, loin d’être statique, gagne en dangerosité, et repartir fort du soutien indéfectible de l’Amérique pour l’Etat juif. A défaut de convaincre M. Obama, il va lui être facile de plaider sa cause devant un Congrès dominé par les républicains : l’accord de réconciliation entre le Fatah, qui contrôle l’Autorité palestinienne, et le Hamas, mouvement islamiste considéré comme « terroriste » en Europe et aux Etats-Unis, a fait l’effet d’un chiffon rouge sur les bords du Potomac.

    M. Nétanyahou va insister sur la période d’incertitude qui s’ouvre, qui sera notamment marquée par l’organisation d’élections législatives et présidentielle palestiniennes qui pourraient être favorables au Mouvement de la résistance islamique. Les milliers de Palestiniens qui ont manifesté, le 15 mai, aux frontières d’Israël ont fait la démonstration de la montée en puissance de la résistance populaire, tout en fournissant à M. Nétanyahou des arguments pour mettre en avant les menaces régionales.

    Dans un contexte de soulèvements arabes tous azimuts, va-t-il plaider, l’Amérique peut-elle prendre le risque de fragiliser un peu plus le seul allié fiable dont elle dispose au Proche-Orient ? Si M. Abbas se dit prêt à aller jusqu’au bout de sa stratégie onusienne, c’est parce qu’il n’en a pas d’autre : outre que le Fatah a bâti sa légitimité sur un processus de paix qui est en miettes, M. Abbas est désormais préoccupé de son héritage politique. Les Palestiniens sont comme dopés par le vent des révoltes arabes et la perspective de la création d’un Etat. C’est une ivresse politique, pas une stratégie. Car cet Etat juridiquement incontestable risque d’être longtemps une coquille vide. M. Abbas compte sur cette reconnaissance pour favoriser « l’internationalisation du conflit en tant que question juridique ».Poursuivre Israël devant la Cour internationale de justice est en effet une option.

    Mais, outre que l’inanité des condamnations d’Israël a été démontrée, cela ne changera en rien, dans les territoires occupés, la vie quotidienne de la population palestinienne. Sauf en pire : Israël ne restera pas sans réagir. En gelant pendant deux semaines le transfert des taxes et droits de douane qui sont dus à l’Autorité palestinienne, Israël a donné un avant-goût des mesures de représailles qu’il tient en réserve.

    Très vite, le décalage risque d’être grand entre l’espoir qu’auront fait naître l’avènement d’un Etat palestinien et ses bienfaits attendus. Ce n’est pas être Cassandre que d’envisager la transformation de ces frustrations en déchaînement de violence, pouvant déboucher sur une troisième Intifada. L’Autorité palestinienne pourra-t-elle canaliser d’éventuels débordements ? Les manifestations qui se sont déroulées pour l’anniversaire de la Nakba ont montré que le leadership palestinien est déjà dépassé par la jeunesse et la rue palestiniennes. La perspective d’une formidable victoire symbolique et politique pour le peuple palestinien risque d’être célébrée au bord du gouffre.


    lzecchini@lemonde.frLaurent Zecchini, correspondant à Jérusalem – Article paru dans l’édition du 21.05.11

    État palestinien: l’UE acquiesce

    AFP
    20/05/2011 | Mise à jour : 12:38 Réactions (12)

    L’Union européenne a « salué chaleureusement » aujourd’hui l’appel du président américain Barack Obama en faveur d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967.

    Palestine (État revendiqué)

    Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Palestine (homonymie).
    دولة فلسطين
    Dawlat Filastin
     (ar)
    État de Palestine (fr)
    Drapeau palestinien Armoiries de la Palestine
    (Drapeau palestinien) (Armoiries de la Palestine)
    carte
    Langue officielle Arabe
    Capitale Jérusalem-Est1 (revendiquée)
    31°47′N 35°13′E
    Plus grande ville Gaza
    Forme de l’État République
     – Président
    – Premier ministre
    Mahmoud Abbas
    Salam Fayyad
    Superficie
    – Totale
    – Eau (%)
    Classé 161e
    6 520 km2
    Négligeable
    Population
    – Totale (2009)
    – Densité
    Classé 125e
    4 148 000 hab.
    623,52 hab./km2
    Formation
    Déclaration d’Alger2
    15 novembre 1988
    Gentilé Palestinien, palestinienne
    IDH (2007) en diminution 0,731 (moyen) (106e)
    Monnaie Aucune
    de facto le Shekel israélien(ISL)
    Fuseau horaire UTC +2
    Hymne national Biladi, Biladi3
    Code ISO 3166-1 {{{iso3166-1}}}
    Domaine internet .ps
    Indicatif
    téléphonique
    +970
    1. Jérusalem-Est étant un «territoire palestinien occupé», Gazaet Ramallah, sièges de l’Autorité palestinienne, sont capitalesde facto.
    2. n’a pas été universellement reconnue et ne s’accompagne d’aucune indépendance de facto.
    3. Mawtini a été l’hymne palestinien de 1936 à 1995, avant queBiladi, Biladi le remplace en 1996.

    L’État de Palestine (arabe : دولة فلسطينdawlat filastin), parfois mentionné sous sa forme courte Palestine (arabe : فلسطينfilastin), est un État putatif et non universellement reconnusitué au Proche-Orient, dans la région géographique de Palestine (laquelle englobe également l’État d’Israël, la Jordanie, etc.), et revendiqué par le peuple des Palestiniens. Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, les frontières et la capitale de cet État putatif font l’objet de nombreux débats.

    Les premières revendications concernant cet État remontent aux années 1920, dans le cadre du conflit judéo-arabe en Palestine mandataire. Contrecarrées suite à la guerre de Palestine de 1948, elles refont surface dans les années 1960, notamment via l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Le Conseil national palestinien, corps législatif de l’OLP, a proclamé l’indépendance d’un État de Palestine le 15 novembre 1988 depuis la ville d’Alger, suite à la libération de la région cisjordanienne (qui était occupée par la Jordanie depuis 1948). L’ambiguïté de la déclaration d’indépendance repose sur la mention de « Palestine » qui y fait référence à l’ensemble des territoires de la Palestine mandataired’avant 1947, c’est-à-dire incluant Israël (que l’OLP ne reconnait pas encore à cette époque). Cette déclaration ne s’accompagne d’aucune indépendance de facto bien que l’ONU considère comme « territoires palestiniens » légitimes les deux zones situées de part et d’autre de l’État d’Israël : la bande de Gaza à l’ouest et la Cisjordanie à l’est.

    Le 13 septembre 1993, les Accords d’Oslo reconnaissent l’Autorité palestinienne comme entité représentant les Palestiniens. Contrairement au territoire revendiqué comme celui de l’État de Palestine par la déclaration d’Alger, le territoire stipulé par les accords pour un État palestinien se limite aux « territoires palestiniens » reconnus par l’ONU. Ces accords, qui prévoient l’attribution progressive de l’autonomie aux Palestiniens habitant ces territoires, doivent aboutir à la constitution ainsi qu’à la reconnaissance par Israël d’un État palestinien dans la limite de ces zones. Toutefois, le dialogue entre les parties est aujourd’hui rompu. La bande de Gaza est soumise à un blocus israélien tandis que la Cisjordanie est militairement occupée par Israël. Jérusalem-Est, partie de la Cisjordanie et capitale potentielle du futur État palestinien prévu par les accords, est annexée par Israël depuis 1967. Dans l’espoir de relancer le processus, le président de l’Autorité palestinienneMahmoud Abbas a menacé à plusieurs reprises de proclamer unilatéralement un État en Cisjordanie et à Gaza.

    A ce jour, l’État de Palestine revendiqué par la déclaration d’Alger est reconnu par 94 pays membres de l’ONU sur 192, tandis que dans l’esprit du « processus de paix israélo-palestinien » esquissé par les Accords d’Oslo, 11 autres pays ont décerné un statut diplomatique particulier à une représentation palestinienne pour les seuls habitants gazaouis et cisjordaniens. Le Hamas, qui n’administre de facto que la bande de Gaza, revendique l’ensemble du territoire de la déclaration d’Alger (c’est-à-dire incluant Israël, dont il réclame la suppression) tandis que le Fatah, qui administre la Cisjordanie, ne revendique que la bande de Gaza et la Cisjordanie conformément aux recommandations de l’ONU. Fin 2010, 5 États sud-américains reconnaissent l’« État de Palestine avec les frontières de 1967 »1,2.

    La revendication d’un État palestinien au cours de l’histoire[modifier]

    C’est à partir de 1920, au début du Mandat britannique de Palestine, que les revendications pour un État arabe palestinien indépendant voient le jour3.

    1939 : La Palestine ottomane sous mandat britannique, habitée par les populations arabe et juive, se voit proposer par les Britanniques, la partition du territoire afin de créer deux États indépendants, un État juif tel que souhaité par le mouvement sioniste, et un État arabe. Ce plan de partage a été fortement rejeté par les Arabes.

    1947 : Résolution de l’Assemblée générale de l’ONU proposant la partition de la Palestine en deux États, un État juif et un État arabe4.

    La proclamation de 1948 par le Haut comité arabe[modifier]

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    La proclamation en 1988 à Alger par l’OLP[modifier]

    Un État palestinien est proclamé le 15 novembre 1988 lors du dix-neuvième Conseil national palestinien (CNP) d’Alger5, mais n’est pas reconnu par l’ONU (bien que la déclaration soit, elle, « prise en compte » par la résolution 43/177 de l’Assemblée générale des Nations Unies, votée le 15 décembre 19886). Cette déclaration à Alger par l’OLP, qui ne contrôle à cette époque aucun territoire, ne s’accompagne d’aucune indépendance de facto sur les territoires disputés. L’ambiguïté de la déclaration d’indépendance de 1988 repose sur la mention de « Palestine » qui y fait référence à l’ensemble des territoires de la Palestine mandataire britannique d’avant 1947, incluant Israël, que l’OLP ne reconnait pas encore.

    Les années 1990[modifier]

    Article connexe : Première Intifada.

    Le 7 juillet 1993, les accords dits d’Oslo sont signés et établissent un accord de principe entre Israël et les Palestiniens représentés par l’OLP. Ils arrêtent le principe d’une future autonomie palestinienne à Jéricho et à Gaza. Signature le 13 septembre en présence du présidentBill Clinton par le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin qui sera par la suite assassiné à Tel Aviv le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif, et le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat. Élaborée à Oslo et signée à Washington, cette déclaration aboutit à la reconnaissance mutuelle de l’OLP et d’Israël4.

    En préalable à cette reconnaissance mutuelle le 19 janvier 1993 : le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l’OLP.

    Le 4 mai 1994 signature d’un accord israélo-palestinien. L’OLP et l’État d’Israël signent l’accord « Oslo I » au Caire (Égypte), prévoyant l’autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie)4. Les accords d’Oslo constituent le cadre d’une paix par étapes : dans un premier temps, la mise en place d’un régime d’autonomie à Gaza et en Cisjordanie, puis l’ouverture de négociations sur le statut définitif de ces territoires.

    Le 28 septembre 1995, Israël et l’OLP signent à Washington l’Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, négocié à Taba (parfois appelé « Oslo II ») étendant l’autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes. Fin 1995, Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes4.

    Selon les accords d’Oslo, « le Conseil palestinien et le chef de l’Autorité exécutive du Conseil constituent l’Autorité palestinienne autonome intérimaire ». Des élections générales palestiniennes se tiennent le 20 janvier 1996Yasser Arafat est élu président de l’Autorité palestinienne et ses partisans au Fatah remportent les deux tiers des 80 sièges du Conseil législatif. Le 24 avril, le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l’existence de l’État d’Israël4.

    La création de l’État palestinien, aux termes des Accords d’Oslo, aurait dû intervenir en décembre 1998 selon des modalités préparées en commun par le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne. Signature des Accords de Wye Plantation qui préparent de nouveaux retraits israéliens en Cisjordanie.

    Israël annonce vouloir garder le contrôle sur de nombreuses régions en Cisjordanie, même si les accords de paix aboutissent. Par ailleurs, malgré le mécontentement de l’Union européenne et des États-Unis, le gouvernement israélien englobe plusieurs colonies dans la supermunicipalité de Jérusalem qu’il vient de créer4.

    Le 25 mars 1999, l’Union européenne se prononce en faveur du droit à l’autodétermination des Palestiniens et à celui de créer un État. Signature le 4 septembre suivant du mémorandum de Charm el-Cheikh ouvrant la voie à un traité de paix4.

    Les années 2000[modifier]

    Article connexe : Seconde Intifada.

    Le 21 mars 2000, après un nouveau retrait de l’armée israélienne de 6 % de la Cisjordanie, l’Autorité palestinienne reprend le contrôle — total ou partiel — sur 40 % du territoire. Ariel Sharon, alors chef du Likoud, visite le 28 septembre l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, provoquant des émeutes en Israël et en Palestine. C’est le point de départ de la seconde Intifada4.

    En mars 2002, 55 ans après le vote de la résolution 181 instituant le partage de la Palestine, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution 1397 qui évoque pour la première fois un État palestinien aux côtés d’Israël. Cette résolution a été adoptée par quatorze voix et une abstention, celle de la Syrie.

    Kofi Annan énonce pour la première fois publiquement ce qu’il estime être les droits et devoirs respectifs des Palestiniens et des Israéliens :« Aux Palestiniens, je dis : vous avez le droit inaliénable à un État viable à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues mais vous devez mettre un terme à tous les actes de terreur et aux bombes-suicides. Prendre délibérément pour cible des civils est moralement répugnant.

    Aux Israéliens, je dis : vous avez le droit de vivre en paix et en sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues mais vous devez mettre un terme à l’occupation illégale et, encore plus urgemment, vous devez arrêter le bombardement des zones civiles, les assassinats, l’emploi non nécessaire de la force létale, les démolitions (de maisons) et les humiliations quotidiennes des Palestiniens ordinaires.

    Aux dirigeants des deux parties, je dis : vous pouvez encore éloigner vos peuples du désastre7. »

    Parmi les analyses et commentaires, dans un article du 21 avril 2004, « Un État palestinien sans délai », Étienne Balibar, militant de sensibilité communiste, un des défenseurs les plus connus en France [citation nécessaire] du droit des Palestiniens à l’autonomie, écrit : « La proclamation sans délai de l’État palestinien permettra à d’autres États, notamment les États arabes, de sortir de leur propre double jeu. Cela fait des années qu’ils combinent la surenchère et la prudence, proclamant le caractère sacré de la lutte de libération du peuple palestinien et l’appui inconditionnel de la « nation arabe » tout en s’efforçant de ne pas déplaire au grand protecteur américain, voire au puissant voisin israélien, ou pour d’autres – armant l’OLP tout en cherchant à la déstabiliser de l’intérieur et à lui créer des concurrents qui seraient leurs clients (…). Dès lors que la Palestine est un État, même et surtout dont le territoire est occupé, ce n’est plus en son nom que l’on négocie des règlements régionaux globaux, en faisant parfois jouer un rôle de blocage aux intérêts particuliers (territoriaux, économiques, religieux) de tel ou tel État, mais c’est avec elle. Et c’est à elle que, dans un cadre de plein droit, on apporte au besoin une aide militaire, économique ou culturelle8 »

    Le 2 février 2004, le Premier ministre israélien Sharon annonce le démantèlement des colonies à Gaza4.

    Le 11 novembre 2004, quelques jours avant la mort de Yasser Arafat, le Président des États-UnisGeorge W. Bush à peine réélu, déclare :« Je pense qu’il est très important pour nos amis les Israéliens d’avoir à leur frontière un État palestinien pacifique. Et il est très important pour les Palestiniens d’avoir un avenir pacifique, porteur d’espoir9. »

    Le 9 janvier 2005Mahmoud Abbas est élu président de l’autorité palestinienne. Le 12 septembre, toutes les colonies de Gaza sont démantelées et les derniers soldats retirés. Le contrôle de tout le territoire de Gaza revient désormais aux mains des forces de l’ordre de l’autorité palestinienne4.

    Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne déclare vouloir faire avancer le projet d’État palestinien. Il déclare, le 25 mai 2006, qu’il organiserait un référendum national sur la base du texte connu comme le document des prisonniers qui appelle à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, si le Hamas ne répond pas favorablement à sa proposition dans un délai de dix jours. La question posée aux Palestiniens serait alors : « acceptez-vous, ou non, le document élaboré au début du mois par des dirigeants palestiniens détenus en Israël10 ? » Ce document appelle à un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, territoires conquis par Israël à l’occasion de la guerre de 1967. Le document a été négocié pendant quatre semaines par d’importants prisonniers appartenant au Hamas et au Fatah dans la prison israélienne de Hadarim, où se trouve actuellement en détention le dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti.

    Abbas a déclaré lors d’une réunion de dirigeants palestiniens qu’il existe un consensus national sur les frontières du futur État palestinien :« Tous les Palestiniens, du Hamas jusqu’aux communistes, nous tous voulons un État palestinien dans les frontières de 1967. Voilà ce qui est à notre portée, ne parlons pas de nos rêves. » Il a précisé que si dix jours de dialogue entre le Hamas et le Fatah (dialogue qui a commencé) ne débouchaient pas sur un programme commun, il organiserait un référendum dans les quarante jours qui suivraient. Interrogé sur le soutien dont auraient besoin les Palestiniens pour créer leur État indépendant, Abbas a dit : « Les États arabes attendent que nous adoptions cette attitude de réalisme, pour pouvoir travailler en harmonie et faire avancer la cause palestinienne. Ils ne peuvent rien faire pour la cause palestinienne si les Palestiniens s’opposent à tout11. »

    Le 1er juin 2006Uri Avnery, le représentant le plus connu de Gush Shalom déclare que « le mouvement israélien pour la paix, Gush Shalom appelle à l’ouverture immédiate des négociations entre les gouvernements israéliens et palestiniens ». Gush Shalom est avec Shalom Archav, l’un des deux principaux mouvements qui, en Israël, militent pour la paix sous la forme de deux États, un israélien, un palestinien.

    Article détaillé : Guerre de Gaza de 2008-2009.

    Décembre 2008 : l’État d’Israël lance l’opération militaire Plomb durci. En effet, un mois plus tôt, le 4 novembre, l’incursion meurtrière de l’armée israélienne en territoire palestinien, suite à la construction d’un tunnel sous la frontière12 conduit à la reprise des tirs de roquettes du Hamas. Ces événements mettent à mal une trêve signée six mois plus tôt. Le 19 décembre 2008, le Hamas n’obtenant pas la levée du blocus de Gaza, il refuse officiellement de reconduire la trêve13. Après sept jours de frappes de missiles, une offensive terrestre est initiée et l’armée et des blindés investissent le territoire de Gaza. L’objectif est de faire cesser les tirs de roquettes du Hamas sur des villes israéliennes proches de Gaza et de démanteler ce mouvement .

    Le 18 janvier 2009, Israël déclare et applique un cessez-le-feu unilatéral à 2 heures (heure locale)14. L’opération militaire a fait 13 morts, dont 10 soldats, dans le camp israélien, et fait au moins 1 315 morts – dont 410 enfants et 108 femmes -, et plus de 5 285 blessés dans le camp palestinien15. Les missiles israéliens ont touché également des ambulances, des mosquées et une école en tuant une trentaine d’enfants16. Selon les représentants de l’État d’Israël, des membres du Hamas tiraient des roquettes à partir de ces lieux où des armes étaient stockées.

    Le cessez-le-feu unilatéral est alors très fragile : des roquettes continuent à tomber au sud d’Israël tandis que Tsahal reste en partie dans la bande de Gaza17.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_(État_revendiqué)#Histoire_de_l.27.C3.89tat_putatif_palestinien

    La proclamation en 1988 à Alger par l’OLP[modifier]

    Un État palestinien est proclamé le 15 novembre 1988 lors du dix-neuvième Conseil national palestinien (CNP) d’Alger5, mais n’est pas reconnu par l’ONU (bien que la déclaration soit, elle, « prise en compte » par la résolution 43/177 de l’Assemblée générale des Nations Unies, votée le 15 décembre 19886). Cette déclaration à Alger par l’OLP, qui ne contrôle à cette époque aucun territoire, ne s’accompagne d’aucune indépendance de facto sur les territoires disputés. L’ambiguïté de la déclaration d’indépendance de 1988 repose sur la mention de « Palestine » qui y fait référence à l’ensemble des territoires de la Palestine mandataire britannique d’avant 1947, incluant Israël, que l’OLP ne reconnait pas encore.

    Les années 1990[modifier]

    Article connexe : Première Intifada.

    Le 7 juillet 1993, les accords dits d’Oslo sont signés et établissent un accord de principe entre Israël et les Palestiniens représentés par l’OLP. Ils arrêtent le principe d’une future autonomie palestinienne à Jéricho et à Gaza. Signature le 13 septembre en présence du présidentBill Clinton par le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin qui sera par la suite assassiné à Tel Aviv le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif, et le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat. Élaborée à Oslo et signée à Washington, cette déclaration aboutit à la reconnaissance mutuelle de l’OLP et d’Israël4.

    En préalable à cette reconnaissance mutuelle le 19 janvier 1993 : le Parlement israélien abroge la loi interdisant les contacts avec l’OLP.

    Le 4 mai 1994 signature d’un accord israélo-palestinien. L’OLP et l’État d’Israël signent l’accord « Oslo I » au Caire (Égypte), prévoyant l’autonomie de la bande de Gaza et de la ville de Jéricho (Cisjordanie)4. Les accords d’Oslo constituent le cadre d’une paix par étapes : dans un premier temps, la mise en place d’un régime d’autonomie à Gaza et en Cisjordanie, puis l’ouverture de négociations sur le statut définitif de ces territoires.

    Le 28 septembre 1995, Israël et l’OLP signent à Washington l’Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, négocié à Taba (parfois appelé « Oslo II ») étendant l’autonomie en Cisjordanie et prévoyant une série de retraits israéliens par étapes. Fin 1995, Israël se retire de six villes de Cisjordanie qui deviennent autonomes4.

    Selon les accords d’Oslo, « le Conseil palestinien et le chef de l’Autorité exécutive du Conseil constituent l’Autorité palestinienne autonome intérimaire ». Des élections générales palestiniennes se tiennent le 20 janvier 1996Yasser Arafat est élu président de l’Autorité palestinienne et ses partisans au Fatah remportent les deux tiers des 80 sièges du Conseil législatif. Le 24 avril, le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l’existence de l’État d’Israël4.

    La création de l’État palestinien, aux termes des Accords d’Oslo, aurait dû intervenir en décembre 1998 selon des modalités préparées en commun par le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne. Signature des Accords de Wye Plantation qui préparent de nouveaux retraits israéliens en Cisjordanie.

    Israël annonce vouloir garder le contrôle sur de nombreuses régions en Cisjordanie, même si les accords de paix aboutissent. Par ailleurs, malgré le mécontentement de l’Union européenne et des États-Unis, le gouvernement israélien englobe plusieurs colonies dans la supermunicipalité de Jérusalem qu’il vient de créer4.

    Le 25 mars 1999, l’Union européenne se prononce en faveur du droit à l’autodétermination des Palestiniens et à celui de créer un État. Signature le 4 septembre suivant du mémorandum de Charm el-Cheikh ouvrant la voie à un traité de paix4.

    Les années 2000[modifier]

    Article connexe : Seconde Intifada.

    Le 21 mars 2000, après un nouveau retrait de l’armée israélienne de 6 % de la Cisjordanie, l’Autorité palestinienne reprend le contrôle — total ou partiel — sur 40 % du territoire. Ariel Sharon, alors chef du Likoud, visite le 28 septembre l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, provoquant des émeutes en Israël et en Palestine. C’est le point de départ de la seconde Intifada4.

    En mars 2002, 55 ans après le vote de la résolution 181 instituant le partage de la Palestine, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution 1397 qui évoque pour la première fois un État palestinien aux côtés d’Israël. Cette résolution a été adoptée par quatorze voix et une abstention, celle de la Syrie.

    Kofi Annan énonce pour la première fois publiquement ce qu’il estime être les droits et devoirs respectifs des Palestiniens et des Israéliens :« Aux Palestiniens, je dis : vous avez le droit inaliénable à un État viable à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues mais vous devez mettre un terme à tous les actes de terreur et aux bombes-suicides. Prendre délibérément pour cible des civils est moralement répugnant.

    Aux Israéliens, je dis : vous avez le droit de vivre en paix et en sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues mais vous devez mettre un terme à l’occupation illégale et, encore plus urgemment, vous devez arrêter le bombardement des zones civiles, les assassinats, l’emploi non nécessaire de la force létale, les démolitions (de maisons) et les humiliations quotidiennes des Palestiniens ordinaires.

    Aux dirigeants des deux parties, je dis : vous pouvez encore éloigner vos peuples du désastre7. »

    Parmi les analyses et commentaires, dans un article du 21 avril 2004, « Un État palestinien sans délai », Étienne Balibar, militant de sensibilité communiste, un des défenseurs les plus connus en France [citation nécessaire] du droit des Palestiniens à l’autonomie, écrit : « La proclamation sans délai de l’État palestinien permettra à d’autres États, notamment les États arabes, de sortir de leur propre double jeu. Cela fait des années qu’ils combinent la surenchère et la prudence, proclamant le caractère sacré de la lutte de libération du peuple palestinien et l’appui inconditionnel de la « nation arabe » tout en s’efforçant de ne pas déplaire au grand protecteur américain, voire au puissant voisin israélien, ou pour d’autres – armant l’OLP tout en cherchant à la déstabiliser de l’intérieur et à lui créer des concurrents qui seraient leurs clients (…). Dès lors que la Palestine est un État, même et surtout dont le territoire est occupé, ce n’est plus en son nom que l’on négocie des règlements régionaux globaux, en faisant parfois jouer un rôle de blocage aux intérêts particuliers (territoriaux, économiques, religieux) de tel ou tel État, mais c’est avec elle. Et c’est à elle que, dans un cadre de plein droit, on apporte au besoin une aide militaire, économique ou culturelle8 »

    Le 2 février 2004, le Premier ministre israélien Sharon annonce le démantèlement des colonies à Gaza4.

    Le 11 novembre 2004, quelques jours avant la mort de Yasser Arafat, le Président des États-UnisGeorge W. Bush à peine réélu, déclare :« Je pense qu’il est très important pour nos amis les Israéliens d’avoir à leur frontière un État palestinien pacifique. Et il est très important pour les Palestiniens d’avoir un avenir pacifique, porteur d’espoir9. »

    Le 9 janvier 2005Mahmoud Abbas est élu président de l’autorité palestinienne. Le 12 septembre, toutes les colonies de Gaza sont démantelées et les derniers soldats retirés. Le contrôle de tout le territoire de Gaza revient désormais aux mains des forces de l’ordre de l’autorité palestinienne4.

    Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne déclare vouloir faire avancer le projet d’État palestinien. Il déclare, le 25 mai 2006, qu’il organiserait un référendum national sur la base du texte connu comme le document des prisonniers qui appelle à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, si le Hamas ne répond pas favorablement à sa proposition dans un délai de dix jours. La question posée aux Palestiniens serait alors : « acceptez-vous, ou non, le document élaboré au début du mois par des dirigeants palestiniens détenus en Israël10 ? » Ce document appelle à un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est, territoires conquis par Israël à l’occasion de la guerre de 1967. Le document a été négocié pendant quatre semaines par d’importants prisonniers appartenant au Hamas et au Fatah dans la prison israélienne de Hadarim, où se trouve actuellement en détention le dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti.

    Abbas a déclaré lors d’une réunion de dirigeants palestiniens qu’il existe un consensus national sur les frontières du futur État palestinien :« Tous les Palestiniens, du Hamas jusqu’aux communistes, nous tous voulons un État palestinien dans les frontières de 1967. Voilà ce qui est à notre portée, ne parlons pas de nos rêves. » Il a précisé que si dix jours de dialogue entre le Hamas et le Fatah (dialogue qui a commencé) ne débouchaient pas sur un programme commun, il organiserait un référendum dans les quarante jours qui suivraient. Interrogé sur le soutien dont auraient besoin les Palestiniens pour créer leur État indépendant, Abbas a dit : « Les États arabes attendent que nous adoptions cette attitude de réalisme, pour pouvoir travailler en harmonie et faire avancer la cause palestinienne. Ils ne peuvent rien faire pour la cause palestinienne si les Palestiniens s’opposent à tout11. »

    Le 1er juin 2006Uri Avnery, le représentant le plus connu de Gush Shalom déclare que « le mouvement israélien pour la paix, Gush Shalom appelle à l’ouverture immédiate des négociations entre les gouvernements israéliens et palestiniens ». Gush Shalom est avec Shalom Archav, l’un des deux principaux mouvements qui, en Israël, militent pour la paix sous la forme de deux États, un israélien, un palestinien.

    Article détaillé : Guerre de Gaza de 2008-2009.

    Décembre 2008 : l’État d’Israël lance l’opération militaire Plomb durci. En effet, un mois plus tôt, le 4 novembre, l’incursion meurtrière de l’armée israélienne en territoire palestinien, suite à la construction d’un tunnel sous la frontière12 conduit à la reprise des tirs de roquettes du Hamas. Ces événements mettent à mal une trêve signée six mois plus tôt. Le 19 décembre 2008, le Hamas n’obtenant pas la levée du blocus de Gaza, il refuse officiellement de reconduire la trêve13. Après sept jours de frappes de missiles, une offensive terrestre est initiée et l’armée et des blindés investissent le territoire de Gaza. L’objectif est de faire cesser les tirs de roquettes du Hamas sur des villes israéliennes proches de Gaza et de démanteler ce mouvement .

    Le 18 janvier 2009, Israël déclare et applique un cessez-le-feu unilatéral à 2 heures (heure locale)14. L’opération militaire a fait 13 morts, dont 10 soldats, dans le camp israélien, et fait au moins 1 315 morts – dont 410 enfants et 108 femmes -, et plus de 5 285 blessés dans le camp palestinien15. Les missiles israéliens ont touché également des ambulances, des mosquées et une école en tuant une trentaine d’enfants16. Selon les représentants de l’État d’Israël, des membres du Hamas tiraient des roquettes à partir de ces lieux où des armes étaient stockées.

    Le cessez-le-feu unilatéral est alors très fragile : des roquettes continuent à tomber au sud d’Israël tandis que Tsahal reste en partie dans la bande de Gaza17.http://fr.wikipedia.org/wiki/Palestine_(%C3%89tat_revendiqu%C3%A9)#La_proclamation_de_1948_par_le_Haut_comit.C3.A9_arabe

    Les 98 pays suivants ont reconnu l’État de Palestine18 :

    États reconnaissant un statut diplomatique particulier[modifier]

    Certains pays reconnaissent à la Palestine un statut particulier sans aller jusqu’à une reconnaissance réelle22.

    La proposition d’État unique en Palestine[modifier]

    L’idée est un État bi-national, englobant à la fois l’État d’Israël et un État arabe, bénéficiant chacun des mêmes droits constitutionnels.

    Les mouvements pacifistes israéliens Gush Shalom et Shalom Archav, qui militent avec des Palestiniens et sont des défenseurs actifs des droits des Palestiniens, agissent pour la création d’un État palestinien autonome.

    Dans son article du 11 septembre 2003 paru dans Le Monde23, l’universitaire et historien israélien Ilan Greilsammer dénonçait une certaine frange de la gauche antisioniste israélienne dont le Français Michel Warchawski qui adhère à l’idée de « revenir aux solutions préconisées dans les années 1920 et 1930 d’un seul État arabe à minorité juive entre la mer et le Jourdain (…) à la place de deux États vivant côte à côte, l’un juif, l’autre palestinien ». Ce qui en soi, n’a rien à voir avec un État bi-national préconisé dès la fin des années 1930 notamment parMartin Buber et Hannah Arendt.

    Plan de Partage 1947 .

    Remarquons :

    • a) La zone palestinienne au Nord (actuellement disparue) .
    • b) La ville palestinienne de Jaffa (alors enclave arabe) .
    • c) L’étendue de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie ;ces deux zones étaient plus étendues qu’elles ne le sont aujourd’hui .



    La palestine après la création de la Jordanie :1922Et la création des futures « Fermes de Cheeba » 1923 pal1922.jpg (32683 octets)
    Plan de Partage 1947 .
    Remarquons :

    • a) La zone palestinienne au Nord (actuellement disparue) .
    • b) La ville palestinienne de Jaffa (alors enclave arabe) .
    • c) L’étendue de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie ;ces deux zones étaient plus étendues qu’elles ne le sont aujourd’hui .
    pal1947.jpg (23346 octets)
    La Palestine après la guerre de 48 .Il n’y a plus de vert,


    il n’y a plus de Palestine  …..
    La Palestine a été avalée par :

    • L’Egypte .
    • La Jordanie .
    • Israël

    Les « reliquats » Bande de Gaza et Cisjordanie,
    non seulement sont occupés par deux pays arabes,
    mais sont aussi plus petits qu’ils ne l’étaient sous le plan de partage .

    pal1948.jpg (25697 octets)
    Situation « après la Guerre de 67 (guerre des 6 Jours) » .Il y a « de nouveau du vert »,mais ce n’est plus la « Palestine »;ce sont des « territoires palestiniens » . pal003.jpg (32338 octets)
    Situation future proposée par le Likoud de Sharon.
    Les « territoires » sont entièrement enclavés 
    à l’intérieur des frontières d’Israël .

    Les territoires sont scindés en entités


    type « Bantoustants » .




    Courant 2005,israël c’est « désengagée » de laBande de Gaza,et cette carte n’est donc plus d’actualité concernant ce point .

    Reste à définir l’évolution de la colonisation de Cisjordanie,laquelle pourrait conduire à deux shémas d’évolution (lien à ne rater sous aucun prétexte !)  sensiblements différents suivant l’axe d’implantation choisi pour ces colonies …. 

    pal004.jpg (33234 octets)


Le gouvernement a ignorée de passer par le CAP pour apprendre la note sur le Moyen Orient

Il y a tout juste six ans, le Centre d’analyse et de prévision (CAP) du ministère des Affaires étrangères rédigeait une note qui annonçait largement les évènements actuels dans le monde arabe. Elle est restée lettre morte. De quoi alimenter les critiques de certains diplomates sur le mépris dont fait preuve l’exécutif à l’égard du travail d’expertise.

Télécharger le documentCe document de deux pages, daté du 24 février 2005, a été rédigé par le chercheurOlivier Roy. Il nous indique que le directeur du CAP jusqu’en 2010, Pierre Lévy, l’a approuvé avant de le transmettre à sa hiérarchie. Mais ni le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, ni l’Elysée de Chirac n’en ont tenu compte.

Ces avertissements visionnaires du CAP n’ont pas plus été écoutés par la suite. Titre de la note d’Olivier Roy : « La démocratisation du Moyen-Orient est incontournable, malgré la montée des islamistes. »

« Nous risquons de nous trouver en décalage »

Roy rappelait d’abord les trois motifs de réticence française face à la politique de démocratisation soutenue par Washington. Les deux premiers sont toujours pertinents pour expliquer le fiasco actuel.

En substance : les régimes autoritaires sont le meilleur rempart contre l’islamisme ; le principe de souveraineté interdit de les remettre en cause ; la politique américaine est impopulaire dans l’opinion publique de la région, et masque une volonté de puissance.

Puis il livrait en une phrase son analyse, avant de la développer :

« Or les événements récents au Moyen-Orient remettent de plus en plus en cause ce schéma et nous risquons de nous trouver en décalage par rapport à l’évolution de la situation. »

 

C’est exactement ce qu’il s’est passé. Le chercheur écrivait que « les régimes autoritaires ont failli » et « ne sont plus un rempart contre l’islamisation », il notait « la corruption des élites dirigeantes ».

« Des intellectuels [parlent] avec les ambassades américaines »

« Le concept d’Etat islamique n’est plus à l’ordre du jour », ajoutait Olivier Roy, « sur le long terme, c’est la voie turque qui se profile. » Encore plus accablant au regard du fiasco de la diplomatie française, le paragraphe sur les Etats-Unis :

« Bien des intellectuels nationalistes prennent au Maghreb le chemin du dialogue avec les ambassades américaines. »

 

La diplomatie française, elle, avait pour consigne de ne pas fréquenter l’opposition. Cette note donne raison aux diplomates anonymes du « groupe Marly » qui s’exprimaient cette semaine dans Le Monde.

Elle accable encore un peu plus Michèle Alliot-Marie, qui semblait ignorer début février l’existence, au sein du ministère dont elle avait la charge, du CAP (créé en 1973), déclarant à Munich, en marge d’une conférence stratégique :

« Nous avons besoin d’une vraie capacité d’analyse et d’expertise stratégique au ministère des Affaires étrangères, ce qui n’existait pas. »

 

MAM : « La fonction prospective de la diplomatie s’était étiolée »

Acculée, la ministre (qui devrait quitter le gouvernement ce dimanche) s’est encore plus embourbée dans son incohérence, ce vendredi dans Le Monde, en réponse au groupe de diplomates contestataires Marly :

« Aujourd’hui, la diplomatie a de nouvelles et passionnantes missions. Son rôle est d’anticiper pour aider à la décision du politique. Sa fonction prospective qui s’était peu à peu étiolée doit redevenir majeure.

Non, en janvier il n’y avait pas dans les notes et télégrammes de quoi anticiper ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe.

La France n’a pas su comprendre ce qui était en train de se produire. Pas plus qu’aucun autre pays d’ailleurs. Est-ce que cet aveuglement général nous excuse ? Evidemment pas.

Cela nous oblige à réfléchir sur les causes profondes de ce manque de discernement qui ne date pas d’hier. »

 

Sur ce dernier point, la ministre a raison.

Les chercheurs méprisés ou muselés

Sur le reste, elle se trompe ou elle trompe l’opinion : de nombreux télégrammes diplomatiques avertissaient des signes d’un bouleversement à venir ou du moins des raisons de la colère, même récemment, comme l’a exprimé dernièrement un ancien ambassadeur de France en Tunisie, Yves Aubin de la Messuzière, à la retraite et donc à la parole libérée.

Engoncé dans sa vision politicienne et obsolète, l’exécutif, et en particulier l’Elysée qui prend les décisions du « domaine réservé » de politique étrangère en méprisant les rouages traditionnels de la diplomatie, les a ignorés. Une autre diplomatie, celle des Etats-Unis, avait pressenti le changement, même si elle n’en avait pas prévu l’imminence.

Et ne parlons pas des chercheurs. Ils ne sont pas écoutés, comme cette note le montre. Ils sont aussi muselés, comme ceux du Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) du Caire. Ce qui évite d’entendre un discours accablant pour nos gouvernants.

 

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