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Le syndrome de Laron la solution contre le cancer et le diabète

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3-d model of IGF-1

3-d model of IGF-1 (Photo credit: Wikipedia)

 

La longévité de la vie ne peut se faire que si nous adoptons une alimentation adaptée et de stopper 2 gènes.

 

Rappelons que l être vivant humain, est fait pour vivre jusqu à la reproduction et ensuite disparaître. Cependant, Nous pourrions vivre 800 ans, obèses, sans diabète, si nous stoppons ces 2 gènes.
C’est une étude étonnante que publie la revue Science Translational Medicine. L’étude publiée par une équipe internationale dirigée par le biologiste Valter Longo de l’université de Californie du sud et par l’endocrinologue équatorien  Jaime Guevara-Aguirre, rapporte 22 années d’étude d’une population vivant dans les Andes, en Equateur.
Le syndrome de Laron :
Le syndrome de Laron est une anomalie génétique causé par la déficience d’un gène qui empêche le corps d’utiliser l’hormone de croissance, causant le nanisme. Un an après sa découverte, le Jaime Aguirre-Guevar revient pour suivre 100 individus atteints du syndrome de Laron et 1600 autres personnes de la communauté mais de taille normale, ne présentant pas la mutation génétique.
Le suivi de cette population va durer 22 ans. Au cours de cette période, aucun cas de diabète ne survient chez ceux touchés par le syndrome de Laron, et ni aucun cas de cancer.
En revanche, parmi les autres participants, 5 % ont développé un diabète et 17% un cancer.
Pourtant tous sont soumis au même environnement et vivent dans le même village.
C’est ce qui fait conclure aux chercheurs que l’hormone de croissance pourrait avoir une responsabilité dans la survenue du diabète et des cancers.
Un test a été fait avec des hommes de petite taille en Équateur.
Ils n avaient pas de cancer, l esprit vif, une belle chevelure et toujours juvénile après 75 ans, avec une bonne alimentation et un monde adapté aux hommes de petite taille. Cette population a des origines Européennes.
Ce sont des conversos espagnols, des juifs séfarades qui se sont convertis au christianisme à la fin du XVème siècle, par peur de l’inquisition.
Lors d’une longue étude dans la lutte contre le cancer, toujours en cours, il a été découvert une différence très nette entre la population normale et ceux de petite taille (larron) : ces derniers ne meurent de cancers et restent vifs à un âge  avancé.
L’histoire commence il y a des années, quand en se promenant à cheval dans les montagnes Equatoriennes de la province de Loja, le Docteur Jaime Aguirre-Guevara, spécialiste du diabète, rencontre dans un village reculé, une population différente des indiens qu’il a l’habitude de croiser dans ces contrées.
Au sein de cette population, vivent une centaine d’individus de petite taille, atteints d’une maladie génétique, le nanisme de type Laron.
“Les personnes sans récepteur à l’hormone de croissance ne développent pas ces deux pathologies.
Ils ont aussi une très faible risque d’accident vasculaire cérébral, mais le nombre en a été trop rare pour valider une différence significative” explique le Dr Longo.
Cependant, ils ne vivent pas plus longtemps pour autant “Bien que tous les individus ayant cet absence du récepteur à l’hormone de croissance apparaissaient heureux et normaux, et avait une fonction cognitive normale, il y a eu de nombreux cas anormaux de décès, dont beaucoup étaient liés à l’abus d’alcool”.
Ainsi, si des taux élevés d’hormone de croissance existent chez un individu, celui-ci est plus à risque de cancer, et de maladies cardiovaculaires :
Réduire l’hormone de croissance pourrait-il être un traitement par exemple au sein des familles à forte fréquence de diabète et de cancers?
Quelle est la puissance du sang ?
Est ce le manque d hormone de croissance ?
Le sang des larron protège les cellules de taille normale.
Si la résistance est trop forte les cellules se suicident pour une non profileration.
En analysant le sang des personnes atteintes du syndrome de Laron, les scientifiques ont mis en évidence un double effet protecteur : l’ADN semblait protégé du stress oxydatif et la destruction des cellules dont l’ADN était artificiellement altéré (par du peroxyde d’hydrogène) étaient détruites très rapidement, ces deux actions pouvant tendre à éviter la survenue d’une tumeur. De plus, ces personnes atteintes du syndrome de Laron avaient des taux plus faibles d’IGF-1 ou Insulin-like Growth Factor 1, un niveau d’insuline très bas et une très faible résistance des cellules à linsuline, ces phénomènes pouvant éviter la survenue d’un diabète.
L hormone de croissance serait plus sensible au cancer … du sein et prostate par exemple. Les hormones de croissance se battant tellement contre les autres celulles du corps humains donc elles provoquent les cancers.
Au cours d’une autre expérience, l’équipe de Rafael de Cabo du National Institute on Aging, a mis en commun des cellules humaines avec le sérum de personnes atteinte du syndrome de Laron. Ils ont constaté que le sérum changeait l’activité génétique des cellules et était capable d’allonger la survie de levures et d’autres organismes.
Ces découvertes suggèrent donc que l’utilisation d’un inhibiteur des récepteurs de l’hormone de croissance, un traitement utilisé dans l’acromégalie, pourrait être utile pour prévenir, chez des personnes adultes, la survenue de pathologies liées à l’âge telles que le diabète ou le cancer. Ce n’est pour l’instant qu’une intéressante hypothèse qui nécessitera encore beaucoup de recherches.
Comme dans des villages reculés de la Chine.
Le régime alimentaire  de la région de Calambre a une population centenaire avec une mémoire intacte, une alimentation composée peu protéine animale, sans oublier de manger ce que  Qu on adore en dehors de manger de la viande.

 

Un effet similaire peut être obtenu en réduisant les apports caloriques et protéiné, des conditions cependant difficiles à appliquer chez l’homme en raison des risques de carences.

 

SOURCE :

 

Growth Hormone Receptor Deficiency Is Associated with a Major Reduction in Pro-Aging Signaling, Cancer, and Diabetes in Humans.Jaime Guevara-Aguirre, Priya Balasubramanian, Marco Guevara-Aguirre, Min Wei, Federica Madia, Chia-Wei Cheng, David Hwang, Alejandro Martin-Montalvo, Jannette Saavedra, Sue Ingles, Rafael De Cabo, Pinchas Cohen, Valter D. Longo.  Science Translational Medicine, 2011; 3 (70): 70ra13 DOI:10.1126/scitranslmed.3001845

 

Jacques Lacaze : Je suis avec une véritable passion, cette information rendue publique depuis quelques jours. En effet, je collabore avec le Docteur André Gernez, chercheur tout à fait patenté si j’ose dire, mais tout aussi iconoclaste. Je commence à publier ses écrits: biomedecine-theorique.com depuis quelques mois. Ce qui est aujourd’hui vérifié par l’observation il l’avait prédit sur la base d’une remise en question de certains concepts de base de la biologie (celui de double cycle cellulaire principalement) dès 1967 par une communication aux académie de médecine et sciences (voir Néopostulats biologiques et pathogéniques du site cité plus haut). Son travail de critique des concepts de base l’ont amené à forger dès la fin des années 60 le concept de cellules génératrices, actuellement repris sous le nom de cellules souches qui connait la vogue que l’on sait. Rendre à Gernez ce qui lui appartient est à mon avis fondamental certes pour l’histoire des sciences, mais surtout pour la pratique. En effet, les propositions en matière de prévention des maladies dégénératives est quand même primordial.

 

Je jette encore une fois une bouteille à la mer .

 

 

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Le design, selon Philippe Stark, a pour but l’utilité pour la survie de l’humanité

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Exhibit at the Musée du quai Branly, Paris, France

Exhibit at the Musée du quai Branly, Paris, France (Photo credit: Wikipedia)

Pour créer le design de demain, réfléchir à l’utilité et des besoins des humains aujourd’hui.

Qui a besoin d’aide dans la vie de tous les jours ?

Faut-il partir du spécifique au générique ?

L’architecture  doit apporter un impact, doit s’écarter des formes simples, une réinterprétation du passé, l’appropriation unique d’une conception précise.

Philippe Stark, attention il n’attend que des surprises

Il faut une structure mixte, pixelisée, avec une utilisation mixte, avec des transitions végétales, comprenant l’économie responsable, utilitaire.

Philippe Stark, attention il n’attend que des surprises

Philippe Starck at Le Web '07 in Paris.

Philippe Starck at Le Web ’07 in Paris. (Photo credit: Wikipedia)

Exemple croisement d’un parking, de logement avec jardin, de commerces, avec une irrigation de l’eau par en dessous avec une cuve comme réserve pour anticiper les sécheresses. Tout cela dans un seul bloc sur des  lieux ultras urbanisés.

Il faut de l’alchimie architecturale, tout en respectant le développement durable, une réinterprétation de la culture humaine, créant des bâtiments  humains, intégrer les notions de feng shui. Il est bon de trouver en matière de design, l’harmonie, l’équilibre entre le passé ancestral et l’avenir audacieux.

Il faut une approche pragmatique sur l’architecture., cela développe l’intellect. Avant c’était la volonté divine qui faisait naître de très grands créateurs, architectes. Maintenant ce sont des cabinets d’architectes composés de personnes d’univers différents qui font un brainstorming, testent et décident.

Créer un espace urbain tri-dimensionnement avec vue sur des paysages verts, rend zen  au quotidien les habitants.

L’architecture est une science,, un art qui remodèle la structure de la vie quotidienne pour l’améliorer, l’anticiper. C’est la passerelle très fraîche, très pensée, de reproduire, d’assembler des projets mutants, avec l’avenir.

Chaque construction doit appréhender la sociologie du territoire impacté, modernisé et répondre aux besoins élémentaires de ses habitants et utilisateurs.

Faut-il travailler avec des produits végétaux ?

Patrick Plan a conçu le mur botanique du musée du Quai Branly.

Il est possible de partir de la poussière jeté par le ménage au quotidien, en travaillant sur les notions de cycles.

L’architecture doit apporter du nouveau, cela doit avoir de l’ambition, un progrès.

Proposition d’un arrêt de toute énergie pendant 15 jours pour l’écologie et rapprocher les humains.

Le designer doit lier un objet à un problème global. Exemple un compteur d’eau à domicile pour mesurer sa composition et être temporiser sa consommation.

Un designer doit apporter une surprise, une originalité utile et doit aider à la survie de l’humanité.

Ecole-Starck

L’Ecole Starck
Série documentaire (6×50′)

L’ECOLE STARCK

Première diffusion : mercredi 14 décembre à 20h40

« L’Art est tout autour de nous, à partir du lit où nous nous réveillons, à la brosse à dents que nous utilisons, en passant par la télévision que nous regardons et la voiture que nous conduisons. » Philippe Starck est déterminé à secouer le monde du design britannique. Véritable maître de cérémonie, il désignera l’élève le plus talentueux. A la clef, un stage de six mois dans son agence de design. Que le plus créatif gagne !

Pour visualiser la bande annonce de la série cliquez ici.

My Name is Philippe Starck, le dénicheur de son héritier, le nouveau designer britannique

La démarche est le plus important pour plaire, c’est donc à travailler, cela donne du charisme. marcher sur une ligne imaginaire, glisser ses pas sans bouger la tête, redresser le dos, les épaules en arrière, balancer les bras. être détenduée, avoir une démarche douce.

Consommer des vitamines et des acides aminés.

La protéine est essentiellement composée d’acides aminés, et la plupart des aliments à haute teneur en protéines (comme le poulet, la dinde, le petit-lait, le soja, le thon) contiennent beaucoup d’acides aminés essentiels (AAI).

Starck « design » l’école des arts déco

Le Journal des Arts – n° 71 – 20 novembre 1998

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Pièce maîtresse de la restructuration des locaux de l’École nationale supérieure des arts décoratifs (Ensad), implantée à l’angle des rues d’Ulm et Érasme dans le cinquième arrondissement de Paris, l’extension conçue par Philippe Starck – associé à Luc Arsène-Henry – vient d’ouvrir ses portes. Tout juste fonctionnelle, la conception du nouvel édifice confirme une fois de plus la propension du designer à enfermer les exigences d’un programme à l’intérieur de ses obsessions stylistiques.

PARIS. Implanté rue Érasme, en lieu et place d’un bâtiment à ossature métallique récupéré en 1975, l’édifice conçu par Philippe Starck et Luc Arsène-Henry constitue la partie la plus visible d’une vaste restructuration de l’école impulsée par son directeur Richard Peduzzi, qui inclut, outre une réforme de l’enseignement, la rénovation de ses anciens locaux donnant sur la rue d’Ulm et la construction, dans la cour partagée avec l’École normale supérieure voisine, d’une nouvelle cafétéria. Lauréat d’un concours organisé par le ministère de la Culture en 1992, le projet de Starck et Arsène-Henry s’est officiellement distingué de ses concurrents par une meilleure prise en compte du souci de bien faire fonctionner le nouvel édifice avec les anciens. Ancien élève de Camondo, designer boulimique faisant des incursions fréquentes dans le domaine de l’architecture, Philippe Starck avait sans doute également le profil idéal pour concevoir l’architecture d’une telle école. À ceci près qu’ayant une fâcheuse tendance à projeter sur tout objet ses propres obsessions stylistiques, il était sans doute prévisible qu’il ne s’attache que modérément à satisfaire aux exigences du programme. Le nouveau bâtiment reflète cette inversion des priorités. L’organisation générale, tout juste fonctionnelle, se caractérise autant par son manque d’originalité que par la fascination de Starck pour les espaces autarciques et pseudo-oniriques : à l’intérieur de l’édifice, un couloir non éclairé naturellement distribue à chaque étage des salles de travail étroites implantées le long des façades, tandis qu’à la jonction de la nouvelle et de l’ancienne école, un escalier hélicoïdal se déploie sur cinq niveaux à l’intérieur d’un espace vertical quasi cryptique, l’ensemble des circulations étant de couleur rouge brique afin d’encore en accentuer le caractère caverneux. À l’extérieur, même topo : pour exprimer l’identité de l’école, Starck a fait le choix d’une façade sur rue entièrement opaque, condamnant de fait les usagers à ne voir de l’extérieur que la lumière blafarde filtrant à travers le marbre blanc dont elle est constituée. Rehaussée par le designer d’un grand cadre mouluré censé signifier l’idée de “décor” spécifique à l’école, on serait quant à nous plutôt tenté d’y voir une représentation triomphante de son… narcissisme. Lors de l’inauguration, jeudi 12 novembre au soir, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, a été accueillie par un concert de protestations. Le personnel distribuait des tracts critiquant notamment “la façade aveugle, non-sens pour une école d’art”, tandis qu’on pouvait lire sur un calicot : “Oui à la transparence, non à l’Ensad”.

Delluc Manuel

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Source : http://www.lejournaldesarts.fr/jda/archives/docs_article/58431/starck–design–l-ecole-des-arts-deco.php

Protégé : Les chandelles, son histoire et les histoires qui les ont rendues célèbres

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La source du savoir des sciences humaines à travers le parcours de différents citoyens du monde. Maï Salaün

 

Le terme Gaulois désigne les populations protohistoriques de langue celtique qui résidaient en Gaule (Gallia, en latin), c’est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, de la Belgique, de l’Allemagne (rive gauche du Rhin), de la Suisse et de l’Italie du Nord, probablement à partir de l’âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.).

Les Gaulois étaient divisés en de nombreux peuples qui se comprenaient entre eux, qui pensaient descendre tous de la même souche et qui en connaissaient la généalogie. À ces liens de filiation, réels ou mythiques, qui leur créaient des obligations de solidarité, s’ajoutaient des alliances qui mettaient certains d’entre eux dans la clientèle d’un autre pour former des fédérations comme celles des Arvernes et des Éduens. Chacun de ces peuples était divisé en civitates, identifiées par un chef-lieu et un territoire, appelé en latin pagus, lui-même subdivisé en vicus, correspondant à peu près aux cantons, en France, par exemple.

Les civilisations gauloises sont rattachées, en archéologie, pour l’essentiel, à la civilisation celtique de La Tène (du nom d’un site découvert au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse). La civilisation de la Tène s’épanouit sur le continent au Second âge du fer, et disparut en Irlande durant le haut Moyen Âge.

L’héritage symbolique au cours de l’histoire française[modifier]

 Statue monumentale de Vercingétorix par Aimé MilletAlise-Sainte-Reine.

La légende de l’origine troyenne des Francs est un mythe historique apparu au viie siècle et couramment utilisé jusqu’à la seconde moitié du xvie siècle. Il est popularisé par les écrivains et les chroniqueurs de Frédégaire à Ronsard, et évolue progressivement en intégrant celui de l’origine troyenne des Gaulois. Au xvie siècle naît le mythe du « bon gaulois » vis-à-vis des Romains dont les Italiens se réclament les descendants légitimes, comme dans l’ouvrage de Pierre de La Ramée en 1559 De moribus veterum Gallorum (Livre des mœurs des Gaulois)14.

Au xviiie siècle, l’image des Gaulois dans les milieux lettrés n’est pas valorisante : l’article Gaulois de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert conclut ainsi : « Les moeurs des Gaulois du temps de César, étaient la barbarie même …. Il faut, comme le dit M. de Voltaire, détourner les yeux de ces temps horribles, qui font la honte de la nature ». Cette image est radicalement changée à la même époque par deux courants : un courant archéologique et ethnographique porté par des antiquaire anglais puis français. Ce courant est initié par l’antiquaire anglais William Stukeley qui fait revivre le mythe druidique : dans The History of the Temples of the Ancient Celts publié en 1740, il développe la théorie selon laquelle les monuments mégalithiques sont les temples des druides. Le néodruidisme apparaît alors, remettant les Celtes et les Gaulois à l’ordre du jour. Le second courant littéraire est mené par le poète et faussaire écossais James Macpherson, auteur entre 1760 et 1763 d’Ossianet notamment de Fragments de poésie ancienne recueillis dans les montagnes d’Écosse qu’il attribue à un barde guerrier, redonnant ainsi la popularité aux Celtes et Gaulois par la littérature. La Révolution française se réclame plutôt de la République romaine ou de Sparte, à l’exception de l’abbé Sieyès : alors que la noblesse fait remonter ses privilèges à la conquête franque, l’essayiste et religieux français, favorable au Tiers état, rappelle que cette conquête s’est faite sur les Gallo-romains. L’origine du peuple français serait donc les Gaulois.

Au xixe siècle, François-René de Chateaubriand réalise la synthèse entre le mégalithisme et l’ossianisme dans Les Martyrs publié en 1809. Sous la Restauration puis les Trois Glorieuses, de jeunes historiens Amédée Thierry (c’est lui qui fait naître le mythe de « Nos ancêtres les Gaulois » dans son Histoire des Gaulois publiée en182815) puis Henri Martin relisent les textes antiques grecs et romains et réécrivent l’histoire de France non plus sous la chronologie dynastique mais sous l’angle de la nation vieille de 2 000 ans : ils consacrent à nouveau les Gaulois comme ancêtres originels des Français et créent des légendes autour du premier héros national,VercingétorixNapoléon III, auteur d’une biographie de Jules César (en 1866)16, a contribué à ranimer le passé gaulois : il commande au sculpteur Aimé Millet la statue monumentale de Vercingétorix, érigée sur le site d’Alésia ; il favorise le développement de sociétés savantes menant des fouilles archéologiques (Jacques Gabriel Bulliot et Bibracte en 1836Joseph Déchelette engage des correspondances avec tous les savants européens pour y visiter leurs oppida) sous la houlette de Prosper Mérimée, il s’implique dans les chantiers de fouilles (Gergovie, Alésia, Bibracte dont on recherche alors les emplacements) sur les sites de la guerre des Gaules, chantiers confiés à son aide de camp le colonel baron Eugène Stoffel, historien dans l’âme.

Les instituteurs de la Troisième République, par leur haine du Second Empire accusé de vouloir imposer son histoire officielle, remettent en cause ces emplacements, à tort17. Dans un but de propagande nationale destinée à exalter le patriotisme des Français, notamment au début du xxe siècle dans le contexte de l’opposition à l’Allemagne, l’idéologie de l’école de Jules Michelet et de la Troisième République a propagé une vision ethnocentriste du peuple français, privilégiant un élément gaulois indigène (Vercingétorix est vu comme un résistant à l’envahisseur) par rapport aux éléments romains, germaniques et romans postérieurs. Ainsi, dans l’église de Ham, on pouvait voir jusqu’à l’époque de la Grande Guerre, un plâtre (préfiguration d’un bronze) dans lequel Vercingétorix et Jeanne d’Arc se serraient la main, avec marqué au revers « Aux martyrs de la résistance »18. Les manuels scolaires sont illustrés de reproduction d’estampes avec des représentations archétypales : sacrifice humain par un druide sur un dolmen, reddition du valeureux Vercingétorix à cheval, jettant ses armes aux pieds de César. Ernest Lavisse, dans son Histoire de France illustrée depuis les origines jusqu’à la Révolution aux nombreuses rééditions, parle des Gaulois comme des barbares indisciplinés mais « braves, intelligents et gais ». Le Tour de la France par deux enfants d’Augustine Fouillée, destiné au cours moyen, décrit la Gaule « presque entièrement couverte de forêts. Il y avait peu de villes et la moindre ferme de votre village, enfant, vous semblait sublime ». Dans cette vision, Rome a apporté la civilisation à la Gaule comme la France l’apporte à ses colonies.

Les deux guerres mondiales ne modifient pas cette vision d’une Gaule héroïque résistant bravement. L’archéologie de sauvetage développée à partir des années 1975 fournit un nouvel éclairage sur le monde celtique, notamment grâce aux nombreuses études fédérées par le Centre archéologique européen de Bibracte. Les historiens actuels travaillent à démêler tous ces mythes de « nos ancêtres les Gaulois » qui visaient à créer une grande épopée nationale et essayent de rétablir la place réelle des Gaulois dans l’histoire, à la lumière des recherches les plus récentes19.

Les Gaulois célèbres :

La Grèce est par ses savants et philosophes considérée comme le puits du savoir du monde actuel, mais en y regardant de plus près on s’aperçoit qu’elle n’est en réalité que l’élève de l’Égypte antique.

"Il est frappant que presque aucun nom de savant Egyptien n'ait survécu. Par contre, la quasi-totalité de leurs disciples Grecs sont passés à la postérité en s'attribuant les inventions et découvertes de leurs maîtres Egyptiens anonymes. C'est ce qui ressort des passages de Jamblique qui précèdent, et des écrits d'Hérodote, faisant allusion à Pythagore qui se faisait passer pour l'inventeur des idées de ses maîtres." Cheikh Anta Diop - Antériorité des Civilisations Nègres.

Voici une approche comparative concernant l’évolution du savoir entre l’Égypte antique et la Grèce.

THALES :(- fin 6è début du 7è siècle av notre ère)

Vers – 2550 les Noirs égyptiens maîtrisaient les bases fondamentales pour la construction des pyramides (géométrie, trigonométrie et l’astronomie). Tous ces repères qui leur permettaient de se situer dans le temps et l’espace. Ce n’est qu’entre -650 et -540 que l’on entend pour la première fois parler de géométrie en Grèce, à travers le savoir de Thalès ancien élève des prêtres Égyptiens. Après s’être instruit en Égypte, il revient avec des connaissances appliquées depuis – 2300 par les égyptiens, l’eau à l’origine de tout (noun océan primordial) et l’importance de l’âme (métaphysique du Ka et du Bâ). C’est auprès de Neiloksenos, mathématicien noir égyptien, qu’il apprend à mesurer la hauteur d’une pyramide par rapport à son ombre. Et c’est enfin auprès des astronomes égyptiens qu’il apprendra à calculer l’arrivée d’une éclipse solaire.

Hatshepsout, la reine pharaon

Au cours des trois millénaires de son histoire, l’Egypte n’ a compté que cinq femmes pharaon. La plus célèbre est la reine Hatshepsout qui a régné 21 ans, de 1479 à 1458 av. J.-C. A la mort de son mari, elle règne au côté du nouveau pharaon Toutmosis III, son neveu et beau fils. Après 7 ans de règne, elle se proclame pharaon, à son tour, sans toutefois prendre la place de Toutmosis III.
Hatshepsout a une fille Néférourê. Elle décide alors de fonder une dynastie de femmes et songe à mettre Néférourê sur le trône.

 Le dieu-faucon Horus. Détail de l’obélisque de granit rose érigé par la reine Hatchepsout à Karnak, vers 1480 avant J.-C.

ANAXIMANDRE: (- 610 à -547 av notre ère)

Il fut à l’origine de la cartographie grecque, les Égyptiens quant à eux dessinaient déjà leurs cartes avec des commentaires très précis depuis -1100. C’est auprès de son maître Thalès qu’il apprendra la Maât qu’il nommera « justice et raison « , et l’eau à l’origine de tout (Noun océan primordial).cette conception égyptienne fut aussi partagée par son élève Anaximène de Milet.

SOLON d’ATHÈNES:(- 640 à -558 av notre ère)

Le législateur et archonte (premier magistrat) apprit le droit et la philosophie à Saïs auprès du prêtre égyptien Sonchis. Nous trouvons confirmation dans le livre premier d’Hérodote :« (…)On y vit arriver Solon. Ce philosophe ayant fait, à la prière des Athéniens ses compatriotes, un corps de lois, voyagea pendant dix ans. Il s’embarqua sous prétexte d’examiner les moeurs et les usages des différentes nations, mais en effet pour n’être point contraint d’abroger quelqu’une des lois qu’il avait établies ; car les Athéniens n’en avaient pas le pouvoir, s’étant engagés par des serments solennels à observer pendant dix ans les règlements qu’il leur donnerait. Solon étant donc sorti d’Athènes par ce motif, et pour s’instruire des coutumes des peuples étrangers, alla d’abord en Égypte, à la cour d’Amasis, (…) »

C’est aussi en Égypte qu’il découvrit la pratique de la perception de l’impôt, qu’il appliqua ensuite à Athènes.

Par la sagesse appliquée de la Maât, les Égyptiens connaissaient depuis environ -2780 les bases essentielles qu’ils devaient mettre en pratique dans leur vie quotidienne. (cf les Maximes de ptahhotep)

PYTHAGORE de SAMOS:(- 590 à -530 av notre ère)

Il alla en Égypte sur les recommandations de son maître Polycrate. Il y étudia durant 22 ans. Ce mathématicien grec fut élève auprès des prêtres à Memphis, mais aussi à Thèbes et à Héliopolis avec le prêtre Oinouphis. Il dut accepter de se faire circoncire pour pénétrer dans les parties sacrées de certains temples. De son enseignement, il créera le Pythagorisme qui sera essentiellement basé sur les pratiques et les institutions religieuses égyptiennes. Très bon élève, il sera aussi initié aux mystères des Temples égyptiens.

Imhotep scribe,Architecte, médecin,vizir..

Comme Thalès et bien d’autres savants et philosophes grecs, Pythagore s’enquiert de la métempsychose (le passage de l’âme d’un corps à un autre). Plutarque précise à ce sujet que:  » Il n’y avait aucune différence entre les textes hiéroglyphes et la plupart des préceptes pythagoriciens « 

De retour d’Égypte, il devient le créateur de la philosophie symbolique, ses connaissances mathématiques s’inspirent du savoir du mathématicien noir Égyptien Ahmès. Il apprend aussi la gamme diatonique qu’avait créé le flûtiste, inspecteur musical Khoufou-ankh, vers – 2450 sous le règne du pharaon noir Ouserkef (Vème dynastie)

HERACLITE d’ÉPHÈSE: (- 540 à -480 av notre ère)

Comme ses prédécesseurs, reconnaît les principes du Noun, la réincarnation et le devenir de l’âme après la mort. Élève à Héliopolis, ville du grand Dieu Râ, il sera initié au mystère du dieu soleil, le feu divinisé, de la renaissance perpétuelle et toutes les phases nominatives du Dieu solaire (Khépri – Râ – Atoum). Il apprendra les mystères du Nil et de son Dieu Hâpy.

EMPEDOCLE d’AGRIGENTE:(- 490 à -438 av notre ère)

Élève et admirateur de Pythagore, il véhiculera à son retour d’Égypte, les principes contraires du bien et du mal dans leur lutte cosmique, représenté par les dieux Osiris et Seth. Il diffusera auprès de ses disciples les quatre éléments primordiaux de la création (l’eau, le feu, la terre et l’air). Il décrit le Noun (océan primordial) comme une forme primitive et future de l’Univers.

ANAXAGORE de CLAZOMENES:(- 500 à -428 av notre ère)

Ce philosophe turc, installé en Grèce, sera aussi élève de prêtres égyptiens. Il apprendra le Noun matérialité subtile, le Démiurge Râ et les éléments cosmiques.

PLATON:(- 427 à -347 av notre ère)

C’est auprès du prêtre Sekhnuphis à Héliopolis et de Khnuphis à Memphis qu’il sera formé. Il résidera en Égypte, 13 années durant lesquelles il apprendra la philosophie et les sciences sacerdotales. De retour en Grèce, il tentera en vain comme ses prédécesseurs de diffuser la sagesse égyptienne, mais il sera haït les Hellènes. Platon apprit auprès des Égyptiens que toutes les formes d’art (musicale, picturale…) étaient supervisées par les prêtres garants du bon déroulement des évènements. Ceci permettait la diffusion dans un cadre social et moral.

Si controversé que soit la présence en Égypte de Platon, elle est confirmée par son disciple Dermodore en ces termes: (…) puis il (Platon) alla à Syrène, auprès de Théodore le mathématicien, et de chez lui en Italie, chez Philolaos et Eurytos, tous deux pythagoriciens, puis en Égypte chez les prophètes (…)

Il est bon de préciser que n’ayant pas de tradition du savoir perpétué, les Grecs ne pouvaient se prétendre être à l’origine de bien des matières (le droit, la philosophie, les mathématiques, la médecine, etc..). Les Égyptiens eux, comme nous le constatons encore dans certaines tribus d’Afrique noire ont toujours su par les traditions orales, puis écrites instruire leur jeunesse afin qu’à son tour elle puisse faire perdurer le savoir ancestral.

La plupart des savants et philosophes grecs reconnaissent, et ce, sans difficulté s’être instruits en Égypte. C’est seulement à partir de l’esclavage que l’histoire de l’Afrique est falsifiée afin de n’accorder aucune civilisation et aucun savoir à l’homme noir.

« On se sent invinciblement entraîné à penser que c’étaient de réelles et solides connaissances que de pareils hommes allaient chercher dans les sanctuaires égyptiens » .de E de Rougé

cf :Théophile Obenga 

 

Figure majeure du panthéon, Osiris est un dieu très ancien dans l’histoire égyptienne, déjà présent dans les Textes des PyramidesTextes ornant les parois des pyramides à partir de la Vème Dynastie. . Dans ces premiers corpus constitués de l’histoire de l’Égypte, son rôle de Dieu qui meure puis est reconstitué est déjà exprimé, mais le rôle d’Osiris reste plutôt marginal.
Osiris va voir sa position peu à peu s’affirmer, jusqu’à devenir préeminente en tant que Dieu de l’au-delà; le culte d’Osiris et sa mythologie vont se développer jusqu’à occuper le champ de la religion funéraire. Et à partir de la fin du Nouvel Empire et dans les périodes plus tardives, Osiris prendra une place spéciale dans la piété populaire, liée à la recherche du salut personnel propre à cette période.
Ayant au départ exercé une royauté terrestre (voir l’article de B. Mathieu), Osiris n’existe cependant réellement qu’une fois mort, et dans son royaume hermétiquement séparé du monde d’ici-bas. Son destin alliant mort et renaissance deviendra progressivement dans l’histoire égyptienne celui sur lequel se modèlera tout d’abord celui du Roi , puis celui de tous les hommes.

L’origine du nom Wsjr, comme celle de presque tous les « grands » dieux du panthéon reste incertaine: « le Puissant », « celui qui préside sur son trône », ….
Certains ont proposé de voir en Osiris un très ancien roi de la cité de Busiris, dans le Delta, dont le destin aurait donné lieu à la constitution d’un mythe .
Plus vraisemblablement Osiris est un dieu à l’origine agricole, une divinité de la fertilité et de la croissance végétale à qui deux villes principales sont reliées: Busiris dans le Delta, et surtout Abydos en Moyenne Égypte.

À partir de la Ve dynastie, les prêtres du Dieu soleil Ra d’Héliopolis l’incorporent dans l’EnnéadeEnsemble de 9 dieux primordiaux héliopolitaine en tant que premier enfant de Geb et Nout.
Osiris est né pendant les cinq jours épagomènesL'année comportait 12 mois de 30 jours, soit 360, les 5 jours épagomènes sont ceux qui complètent l'année. à un endroit appelé Ro-Setaou qui ultérieurement désignera l’entrée dans le monde inférieur.
Osiris épouse sa sœur Isis et reçoit en partage de son père Geb l’Égypte, tandis que son frère Seth reçoit le pouvoir sur les étendues désertiques périphériques.
Dieu bon et non violent, Osiris apporte la civilisation aux hommes: la manière de cultiver, les arts, des principes moraux…

LE MYTHE OSIRIEN :

Il nous est essentiellement connu par le récit tardif de Plutarque, car les textes égyptiens eux-mêmes sont peu nombreux et assez évasifs, répugnant à parler du meurtre et du démembrement d’Osiris.

Selon le mythe le Dieu Seth, jaloux de son frère Osiris, va s’attaquer physiquement à lui et le tuer. Comment?
• Ayant obtenu les mensurations de son frère (qui, selon la légende était un géant), Seth fit fabriquer un magnifique coffre qu’il promit d’offrir lors d’un banquet à celui à qui il s’adapterait le mieux. Naturellement ce fut Osiris.
• Lorsque ce dernier se fut allongé dans le coffre, les 72 On (je) ne sait pas pourquoi 72 complices de Seth en clouèrent le couvercle et jetèrent dans le Nil ce qui allait devenir le premier sarcophage, et Osiris périt noyé. C’est pour cette raison que les noyés ont toujours été considérés comme accédant directement au royaume d’Osiris.
Le règne d’Osiris avait duré 28 ans, durée mythique qui doit bien sûr être rattaché au cycle lunaire de 28 jours.
• Le sarcophage clos, parfaitement adapté à la forme du Dieu, et flottant dans un milieu liquide, évoque une nouvelle gestation : le Dieu « endormi », en léthargie, est en cours de régénération pour un nouveau cycle vital, comme le fœtus dans le liquide amniotique.

Généalogie : Osiris est le fils de Gheb et de Nout. C’est lefrère d’Isis, de Nephtys et de Seth (et deHorus l’ancien). Mais il est en même tempsépoux d’Isis.
Enfin, il est le père d’Horus, le jeune (avec Isis comme mère) et le père d’Anubis (avec Nephtys comme mère).
Osiris
Etymologie : Les égyptologues restent incertains quant à la forme et à la vraie signification de ce nom. Ils proposent donc diverses significations :
– OusirIousiris = « siège de l’oeil », l’oeil puissant
– racine ouser = « le puissant »
– « le siège de la puissante » (couronne)
– « l’ancien » (forme étrangère)
Représentation : Osiris est quasiement toujours anthropomorphe. Il est figuré sous l’aspect d’une momie blanche, statique (assis, debout ou accroupi), le plus souvent les pieds joints.
Ses bras sont soit croisés sur la poitrine, soit les avant-bras en avant.

Il tient dans ses mains divers objets symboli-ques : soit l’ankh, leouas et le djed réunis, soit d’une main la crosse heka, et de l’autre le fouet nekhekha, emblèmes de la royauté.

Il est représenté avec une peau soit verte (Osiris est le dieu de la végétation), soit noire (rappelant le limon du Nil, Osiris étant aussi le dieu des agriculteurs).
Sa tête est coiffée de la couronne blanche hedjet, parfois ornée de plumes d’autruche, ou bien il porte le atef.
Collée à son menton on retrouve la barbe postiche.
Enfin, il porte autour du cou le collier ousekh.

Lieu de culte : Ils se trouvaient principalement à Abydos (Haute-Egypte), et àBousiris (Basse-Egypte). Mais on retrouve d’autres sanctuaires d’Osiris dans d’autres villes comme Memphis, Héliopolis ou même sur l’île de Biggeh (face à Philae).
Mythe : Voici le mythe d’Osiris, version la plus couramment racontée :

Sethjaloux de la position dominante d’Osiris son frère, roi aimé, (et peut-être aussi de la relation d’adultère que ce dernier eut avec leur soeur Nephtys, épouse de Seth) veut s’en débarasser. Il l’invite alors à une grande fête au milieu de beaucoup d’invités. A cette occasion, il promet d’offrir un magnifique sarcophage en or massif à qui tiendrait exactement dedans. Bien entendu, seul Osiris correspond parfaitement aux dimensions en s’y couchant. Aussitôt, Seth ferme le couvercle, et jette le sarcophage dans le Nil.

(une autre version dit que Seth a découpé son frère en plusieurs morceaux, qui seront récupérés par ses soeurs pour reconstituer le corps, à l’exception du phallus, avalé par le poisson oxyrhynque).

Isis et Nephtys, les deux pleureuses divines, affligées, se lancent à la recherche du corps. Elles le retrouve à Byblos (Liban) et le ramènent en Egypte. Anubis est chargé d’embaumer le corps.
C’est alors qu’Isis, grande magicienne, réanime le corps de son mari défunt, et conçoit avec lui Horus, successeur d’Osiris, qu’elle protègera des envies meurtières de son oncle.

Devenu adolescent, Horus veut récupérer l’accès au trône de roi et surtout venger la mort de son père. Il provoque alors Seth en duel. Au cour de ce combat, il parvient à lui arracher un oeil(oudjat, qu’il offrira à son père pour recouvrer la vue, symbole de la fidélité père-fils), tandis que Seth émascule son neveu.

Le tribunal des dieux condamne Seth et permet à Horus de prendre la succession d’Osiris sur le trône. Celui-ci devient alors le roi de la Terre et des vivants.

Osiris devient alors le symbole de la résurrection, souverain du royaume des morts, devant s’assurer de leur passage dans l’au-delà. A ce titre, il est juge d’un tribunal devant lequel les défunts doivent se présenter. Leur âme, siège de la consience de l’homme, est alors pesée sur une balance dont un des plateaux porte la plume de Maât (déesse de la vérité et de la justice). La balance doit être en équilibre pour que les justes, ayant vécu selon la loi divine, puisse accéder au paradis (champs d’Ialou) et de la vie éternelle.

Dictionnaire illustré des Dieux de l’Egypte 
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Egypte – 4000 ans d’art
Une rétrospective de 4000 ans d’histoire de l’art égyptien. De la simple tunique de lin au masque de Touthankhamon, en passant par les pyramides, les bas-reliefs, les statues… Une mine de trésors à découvrir absolument.
Hatchepsout1 est reine-pharaon, le cinquième souverain de la XVIIIe dynastie de l’Égypte antique.
Hatchepsout
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Thoutmôsis Ier Grands-parents paternels
Séniséneb
Mère Ahmès Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Séniseneb ou Ahmès-Néfertary ?
Fratrie Thoutmôsis II
Néféroubity
Amenmès
Ouadjmès
Mari Thoutmôsis II Enfant(s) Néférourê
Mérytrê-Hatchepsout ?
2e mari Sénènmout (amant) ? Enfant(s) Maïherpéra ?

Hatchepsout est la fille de Thoutmôsis Ier et de la Grande épouse royale Ahmès.

Son demi-frère, Thoutmôsis II, qu’elle avait épousé pour assurer la légitimité de ce dernier, monte sur le trône après le décès de son père ; mais, sans doute d’une santé fragile, il disparaît jeune. Manéthon l’appelle Amessis2 ou Amensis3.

Inéni, qui fut maire de Thèbes, rapporte dans une inscription autobiographique de sa tombe4 que

« Thoutmôsis (le second) partit pour le ciel et se mélangea aux dieux. Son fils (Thoutmôsis III, le fils de Thoutmôsis II et d’Iset, une des concubines de son père) monta à sa place sur le trône du Double Pays et régna sur le trône de celui qui l’avait engendré. »

Or, à son avènement, le nouveau roi

« était encore un tout jeune enfant. C’est pourquoi sa sœur(sic) Hatchepsout (…) conduisait les affaires du pays. Les Deux Terres étaient soumises à sa volonté et la servaient. »

 

Nom d’Horus[modifier]

Nom d’Horus d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G5
wsr s X1
D28
D28
D28
Srxtail.jpg
Codage [ F12 S29 X1:D28 D28:D28 ]
Translittération (Unicode) Wsr.t kȝw
Translittération (ASCII) Wsrt-kAw
Transcription Ouseret-kaou
Traduction « Celle dont les kas sont puissants »

Nom de Nebty[modifier]

Nom de Nebty d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G16
M13 X1 M4 M4 M4
Translittération (Unicode) Wȝḏ.t rnp.wt
Translittération (ASCII) wADt-rnpwt
Transcription Ouadjet renepout
Traduction « Celle dont les années reverdissent »

Nom d’Horus d’or[modifier]

Nom d’Horus d’or d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G8
R8 t
r
V13
N28
D36
G43
Translittération (Unicode) nṯr.t ḫˁw
Translittération (ASCII) nTrt-xaw
Transcription Netjeret-khaou
Traduction « Celle dont les apparitions sont divines »

Nom de Nesout-bity[modifier]

Nom de Nesout-bity d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
M23
X1
L2
X1
début du cartouche
N5 C10 D28
Codage ( N5 C10 D28 )
Translittération (Unicode) Mȝˁ.t-kȝ-Rˁ
Translittération (ASCII) mAat-kA-ra
Transcription Maât-ka-Rê
Traduction « Maât est le ka de Rê »

Nom de Sa-Rê[modifier]

Nom de Sa-Rê d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G39 N5
Z1
début du cartouche
F4
X1
A51 X1
Z2
Codage ( F4:X1 A51 X1:Z2 )
Translittération (Unicode) Ḥȝ.t-Špsw.t
Translittération (ASCII) HAt-Spswt (Hnmt-imn)
Transcription (fr): Hatchepsout, (en): Hatshepsut, (de): Hatschepsut, (pl): Hatszepsut
Traduction « La première des nobles Dames »

Nom hellénisé[modifier]

Nom grec d’Hatchepsout
Transcription Amessis (d’après Manéthon, version de Flavius Josèphe)
Amensis (d’après Manéthon, version de Sextus Julius Africanus)

 

 

Règne[modifier]

Hatchepsout
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction Pharaonne
Prédécesseur Thoutmôsis II
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -1479 à -1457 (selon J. MálekC. AldredK. A. Kitchen)
-1503 à -1483 (selon E. F. Wente)
-1502 à -1482 (selon D. B. Redford)
-1490 à -1468 (selon E. Hornung)
-1489 à -1469 (selon R. A. Parker)
-1479 à -1458 (selon R. Krauss)
-1479 à -1458/7 (selon S. Quike, J. von Beckerath)
-1478 à -1458 (selon N. Grimal,W. J. Murnane)
-1473 à -1458 (selon D. ArnoldJ. KinnaerI. Shaw)
-1472 à -1457 (selon A. D. Dodson)
-1471 à -1456 (selon P. Vernus), J. Yoyotte)
-1467 à -1445 (selon H. W. Helck)
-1466 à -1444 (selon D. Sitek)
Successeur Thoutmôsis III

On situe son règne de -1479 à -14575.

Elle se fait élever un grandiose temple funéraire à côté de celui de Montouhotep II, à Deir el-Bahari dans une falaise de la montagne thébaine. Malgré les 120 sphinx qui montaient la garde devant l’entrée, son nom fut martelé après sa mort afin d’être effacé du monument, sans doute à l’instigation de son neveu et beau-fils, Thoutmôsis III.

Sa célébrité actuelle doit plus à son audace de se faire représenter comme un homme qu’à son règne pendant l’âge d’or de la XVIIIe dynastie.

Ce temple (photos ci-dessous) a été restauré par une équipe polonaise.

Averroès cultiva la médecine, qu’il avait étudiée sous Avenzoar, et fut médecin de la cour almohade ; mais il s’attacha plutôt à la théorie qu’à la pratique.

Né à Cordoue en Espagne en 1126, Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie.

Averroès (nom arabe : Abú al-Walìd ibn Ruchd) était, entre autres, un médecin et philosophe arabe du XIIe siècle né à Cordoue (1126-1198).

Averroès a étudié, en plus de la jurisprudence musulmane que lui a enseignée son père qui était juge, la théologie, la philosophie, les mathématiques et la médecine. Il occupa plusieurs hautes fonctions : cadi de Séville (1169), grand cadi de Cordoue (1171), premier médecin à la cour du calife Abú Yaqub Yusuf (1182).

Averroès est devenu célèbre notamment au travers de sa conception des vérités métaphysiques. Pour lui, elles pouvaient en effet s’exprimer de deux manières différentes et pas forcément contradictoires : par la philosophie (Aristote, néoplatoniciens) et par la religion. Cette façon de présenter deux catégories de vérités fut perçue de manière hostile par les religieux à l’esprit étroit, et Averroès fut exilé en 1995.

Son influence posthume en Islam fut quasi nulle, et c’est à des juifs et des chrétiens qu’on doit la conservation et la traduction de ses œuvres. Son œuvre majeure est le Tahafut al-Tahafut (L’Incohérence de l’Incohérence). Ses commentaires des œuvres d’Aristote figurent parmi les plus fidèles ; ils furent traduits en latin et en hébreu et eurent une grande influence sur la pensée chrétienne et philosophique dans l’Europe médiévale.

La vie d’Averroès a été retracée dans «  Le Destin « , un film de Youssef Chahine (coproduction franco-égyptienne) primé au Festival de Cannes en 1997 (Prix du 50e anniversaire du festival qui a récompensé l’ensemble de l’œuvre cinématographique du réalisateur). Ce film dénonce l’intolérance religieuse sous la forme d’une fable enjouée, haute en couleurs et profondément optimiste. Je vous le conseille personnellement ! 

Né à Cordoue en Espagne en 1126, Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie. Il étudie ensuite la physique, la médecine, l’astrologie, la philosophie et les mathématiques.

Sa vie mouvementée se partage alors entre CordoueMarrakech et Fès. Magistrat influent, il réforme l’administration de la justice à Marrakech. Il devient le médecin attitré de princes influents et échappe ainsi, grâce à sa fonction, aux ennuis que lui valent ses partis pris philosophiques. Il rédige un traité de médecine (Colliget , en latin), qui lui apporte la notoriété.

Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là. Il se l’approprie avec assez de pénétration et de puissance pour construire un système qui porte sa marque personnelle. C’est à la question de l’origine des êtres qu’il s’intéresse le plus. Selon lui, Aristoteprétend que rien ne vient du néant et que ni la forme ni la matière ne sont créées. Le mouvement serait éternel et continu : c’est la doctrine de l’éternité de la matière. Il distingue en l’homme l’intellect passif et l’intellect actif. Celui-ci se situerait au-delà de l’individu : il lui serait supérieur, antérieur, extérieur car il serait immortel. L‘immortalité serait un attribut de l’espèce et non de l’individu. Cette distinction conduit Averroès àséparer radicalement raison et foi, les lumières de la Révélation n’étant accessibles qu’à l’intellect actif; Thomas d’Aquin, en revanche, cherchera à les réconcilier, fondant la théologie comme science rationnelle.

Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d’opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d’Averroès considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l’Église en 1240, puis en 1513. C’est dire l’influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales.

Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité et la pauvreté, jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.

CITATIONS

  1. Ce point [à propos de l’âme] est si difficile que si Aristote n’en avait parlé, il eût été très difficile, impossible peut-être, de le découvrir – à moins qu’il ne se fût trouvé un autre homme comme Aristote. Car je crois que cet homme a été […] un modèle que la nature a inventé pour faire voir jusqu’où peut aller la perfection humaine en ces matières.
  2. La raison humaine est incapable de saisir le comment de l’opération par laquelle les corps célestes émanent du Premier principe bien qu’elle en atteste l’existence.
  3. L’aveugle se détourne de la fosse où le clairvoyant se laisse tomber. 

Son œuvre est reconnue en Europe occidentale, dont il est, d’après certains, comme le spécialiste Alain de Libera, pour ses commentaires sur Aristote, « un des pères spirituels »1. Certains vont jusqu’à le décrire comme l’un des pères fondateurs de la pensée laïque en Europe de l’Ouest2.

Son ouverture d’esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l’époque, qui l’exilent comme hérétique, et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il est profondément méconnu de son vivant. Il commente abondamment et brillamment les œuvres d’Aristote : aussi les théologiens latins le nommaient-ils Le Commentateur.

Averroès
Philosophe cordouan
Moyen Âge
détail de la toile du XIVe siècle, Triunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto
détail de la toile du xive siècleTriunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto

Naissance 1126 (Cordoue, actuelle Espagne)
Décès 10 décembre 1198 (Marrakech, actuelMaroc)
École/tradition Péripatétismephilosophie islamique,averroïsme
Principaux intérêts Métaphysiquethéologiedroit,médecinepolitiquereligion
Idées remarquables monopsychisme (unité de l’Intellect agent séparé) et illumination
Œuvres principales Grand Commentaire du Traité De l’âme d’Aristote
Discours décisif
Influencé par PlatonAristoteAlexandre d’Aphrodise,ThémistiusNéoplatonismeAl-Farabi,AvicenneAvenzoar
A influencé Albert le GrandThomas d’AquinBoèce de DacieSiger de BrabantJean de JandunPietro d’AbanoMaître Eckhart,René DescartesDanteMarsile de PadoueIbn KhaldounÉlie del Medigo,PomponazziPic de la Mirandole,Agostino NifoBloch

Portrait d’un héritier qui alloue une part de sa fortune à l’aide aux pays pauvres. Chef spirituel de la communauté ismaélienne, une branche de l’islam chiite, le prince Karim Aga Khan est aussi à la tête de l’Aga Khan Development Network, le plus grand réseau privé de développement du monde. La presse people voit surtout en lui l’héritier de sa dynastie et le propriétaire d’une prestigieuse écurie de chevaux de course. Mais pour cet homme de 75 ans, formé dans un contexte européen autant que musulman, l’objectif majeur est de bâtir des ponts entre les cultures

Karim AGA KHAN : descendant de Mahomet, un pensant, prévenant, généreux, mécène, intègre,

LES MILLIARDAIRES MILITANTS

KARIM AGA KHAN

Le Nouvel Economiste – No.1055 – 4/07/96

Il est prince à Chantilly, vice-roi en Sardaigne, souverain au Pakistan, bienfaiteur au Kenya: le quarante neuvième descendant du Prophète a mille et une vies. Comme il se doit. Mais ses talents, ce business imam les a d’abord mis au service de son peuple, les ismaéliens. Un devoir? Non, une vocation.

Une piste en latérite, un cabanon. C’est tout l’aéroport de Manyara, au nord de la Tanzanie. Les Massaïs, attroupés autour de la bicoque, n’ont jamais vu pareil spectacle. Un ballet incessant de Cessna soulèvent la poussière rouge. Des Land Rover et des agents de sécurité en pagaille. Toute cette agitation pour la seule venue du président de la République tanzanienne, Benjamin William Mkapa? Pas seulement. Car aujourd’hui Manyara est en fête et attend l’arrivée de Son Altesse Karim Aga Khan IV. L’homme qui, quelques jours plus tôt, portait le chapeau melon parmi les élégantes du prix de Diane, et suivant la course de sa pouliche Khalisa, atterrit à son tour sur l’aéroport de fortune. La jet-set n’est pas ici. Et d’ailleurs l’Aga Khan a laissé son Gulfstream un peu plus au nord, à l’aéroport international de Kilimandjaro, seule piste où pouvait se poser son biréacteur. Alors, que vient faire l’Aga Khan? Le voici. Ceux qui s’imaginent voir surgir un maharadjah enturbanné et couvert de bijoux en seront pour leurs frais. Calvitie prononcée, sourire appuyé, costume gris impeccable masquant une certaine corpulence, visage rond qui le fait ressembler à un Mikhail Gorbatchev sans la tâche de vin…

Hormis, peut-être, une curieuse chevalière en or au petit doigt et une énorme montre suisse un peu tape à l’oeil, ce sexagénaire au passeport britannique ne se distingue en rien d’un banal patron du multinationale. Pas étonnant d’ailleurs. Car le descendant du Prophète, chef de la communauté ismaélienne, est à Manyara pour affaires.

« Je suis ravi d’être ici pour inaugurer l’hôtel Lake Manyara Serena Lodge. Voici 233 nouvelles chambres pour les touristes qui vont découvrir les parcs nationaux de la Tanzanie du Nord, un investissement de 170 millions de francs du Fonds Aga-Khan pour le développement économique. » Mais, dans sa manière d’égrener d’une voix monocorde les millions et les projets les uns à la suite des autres, il y a quelque chose d’inclassable: « Je viens d’autoriser notre filiale Service de santé Aga-Khan à lancer la première phase de l’hôpital Aga-Khan de Dar es-Salaam, un équipement de 50 millions de francs. Cette année, nous allons également ouvrir une nouvelle école primaire Aga-Khan dans votre capitale, et le Fonds Aga-Khan pour la culture va investir 30 millions de francs dans la rénovation et la transformation en hôtel de l’un de joyaux de l’architecture coloniale de Zanzibar… »

Mais quel genre d’affaires le souverain négocie-t-il en Tanzanie? Est-ce du charity business ou du business tout court? Qu’est-ce qui l’attire vers Manyara ou Zanzibar? « Nous connaissons bien Zanzibar. Pendant la guerre, notre famille s’était installé en Afrique de l’Est, à Nairobi. Plus tard, notre grand-père nous a souvent envoyés, mon frère et moi, en tournée dans cette région. » Au bord de la piscine, le très distingué frère de Son Altesse, le prince Amyn, costume Savile Row et lunettes solaires profilées, s’étonne que l’on puisse s’étonner que le roi des champs de courses de Chantilly soit aussi un peu celui de la Tanzanie… L’Aga Khan, comme les magnifiques oiseaux du lac Manyara, appartient à une espèce unique. Lui, c’est celle des milliardaires religieux.

Chef musulman chiite, il est aussi un membre attiré du beautiful people occidental. Il aimerait qu’on parle de lui comme du bienfaiteur de milliers de médecins et d’enseignants qu’il emploie dans les zones le plus déshéritées du globe. Mais c’est quand il divorce d’avec un ex-mannequin britannique qu’il fait les gros titres de la presse mondiale. Ancien membre de l’équipe olympique de ski iranienne et pilier de la saison hivernale de Saint-Moritz, le golden imam se passionne aussi pour le renouveau de l’architecture islamique et pour la culture du haricot et du brocoli au Kenya. Ses couleurs (rouge et vert) font rêver à Longchamp et à Epsom, mais flottent aussi sur les villages dont il finance le développement au nord du Pakistan ou à l’est du Tadjikistan. Les mille et une vies du prince Karim… L’ancien président pakistanais, le général Zia, se limite à en dénombrer cinq, « le chef de famille, l’homme d’affaires, le sportif, le leader religieux et le développeur du tiers monde ».

Ce don d’ubiquité, Karim en a hérité. De son père d’abord. En visitant Kampala, capitale de l’Ouganda, on voit des plaques commémoratives gravées à la gloire d’Ali Khan. Oui, c’est bien le mari de Rita Hayworth, l’amateur de bolides rouges et de nuits blanches qui a inauguré cet hôpital ou cette mosquée. « La presse occidentale ne le voyait que comme un membre de la jet-set. Elle tenait pour acquis que, lorsqu’il partait en Afrique, c’était pour ses vacances », regrette Amyn Ahamed, un ancien avocat de Washington, proche collaborateur de l’Aga Khan.

Pour comprendre cet extraordinaire cocktail culturel, il faut revenir au prophète Mahomet, au VIIe siècle de notre ère. Certains de ses fidèles verront en son gendre Ali son successeur. Ce seront les chiites. Un siècle plus tard, Ismaël, l’un des descendants d’Ali et de Fatima, la fille bien aimée de Mahomet, est écarté de cette succession spirituelle pour des raisons jamais réellement éclaircies. Ses fidèles, les ismaéliens, qui voient en lui le septième imam, entrent alors en rébellion. Leur secte clandestine, très organisée, part à la conquête du monde. Et garde pour toujours un sens aigu de la solidarité communautaire.

Leur califat s’étend à partir du XIe siècle sur l’Egypte et le pourtour méditerranéen. Mais leur brillante civilisation fatimide va s’écrouler. Les ismaéliens se disséminent en Syrie, en Asie centrale et en Inde. Au XIXe siècle, grâce à leur quarante sixième imam, ils entrent à nouveau dans l’Histoire. Vers 1930, Mohamed Hassan, gratifié du titre d’Aga Khan (grand chef), est l’un des hommes les plus puissants de Perse. Entré en rébellion contre le shah, il fuit, avec ses fidèles, à travers l’Afghanistan. Repéré par le général anglais Charles Napier pour la valeur de ses guerriers, le chef des ismaéliens devient un fidèle allié de la couronne britannique. Il est alors doté d’une très confortable rente, de terres immenses, de fastueux palais, d’un titre de prince. Suprême reconnaissance: en 1866, un arrêt de la Haute Cour de justice de Bombay le légitime même comme un descendant direct du Prophète. De cette époque date l’immense fortune des Aga Khan. L’heure de la splendeur arrivera avec sir Sultan Mohamed Shah Aga Khan, le grand-père de l’actuel Karim, dont le règne durera soixante-douze ans. L’homme qui, en 1898, dîne avec la reine Victoria sera toujours là, en 1953, pour prendre le thé avec Elisabeth II. C’est dans les années 20 qu’il décide de s’installer en Europe pour se vouer à sa passion des chevaux de course. Habitué des cours princières, marié quatre fois – dont une avec la fille d’un conducteur de tramway français -, il construit des dizaines d’écoles et de dispensaires aux Indes et en Afrique de l’Est. Président de la Société des nations (SDN) avant guerre, il est aussi l’un des pères fondateurs du Pakistan.

En 1957, le vieux prince s’éteint dans sa propriété de Versoix, près de Genève. A l’ouverture du testament, stupéfaction. Pour lui succéder, l’imam a sauté une génération, et choisi l’un de ses petit-fils, Karim. Ce jeune homme sérieux, élevé pendant la guerre dans la grande maison de Nairobi puis dans les meilleures institutions helvétiques et américaines, sera, comme le veulent les dernières volontés de son grand-père, « l’imam de l’âge atomique ». Son père, Ali Khan, grand prince et beau jouer, sillonnera le monde avec Karim pour asseoir sa légitimité chez les ismaéliens, avant de mourir, en 1969, au volant de sa Lancia dans un mauvais virage du parc de Saint-Cloud.

Le 21 octobre 1969, Karim Aga Khan épouse le mannequin vedette du Swinging London, Sally Crocker-Poole, à la mairie du 4e arrondissement de Paris. Convertie à l’islam, la bégum Salima, bénie par le recteur de la grande mosquée de Paris, irradie de beauté parmi les 800 invités des salons de l’hôtel particulier de Karim, rue des Ursins. Dans les colonnes de Paris-Match, le ministre Olivier Guichard, représentant le général de Gaulle, raconte: « C’était un spectacle unique que ce mariage oriental et féerique, à l’ombre des tours de Notre-Dame. Un cocktail de femmes en caftans incrustés de pierres précieuses, d’élégantes Anglaises aux toilettes acidulées, de maharadjahs enturbannés et d’autres gentlemen du monde des courses. » Aujourd’hui, l’imam ne veut plus entendre parler de ces folies princières: « L’étiquette jet-set que me collent les médias occidentaux m’agace. Et plus encore quand c’est de notre foi qu’on s’amuse », s’agace-t-il, recevant le Nouvel Economiste dans son domaine d’Aiglemont, au nord de Paris. Que la presse à sensation fasse des gorges chaudes de son divorce, soit. Mais qu’elle le présente comme un « dieu vivant » devant lequel se prosternent des ismaéliens crédules, lui offrant périodiquement son poids en or, et l’imam sort de ses gonds. Le descendant du Prophète n’a qu’un objectif en ce bas monde: « Dépersonnaliser toutes mes activités. »

Au prix de Diane, ce n’est pas sous la tente Hermès où papillonnent les célébrités que l’on trouvera l’Aga Khan, mais dans la très sobre tribune des propriétaires: « L’efficacité est synonyme de discrétion. » L’iman a d’ailleurs bien failli abandonner son écurie, trop voyante à son goût. Il a finalement résisté à sa tentation première après la victoire de Shergar au derby d’Epsom, par un bel après-midi du printemps 1981. Le monde hippique a compris ce jour-là qu’il ne lâcherait plus ses haras. « Le derby m’a convaincu de continuer, il y a une vraie joie dans la victoire, et une tradition familiale à respecter. » Oui, Karim est bien le petit-fils de Mohamed Shah Aga Khan qui, au derby d’Epsom de 1939, irradiait de bonheur après la victoire du légendaire Blenheim. Mais, non, Karim n’est pas exactement fait du même or que ses aïeux. Il ne veut pas seulement répartir les richesses de sa communauté: il a décidé d’en créer. L’imam homme d’affaires naît sur le campus de Harvard. L’étudiant est un fougueux idéaliste, mais aussi un apprenti entrepreneur plein de projets. Fasciné par la technologie de l’offset, qu’il découvre en visitant l’imprimerie d’un journal de Boston, il passe aussitôt à l’acte: il achète la même machine, la fait transporter à Nairobi, débauche une des signatures de Fleet Street et lance The Nation, le quotidien des indépendantistes africains contre le colonialisme britannique, devenu l’un des premiers quotidiens d’Afrique de l’Est. Il a 22 ans. En 1962, le jeune imam, qui porte beau et apprécie le yachting, cherche une propriété en Italie. L’un de ses amis lui mentionne l’existence de la Valle dell Infarru (la vallée de l’Enfer) en Sardaigne: « Je voulais un endroit au calme. J’ai signé pour 25000 dollars sans même y mettre les pieds. » En fait de propriété, il met la main sur 3000 hectares qui s’étalent sur plus de 50 kilomètres de côtes. Résidences et hôtels de luxe vont s’ériger le long de ce « resort » rebaptisé Costa Smeralda, où environ 4 milliards de francs seront investis depuis. « Je suis devenu un entrepreneur par accident », promet le bâtisseur de la Costa Smeralda. Exemple: sa compagnie aérienne, Meridiana, créée en 1964 pour desservir la vallée de l’Enfer, réalise aujour’hui 1,7 milliard de francs de chiffre d’affaires sur une trentaine de destinations européennes.

Chez Son Altesse, la foucade devient passion, la passion grand projet, et le grand projet investissement. C’est encore à la suite d’un hasard que l’Aga Khan découvre, en 1985, l’affaire de sa vie. Bloqué dans ses projets d’extension de la Costa Smeralda, il acquiert pour 1,2 milliard de francs, auprès d’un homme d’affaires italien, Ciga Hotels. Une chaîne propriétaire de vingt-deux palaces européens, dont la célèbre Danieli à Venise. Restauration à grands frais, croissance externe accélérée, l’imam construit le plus prestigieux groupe hôtelier d’Europe, qui compte bientôt trente-six adresses en or massif. Arrive la guerre du Golfe et la dévaluation de la lire. Malgré les 700 millions de francs réinjectés par l’Aga Khan, le groupe plonge dans le rouge. A l’automne 1994, l’affaire tombe dans l’escarcelle de l’américain ITT Sheraton. Combien a-t-il perdu? Mystère. « Ce que je peux vous dire, c’est que le bilan de mes affaires en Italie est financièrement positif », explique le prince. Mais une blessure s’est ouverte. Actionnaire majoritaire de la compagnie Meridiana et propriétaire de 49% de la Costa Smeralda, le business-imam en restera là: « Tout homme a son temps limité, et ma vocation n’est pas d’être un entrepreneur en Occident. Continuer dans cette voie m’aurait éloigné de mon rôle. » Car le dessein du prince est désormais ailleurs, dans les mailles du Réseau. Le Network, cas c’est ainsi qu’est baptisée cette incroyable nébuleuse où l’imam des ismaéliens fait prospérer l’argent de ses 15 millions de fidèles. A ne pas mélanger avec le sien. Quand Karim Aga Khan, actionnaire majoritaire de Ciga, rachète l’hôtel Meurice, à Paris, c’est avec sa fortune propre. Quand il construit, en 1996, le Lake Manyara Serena Lodge, c’est avec les fonds confiés par ces ismaéliens.

Descendant de Mahomet, l’Aga Khan est à la tête d’une drôle de religion. Il n’y a pas de clergé, mais des « comités de la communauté ». Il n’y a pas de lieux de culte, mais des « centres culturels », des Djamatkhanas. Avec un lieu de méditation, mais aussi des salles de réunion équipées de fax et de téléphones, des bibliothèques et des galeries d’exposition. Le grand-père de l’imam, pour expliquer sa fonction, la comparait à celle du pape. « A une différence près, précisait-il. Le pape n’a que’une mission spirituelle auprès de son peuple. L’imam, lui, s’occupe aussi des intérêts temporaires des siens. » Karim Aga, imam depuis près de quarante ans, aime dresser son bilan de chef mi-spirituel, mi-temporel: « Nos objectifs ont été atteints. Tous les ismaéliens ont accès à un système primaire d’éducation, de santé. Dans dix ans, il faut que 75% d’entre eux aient accès à l’éducation secondaire et à des équipements hospitaliers de pointe. » On l’aura compris, les ismaéliens forment une communauté organisée. Ils ont mis sur pied leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs compagnies d’assurances, leurs banques. Autant d’institutions qui ont été peu à peu ouvertes aux « indigènes » afin d’intégrer la communauté dans chaque pays. Le ciment de cette diaspora, c’est lui, cet homme policé, dont les encycliques ressemblent davantage à des business plans qu’à des bulles papales. Avec la zakat (la dîme), chaque fidèle lui donne une partie de ses revenus, qu’il réinvesti au profit de chaque communauté, dans chaque pays. La Fondation Aga-Khan, l’un des piliers du Network, reçoit ainsi chaque année environ 150 millions de francs de l’imam. Sans que l’on sache toutefois quelle part de cette somme provient de cette fameuse dîme.

Ce système avait été poussé à son paroxysme par Mohamed Shah Aga Khan lors des fameuses « pesées ». En 1937, pour ses cinquante ans de règne, il reçoit de ses fidèles son poids en or. Pour les soixante ans, la pesée sera en diamants. Exploitation de sujets crédules, détournement de fonds? Erreur. « Le système colonial ne nous offrait pas d’accès suffisant aux institutions financières », explique Zaher Ahamed, l’un des hommes clés de la communauté ismaélienne kenyane: « Avec le jubilé de 1937, nous avons créé notre compagnie d’assurances, Jubilee Insurance, puis, dix ans après, c’était les caisses d’épargne Diamond Trust. »

L’imam-manager a pris à coeur ce rôle de « chef de réseau » pour le développer, l’organiser et le… rentabiliser. Dans le parc de sa propriété d’Aiglemont, près de Chantilly, il a fait construire des bureaux paysagers à l’américaine. Le management du Network est assuré par une petite centaine de professionnels de seize nationalités différentes, issus des meilleures universités anglo-saxonnes, et dotés du curieux statut de… gens de maison! Le cadre est luxueux, mais il rappelle plus l’atmosphère d’un campus universitaire qu’un palais des mille et une nuits. Tout est fonctionnel, la langue officielle est l’anglais et HH (His Highness) n’est guère plus souverain qu’un managing director. Ambiance feutrée, réunions de conseil d’administration compassées, déjeuner rapide au self-seuls les couverts en argent rappellent qu’on est ici chez un prince… C’est à Aiglemont que remontent les budgets et d’où partent les instructions du Network. Ver la Jubilee et la Diamond de Nairobie, la Development Credit Bank de Bombay, ou la New Jubilee, l’un des principaux assureurs pakistanais. C’est d’ici que sont dirigés 1300 salariés dans une douzaine d’hôtels au Kenya, en Tanzanie et au Pakistan. C’est encore d’Aiglemont que règne Anwar Poonawala, sur 7000 salariés, dans une quarantaine d’entreprises aussi variées que le joint-venture Alcatel Pakistan Ltd., le groupe de packaging ivoirien Filtisac, ou encore le producteur de haricots kenyan Frigoken.

Toutes ces participations financières, touristiques ou industrielles sont regroupées depuis 1984 dans le Aga Khan Fund for Economic Development (Akfed), une holding dont les actifs dépassent 4 milliard de francs. Inspiré par les méthodes du capital-investissement, Karim Aga Khan croit dur comme fer que « c’est le marché, et non les pouvoirs publics, qui est l’acteur du développement ». Y compris dans le tiers monde. Exemple: en 1977, l’Aga Khan décide de lancer un programme afin de faire face à la crise du logement en Inde. Avec la Banque mondiale et un partenaire financier local, il investit 15 millions de francs pour fonder la Housing Development Finance Corporation, un établissement spécialisé dans le crédit hypothécaire. L’affaire devient tellement rentable que la concurrence s’engouffre dans le créneau. Vingt ans après, des millions d’indiens ont pu avoir accès à la propriété et le Network cède sa participation en Bourse, récupérant cent fois sa mise de départ! Un beau geste pour le développement, une affaire en or: voilà résumée la double mission de l’état-major d’Aiglemont.

Avec la fin de la guerre froide et la conversion de nombre de pays du tiers monde aux vertus du libéralisme, l’imam se sent pousser des ailes. La Tanzanie, l’Ouganda, le Mozambique, Madagascar, le Tadjikistan: autant de pays où l’esprit d’entreprise prends corps et où l’Aga Khan réactive le Network: « Un souffle d’oxygène passe, la capacité à faire des choses a complètement changé ». L’imam islamo-libéral exulte et sillonne plus que jamais le monde à bord de son Gulfstream. Pourtant, il traverse personnellement une mauvaise passe financière – c’est l’époque où les hôtels Ciga battent de l’aile. Mais qu’importe: Aiglemont doit dégager suffisamment de ressources pour financer tous les programmes sociaux du Réseau. « La logique du Network est celle de l’autosuffisance, qui, seule, peut apporter une solidité structurelle. Dépendre de la générosité n’est pas sain à long terme », insiste Karim Aga Khan, théoricien de l’autodéveloppement. Le Réseau, s’il est du jour au lendemain privé de la générosité et de la personnalité de l’imam, doit pouvoir tourner seul au service du développement.

Le propos est précis, le discours extrêmement structuré. On est dans le domaine de l’excellence, appliquée à la philanthropie. Karim n’a pas fait ses études à Harvard pour rien. Il a l’élitisme chevillé au corps et le zéro défaut comme doctrine. Ses hôpitaux, ses écoles, ses banques, ses usines, ses hôtels se doivent d’être la référence. « Le fait d’être une entreprise estampillée Aga Khan me permet, à la Foire de Bologne, de rassurer mes contacts qui ne voient pas toujours d’un bon oeil les sociétés africaines, confie Karim Peerbhoy, le patron de Leather Industries of Kenya. En contrepartie, je sais que je ne peux me permettre de fournir un produit médiocre. » Mais soudain, Garry Wilkinson s’impatiente. Le conseiller de HH pour les relations avec les médias occidentaux trouve qu’Aiglemont donne de l’imam une image trop businessman. Le Network ne doit pas être compris comme une multinationale américaine. « Vous devez absolument aller voir Bob Shaw à Genève. » Bob Shaw? Une personnalité hors du commun. Ancien d’Oxford, de Harvard et de Princeton, ayant appris son métier à la Banque mondiale, il a rejoint le Network pour en faire un vrai laboratoire du développement. A la fondation Aga-Khan, qu’il dirige, on cultive comme sur toutes les terres du prince le culte de la responsabilisation par l’argent. La prochaine mise en place d’une banque des pauvres dans la région de Gilgit, au nord du Pakistan, est l’une des plus grandes fiertés du patron de cette organisation non gouvernementale un peu spéciale. « L’Aga Khan s’implique beaucoup dans ce programme, auquel il consacre dix jours par an. D’ailleurs, s’il s’en fichait, il y a bien longtemps que je ne travaillerais plus ici », promet Bob Shaw. Il s’agit, il est vrai, d’une expérience extraordinaire. Après le prince milliardaire, le prince-imam, le prince capital-investisseur, voici un prince saint-simonien construisant une sorte de société idéale. Sa révolution culturelle, il l’a faite, lui aussi, en 1968.

« J’ai observé et beaucoup réfléchi, cette année-là. Après différentes études socio-économiques, j’ai acquis la certitude que le développement du tiers monde ne passait ni par l’urbanisation, ni par la planification, ni par les mégaprojets, mais par le développement de l’esprit d’initiative en milieu rural », explique aujourd’hui l’imam, intarissable sur le sujet. Voilà la théorie. Voici la pratique. L’Aga Khan décide de prendre en mai le développement d’une région de la taille de l’Irlande qui se trouve aux confins du Pakistan, de l’Afghanistan, de la Chine et de l’Inde. Avant de débloquer le moindre dollar, le prince exige des villageois du Nord-Pakistan qu’ils réforment leurs rapports hiérarchiques. Il n’y a plus d’anciens ni de chefs coutumiers, mais des organisations élues avec un président et un manager (sic). Ces organisations décident d’investissements qu’ils réaliseront après une étude de faisabilité de la Fondation. Cette dernière formera, par ailleurs, certains membres de l’organisation pour en faire des experts capables de retransmettre leur savoir. Le désenclavement du village et une meilleure utilisation du sol permettront alors d’augmenter le revenu et de créer une épargne gérée par l’organisation. L’épargne sera investie ou prêtée sur des projets précis et avec l’appui de la Fondation. Le programme va jusqu’à préciser que les retraits de fonds devront être autorisés par l’organisation, mais aussi par la Fondation. Un vrai Big Brother de la charité. Et cela marche… Les 900000 habitants de la région de Gilgit ont non seulement atteint, comme prévu, l’autosuffisance alimentaire, mais leur revenu par tête a doublé en dix ans. Les experts de la Banque mondiale ont, à plusieurs reprises, fait le voyage pour observer ce phénomène économico-sociologique. Le prince lui-même a bien l’intention d’exporter son modèle.

« Nous vous attendions depuis mille ans. » En 1995, 60000 ismaéliens retrouvent leur imam près de Khorog, la capitale du Gorno-Badakhchan, à l’est de l’ex-République soviétique du Tadjikistan. L’accueil est d’autant plus délirant que l’Aga Khan descend de son hélicoptère avec de bonnes nouvelles. Il étudie depuis deux ans le sort de cette province et il a décidé d’en faire un nouveau Nord-Pakistan. Une aide d’urgence de 90 millions de francs sera allouée en 1996 et le Pamir Relief and Development Programme est mis en place. L’Aga Khan exulte: « Nous allons construire, pour la première fois, derrière le marxisme. La population est éduquée et l’accès à la médecine satisfaisant. Pour le reste, il faut tout repenser. » Avec un objectif: l’autosuffisance alimentaire dans huit ans.

A un paysan de la région de Gilgit, un journaliste anglais demandait un jour qui donc était l’Aga Khan: « Un homme bon qui a une maison en France. » C’est sans doute l’épitaphe qui rendrait le plus heureux le quarante neuvième descendant du Prophète. Mais Son Altesse Karim Aga Khan IV ne peut rien contre son autre destin. Ne vient-il pas de faire la une des gazettes en intentant un procès à son ex-femme pour tenter de l’empêcher de mettre en vente, chez Christie’s les bijoux dont il l’avait couverte? Les chroniqueurs n’ont jamais eu pareil scandale à se mettre sous la dent depuis le vol des bijoux de la bégum dans la Cadillac de Mohamed Shah Aga Khan. C’était en 1949…

L’Agha Khan Ier (1800-1881) était censé être le 46e imam de la lignée des Alides (descendants d’Ali) mais aussi un descendant, en ligne directe des anciens rois de Perse.

Son petit-fils, Muhammad Châh ibn Agaha Ali, Agha Khan III (1877-1957), avait été l’un des conseillers des souverains britanniques et le fondateur de la « ligue panmusulmane » de l’Inde. C’est lui qui avait obtenu, en 1919, que Constantinople ne soit pas rendue à la Grèce mais laissée aux mains des Turcs. Il fut, en son temps, l’homme le plus riche du monde et, pour son 60e anniversaire, ses « sujets » lui offrirent, selon la coutume, son poids en platine et diamants. Il sera le dernier à bénéficier de cette « tradition ».

le prince Mohammed Chah ibn Agaha Ali, autrement dit l’Agha Khan, chef spirituel des ismaéliens. 1930 Chef spirituel des ismaéliens, il était le descendant d’Abdallah ibn Maïmoun, fondateur et premier grand maître de cette secte musulmane remontant au IXe siècle. Il était aussi le successeur d’Hassan Sabbah, fondateur de la secte des Assassins et le 47e imam depuis Ali, gendre de Mahomet. Pour les Ismaéliens, l’Agha Khan est une sorte de « demi-dieu » infaillible. On constate cependant que ce nabab jouait parfaitement le double jeu : pontife musulman pour les uns, membre de la « jet set » pour les autres. En Arabie Saoudite, les membres du clan Séoud se comportent identiquement. Ils font assaut de bigoterie chez eux et jouent au play-boy quand ils sont à l’étranger. Ce dualisme comportemental est très fréquent chez les arabo-musulmans.
La photo a été prise en 1930. L’Agha Khan vient d’épouser la Française Yvette Labrousse, ancienne Miss France (1930) qui portera le titre de « Bégum » (la femme de l’Agha) bien que son titre officiel ait été « Mata Salamat » « Que vive la Mère » !). Le couple se promène dans les environs d’Aix-les-Bains.

En 1930, la secte des Ismaéliens regroupait environ deux millions de fidèles dont la moitié en Inde et le reste réparti entre le Proche Orient et l’Afrique.

Karim Agha Khan IV, 1998Karim Agha Khan IV (né en 1936) est le petit-fils du précédent et le 49e imam des Ismaéliens. L’actuel détenteur du titre d’Agha Khan est, lui aussi, un membre de la « jet set ».
Après avoir divorcé de l’actrice américaine Rita Hayworth (épousée en 1949), il s’est remarié avec une Anglaise divorcée du nom de Sarah Crocker (devenue la Bégum Salima) dont il a divorcé en 1994. Il s’est remarié en 1998.

Source : Paris Match (11 juin 1998)
UNE NOUVELLE LUMIÈRE DANS LA VIE DE L’AGA KHAN
Divorcé de la bégum Salimah, le dieu vivant des ismaïliens vient d’épouser une princesse allemande de 35 ans.

mariage de Karim Agha Khan IV, 1998C’est un rayon de soleil qui est entré dans la vie de l’Aga Khan, 62 ans, 49e imam héréditaire de la communauté ismailienne. Le 30 mai 1998, il a épousé la princesse Gabrielle zu Lieningen, une belle Allemande convertie à l’islam. La cérémonie religieuse a été conduite par le grand mufti et le recteur de la Mosquée de Paris à Aiglemont, la résidence de l’Aga Khan dans l’Oise, Puis, c’est à Patrice Marchand, maire de Gouvieux, qu’est revenu le privilège de prononcer le mariage civil. Les noces se sont déroulées dans l’intimité familiale, en présence d’une vingtaine de dignitaires de la communauté ismailienne accompagnés de leurs épouses. Une grande réception est prévue en France en octobre. Pour fêter leur union. Les mariés convieront, cette fois-ci, les nombreux invités des familles respectives.

Il s’est marié en toute simplicité à Aiglemont, où il vit en gentleman-farmer parmi ses pur-sang

Chef spirituel de quinze millions d’ismailiens à travers le monde, Son Altesse Karim Aga Khan IV est le descendant direct de Mahomet[Plus exactement un descendant d’Ali, gendre de Mahomet, fanatique de la première heure. Mais c’est aussi un descendant du chef de la secte des Assassins comme cela était indiqué dans le livre « Sociétés Secrètes » paru en 1997 ! Avec de tels criminels comme ancètres, on comprend que le Gagakan prèfère se référer au prophète de l’islam. Mais quand l’Occident prendra conscience que Mahomet fut un gigolo, un agitateur, un pillard, un assassin, un pédophile etc…, la superbe du gentleman-farmer va en pâtir.] Fils de Joan Yarde Buller, une Anglaise, et d’Aly Khan, l’Aga Khan a déjà été marié. Le 21 octobre 1969, il épousait Sarah Frances Croker-Poole, une Anglaise qui allait devenir la bégum Salimah. Ils se séparent en 1994. Trois enfants sont nés de leur union: Zahra, 28 ans, Rahim, 27 ans, et Husssain, 24 ans. Divorcée, elle aussi, d’avec le prince Karl Emich zu Leiningen, la nouvelle bégum Inaara a une petite fille de 6 ans, Theresa. La princesse n’a pas l’intention d’abandonner son poste de consultante à l’Unesco. Titulaire d’un doctorat de droit international, elle compte, avec la bénédiction de son mari, poursuivre ses activités centrées sur la promotion du statut des femmes [Première mission : réformer le Coran, qui traite les femmes à peine mieux que des moins que rien, deuxième mission : abolir le modèle de Mahomet qui était un obsédé sexuel et un pédophile. Elle a du pain sur la planche, la fatma ! Etre titulaire d’un doctorat de droit international et se convertir à l’islam pour ensuite promouvoir le statut des femmes… il fallait oser ! Et pourquoi pas se couper les deux jambes pour travailler à la promotion du football ?!].

Janvier 2005
Le divorce entre l’Aga Khan et son épouse la bégum Inaara vire au règlement de comptes (en banque !). Selon la presse britannique, madame menacerait de dénoncer monsieur au fisc s’il ne lui versait pas la moitié de sa fortune (environ 700 millions d’euros au minimum). On comprend soudainement pourquoi elle avait accepté de se convertir à l’islam : pas folle la guèpe…

Karim Aga Khan descendant de Mahomet, imane, ismaélien et donc chiite est passionné d’architecture, de sciences humaines, de l’art, de processus évolutif de l’habitat. l’amélioration de vie des habitants, de justice, des médias.
Selon lui, le monde musulman prend en considération la place femme en insérant les  femmes par leurs compétences.

LOI COLUCHE, soutenue par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, va-elle être remaniée sous l’air Sarkozy ?

Logo of the organisation.

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LOI COLUCHE, soutenue par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, va-elle être remaniée sous l’air Sarkozien ?

Mais en fait,

qu’est-ce que la

Loi Coluche ?

Pour les sommes versées en 2011 (à déclarer en 2012), vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu correspondant à 75% de votre don, avec un plafond de 521 €.

Au-delà, et dans la limite de 20% de vos revenus imposables, la déduction est encore de 66%. Si vous dépassez cette limite, l’excédent vous donnera droit à un crédit d’impôt sur les cinq années suivantes.

Par exemple :

LORSQUE VOUS DONNEZ IL NE VOUS COUTERA QUE VOUS DEDUIREZ DE VOS IMPOTS
30 € 7.50 € 22.50 €
90 € 22.50 € 67.50 €
180 € 45 € 135 €
521 € 130.25 € 390.75 €

IMPACT DE LA LOI COLUCHE

La loi Coluche a toujours prouvé son efficacité, y compris après ses extensions de 2003 et 2004. Grâce à elle et à la confiance des Français en notre association, les dons aux Restos sont passés de 32 à 59 millions entre 2003 et 2009, le don moyen augmentant pour sa part de 76 à 108 euros. C’est ainsi que nous avons pu augmenter le nombre de repas distribués, passant de 61,5 à 100 millions sur la même période, tout en améliorant leurs qualités nutritionnelles et en affrontant le renchérissement des matières premières.

Restos du Coeur 2

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HISTORIQUE DE LA LOI COLUCHE

Peu de temps après avoir lancé les Restos du Cœur, Coluche s’est avisé que les plus nombreux et les plus généreux des donateurs étaient ceux dont les revenus étaient les plus bas. Or, rien ne les avantageait fiscalement puisque la seule possibilité de déduire de son revenu imposable les dons faits à des associations était proportionnelle et ne concernait donc que les gros revenus. Une injustice de plus !

Coluche a décidé de faire étudier le problème par des fiscalistes, et a lancé son idée au cours d’une émission télévisée réalisée en janvier 1986 sur TF1, quelques mois avant les élections législatives de décembre. Il proposait une disposition fiscale permettant à tous les particuliers de déduire de leurs impôts 70% d’un don plafonné à 1000 F. Il souhaitait que l’Etat prenne une part active dans le règlement de problèmes qui le concernent en assumant au moins la moitié des petits dons faits par les particuliers. Tous les leaders politiques, de la gauche à la droite, l’ont alors assuré de leur soutien à cette proposition de loi.

A "Coluche" rosebush, in Thabor park...

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Profil asiatique – méditation immobile, zen ou en mouvement – méthodes bouddhistes transcendantales – techniques de relaxation

LA CONCIENCIA

La concencia - Maï Salaün

quelle-meditation-pour-vous ?

 Quel type de méditation est fait pour vous ?

Profil 1 :

Les méditations immobiles ou zen

Vos aspirations de paix intérieure sont associées au silence, à l’immobilité et au vide dans un monde que vous jugez, peut-être trop « plein » et « frénétique ». Assailli(e) par l’agitationambiante, vous doutez parfois de pouvoir accéder à cet endroit de calme, si ce n’est au prix d’une certaine rigueur… Après tout, vous n’êtes pas contre le fait qu’il existe une autre réalité au-delà de nos perceptions quotidiennes. Toutefois cette exploration nécessite un cadre sérieux, pas toujours accessible à tous… Très exigeant(e), avec vous et les autres, vous seriez peut-être prêt à vous détacher de “l’avoir” : une des clés pour vous de la sérénité.

La Conscience (d'après Victor Hugo)

La conscience (Victor Hugo) Maï Salaün

Certaines pratiques répondent à votre soif de rigueur, et de vide. Vous pourriezvous tourner vers des méditations zazen qui ont lieu dans le silence et l’immobilité. Pour trouver le silence dans votre cœur, la posture immobile est une des clés, que vous deviez apprécier. La pratique convient aux ascètes désireux comme vous de calmer le cheval fou du mental. Méditer ne vous demande pas forcément de changer votre système de pensée, ce qui pourrait vous freiner, mais vous propose plutôt de devenir, un témoin, un observateur, un spectateur de votre propre univers mental. Ce qui va peut aider à prendre du recul.

Pour vous y mettre : Allumez une bougie. Asseyez-vous le dos droit, détendez-vous et fixez la bougie. Quand votre esprit s’évade, ramenez votre attention à la bougie. Commencez par 5 minutes.

Profil 2 :

Les méthodes bouddhistes transcendantales

Votre quête de sérénité passé par l’ouverture aux autres. Plus qu’une bulle où vous isoler pour mieux vous retrouver, vous cherchez semble-t-il une discipline pour vous rapprocher et agir ensemble. La paix ne se construit pas seul, elle se partage, A ce titre, vos besoins seraient de développer des qualités telles que l’empathie, l’ouverture du coeur, la compassion… Émotif et sensible vous souhaitez peut-être faire de vos soi-disant “faiblesses” (dans un monde où la combativité est de mise), des atouts.  Pour accéder au calme intérieur, un équilibre aussi, tout en plongeant en vous-même.

Albert Einstein

Albert Einstein - Maï Salaün

Véhiculée dans l’inconscient collectif par les Beatles, en 68, qui pratiquent la méditation, dite transcendantale, ou par les hippies, les pistes bouddhistes, sont empreintes d’un esprit communautaire et festif qui pourraient vous convenir. Pratiquées aujourd’hui dans un cadre où les consignes sont néanmoins précises, elles proposent de méditer sur des thèmes de réflexion en lien avec la vie ; la colère, la joie, l’ouverture du cœur.  Un chemin qui tend davantage à l’acceptation de votre humanité tel que vous êtes, qu’un désir d’éveil, auquel vous n’aspirez pas forcément. Souvent découpées en trois temps, avec un temps de recueillement, un temps de mantra, des prières chantées en musique et un enseignement; elle sont très accessibles.

Pour vous y mettre : certains mantras, peuvent vous apporter le calme et la sérénité. Vous pouvez par exemple prononcer les mots : ici et maintenant, un pas à la fois, om nama shiva…

Profil 3 :

Les méditations en mouvement

La paix intérieure, peut vous paraître un doux rêve, voire un défi, que vous ne souhaitez pas forcément relever. Vous avez été encouragé à multiplier les activités, et vous avez peut-être cru que la source de votre équilibre se trouvait à l’extérieur. Pour vous protéger des agressions extérieures vous avez l’habitude de passer à l’action. Avec d’autant plus de facilité que vous avez beaucoup d’énergie. Toutefois vous semblez avoir l’intuition que votre corpsconnaît la solution. En développant avec lui un sentiment d’unité, et de présence, et en l’habitant différemment vous devriez pouvoir accéder à ce calme et canaliser votre énergie…

"Portrait of the Writer Fyodor Dostoyevsk...

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski - Maï Salaün

Inutile de vous obliger à passer à « l’inaction » pour calmer votre agitation, et trouver la voie de la sérénité. Des pratiques méditatives en mouvements sont plus en accord avec votre tempérament. Que ce soit avec le tai chi, le yoga, ou le Qi Gong, la sérénité s’apprend en se réappropriant son corps. La mise en mouvement du corps favorise celle de l’esprit, et du ressenti. Le voyage que ces techniques proposent va vous permettre de « poser » votre esprit, et de clarifier vos pensées, sans doute désordonnée. Perçu même de manière furtive, cet espace devraient vous permettre de ralentir peu à peu… Et de vous apaiser.

Pour vous y mettre : les marches conscientes en mouvement peuvent se pratiquer partout, y compris dans le parking de votre entreprise avant une réunion, ou vos courses dans un hyper. Une pratique dans un parc ou un square sera bien sûr plus profitable. L’essentiel est de dérouler votre pied du talon en passant par la voûte jusqu’à la pointe de vos orteils, en respirant.

Profil 4 : Les techniques de relaxation

Happé par un monde en quête de performance, et donc générateur de stress, vous cherchez davantage à vous y soustraire qu’à entamer un voyage intérieur. Bien sûr il y a les loisirs qui vous permettent de vous détendre, ou de vous distraire. Mais le divertissement permet de mettre vos tracas à distance, seulement un court laps de temps. Avant de viser l’apaisement de votre mental, vous semblez avoir besoin d’un véritable relâchement de vos tensions physiques, une première étape sur la voie de la sérénité.

Muhammad ibn Zakariya ar-Razi

Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi - persan: رازی - Maï Salaün

Les bénéfices de la relaxation sur le corps sont indéniables, elle vous permettra de Pour soulager le corps de son agitation quotidienne, tournez-vous vers les méthodes e relaxation. Elles ont pour effet premier de vous faire prendre conscience de vos tensions, que vous pouvez avoir tendance à « dénier », puis d’un état de détente, Vous pouvez avoir recours à des méthodes qui s’appuient sur la contraction musculaire et le relâchement. Ou bien d’autres techniques basées sur le souffle. Votre premier objectif est de mieux contrôler vos émotions, en particulier négatives et donc de mieux résister au stress.

865-932 – Médecin, chimiste, philosophe de l’ancienne Perse

Pour vous y mettre : Respirez profondément. Prenez conscience de vos sensations physiques lorsque vous inspirez et expirez. La respiration pour commencer peut vous aider à prendre conscience de la profondeur des choses et à ne pas céder aux réactions négatives comme la peur, la colère, la confusion.

Les nouveaux maîtres de Perse, d’Egypte, du Maghreb et d’Espagne rivalisaient dans le domaine du faste et de l’esprit. C’est en 929 que fut fondée Cordoue – le joyau du monde – dans laquelle fut constituée une bibliothèque comparable à celle qui jadis avait fait la réputation d’Alexandrie (plusieurs centaines de milliers de volumes). 
La médecine arabe est représentée à cette époque par les grandes écoles de Médecine Arabe ou de langue Arabe: 
– L’école de Bagdad avec les Bakhtishu et Yuhanna Ibn-Masawayh 
– L’école d’Ispahan avec Ibn Sina, 
– L’école de Shiraz avec Ibn Abbas Al Majusi, 
– l’école de Damas avec Al Baghdadi et Ibn Al Mutran 
– L’école au Caire illustrée par Ibn an Nafis et Ibn Abi Usaybia 
– L’école de Kairouan: avec le célèbre Ishaq Ibn Imran et Ibn Al Jazza 
– Les écoles de Cordoue, de Tolède, Séville, et de Saragosse connurent de grands
médecins tels, les fameux Abulcassis, Avenzoar, Averroès. 

Mohammed Ibn Zakaria al-Razi, Abu-Bakr, connu chez les Latins sous le nom de Rhazes, est né vers 865, à Rayy au sud de l’actuel Téhéran en Perse.

On ne sait rien de précis sur le déroulement de ses études. Il a pratiqué la musique, qui fut son principal centre d’intérêt au cours des premières années de sa vie (il était joueur de luth). Il a étudié la philosophie et l’alchimie, les mathématiques, l’astrologie, il s’est également intéressé à l’orfèvrerie, la monnaie, les sciences occultes.

Selon Abou Rayhan Birouni il souffrait d’une maladie des yeux provoqué par les vapeurs provenant de ses expériences d’alchimie, mais plus tard Rhazès aurait dit lui-même que sa vue avait été affectée par les lectures prolongées.

Il avait la trentaine lorsqu’il commença l’étude de la médecine à Rayy, auprès de Is’haq Ibn Hunaïn, passé maître dans la médecine grecque, perse et indienne. Il aurait été indirectement (par leurs écrits) l’élève de Ali ibn Rabban Tabari (mort vers 870), ainsi que de Abdus ibn Zayd (mort en 900), complétant son éducation dans les lectures et l’expérimentation. Puis il a surtout continué à s’instruire en médecine à Bagdad, sous le Calife Al Moktafi (901-907), et voyagea en Syrie, en Egypte, en Espagne.

Rhazès est d’abord devenu le Médecin de la cour du Prince Abu Saleh Al-Mansur, souverain de Khorosan. De retour à Rayy, il prit quelques temps la direction de l’hôpital local avant de revenir à Bagdad prendre en charge l’hôpital central Bimaristan. Mais il fit en sorte de ne jamais être au service d’une personne tant il souhaitait profondément se consacrer à la science.

En tant que Médecin chef de l’hôpital de Bagdad, il organisa la première structure hospitalière arabe à Bagdad: il y dispensait un enseignement réputé et assurait son service entouré de ses élèves et de ses assistants. Les étudiants posaient des questions, les réponses étaient d’abord faites par les plus jeunes, puis les plus expérimentés, enfin Rhazès se chargeait de la synthèse. Des consultations externes étaient organisées ainsi que des soins à domicile, les nécessiteux bénéficiaient d’une aide médicale.

Il introduisit la méthode clinique dans l’Art Médical dans le soin qu’il prenait dans l’interrogatoire minutieux des malades, l’importance qu’il attachait à la symptomatologie, les déductions diagnostiques et thérapeutiques qui en découlaient.

Rhazes pratiquait de nombreuses spécialités médicales: la chirurgie, la gynécologie, l’obstétrique la chirurgie ophtalmologie et même la stomatologie.Razes

S’il est Persan par sa naissance et sa langue maternelle, il est arabe par la langue qu’il utilise et la culture.

Razès était aussi philosophe, il connaissait Platon et rejetait en partie les vues d’Aristote. Razès est mort en 925 à Rayy où il était né.

Contributions scientifiques de Rhazes

Les contributions d’al-Razi à la médecine sont nombreuses et variées.

Ainsi il a désigné les trois aspects de la médecine:

– la santé publique,
– la médecine préventive, et 
– le traitement des maladies spécifiques.

Il a énuméré sept principes pour assurer la préservation de la santé:

1- Modération et équilibre lorsque le corps est en mouvement et lorsqu’il est au repos.
2- Modération en mangeant et en buvant.
3- élimination des surabondances.
4- Amélioration et réglementation des habitats.
5- éviter les excès néfastes avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.
6- Entretenir une harmonie entre les ambitions et les résolutions.
7- Se forcer à acquérir de bonnes habitudes notamment concernant la pratique de l’exercice physique.

Quelques travaux et pensées de Rhazès:

– il accordait de l’intérêt à l’observation clinique relative à l’évolution de la maladie en fonction du médicament dispensé, ainsi que l’évolution du malade et le résultat du traitement.

– il fut le premier à s’intéresser à l’aspect psychosomatique dans le diagnostic des maladies, constatant, par exemple, que certaines maladies abdominales étaient suscitées, en premier lieu, par des causes psychosomatiques.

– Les diagnostics de la variole et de la rougeole sont parmi les réalisations médicales les plus importantes d’al-Razi. Sa description minutieuse et détaillée des différentes phases éruptives au cours de la variole et leur méthode de traitement est un modèle qui permet de le classer parmi les cliniciens de génie. Il décrit la différence clinique entre les deux maladies de façon si frappante que rien depuis n’y a été ajouté. C’est un chef d’œuvre de la médecine clinique (Browne 1962).

– Il insistait sur l’importance que revêtent la pratique, l’expérience et l’expérimentation dans le traitement des malades. En outre il expérimentait les nouveaux remèdes sur les animaux avant de les prescrire aux malades.

– Les occidentaux reconnaissent les innovations de Rhazes en gynécologie et obstétrique, ainsi que dans les maladies vénériennes et en chirurgie des yeux.

– Il avait abordé, par ailleurs, le problème de la paralysie faciale et cherché à en identifier les causes. Il a pu distinguer, ainsi, entre la paralysie provoquée par une cause propre au cerveau et celle d’origine locale.

– Rhazes a décrit également les ramifications des nerfs dans la cage thoracique.

– Il a décrit les différents types de fièvres, qui comprennent l’état continue, la rechute, et la fièvre agitée. Il a déclaré que la fièvre peut être le symptôme d’une maladie ou une maladie en soi.

– Il semble être le premier à décrire le ver de Médine.

– Au plan thérapeutique: il a présenté le mercure comme substance thérapeutique notamment pour la préparation de pommade pour la première fois dans l’histoire, thérapie qui fut plus tard adoptée en Europe.

– Excellent anatomiste et chirurgien réputé, il distingua, le premier, le nerf laryngé du récurrent et pratiqua plusieurs fois l’opération de la cataracte.

– Il fut le premier à utiliser le boyau de chat dont il appréciait la souplesse, la résistance et le pouvoir de résorption pour différents types de sutures. Il pratique les sutures avec un fil et 2 aiguilles, enfin les sutures sous dermiques qui ne laissent après elles aucune cicatrice.

– Rhazès serait parmi les premiers à utiliser les compresses humides et tièdes pour couvrir les intestins au cours des interventions chirurgicales sur l’abdomen.

– Il s’est rendu compte que, d’une manière générale, les hommes ne souhaitent pas tomber malade, et souhaitent récupérer aussitôt que possible lorsqu’ils le sont. Cependant, si un patient n’a pas la volonté ou le désir d’aller mieux, les mains du médecin sont liées et il ne peut lui être d’aucune aide.

– En chimie: Il pratiquait l’extraction de l’alcool par distillation des substances amylacées et glucidiques fermentées, qu’il utilisait en pharmacie pour la production des médicaments et des remèdes. Il est, en outre, le premier à avoir mentionné l’acide sulfurique, qu’il appelait «l’huile de vitriol» ou «vitriol vert». Il est aussi parmi les premiers à appliquer les connaissances chimiques à la médecine et à rattacher la guérison du malade à une réaction chimique dans son corps.

– Il a insisté sur l’importance d’une éducation scientifique continue du médecin. Il a conseillé aux médecins de consigner leurs propres observations. Il les encouragent à se rencontrer avec d’autres médecins pour discuter des problèmes médicaux. Il a recommandé aux médecins d’essayer de résoudre leurs problèmes plutôt que déléguer aux autres la découverte des solutions.

Ses observations personnelles sont d’une grande pertinence et d’une profonde sagesse :

« Quand Galien et Aristote sont d’accord sur un point, les médecins peuvent aisément prendre une décision; mais quand leurs opinions divergent, il est bien difficile de les mettre d’accord. Qui consulte plusieurs médecins commettra plusieurs erreurs! »

La thérapeutique se sépare de l’astrologie avec Rhazès pour s’appuyer sur l’expérimentation. « Si le patient peut être traité par le régime, éviter les médicaments, les associations de médicaments; et s’il peut être traité par des médicaments simples, éviter les associations de plusieurs médicaments. »

On doit également à Rhazès des écrits pertinents sur les ictères par rétention, les pyuries fébriles et la lithiase rénale. Rhazès fut l’un des premiers cliniciens qui a préconisé les bains froids dans le cas de brûlures, méthode moderne qui a l’avantage de soulager les douleurs et de réduire les fuites plasmatiques chez les brûlés,

La découverte de l’asthme allergique (Shammyeh.). Il fut aussi le premier à découvrir et à décrire dans le détail la séméiologie du rhume allergique et la relation avec l’odeur des roses dans sa « dissertation sur les causes du coryza au printemps, quand les roses sentent bon. » Il donne des conseils sur les médicaments à éviter et les prescriptions conseillées en cas d’aggravation de la toux et des signes respiratoires. 

Son œuvre écrite rassemble 184 volumes et articles sur tous les domaines, dont 61 relevant de la médecine, tous écrits en arabe, le persan ne permettant pas, à l’époque, d’exprimer les sujets scientifiques :

• Razès est connu pour avoir écrit « Kitab Al-Hawi » (Continens) une encyclopédie médicale en 22 volumes de médecine pratique et de thérapeutique qui fait le bilan des connaissances médicales du Xème siècle. Elle contient de nombreux extraits des auteurs grecs et hindous. Cette oeuvre a été possible grâce à de nombreux soutiens et à la collaboration de ses étudiants qui publièrent une œuvre posthume enrichie d’après ses notes et ses observations personnelles.

Razès, Haüy seu Continens , 1280,Paris, BNFContinens
– Volume 1, les maladies de la tête;
– Volume 2, les maladies des yeux;
– Volume 3, les maladies des oreilles, du nez et des dents;
– Volume 4, les maladies du poumon;
– Volume 5, les maladies de l’oesophage et de l’estomac;
– Volume 6, vomissement, obésité et cachexie;
– Volume 7, les maladies de la poitrine, du coeur, du foie et de la rate;
– Volume 8, les ulcères de l’estomac et de l’intestin, la dysenterie
– Volume 9, la gynécologie;
– Volume 10, les maladies des reins, de l’urètre etc;
– Volume 11,les maladies d’estomac causées par des parasites abdominaux, les hémorroïdes, les désordres vertébraux, la goutte, les varices, éléphantiasis;
– Volume 12, les différentes sortes de cancer, inflammations, abcès, et tout ce qui a rapport avec les faiblesses du corps;
– Volume 13, les maladies des os, fractures, maladies internes et ulcères, plaies des organes génitaux, etc;
– Volume 14, défécation et vomissement, etc;
– Volume 15, motbegheh les fièvres (typhoïde et entérique), et les maladies causées par les obstructions des canaux naturels etc;
– Volume 16, les fièvres trépidantes (degh) et épuisement, fièvres et refroidissements, fièvres ardentes ou fièvres infectieuses, etc;
– Volume 17, la variole, la rougeole, et plaies de la gorge;
– Volume 18, conditions critiques, crises,
– Volume 19, l’urine et rapprochements avec les piqûres de serpents et de scorpions, et poisons;
– Volumes 20 , 21 à propos des médicaments.
– Volume 22, la pharmacologie (saydaleh) et sujets rapprochant médecine et pharmacie.

L’ouvrage a été traduit en latin, en 1279, par le médecin juif «Faraj Ibn Salem», sur ordre du roi Charles I, roi de Sicile, sous le titre de Continens, équivalent grec du terme «al-Hawi», parut à Brescia et Venise (Italie) en 1486.. En Europe, les plus grands savants ont eu recours à l’ouvrage, traduit maintes fois, jusqu’en 1542, et demeuré leur source de référence dans leurs écoles et universités jusqu’au seizième siècle. Cette version latine très rare, existe notamment à Cambridge, à la bibliothèque de « King College ». Il existe une copie en arabe à la libraire El-Escurial en Espagne (écrite entre 1397 et 1414) ainsi qu’à La Librairie Nationale de Malek à Téhéran.

Si « le Continens » est considéré comme étant l’ouvrage le plus considérable de Razès, excellent clinicien, son traité des maladies éruptives resta le plus connu et le plus célèbre en Europe jusqu’au XIXème siècle.

• Rhazès a en effet écrit « Al-Judari wal Hassaba » (Traité sur la variole et la rougeole) ou -« De variolis et morbilis » ou encore « Liber de pestilentia » – , qui est le dernier traduit en 1170 par Gérard de Crémone ( publié en latin à Venise en 1565, à Londres en 1766 et enfin une version française en 1866 par Leclerc et Lenoir.
Rhazès y différencie les diverses affections vésiculo-pustuleuses, en particulier la variole de la varicelle et de la rougeole, il émet la possibilité de l’existence d’une sorte de virus se transmettant de la mère à l’enfant mais aussi entre individus. C’est la plus ancienne relation fidèle entre ces maladies pour lesquelles il n’existait pas précédemment de descriptions grecques.

• « Tibb al-Fuqaraa » (La médecine des pauvres) : il s’agit d’un dictionnaire populaire où il décrit toutes les maladies, leurs symptômes, et les méthodes de traitement par un régime alimentaire peu coûteux, plutôt que par l’acquisition de médicaments onéreux et de composés rares.

• « Kitab ‘Al-Mansouri' » (Livre d’al-Mansouri) : Dans cet ouvrage, dont le nom est associé à celui son protecteur le Prince Abu salih al-Mansur dirigeant de Rayy, Razès aborde une multitude de sujets tels que la chirurgie, et les maladies des yeux et de l’abdomen. Il fut publié pour la première fois à Milan, en 1481, et traduit en latin. Il a été adopté par les médecins des universités européennes jusqu’au dix-septième siècle.

• Rhazès a également édité un autre livre appelé « Al-Murshid » (Aphorismes) Guide du médecin nomade Dans celui-ci, il a souligné les lignes importantes de la thérapie. 

Dag Hammarskjöld, former general secretary of ...

Dag Hammarskjöld , secrétaire général des Nations Unies - Secrétaire aux Nations Unis - Maï Salaün

• « Shammyeh » (l’asthme allergique) ,

• « Al Tibb al Molloki » (Médecine Royale)

• « Al-Asrar fil Kimiyae » (Les secrets de la chimie), où il décrit la méthode adoptée par lui dans la réalisation des expériences chimiques, ainsi que la manière de préparer les matières chimiques et leur mode d’utilisation. Il y décrit également les appareils et outils employés dans ses expériences

A propos de la médecine il avait l’habitude de dire : « La vérité, en médecine, est une moyenne qu’on ne peut atteindre ; tout ce que l’on peut lire dans les livres a beaucoup moins de valeur que l’expérience d’un médecin qui pense et raisonne […]. La lecture ne fait pas le médecin, mais bien l’esprit critique et le talent d’appliquer à des cas particuliers les vérités dont il a connaissance ». (Cité dans M. Bergé, Les Arabes, p. 363)…
ou encore : 
« en médecine, l’expérience est au dessus de la science » 

Sources

– Les promoteurs de l’esprit scientifique dans la civilisation islamique par Halima El Ghrari

La PNL ou comment bien utiliser le petit traité de la manipulation et la soumission librement consentie. Maï Salaün

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En psychologie socialel’engagement désigne l’ensemble des conséquences d’un acte sur le comportement et les attitudes. La notion d’engagement est notamment associée aux travaux de Kiesler dans les années 1960 et, plus récemment à ceux de Joule et Beauvois. L’engagement peut être considéré comme une forme radicale de dissonance cognitive. Le processus d’engagement peut se poursuivre dans un engrenage (escalation of commitment) souvent mis en évidence dans le cadre des recherches sur la prise de décision dans les organisations.

Lecture de Pierre Lazuly 000531

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens

par Robert Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois

Éditions Presses Universitaires de Grenoble – PUG © 2002

La théorie de l’engagement [1]

C’est fou le nombre de choses que l’on comprend, lorsqu’on découvre la théorie de l’engagement. Les techniques de manipulation qui en découlent sont à la base du marketing, et les connaître permet d’en déjouer bien des pièges ; mais les implications de la théorie de l’engagement se cachent également derrière chacune de nos décisions.

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Que dit au juste cette théorie ? « Seuls les actes nous engagent. Nous ne sommes donc pas engagés par nos idées, ou par nos sentiments, mais par nos conduites effectives ». De fait, si nous tergiversons souvent avant de prendre une décision, pesant patiemment le pour et le contre, une fois la décision prise et transformée en une conduite effective, nous aurons toujours tendance à ne plus la remettre en cause. Et à rationaliser cet acte, à le justifier même si l’on a parfois au fond de nous le sentiment diffus de s’être trompé ou d’avoir été trompé : « l’individu rationalise ses comportements en adoptant après coup des idées susceptibles de les justifier. Nous avons montré, par exemple, qu’une personne amenée par les circonstances à tenir un discours en contradiction avec ses opinions modifiait a posteriori celles-ci dans le sens d’un meilleur accord avec sa conduite (le fait d’avoir tenu ce discours-là) », écrivent J.L. Beauvois et R.V. Joule, auteurs d’un remarquable bouquin : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens.

Le danger, c’est que ce discours en contradiction avec nos opinions, adopté après coup pour justifier nos actes, va être progressivement intériorisé : « la réorganisation de l’univers cognitif autour de la conduite dans laquelle l’individu est engagé et l’accessibilité des concepts (a fortiori des informations, savoirs, croyances, etc. en rapport avec eux), lui permettent de mieux se défendre contre d’éventuelles attaques (contre-propagandes) visant à mettre en cause la façon dont il s’est préalablement conduit. » L’individu finit ainsi par être intimement persuadé du bien-fondé de sa nouvelle opinion.

Supposons par exemple qu’un commerçant habile parvienne à vous fourguer un nouveau gadget inutile (disons, au hasard, un téléphone mobile de 3ème génération). Si vous constatez, le mois suivant, qu’il ne vous est effectivement d’aucune utilité, il y a fort à parier que vous n’irez pas pour autant avouer à vos amis et collègues que vous vous êtes une nouvelle fois fait berner. Vous aurez, au contraire, tendance à justifier votre comportement d’achat. Vous arguerez ainsi, tel un vendeur inspiré, que grâce à ce nouvel ustensile vous pouvez désormais écouter Jean-Pierre Gaillard en Dolby-Stéréo et regarder Jean-Claude Bourret sur Cyber-Cinq, une nouvelle Web-TV : « on peut à ce propos se demander si l’une des fonctions essentielles des images publicitaires, plutôt que d’appâter le client potentiel, ce que l’on proclame, ne serait pas de conforter les clients effectifs dans les comportements d’achats qu’ils ont déjà réalisés, ce qu’on ne dit pas. » Celui qui a acheté un splendide PC multimédia qui ne lui sert absolument pas vous expliquera néanmoins tout ce qu’il PEUT faire avec son magnifique achat.

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Ainsi sommes-nous faits : nous n’aimons guère avouer que nous nous sommes trompés. C’est singulièrement vrai dans le domaine professionnel : on rechigne ainsi généralement à avouer à son supérieur hiérarchique qu’on est un guignol et qu’on a choisi une solution technique complètement aberrante pour tel ou tel projet. C’est pourquoi nous préférerons toujours nous raccrocher à notre première décision et à la défendre bec et ongles, au besoin par des mensonges éhontés. On appelle « escalade d’engagement » « cette tendance que manifestent les gens à s’accrocher à une décision initiale même lorsqu’elle est clairement remise en question par les faits. » Et si le monde de l’entreprise semble souvent fonctionner en dépit du bon sens, c’est sans doute parce que nul n’osera jamais avouer ouvertement que telle ou telle directive était une véritable idiotie : « les persévérations, même les plus dysfonctionnelles, s’expliqueraient par le souci ou le besoin qu’aurait l’individu d’affirmer le caractère rationnel de sa première décision. Ainsi, continuer à investir sur une filiale qui s’avère être un canard boiteux aurait pour fonction d’attester du bien-fondé de la première décision financière. Tout se passe comme si le sujet préférait s’enfoncer plutôt que de reconnaître une erreur initiale d’analyse, de jugement ou d’appréciation. »

C’est également, selon Beauvois et Joule, ce qui fait durer certains couples qui auraient eu toutes les raisons de se séparer : « les raisons de poursuivre la cohabitation, sinon l’alliance, furent nombreuses. Il y eut d’abord les amis communs, puis vinrent l’éducation des enfants et la maison achetée à crédit, jusqu’à ce que ne demeure que la plus lourde d’entre elles : l’inaptitude à vivre autre chose. À ne pas reconnaître cette raison, ils évitent ainsi de reconnaître que les précédentes n’étaient en définitive que les éléments d’un piège abscons ou d’une dramatique escalade d’engagement. »

La caractéristique principale de ce que l’on nomme « piège abscons » est que l’individu s’y retrouve « engagé dans un processus qui se poursuivra de lui-même jusqu’à ce qu’il décide activement de l’interrompre, si toutefois il le décide ».C’est la raison pour laquelle les services inutiles sont toujours vendus sous forme d’abonnements reconductibles tacitement. Des expériences l’ont montré : « les joueurs qui perdent le plus sont ceux qui doivent dire « stop » et qui ne savent pas le dire. À l’inverse, ceux qui doivent dire « allez » pour signifier qu’ils doivent continuer, et par conséquent qui sont conduits à décider à intervalles réguliers de poursuivre ou non le jeu, sont ceux qui perdent le moins d’argent. »

Le boom de la téléphonie mobile a, par ailleurs, confirmé un autre phénomène : l’importance que revêt le sentiment de liberté dans nos comportements d’achat. Si une économie de type soviétique avait imposé à chaque « camarade » l’obligation d’acquérir, pour 100 francs par mois, un forfait Olaïev qu’il s’engageait à utiliser deux heures par mois, elle n’en aurait probablement pas vendu plus : « dans les très nombreuses expériences où les chercheurs opposent une situation de libre choix (fort sentiment de liberté) à une situation de contrainte (faible sentiment de liberté) on constate qu’il n’y a que très peu de différence – lorsqu’il y en a – pour ce qui est des comportements réalisés ».

Peut-être toi

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Pourquoi un sujet libre se comporte-t-il exactement comme un sujet contraint ? Le mystère est presque entier. Le manipulateur a beau rappeler sans cesse au consommateur qu’il est libre d’acheter ou non ses merveilleux produits, celui-ci sait très bien ce que le manipulateur attend de lui. Et, curieusement, il s’y plie. « Il faut donc admettre qu’il existe dans de telles situations des déterminants plus puissants, et ces déterminants sont à rechercher dans la relation de pouvoir qui lie [le manipulateur] et les sujets. »

Ce sentiment de liberté, notent également Beauvois et Joule, joue un rôle primordial dans les phénomènes de persévération des décisions : l’individu qui a pris sa décision sous la contrainte se sentira nettement moins engagé par son acte que celui qui l’a prise « librement ». Un phénomène qu’intègrent très bien les nouvelles formes de management : « on utilise la technique de décision pour amener les travailleurs à décider, en toute liberté, d’émettre des comportements qui de toutes façons étaient requis ». Sachant qu’ils remettront beaucoup plus difficilement en cause cette décision (qu’ils ont prise « librement ») que si elle leur avait été imposée par leur hiérarchie.

Si cette théorie et ses multiples implications vous intéressent, je ne peux que vous conseiller la lecture du « Petit traité », un bouquin passionnant, et souvent drôle. Vous y découvrirez aussi les petites manipulations quotidiennes (les techniques d’amorçage, de pied dans la porte, de porte au nez). Les comprendre, c’est aussi savoir s’en défendre.


 

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Robert Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois ont aussi écrit

La soumission librement consentie

Publié aux Presses Universitaires de France, PUF © 1998

Présentation de l’ouvrage sur ce lien :
http://www.bnains.org/livres/bouquins/joule_01.htm


[1] Texte de Pierre Lazuly, La théorie de l’engagement, Les Chroniques du Menteur © 2000.
(page consultée le 31 mai 2000 : http://www.menteur.com/chronik/000531.html)

« Comment amène-ton autrui à faire ce qu’on voudrait le voir faire? La solution se trouve dans cette introduction aux techniques de la manipulation… » Le Monde.

« Voici un petit ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains. Deux psycho-sociologues de talent y démontrent comment, dans la vie de tous les jours, nous sommes manipulés par les commerciaux ou la publicité. Idéal pour ne plus tomber dans le panneau… Mais aussi pour obtenir des autres ce que vous souhaitez… » Entreprise et carrières.

« Cinquante ans de recherches scientifiques, basées sur l’administration de la preuve, permettent aujourd’hui à qui veut influencer autrui de mettre un maximum de chances de son côté et à qui en a assez de se faire « manipuler » de mieux comprendre les ressorts psychologiques au moyen desquels il se fait piéger… » Réponse à Tout.

« À la lecture de ces techniques, vous découvrirez sans doute que vous faites déjà de la manipulation sans le savoir et pourrez ainsi améliorer et élargir vos expériences… Et le plus fort, c’est que ça marche aussi en amour. Essayez, vous verrez… » L’Écho des Savanes.

« Comprendre comment fonctionne un piège abscons, c’est déjà commencer à y échapper. »Actuel. 

Reception of Le Grand Condé at Versailles by J...

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« Finalement, le titre est on ne peut plus exact. La manipulation est observée sous tous ses angles scientifiques, puis disséquée dans toutes ses utilisations pratiques… Tonique en tout cas. »Challenges.

« Un livre étonnant, utile, indispensable. Que se passera-t-il quand tous ces personnages familiers qui le traversent, chefs et subordonnés, parents et enfants, agences matrimoniales et âmes seules, psychanalystes et inquiets, marchands de n’importe quoi, et vous, et moi, connaîtront sur le bout des doigts cette « technologie comportementale » qu’il faudrait d’urgence inscrire au programme des écoles primaires, peut-être même avant le code de la route… » Annales des mines.

Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois sont chercheurs en psychologie sociale et professeurs des Universités, le premier à Aix-en-Provence, le second à Nice. Ils publient régulièrement les résultats de leurs travaux dans des revues nationales et internationales. Outre ce Petit traité, ils ont rédigé ensemble :Soumission et idéologies (1981), La soumission librement consentie (1998) aux Presses Universitaires de France et A radical dissonance theory (1996) chez Taylor et Francis. Leurs productions scientifiques ainsi que leurs responsabilités éditoriales les placent parmi les personnalités les plus actives de la psychologie sociale francophone.


Dans tous les cas, c’est la situation qui détermine le comportement et non pas les attitudes ou la personnalité des participants à l’expérience. Ces derniers peuvent cependant rationaliser ou justifier ce comportement en l’attribuant à leurs opinions ou à leur volonté. La notion d’engagement peut donc former une explication du changement d’attitude qui prend le contrepied des approches de persuasion puisque les attitudes deviennent une conséquence du comportement et non l’inverse.

La théorie de l’engagement est à la base des techniques de soumission librement consentie. Plusieurs procédures peuvent être analysées dans ce cadre :

  • le pied-dans-la-porte consiste à obtenir un comportement peu coûteux avant de demander à une personne de faire quelque chose qu’elle aurait probablement refusé si on le lui avait demandé directement.
  • l’amorçage consiste à obtenir l’assentiment d’une personne avant de l’informer complètement sur les coûts et bénéfices de l’acte qu’elle a consenti de réaliser.
  • le leurre est une variante de l’amorçage dans lequel une personne s’engage à réaliser une action avant d’être informée que celle-ci n’est plus possible mais qu’une alternative (plus coûteuse ou moins bénéfique) est disponible.
  • La porte-au-nez consiste à faire deux requêtes successives, la première étant exorbitante, démesurée, et la deuxième présentant un cout nettement moins élevé.
  • La procédure du pied-dans-la-bouche consiste à s’enquérir du bien-être de son interlocuteur afin de le mettre dans de meilleures dispositions avant de lui demander ce qu’on désire vraiment.

Les procédures de soumission librement consentie (Joule et Beauvois, 1998)
La découverte de l’effet de gel


• Effet de gel
– dû à la tendance de l’individu à adhérer à sa décision
– dû à son engagement vis-à-vis de groupe
• L’effet de gel conduit la personne à persévérer dans le cours de l’action


• L’effet de gel est imputable à la décision et non pas
aux raisons ayant pu motiver la décisionLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998)


• Les acteurs adhèrent plus au choix qu’ils ont fait qu’aux raisons ayant présidé à ce choix


• Même si le monde change, l’effet de gel conduira les acteurs à préserver dans leur décisions


• Escalade d’engagement consiste en une extrême difficulté de revenir sur une décision
– Guerre en AfghanistanLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998) 

Amorçage


• On fait prendre à quelqu’un une décision sur base d’une
mauvaise information
– On cache le coût réel de la décision
– On met en avant des avantages fictifs


• Une fois la décision prise, la vérité est divulguée


• Le phénomène d’amorçage se traduit par une préservation de la
décision initialeLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998)


Pied dans la porte


• Obtenir préalablement une action peu coûteuse permet d’obtenir dans
un second temps une action plus coûteuse
– Demander de participer à une petite enquête permet par la suite d’obtenir
plus facilement un interview


• Les demandes peuvent porter
– sur des interdits (ne pas fumer,…)
– sur des obligations à réaliser un acte (répondre à un ensemble de questions)


• Un acte préparatoire va prédisposer l’acteur à la réalisation d’un acte.Les procédures de soumission librement consentie (Joule et Beauvois, 1998)

L'impossible:Cette toile peut être regarder da...

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• Ces procédures permettent d’amener les acteurs à réaliser
librement des actes qu’ils n’auraient pas réaliser spontanément.


• Ces techniques ont des limites


• Elles ne conduisent pas à de véritables changements si les attitudes que leurs sont associées ne se modifient pas


• La théorie de l’engagement apporte des éclaircissements supplémentairesThéorie de l’engagement


• Opposition entre engagement interne et engagement externe


• Engagement interne :
– Ce sont les personnes qui s’engagent en fonction de leurs attitudes, motivations, désirs


• Engagement externe
– C’est la situation qui engage ou n’engage pas la personne dans ses actesThéorie de l’engagement


• L’engagement est le lien qui unit l’individu à ses actes comportementaux (Kiesler, 1971)


• Engagement correspond dans une situation donnée aux conditions dans lesquelles la réalisation d’un acte ne peut être imputable qu’à celui qui l’a réalisé (Joule et Beauvois, 1998)


• Engagement correspond aux conditions de réalisation d’un acte qui dans une situation donnée
permettent à un attributeur d’opposer cet acte à l’individu qui l’a réalisé (Joule et Beauvois, 1998)Théorie de l’engagement


• Les attitudes, les sentiments ne sont pas directement observables


• Les actes sont des comportements observables


• Au départ du processus d’engagement : acte réalisé dans des conditions particulières :
– Libre choix
– Caractère public
– IrrévocabilitéThéorie de l’engagement

Originalbeschreibung: Généalogie simplifiée de...

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Acte


Instance, attributive, Stop Ajustement, Conséquences, comportementales, Attributions causales, Consolidation des attitudes

Comment produire l’engagement

Taille de l’acte


• Visibilité de l’acte
– Caractère public versus caractère anonyme
– Caractère explicite par opposition au caractère ambigu
– Irrévocabilité de l’acte
– Répétition de l’acte


• Importance de l’acte
– Conséquence de l’acte
– Coût de l’acteComment produire l’engagement


Raisons de l’acte


• Raisons d’ordre externes désengagent
– Les raisons d’ordre externes regroupent les punitions, les récompenses et les raisons purement fonctionnelles


• Raisons d’ordre internes engagent


• Contexte de liberté
– Ce n’est pas pour autant que les personnes sont libresEffets de l’engagement


• Actes non problématiques


• Actes problématiques qui vont à l’encontre de nos attitudes
– Prescription d’obligations
– Prescription d’interdits


• Ces actes vont dans certaines circonstances affecter nos attitudes.Les effets de l’engagement dans un acte non problématique


• Actes non problématiques peu engageants


• Changement de comportement et d’opinions


• Expérience de Kiesler (1971)
– Signature d’une pétition
– Contre-propagande
– Evaluation des opinions et des intentions de comportements selon que les acteurs aient signés ou non la pétition


Mise en évidence de l’effet boomerang auprès des personnes ayant signées la pétition


Les personnes n’ayant pas signées la pétition sont plus influençablesLes effets de l’engagement dans un acte non problématique 

Nice - Quartier de la Vieille Ville - Photos g...

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Réalisation d’un acte non problématique
Etudiants non rémunérés
Etudiants rémunérés
Plus favorables à cogestion
Moins favorables à cogestion
Contrepropagande
Contrepropagande
Ecriture texte favorisant cogestion
Ecriture texte favorisant cogestion
Agression idéologique
Mesure des attitudes

Les effets de l’engagement dans un acte problématique :
Obligation de réalisation
Acte engageant
Changement d’attitudes
Consolidation des attitudes
Acte non engageant
Evaluations de l’acte
Rationalisation

Les effets de l’engagement dans un acte problématique :
Sujets contraints
Sujets déclarés libres
Sujets peu rémunérés
Sujets fortement rémunérés
Changement d’attitudes

Les effets de l’engagement dans un
acte problématique
• Effet de dissonance chez les personnes déclarées
libres
• Processus de rationalisation
– Processus par lequel une personne ajuste a posteriori ses
attitudes à l’acte qu’un agent de pouvoir a su obtenir d’elle.
• Les gens contraints modifient d’autant plus leur
attitude qu’ils sont récompensés.


• Effet de renforcementIdentification de l’action et engagement


• Les personnes sont engagées dans des catégories d’actes identifiés


• Acte représentatif d’une catégorie d’actes


• Comment catégorise t-on l’acte engageant ?
– Distribuer des tracts contre la pollution atmosphérique

Acte militant ou acte serviable ?

Identification de l’action et engagement 

A Very Long Engagement

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• Cette identification détermine la nature des conséquences de l’engagement


• On peut identifier une action donnée à des niveaux hiérarchiques différents


• Plus le niveau d’identification est élevé, plus la catégorisation comportementale suscite de l’incertitude :
– Vous cassez un œuf
– Que répondez-vous à la question que faites-vous ?

Economiser l’énergie 

Comment procéder pour réduire la consommation d’électricité en se basant sur la théorie de l’engagement ?


Première phase : Le pied dans la porte


1. Répondre à un questionnaire sur les économies d’énergie
Acte préparatoire, peu coûteux
Permet de connaître les attitudes


2. Participation à un entretien


3. Demande de participation à une réunion

Economiser l’énergie


Deuxième phase : L’amorçage


Groupes de discussion


Engagement collectif : adoption de comportements susceptibles de réduire la consommation d’énergie durant une semaine

Troisième phase : l’engrenage
Groupes de discussion

Engagement collectif à faire perdurer ces comportementsLa théorie de la dissonance cognitive

L’équilibre


• Chercher à satisfaire le besoin de cohérence cognitive constitue un moyen par lequel le changement d’attitudes peut se traduire


• Chaque individu cherche à maximiser la cohérence de son univers cognitif


• Une unité est dans un état équilibré quand ses éléments constitutifs et les sentiments qu’ils induisent vont bien ensemble.


• « Psycho-logique »
Unité en état d’équilibre pas de changement
Unité en état de déséquilibre changementLa théorie de la dissonance cognitive


• Le besoin de consonance cognitive n’est pas satisfait si nous considérons que nos cognitions qui ont un lien entre elles s’excluent mutuellement.

• Les cognitions sont les connaissances, les opinions ou les croyances que quelqu’un peut avoir sur lui-même ou sur les autres

Constat d’une incohérence Dissonance cognitive

Painting of an engagement between the german b...

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La théorie de la dissonance cognitive :
• Avoir des cognitions entre lesquelles existe une dissonance est psychologiquement désagréable


• La personne en état de dissonance cognitive tente :
– de le supprimer ou de le réduire afin de retrouver l’état de consonance;
– d’éviter les situations ou les informations qui risqueraient d’instaurer ou de renforcer
cet état psychologique désagréableLa théorie de la dissonance cognitive


• Plus forte est la tension provoquée par l’état de dissonance, plus forte est la tendance à le supprimer ou à le réduire

 

• La force de la tension provoquée par la dissonance entre les cognitions dépend :

– de l’importance de ces cognitions pour l’individu;
– du rapport entre le nombre et l’importance des cognitions consonantes et le nombre de
cognitions dissonantesLa théorie de la dissonance cognitive

 

• La tension provoquée par la dissonance peut être réduite ou supprimée par :

– L’acquisition de cognitions supplémentaires, permettant de banaliser la cognition dissonante
– Le changement d’une des cognition

• Les cognitions entre lesquelles existe la dissonance peuvent résister au changementLa théorie de la dissonance cognitive
Tentative de résoudre l’inconsistance Le déni
– Réaction d’incrédulité vis à vis de l’information inconsistante

An engagement ring.

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• L’étayage

– Ajout d’éléments récupérés en mémoire avec la structure attitudinale préexistante


• Différenciation cognitive
– Consiste à donner une nouvelle forme à l’information inconsistante jusqu’à la rendre consistante avec la structure
attitudinale préexistante

Philo5…
… à quelle source choisissez-vous d’alimenter votre esprit?
    • (en) C.A. Kiesler, The Psychology of Commitment, Academic Press, New York, 1971
    • Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Presses universitaires de France, 1987
    • Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, La Soumission librement consentie, Presses universitaires de France, 1998
  • Rules of Engagement (film)

    Image via Wikipedia

     

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