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La PNL ou comment bien utiliser le petit traité de la manipulation et la soumission librement consentie. Maï Salaün

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En psychologie socialel’engagement désigne l’ensemble des conséquences d’un acte sur le comportement et les attitudes. La notion d’engagement est notamment associée aux travaux de Kiesler dans les années 1960 et, plus récemment à ceux de Joule et Beauvois. L’engagement peut être considéré comme une forme radicale de dissonance cognitive. Le processus d’engagement peut se poursuivre dans un engrenage (escalation of commitment) souvent mis en évidence dans le cadre des recherches sur la prise de décision dans les organisations.

Lecture de Pierre Lazuly 000531

Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens

par Robert Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois

Éditions Presses Universitaires de Grenoble – PUG © 2002

La théorie de l’engagement [1]

C’est fou le nombre de choses que l’on comprend, lorsqu’on découvre la théorie de l’engagement. Les techniques de manipulation qui en découlent sont à la base du marketing, et les connaître permet d’en déjouer bien des pièges ; mais les implications de la théorie de l’engagement se cachent également derrière chacune de nos décisions.

Jean-Léon Gérôme 006

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Que dit au juste cette théorie ? « Seuls les actes nous engagent. Nous ne sommes donc pas engagés par nos idées, ou par nos sentiments, mais par nos conduites effectives ». De fait, si nous tergiversons souvent avant de prendre une décision, pesant patiemment le pour et le contre, une fois la décision prise et transformée en une conduite effective, nous aurons toujours tendance à ne plus la remettre en cause. Et à rationaliser cet acte, à le justifier même si l’on a parfois au fond de nous le sentiment diffus de s’être trompé ou d’avoir été trompé : « l’individu rationalise ses comportements en adoptant après coup des idées susceptibles de les justifier. Nous avons montré, par exemple, qu’une personne amenée par les circonstances à tenir un discours en contradiction avec ses opinions modifiait a posteriori celles-ci dans le sens d’un meilleur accord avec sa conduite (le fait d’avoir tenu ce discours-là) », écrivent J.L. Beauvois et R.V. Joule, auteurs d’un remarquable bouquin : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens.

Le danger, c’est que ce discours en contradiction avec nos opinions, adopté après coup pour justifier nos actes, va être progressivement intériorisé : « la réorganisation de l’univers cognitif autour de la conduite dans laquelle l’individu est engagé et l’accessibilité des concepts (a fortiori des informations, savoirs, croyances, etc. en rapport avec eux), lui permettent de mieux se défendre contre d’éventuelles attaques (contre-propagandes) visant à mettre en cause la façon dont il s’est préalablement conduit. » L’individu finit ainsi par être intimement persuadé du bien-fondé de sa nouvelle opinion.

Supposons par exemple qu’un commerçant habile parvienne à vous fourguer un nouveau gadget inutile (disons, au hasard, un téléphone mobile de 3ème génération). Si vous constatez, le mois suivant, qu’il ne vous est effectivement d’aucune utilité, il y a fort à parier que vous n’irez pas pour autant avouer à vos amis et collègues que vous vous êtes une nouvelle fois fait berner. Vous aurez, au contraire, tendance à justifier votre comportement d’achat. Vous arguerez ainsi, tel un vendeur inspiré, que grâce à ce nouvel ustensile vous pouvez désormais écouter Jean-Pierre Gaillard en Dolby-Stéréo et regarder Jean-Claude Bourret sur Cyber-Cinq, une nouvelle Web-TV : « on peut à ce propos se demander si l’une des fonctions essentielles des images publicitaires, plutôt que d’appâter le client potentiel, ce que l’on proclame, ne serait pas de conforter les clients effectifs dans les comportements d’achats qu’ils ont déjà réalisés, ce qu’on ne dit pas. » Celui qui a acheté un splendide PC multimédia qui ne lui sert absolument pas vous expliquera néanmoins tout ce qu’il PEUT faire avec son magnifique achat.

Jean-Léon Gérôme 005 Guard

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Ainsi sommes-nous faits : nous n’aimons guère avouer que nous nous sommes trompés. C’est singulièrement vrai dans le domaine professionnel : on rechigne ainsi généralement à avouer à son supérieur hiérarchique qu’on est un guignol et qu’on a choisi une solution technique complètement aberrante pour tel ou tel projet. C’est pourquoi nous préférerons toujours nous raccrocher à notre première décision et à la défendre bec et ongles, au besoin par des mensonges éhontés. On appelle « escalade d’engagement » « cette tendance que manifestent les gens à s’accrocher à une décision initiale même lorsqu’elle est clairement remise en question par les faits. » Et si le monde de l’entreprise semble souvent fonctionner en dépit du bon sens, c’est sans doute parce que nul n’osera jamais avouer ouvertement que telle ou telle directive était une véritable idiotie : « les persévérations, même les plus dysfonctionnelles, s’expliqueraient par le souci ou le besoin qu’aurait l’individu d’affirmer le caractère rationnel de sa première décision. Ainsi, continuer à investir sur une filiale qui s’avère être un canard boiteux aurait pour fonction d’attester du bien-fondé de la première décision financière. Tout se passe comme si le sujet préférait s’enfoncer plutôt que de reconnaître une erreur initiale d’analyse, de jugement ou d’appréciation. »

C’est également, selon Beauvois et Joule, ce qui fait durer certains couples qui auraient eu toutes les raisons de se séparer : « les raisons de poursuivre la cohabitation, sinon l’alliance, furent nombreuses. Il y eut d’abord les amis communs, puis vinrent l’éducation des enfants et la maison achetée à crédit, jusqu’à ce que ne demeure que la plus lourde d’entre elles : l’inaptitude à vivre autre chose. À ne pas reconnaître cette raison, ils évitent ainsi de reconnaître que les précédentes n’étaient en définitive que les éléments d’un piège abscons ou d’une dramatique escalade d’engagement. »

La caractéristique principale de ce que l’on nomme « piège abscons » est que l’individu s’y retrouve « engagé dans un processus qui se poursuivra de lui-même jusqu’à ce qu’il décide activement de l’interrompre, si toutefois il le décide ».C’est la raison pour laquelle les services inutiles sont toujours vendus sous forme d’abonnements reconductibles tacitement. Des expériences l’ont montré : « les joueurs qui perdent le plus sont ceux qui doivent dire « stop » et qui ne savent pas le dire. À l’inverse, ceux qui doivent dire « allez » pour signifier qu’ils doivent continuer, et par conséquent qui sont conduits à décider à intervalles réguliers de poursuivre ou non le jeu, sont ceux qui perdent le moins d’argent. »

Le boom de la téléphonie mobile a, par ailleurs, confirmé un autre phénomène : l’importance que revêt le sentiment de liberté dans nos comportements d’achat. Si une économie de type soviétique avait imposé à chaque « camarade » l’obligation d’acquérir, pour 100 francs par mois, un forfait Olaïev qu’il s’engageait à utiliser deux heures par mois, elle n’en aurait probablement pas vendu plus : « dans les très nombreuses expériences où les chercheurs opposent une situation de libre choix (fort sentiment de liberté) à une situation de contrainte (faible sentiment de liberté) on constate qu’il n’y a que très peu de différence – lorsqu’il y en a – pour ce qui est des comportements réalisés ».

Peut-être toi

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Pourquoi un sujet libre se comporte-t-il exactement comme un sujet contraint ? Le mystère est presque entier. Le manipulateur a beau rappeler sans cesse au consommateur qu’il est libre d’acheter ou non ses merveilleux produits, celui-ci sait très bien ce que le manipulateur attend de lui. Et, curieusement, il s’y plie. « Il faut donc admettre qu’il existe dans de telles situations des déterminants plus puissants, et ces déterminants sont à rechercher dans la relation de pouvoir qui lie [le manipulateur] et les sujets. »

Ce sentiment de liberté, notent également Beauvois et Joule, joue un rôle primordial dans les phénomènes de persévération des décisions : l’individu qui a pris sa décision sous la contrainte se sentira nettement moins engagé par son acte que celui qui l’a prise « librement ». Un phénomène qu’intègrent très bien les nouvelles formes de management : « on utilise la technique de décision pour amener les travailleurs à décider, en toute liberté, d’émettre des comportements qui de toutes façons étaient requis ». Sachant qu’ils remettront beaucoup plus difficilement en cause cette décision (qu’ils ont prise « librement ») que si elle leur avait été imposée par leur hiérarchie.

Si cette théorie et ses multiples implications vous intéressent, je ne peux que vous conseiller la lecture du « Petit traité », un bouquin passionnant, et souvent drôle. Vous y découvrirez aussi les petites manipulations quotidiennes (les techniques d’amorçage, de pied dans la porte, de porte au nez). Les comprendre, c’est aussi savoir s’en défendre.


 

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Robert Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois ont aussi écrit

La soumission librement consentie

Publié aux Presses Universitaires de France, PUF © 1998

Présentation de l’ouvrage sur ce lien :
http://www.bnains.org/livres/bouquins/joule_01.htm


[1] Texte de Pierre Lazuly, La théorie de l’engagement, Les Chroniques du Menteur © 2000.
(page consultée le 31 mai 2000 : http://www.menteur.com/chronik/000531.html)

« Comment amène-ton autrui à faire ce qu’on voudrait le voir faire? La solution se trouve dans cette introduction aux techniques de la manipulation… » Le Monde.

« Voici un petit ouvrage à ne pas mettre entre toutes les mains. Deux psycho-sociologues de talent y démontrent comment, dans la vie de tous les jours, nous sommes manipulés par les commerciaux ou la publicité. Idéal pour ne plus tomber dans le panneau… Mais aussi pour obtenir des autres ce que vous souhaitez… » Entreprise et carrières.

« Cinquante ans de recherches scientifiques, basées sur l’administration de la preuve, permettent aujourd’hui à qui veut influencer autrui de mettre un maximum de chances de son côté et à qui en a assez de se faire « manipuler » de mieux comprendre les ressorts psychologiques au moyen desquels il se fait piéger… » Réponse à Tout.

« À la lecture de ces techniques, vous découvrirez sans doute que vous faites déjà de la manipulation sans le savoir et pourrez ainsi améliorer et élargir vos expériences… Et le plus fort, c’est que ça marche aussi en amour. Essayez, vous verrez… » L’Écho des Savanes.

« Comprendre comment fonctionne un piège abscons, c’est déjà commencer à y échapper. »Actuel. 

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« Finalement, le titre est on ne peut plus exact. La manipulation est observée sous tous ses angles scientifiques, puis disséquée dans toutes ses utilisations pratiques… Tonique en tout cas. »Challenges.

« Un livre étonnant, utile, indispensable. Que se passera-t-il quand tous ces personnages familiers qui le traversent, chefs et subordonnés, parents et enfants, agences matrimoniales et âmes seules, psychanalystes et inquiets, marchands de n’importe quoi, et vous, et moi, connaîtront sur le bout des doigts cette « technologie comportementale » qu’il faudrait d’urgence inscrire au programme des écoles primaires, peut-être même avant le code de la route… » Annales des mines.

Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois sont chercheurs en psychologie sociale et professeurs des Universités, le premier à Aix-en-Provence, le second à Nice. Ils publient régulièrement les résultats de leurs travaux dans des revues nationales et internationales. Outre ce Petit traité, ils ont rédigé ensemble :Soumission et idéologies (1981), La soumission librement consentie (1998) aux Presses Universitaires de France et A radical dissonance theory (1996) chez Taylor et Francis. Leurs productions scientifiques ainsi que leurs responsabilités éditoriales les placent parmi les personnalités les plus actives de la psychologie sociale francophone.


Dans tous les cas, c’est la situation qui détermine le comportement et non pas les attitudes ou la personnalité des participants à l’expérience. Ces derniers peuvent cependant rationaliser ou justifier ce comportement en l’attribuant à leurs opinions ou à leur volonté. La notion d’engagement peut donc former une explication du changement d’attitude qui prend le contrepied des approches de persuasion puisque les attitudes deviennent une conséquence du comportement et non l’inverse.

La théorie de l’engagement est à la base des techniques de soumission librement consentie. Plusieurs procédures peuvent être analysées dans ce cadre :

  • le pied-dans-la-porte consiste à obtenir un comportement peu coûteux avant de demander à une personne de faire quelque chose qu’elle aurait probablement refusé si on le lui avait demandé directement.
  • l’amorçage consiste à obtenir l’assentiment d’une personne avant de l’informer complètement sur les coûts et bénéfices de l’acte qu’elle a consenti de réaliser.
  • le leurre est une variante de l’amorçage dans lequel une personne s’engage à réaliser une action avant d’être informée que celle-ci n’est plus possible mais qu’une alternative (plus coûteuse ou moins bénéfique) est disponible.
  • La porte-au-nez consiste à faire deux requêtes successives, la première étant exorbitante, démesurée, et la deuxième présentant un cout nettement moins élevé.
  • La procédure du pied-dans-la-bouche consiste à s’enquérir du bien-être de son interlocuteur afin de le mettre dans de meilleures dispositions avant de lui demander ce qu’on désire vraiment.

Les procédures de soumission librement consentie (Joule et Beauvois, 1998)
La découverte de l’effet de gel


• Effet de gel
– dû à la tendance de l’individu à adhérer à sa décision
– dû à son engagement vis-à-vis de groupe
• L’effet de gel conduit la personne à persévérer dans le cours de l’action


• L’effet de gel est imputable à la décision et non pas
aux raisons ayant pu motiver la décisionLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998)


• Les acteurs adhèrent plus au choix qu’ils ont fait qu’aux raisons ayant présidé à ce choix


• Même si le monde change, l’effet de gel conduira les acteurs à préserver dans leur décisions


• Escalade d’engagement consiste en une extrême difficulté de revenir sur une décision
– Guerre en AfghanistanLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998) 

Amorçage


• On fait prendre à quelqu’un une décision sur base d’une
mauvaise information
– On cache le coût réel de la décision
– On met en avant des avantages fictifs


• Une fois la décision prise, la vérité est divulguée


• Le phénomène d’amorçage se traduit par une préservation de la
décision initialeLes procédures de soumission librement
consentie (Joule et Beauvois, 1998)


Pied dans la porte


• Obtenir préalablement une action peu coûteuse permet d’obtenir dans
un second temps une action plus coûteuse
– Demander de participer à une petite enquête permet par la suite d’obtenir
plus facilement un interview


• Les demandes peuvent porter
– sur des interdits (ne pas fumer,…)
– sur des obligations à réaliser un acte (répondre à un ensemble de questions)


• Un acte préparatoire va prédisposer l’acteur à la réalisation d’un acte.Les procédures de soumission librement consentie (Joule et Beauvois, 1998)

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• Ces procédures permettent d’amener les acteurs à réaliser
librement des actes qu’ils n’auraient pas réaliser spontanément.


• Ces techniques ont des limites


• Elles ne conduisent pas à de véritables changements si les attitudes que leurs sont associées ne se modifient pas


• La théorie de l’engagement apporte des éclaircissements supplémentairesThéorie de l’engagement


• Opposition entre engagement interne et engagement externe


• Engagement interne :
– Ce sont les personnes qui s’engagent en fonction de leurs attitudes, motivations, désirs


• Engagement externe
– C’est la situation qui engage ou n’engage pas la personne dans ses actesThéorie de l’engagement


• L’engagement est le lien qui unit l’individu à ses actes comportementaux (Kiesler, 1971)


• Engagement correspond dans une situation donnée aux conditions dans lesquelles la réalisation d’un acte ne peut être imputable qu’à celui qui l’a réalisé (Joule et Beauvois, 1998)


• Engagement correspond aux conditions de réalisation d’un acte qui dans une situation donnée
permettent à un attributeur d’opposer cet acte à l’individu qui l’a réalisé (Joule et Beauvois, 1998)Théorie de l’engagement


• Les attitudes, les sentiments ne sont pas directement observables


• Les actes sont des comportements observables


• Au départ du processus d’engagement : acte réalisé dans des conditions particulières :
– Libre choix
– Caractère public
– IrrévocabilitéThéorie de l’engagement

Originalbeschreibung: Généalogie simplifiée de...

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Acte


Instance, attributive, Stop Ajustement, Conséquences, comportementales, Attributions causales, Consolidation des attitudes

Comment produire l’engagement

Taille de l’acte


• Visibilité de l’acte
– Caractère public versus caractère anonyme
– Caractère explicite par opposition au caractère ambigu
– Irrévocabilité de l’acte
– Répétition de l’acte


• Importance de l’acte
– Conséquence de l’acte
– Coût de l’acteComment produire l’engagement


Raisons de l’acte


• Raisons d’ordre externes désengagent
– Les raisons d’ordre externes regroupent les punitions, les récompenses et les raisons purement fonctionnelles


• Raisons d’ordre internes engagent


• Contexte de liberté
– Ce n’est pas pour autant que les personnes sont libresEffets de l’engagement


• Actes non problématiques


• Actes problématiques qui vont à l’encontre de nos attitudes
– Prescription d’obligations
– Prescription d’interdits


• Ces actes vont dans certaines circonstances affecter nos attitudes.Les effets de l’engagement dans un acte non problématique


• Actes non problématiques peu engageants


• Changement de comportement et d’opinions


• Expérience de Kiesler (1971)
– Signature d’une pétition
– Contre-propagande
– Evaluation des opinions et des intentions de comportements selon que les acteurs aient signés ou non la pétition


Mise en évidence de l’effet boomerang auprès des personnes ayant signées la pétition


Les personnes n’ayant pas signées la pétition sont plus influençablesLes effets de l’engagement dans un acte non problématique 

Nice - Quartier de la Vieille Ville - Photos g...

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Réalisation d’un acte non problématique
Etudiants non rémunérés
Etudiants rémunérés
Plus favorables à cogestion
Moins favorables à cogestion
Contrepropagande
Contrepropagande
Ecriture texte favorisant cogestion
Ecriture texte favorisant cogestion
Agression idéologique
Mesure des attitudes

Les effets de l’engagement dans un acte problématique :
Obligation de réalisation
Acte engageant
Changement d’attitudes
Consolidation des attitudes
Acte non engageant
Evaluations de l’acte
Rationalisation

Les effets de l’engagement dans un acte problématique :
Sujets contraints
Sujets déclarés libres
Sujets peu rémunérés
Sujets fortement rémunérés
Changement d’attitudes

Les effets de l’engagement dans un
acte problématique
• Effet de dissonance chez les personnes déclarées
libres
• Processus de rationalisation
– Processus par lequel une personne ajuste a posteriori ses
attitudes à l’acte qu’un agent de pouvoir a su obtenir d’elle.
• Les gens contraints modifient d’autant plus leur
attitude qu’ils sont récompensés.


• Effet de renforcementIdentification de l’action et engagement


• Les personnes sont engagées dans des catégories d’actes identifiés


• Acte représentatif d’une catégorie d’actes


• Comment catégorise t-on l’acte engageant ?
– Distribuer des tracts contre la pollution atmosphérique

Acte militant ou acte serviable ?

Identification de l’action et engagement 

A Very Long Engagement

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• Cette identification détermine la nature des conséquences de l’engagement


• On peut identifier une action donnée à des niveaux hiérarchiques différents


• Plus le niveau d’identification est élevé, plus la catégorisation comportementale suscite de l’incertitude :
– Vous cassez un œuf
– Que répondez-vous à la question que faites-vous ?

Economiser l’énergie 

Comment procéder pour réduire la consommation d’électricité en se basant sur la théorie de l’engagement ?


Première phase : Le pied dans la porte


1. Répondre à un questionnaire sur les économies d’énergie
Acte préparatoire, peu coûteux
Permet de connaître les attitudes


2. Participation à un entretien


3. Demande de participation à une réunion

Economiser l’énergie


Deuxième phase : L’amorçage


Groupes de discussion


Engagement collectif : adoption de comportements susceptibles de réduire la consommation d’énergie durant une semaine

Troisième phase : l’engrenage
Groupes de discussion

Engagement collectif à faire perdurer ces comportementsLa théorie de la dissonance cognitive

L’équilibre


• Chercher à satisfaire le besoin de cohérence cognitive constitue un moyen par lequel le changement d’attitudes peut se traduire


• Chaque individu cherche à maximiser la cohérence de son univers cognitif


• Une unité est dans un état équilibré quand ses éléments constitutifs et les sentiments qu’ils induisent vont bien ensemble.


• « Psycho-logique »
Unité en état d’équilibre pas de changement
Unité en état de déséquilibre changementLa théorie de la dissonance cognitive


• Le besoin de consonance cognitive n’est pas satisfait si nous considérons que nos cognitions qui ont un lien entre elles s’excluent mutuellement.

• Les cognitions sont les connaissances, les opinions ou les croyances que quelqu’un peut avoir sur lui-même ou sur les autres

Constat d’une incohérence Dissonance cognitive

Painting of an engagement between the german b...

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La théorie de la dissonance cognitive :
• Avoir des cognitions entre lesquelles existe une dissonance est psychologiquement désagréable


• La personne en état de dissonance cognitive tente :
– de le supprimer ou de le réduire afin de retrouver l’état de consonance;
– d’éviter les situations ou les informations qui risqueraient d’instaurer ou de renforcer
cet état psychologique désagréableLa théorie de la dissonance cognitive


• Plus forte est la tension provoquée par l’état de dissonance, plus forte est la tendance à le supprimer ou à le réduire

 

• La force de la tension provoquée par la dissonance entre les cognitions dépend :

– de l’importance de ces cognitions pour l’individu;
– du rapport entre le nombre et l’importance des cognitions consonantes et le nombre de
cognitions dissonantesLa théorie de la dissonance cognitive

 

• La tension provoquée par la dissonance peut être réduite ou supprimée par :

– L’acquisition de cognitions supplémentaires, permettant de banaliser la cognition dissonante
– Le changement d’une des cognition

• Les cognitions entre lesquelles existe la dissonance peuvent résister au changementLa théorie de la dissonance cognitive
Tentative de résoudre l’inconsistance Le déni
– Réaction d’incrédulité vis à vis de l’information inconsistante

An engagement ring.

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• L’étayage

– Ajout d’éléments récupérés en mémoire avec la structure attitudinale préexistante


• Différenciation cognitive
– Consiste à donner une nouvelle forme à l’information inconsistante jusqu’à la rendre consistante avec la structure
attitudinale préexistante

Philo5…
… à quelle source choisissez-vous d’alimenter votre esprit?
    • (en) C.A. Kiesler, The Psychology of Commitment, Academic Press, New York, 1971
    • Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Presses universitaires de France, 1987
    • Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, La Soumission librement consentie, Presses universitaires de France, 1998
  • Rules of Engagement (film)

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Qui est Georges Papandréou ? Va-t-il quitté ses fonctions ? Aurait-il peur du peuple grecque ou tourne-t-il son regard vers l’Est ? La Grèce est une démocratie et son peuple gronde… La Chine serait-elle sa terre promise ? Maï Salaün

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Avec l’annonce du référendum – il y a un risque que le 6ème versement pour renflouer la Grèce.

Le pétrole est en très nette baisse, l’économie US aussi.

Cela va redonner un rôle majeur à la banque générale européenne – sacré baptême du feu ce mardi pour Mario Draghi qui accéde à la présidence de la Banque centrale européenne ! Le nouvel homme fort de la zone euro et du futur G20 de demain aura pour mission de réduire cette fracture. Son discours de jeudi 3 novembre 2011 sera très attendu.

Dans 15 mn, Réunion d’urgence à l’Elysée sur la décision du référendum grec.

Pour la CDU, « Papandréou joue avec le feu »

Gunther Krichbaum (CDU) est président la commission des affaires européennes au Bundestag. | LEMONDE.FR | 01.11.11 | 16h03   •  Mis à jour le 01.11.11 | 16h03

Que pensez-vous de l’annonce du référendum en Grèce ?

Je suis surpris. Comme tous les dirigeants européens. Alors que les deux derniers sommets européens avaient amené un peu de calme sur les marchés, cette annonce provoque partout en Europe une grande nervosité et une grande irritation. Georges Papandréou a ouvert la boîte de Pandore. Son attitude constitue un affront pour les autres leaders européens. Il joue avec le feu. C’est incompréhensible. Même la question de confiance qu’il pose aux députés n’est pas gagnée d’avance.

Le courtier américain le gros du monde a fait faillite MF Global qui avait joué sur le territoire européen + de 600 millions de dollors parti en fumé…

A côté Mac-donald, Merck et Faiser qui triple ses bénéfices, se balladent dans le positif avec tous les acteurs du luxe.

Affaibli par la dette européenne, le courtier MF Global dépose le bilan

LEMONDE.FR avec AFP | 01.11.11 | 08h40   •

Mis à jour le 01.11.11 | 11h53

MF Global, l'un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Street victime de la crise de la dette européenne.

MF Global, l’un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Streetvictime de la crise de la dette européenne.REUTERS/BRENDAN MCDERMID

 MF Global, l’un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Street victime de la crise de la dette européenne, sur laquelle il avait massivement parié. Le conseil d’administration du groupe l’a placé sous la protection de la loi des faillites afin de « protéger ses actifs », indique un communiqué de l’entreprise. Selon le dossier du dépôt de bilan déposé devant un tribunal new-yorkais, elle possédait au 30 septembre 41 milliards de dollars d’actifs et 39,7 milliards de passif, ce qui en fait la huitième plus grosse faillite aux Etats-Unis depuis 1980.

Le dépôt de bilan du groupe, qui emploie environ 2 870 personnes, pourrait envoyerune onde de choc sur les marchés mais ses conséquences ne devraient pas êtreaussi importantes que l’impact de la faillite de Lehman Brothers en 2008. Selon le dossier du dépôt de bilan, les plus importants créanciers de MF Global sont JPMorgan Chase et Deutsche Bank. Toutefois, sur les 1,2 milliard de dollars de dettes imputées à JPMorgan, la banque américaine n’en possède réellement que 80 millions et agit pour le reste du montant au nom d’autres établissements financiers, a affirmé une source au sein de la banque.

MF Global, l’un des premiers courtiers en matières premières et produits dérivés dans le monde, était dans une position très difficile en raison des pertes plus lourdes que prévu annoncées la semaine dernière. Déjà malmené sur le marché depuis l’été, le groupe new-yorkais avait reconnu à cette occasion être exposé à hauteur de 6,3 milliards de dollars à la dette publique européenne, dont plus de la moitié à l’Italie et plus d’un milliard à l’Espagne, deux pays dans la ligne de mire des investisseurs. D’après le Wall Street Journal, les dirigeants de MF Global ont lancé pendant le week-end une dernière tentative de sauvetage en négociant avec Interactive Brokers Group, qui a envisagé un moment de racheter des actifs du courtier pour environ 1 milliard de dollars.

POSSIBLE FRAUDE

Ces discussions n’ont finalement pas abouti et, selon le New York Times, leur échec est dû à la découverte d’un trou d’environ 700 millions de dollars dans les comptes de la société de courtage. La disparition de ces centaines de millions de dollars confiés à MF Global par des clients pourrait suggérer que ces fonds ont été utilisés de manière illicite par la société, a rapporté lundi le NYT.

L’emplacement « de cet argent n’est pas clair, et une certaine somme devrait refaire surface dans les prochains jours, le temps que le processus de faillite progresse », explique le quotidien américain, citant « plusieurs personnes » proches du dossier. Les autorités boursières enquêtent pour déterminer si la société de courtage a utilisé les fonds de ses clients à ses propres fins, effectuant des placements dans l’espoir de se renflouer. Si les faits étaient avérés, cela constituerait une infraction à une règle d’or de Wall Street.

ÉCHEC PERSONNEL

Le dépôt de bilan du groupe MF Global marque un échec dans la stratégie de son PDG, Jon Corzine.

Le dépôt de bilan du groupe MF Global marque un échec dans la stratégie de son PDG, Jon Corzine.REUTERS/LUCAS JACKSON

Le dépôt de bilan de MF Global marque l’échec de la stratégie de son PDG, Jon Corzine. Ancien coprésident de Goldman Sachs et gouverneur démocrate de l’Etat du New Jersey de 2006 à 2010, il avait pris en mars 2010 les rênes de la société, ancienne filiale du britannique Man Group. L’homme était décidé à transformer le courtier en une véritable banque d’investissement, quitte à se lancer dans des paris risqués sur les marchés.

« [MF Global] a renforcé les activités de courtage en nom propre, qui ne marchent pas bien, comme on le sait, en raison des actifs liés à la zone euro, mais aussi à l’énergie ou aux taux d’intérêt. La situation ne pourrait pas être pire, a confié la semaine dernière à l’AFP un ancien cadre du groupe sous couvert d’anonymat.Cela fait seulement un an que cela dure. Avant, on s’occupait juste de gérer les positions des clients, il y avait bien moins de risque. »

Le groupe a ainsi investi plus de 6 milliards de dollars dans la dette européenne, dont plus de la moitié dans celle de l’Italie, actuellement dans la ligne de mire des marchés. Avant de faire paniquer ses actionnaires et de faire fuir ses clients, cette position avait inquiété les régulateurs financiers américains, l’un d’entre eux, la Finra, demandant à la maison de courtage d’augmenter ses fonds propres au mois d’août.

Est-on à l’aube de la sortie de la Grèce de l’Europe ?

quelle est l’idée de Papandréou?

Son ministre des finances n’était pas au courant, ses autres ministres également, le seront plus précisément lors d’un conseil des ministres extraordinaire grecques à 18 heures- le plan franco-allemand proposé la semaine dernière pour sauver par la Grèce – la pression dans la rue contre l’austérité insoutenable demandée au peuple grec.

Auj. à 10:40

la décision d’hier soir peut paraître incompréhensible.Pourtant je ne crois pas M.Papandréou inconscient, il y a donc une bonne raison derrière: la démocratie peut être…
Le tout est de trouver quelle est cette raison: je propose ce file pour que chacun émette des hypothèses:

Je commence donc:

Je pense que un ou plusieurs pays ont compris le désarroi des grecs , et vont chercher à l’exploiter: Aller au référendum, c’est quasiment sûr d’une réponse négative. Les conséquences: peut être la sortie de l’Euro.
Le ferait-il sans avoir quelques garanties??

Je pense que des pays comme Chine, Russie, (pays du Golfe un peu moins), pourraient devenir les sauveurs.
En faisant comme l’Islande , ils plantent leur créanciers (parrallèle entre les 2 référendums…).

Le retour au drachme est suicidaire, sauf s’il fait exploser la zon,e euro, alors l’aide extérieure devient très bon marché.

Mon scénario de politique fiction est donc un plan secret avec la Chine , malmenée par les européens au cours du récent sommet, qui permettrait d’être plus efficace que le plan européen.
En effet , il vaut mieux une aide financière d’un riche que d’un pauvre.
D’autant plus qu’une fois sorti, ils n’ont rien à craindre de la chute de l’Italie ou autre PIIGS.

Les chinois diviseraient alors l’Europe, les Etats unis…et s’implanteraient dans le bassin méditéranéen

La peur du peuple

01 Novembre 2011 Par Patrick rodel Inscrit(e) depuis Dec. 2007″ href= »http://blogs.mediapart.fr/blog/nerac40″>patrick rodel

La réaction d’une certaine partie de la classe politique et des commentateurs (ce matin, les questions posées par la journaliste de France Info à une députée socialiste d’origine grecque étaient déroutantes d’indignation) devant la décision de Papandréou d’organiser un référendum pour demander au peuple grec son avis sur des décisions prises jusqu’à présent sans qu’il soit vraiment consulté, en dit long sur cette peur du peuple toujours vive au sein même de régimes qui se prétendent démocratiques. Le peuple représente toujours un danger potentiel, il est le pôle de l’irrationalité, il est le risque de l’irruption de la violence et du désordre : le mouvement populaire est redoutable, parce qu’il n’obéit jamais à ce que les élites considèrent comme l’évidence même. Il n’a droit à la parole que lors des élections – le reste du temps, il ne parle pas, il « braille », selon la formule du ministre Darcos et personne de responsable ne songe à l’entendre, sauf à être taxé de populisme -, il donne sa voix et du même coup quelqu’un parle à sa place et il n’est jamais acquis que sa parole soit fidèlement répercutée dans les Assemblées : par exemple, il dit non et l’on fait comme s’il avait dit oui ; ou on lui repose la question jusqu’à ce qu’il l’ait bien comprise et réponde comme on veut qu’il réponde. Que le peuple se batte pour défendre des intérêts qui ne sont pas ceux des tenants du pouvoir montre bien qu’il n’a jamais atteint l’âge de raison – laisserait-on un enfant décider de son avenir ? ! et lorsque, au cours de l’histoire, c’est lui qui s’est levé pour défendre l’intérêt de la nation elle-même, alors que les prétendues élitesdans leur grande majorité, trahissaient allègrement, on se hâte d’oublier tout cela et de restaurer un régime favorable aux riches, de désarmer le peuple et de le renvoyer au travail.

Cette peur du peuple, c’est bien elle qui a transformé la dictature du prolétariat en dictature sur le prolétariat. C’est bien elle qui, intériorisée dans nos démocraties, est le ressort de cette apathie qui nourrit une délégation paresseuse de la volonté populaire ou un désintérêt croissant à l’égard d’un jeu politique qui apparait de plus en plus pipé.

Pour que le peuple cesse de faire peur, il conviendrait qu’il n’ait plus peur de lui-même et qu’il fasse entendre sa voix trop longtemps confisquée : une autre voie politique pourrait ainsi s’ouvrir qui serait celle d’une véritable démocratie.

 WASHINGTON (AP) – The European debt crisis has claimed its first big casualty on Wall Street, a securities firm run by former New Jersey Governor Jon Corzine.
MF Global Holdings Ltd., which Corzine has led since early last year, filed for bankruptcy protection Monday. Concerns about the company’s holdings of European debt caused its business…
Les banques grecques sont fragilisées. Leurs besoins sont de 30 milliards d’euros. Le marché bancaire grec est en train de vacillé entre le plan et le départ des épargnants.

L’agence Fitch menace la zone euro
après la décision du référendum grec

Pour l’agence de notation, la décision de la Grèce de soumettre à référendum l’accord sur le règlement de la crise de la dette menace « dramatiquement » la stabilité financière de la Grèce et de la zone euro dans son ensemble.

L’Italie accuse Sarkozy d’avoir alimenté la spéculation contre elle

Pour le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, le président français a contribué à alimenter une « attaque spéculative » contre son pays sur les marchés financiers avec ses commentaires consécutifs au dernier sommet de la zone euro.

 When Goldman Sachs went public on May 4, 1999, Jon Corzine , who was then the firm’s chief executive, held a stake that was suddenly valued at $305 million. So, perhaps, it’s uncharitable to complain about the piddling $12 million severance he was poised to gain if he had managed to sell his current firm, MF Global Holdings, over the weekend.

Europe’s Crisis Stymies Financial Overhaul. More Job Cuts Even as Profits Rise.

October 31, 2011, 3:14 pm In Debt
A Lehman Brothers, in Miniature
MF Global Holdings and one of its United States subsidiaries filed for Chapter 11 protection on Monday.
Notably absent from the filing was MF Global, the registered broker-dealer subsidiary of the MF…

Europe’s Crisis Stymies Financial Overhaul
More Job Cuts Even as Profits Rise
At MF Global, Two Other Falling Stars
As MF Global filed for bankruptcy on Monday, much of the attention has focused on the Wall Street firm’s chief executive, Jon S. Corzine, the former New Jersey governor and onetime head of Goldman Sachs.
But two of Mr.

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Référendum grec réunion de crise à l’Élysée 

Réactions (165)

Référendum grec :
réunion de crise à l'Élysée

Nicolas Sarkozy convoque ses ministres en fin d’après-midi à Paris après la décision surprise du gouvernement grec d’organiser un référendum sur le plan d’aide européen.

Le gouvernement grec sur le fil du rasoir 

L’annonce d’un référendum en janvier prochain a provoqué un véritable tollé dans toute la classe politique grecque. La perspective incertaine sur l’avenir du pays fait trembler les partenaires européens.

Plan de sauvetage : Paris et Berlin toujours déterminés

Mis à jour le 01/11/2011 à 17:15 |
publié le 01/11/2011 à 12:39
Le président Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 26 octobre dernier.
Le président Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 26 octobre dernier. Crédits photo : THIERRY CHARLIER/AFP
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont rencontrer dès mercredi à Cannes les responsables de l’Union européenne, du FMI et d’Athènes, après l’annonce d’un référundum en Grèce sur le plan d’aide du pays.
Georges Papandreou a déclenché un véritable séisme. Le premier ministre grec, qui a annoncé lundi soir l’organisation d’un référendum et d’un vote de confiance sur le plan d’aide adopté jeudi dernier, a entrainé une nouvelle chute des marchés boursiers européens. Pris au dépourvus, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, qui avaient réussi à conclure à l’arraché cet accord après une longue nuit de négociations difficiles, doivent en discuter. Le tandem franco-allemand s’est d’ores et déjà dit «déterminé» à faire appliquer le plan de sauvetage de la zone euro. Il va donc rencontrer mercredi à Cannes les représentants des institutions européennes et du FMI et, séparément, les responsables grecs,d’après l’Elysée. Et ce, alors qu’une réunion du G20 est prévue le lendemain dans la cité balnéaire et devait initialement rassurer la sphère économique mondiale sur la capacité de la zone euro à endiguer la crise une bonne fois pour toute.

Par ailleurs, une réunion interministérielle se tiendra à 17 heures à l’Elysée autour du chef de l’État. Pour cette réunion, ont été conviés le premier ministre, François Fillon, le ministre de l’Economie, François Baroin, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, le ministre des Affaires européennes, Jean Leonetti, et le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

La classe politique européenne s’inquiète

De l’Espagne au Luxembourg, en passant par la Grande Bretagne, la décision grecque provoque depuis ce matin de vives critiques dans la classe politique européenne. «C’est une étrange manière d’agir» a déclaré l’Allemand Rainer Brüderle, président du groupe parlementaire du FDP(libéral), partenaire avec l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la coalition au pouvoir. «On dirait que quelqu’un essaie de se dégager de ce qui a été convenu. Le premier ministre Papandreou a accepté un plan de sauvetage qui bénéficie à son pays. Les autres pays consentent à des sacrifices considérables pour des décennies de mauvaise gestion et de faible gouvernance en Grèce», a-t-il déploré sur les ondes de la Deutschlandfunk.

Le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, estime, lui, que le référendum équivaudra à un vote sur l’appartenance du pays à la zone euro. Un avis partagé par Christopher Pissarides, lauréat du prix Nobel : «En cas de victoire du non, la Grèce ferait défaut immédiatement. Je ne la vois pas rester dans l’euro», explique ce dernier.

Pour sa part, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, craint un «bazar» si le «non» devait finalement l’emporter. «Pour moi ça a l’air d’un coup de dés», a-t-il déploré.

La presse grecque très critique

En France, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi est également monté au créneau : «Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable de la part du premier ministre grec», a-t-il déclaré sur France Info. «Lorsque l’on est en situation de crise et que d’autres veulent vous aider, il est insultant de tenter à sauver sa peau plutôt que prendre ses responsabilités», a ajouté Christian Estrosi, en souhaitant que le «premier ministre grec revienne sur sa décision».En Grèce, les mots sont tout aussi durs à l’encontre de Georges Papandreou. Le chef de file de l’opposition conservatrice (Nouvelle Démocratie), Antonis Samaras, estime que le premier ministre «ne peut pas gouverner et au lieu de se retirer de manière honorable, il dynamite tout». «Jamais je n’aurais pensé que Papandreou prendrait une décision aussi dangereuse et frivole», a affirmé, l’ancienne ministre des Affaires étrangères Dora Bakoyanni, qui dirige l’Alliance démocratique (un petit parti de centre droit).

Même la presse nationale se déchaîne. «Le pays sera paralysé par d’interminables débats, le gouvernement, l’appareil d’Etat et les institutions ne fonctionneront plus», assure le journal conservateur Kathimerini.

«Un minimum de démocratie»

Quelques rares voix s’élèvent toutefois pour saluer la décision du gouvernement Papandreou. Florian Filippot, directeur de la campagne présidentielle de la présidente du Front National, Marine Le Pen, voit dans la décision de la Grèce «une première lueur démocratique dans un pays soumis aux pires pressions depuis des mois, le peuple se voyant en permanence sommé d’accepter». Selon lui, «Nicolas Sarkozy a même accepté toutes les folies pour tenter de maintenir cette illusion, allant jusqu’à se mettre à genou devant la Chine. Seule la fin organisée et concertée de l’expérience malheureuse et ratée de l’euro que préconise Marine Le Pen pourra sortir notre pays et la zone euro de l’ornière et de la crise».

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, estime également que l’organisation d’un référendum est «un minimum de démocratie». «Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges savait qu’il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec. Aucun peuple au monde ne peut accepter de se voir annoncer un futur pareil», a-t-il dit.

» La Grèce organise un referendum sur le sommet européen

Grèce: un referendum sur le sommet européen

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Le gouvernement Papandréou va demander aux Grecs s’ils sont d’accord avec les décisions prises lors du sommet européen du 26 octobre.

Grèce : un referendum sur le sommet européen

Par  , Alexia Kefalas
Mis à jour le 31/10/2011 à 23:00 |
publié le 31/10/2011 à 22:06
Réactions (656)
Georges Papandréou, le premier ministre grec.
Georges Papandréou, le premier ministre grec. Crédits photo : Thanassis Stavrakis/AP

Le gouvernement Papandréou va demander aux Grecs s’ils sont d’accord avec les décisions prises lors du sommet européen du 26 octobre.

La décision n’a surpris que par sa forme. Sous la pression de son peuple et des partis politiques, Georges Papandréou, le premier ministre grec, a annoncé lundi soir l’organisation d’un référendum national. Officiellement, il s’agit d’approuver l’accord conclu la semaine dernière par les Européens pour effacer une partie de la dette publique du pays. Mais dans les faits, la marge de manœuvre de Georges Papandréou était trop restreinte pour que le gouvernement puisse continuer d’appliquer les réformes. «Le pays est paralysé depuis plus d’un mois. D’un côté l’ensemble de la classe politique demande d’élections, de l’autre il y a la rue. Entre les grèves du zèle et ceux qui ralentissent l’activité, plus personne ne travaille», explique Giorgos Delastik, analyste politique. «Il faut y ajouter ceux qui n’ont plus les moyens de payer leurs factures, et la violence dans le comportement des gens qui n’ont plus rien à perdre». En effet, pour la première fois depuis le retour de la démocratie en Grèce en 1974, le défilé de la fête nationale a été annulé dans quinze villes du pays. À Thessalonique, dans le nord du pays, des dizaines de Grecs ont jeté des œufs et des projectiles sur les officiels incitant Carolos Papoulias, le président de la République à quitter les lieux. Dans une lettre au premier ministre, Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels a aussi appelé Georges Papandréou à prendre ses responsabilités.

C’est désormais chose faite. Devant le groupe parlementaire socialiste, le premier ministre grec n’a pas mâché ses mots: «La volonté du peuple grec s’imposera à nous», a déclaré M. Papandréou. Il va aussi demander un vote de confiance au Parlement sur l’accord sur la dette. La question sera alors «Les Grecs veulent-ils l’adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils? Si les Grecs n’en veulent pas, il ne sera pas adopté», a-t-il précisé. Si le «non» l’emporte, la constitution grecque impose la tenue d’élections législatives anticipées. Une probabilité élevée, si l’on en croit un sondage réalisé dimanche dernier selon lequel 58,9% des Grecs seraient défavorables à l’accord conclu par les Européens le 26 octobre dernier

Catharsis

Cette perspective agace la majorité. Et pour cause, l’opposition conservatrice, largement en tête dans les sondages veut une renégociation des termes des plans d’aide à la Grèce. Non seulement du dernier mais également de celui adopté en mai 2010.

«Malheureusement, les Grecs risquent d’y voir un plébiscite et d’aller voter non», s’alarme un député de gauche sous couvert d’anonymat «cela plongera le pays dans un marasme économique et politique sans précédent», conclut-il.

Ce coup de poker surprise du gouvernement grec pourrait plonger l’Europe dans le chaos. Sauf s’il parvient à convaincre le peuple de voter oui, au final, ce qui redonnera une légitimité nouvelle à Georges Papandréou pour poursuivre sa cure d’austérité. Pour bien dramatiser l’enjeu, le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos dans une interview télévisée a indiqué que ce referendum serait l’occasion pour le peuple grec «de faire la catharsis du drame qu’il vit»… Une forme de tragédie!

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