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JPK une affaire comme JFK, qui est toujours non élucidée.

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Jacques Chirac, reviewing the troops during th...

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JPK une affaire comme JFK, qui était toujours non élucidée, fait trembler les plus hautes autorités de l’Etat.

Dans le cadre de la liberté de la presse, est-ce qu’un jour la justice française fera correctement, complètement, sainement et honnêtement son travail, pour révéler la vérité sur la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud ?

Pascal Couraud, ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti. Depuis le 15 décembre 1997, celui qui signait ses articles «JPK» n’a plus donné signe de vie. La justice n’avait jusqu’alors privilégié qu’une seule hypothèse. Celle du suicide. Qu’en est-il exactement? Au delà de son combat contre les malversations de Gaston Flosse, ancien président du gouvernement de Polynésie, ne serait-il pas aussi question de « transferts financiers de Polynésie française vers le Japon, au profit de Jacques Chirac« ?

http://www.dailymotion.com/video/x2jkj5_le-journaliste-jpk-suicide_news

Selon certains témoignages, il enquêtait sur des transferts de fonds suspects entre Robert Wan, homme d’affaires tahitien proche de Gaston Flosse, et Jacques Chirac« 1.

En juin 2007, pendant l’instruction, maître Jean-Dominique des Arcis, l’avocat de Jean-Pascal Couraud, a fait part de ses soupçons que cette enquête pouvait avoir être à l’origine de l’enlèvement supposé du journaliste 2.

En septembre 2008, la police a trouvé au domicile de Flosse « une confession non signée, mais attribuée à Vetea Cadousteau, ancien membre du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), la milice de Gaston Flosse (lorsqu’il était au pouvoir) » (dissoute en 20063, dans lequel Cadousteau affirmerait avoir assassiné Couraud à la demande de « l’un des deux ex-agents de la DGSE qui dirigeaient un service de renseignement mis en place par Flosse » 2. Selon ce témoignage, Couraud aurait été torturé puis noyé, son corps étant attaché à des blocs de béton. Mais la lettre, non signée, serait un faux2.

http://www.dailymotion.com/video/xeom27_jpk-un-journaliste-dans-la-flosse-c_news

Vetea Cadousteau a été retrouvé mort en montagne, en janvier 2004, dans des conditions suspectes2. Vetea Guilloux, un autre membre du GIP, avait été condamné pour un témoignage similaire, fait en octobre 2004, à trois mois de prison ferme pour « déclarations mensongères et dénonciation calomnieuse »

  1. « Compte japonais » de Jacques Chirac : perquisition à la DGSE, paru dans le journal Le Monde, le 6 juin 2008. Extrait : » Le juge Jean-François Redonnet, du tribunal de grande instance de Papeete, a procédé, mercredi 4 juin, à une perquisition dans les locaux de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à Paris. Un transport judiciaire intervenu dans le cadre de l’affaire « JPK ». Le journaliste Jean-Pascal Couraud, surnommé JPK, disparu à Tahiti en 1997, enquêtait à l’époque, selon certains témoignages non vérifiés, sur des transferts de fonds suspects concernant le sénateur de Tahiti Gaston Flosse, un proche de Jacques Chirac. « 
  2.  Pascal Riché,
     Pascal Riché journaliste de Libération au Salon du livre de Paris en mars 2010, écrit l’article suivant : Disparition de JPK à Tahiti : Gaston Flosse sur la défensive, et le publie sur le site Rue 89, le 16 janvier 2009, à 18H14. « 
    Disparition de JPK à Tahiti : Gaston Flosse sur la défensive

    Douze ans après la mort du journaliste, une lettre accusatrice a été retrouvée chez l’ex-président de Polynésie.

    Jacques Chirac et Gaston Flosse le 28 juillet 2003 à Bora-Bora (Philippe Wojazer/Reuters)

    Près de douze ans après la disparition à Tahiti du journaliste Jean-Pascal Couraud, surnommé JPK, l’instruction avance, au point d’inquiéter l’ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse, 77 ans. Qui songe à organiser une conférence de presse.

    Pendant des années, la justice de Polynésie, sous pression, a donné l’impression de patauger et de faire du surplace. Le juge qui instruit aujourd’hui l’affaire, Jean-François Redonnet, et les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) avancent plus rapidement. Le magistrat n’a pas hésité, par exemple, à perquisitionner au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services secrets) et au domicile de Gaston Flosse.

    L’hypothèse -officielle jusque-là- d’un suicide par noyade du journaliste perd ainsi peu à peu de sa crédibilité. Et de plus en plus d’éléments et de témoignages concordants indiquent que JPK, qui gênait, serait mort aux mains de gros bras du pouvoir local : un commando formé de quatre hommes qui l’auraient noyé au large de Papeete.

    L’élément nouveau : une confession écrite

    En septembre, les policiers ont retrouvé dans le tiroir du bureau de Gaston Flosse, à son domicile, une confession non signée, mais attribuée à Vetea Cadousteau, ancien membre du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), la milice de Gaston Flosse (lorsqu’il était au pouvoir) aujourd’hui dissoute. Deux analyses graphologiques ont été engagées pour vérifier l’authenticité de cette lettre.

    Vetea Cadousteau n’est plus là pour témoigner : il a été retrouvé dans la montagne le 24 janvier 2004, mort, un coup suspect à la tête. L’autopsie conclut à une mauvaise chute. Ce qui est difficile à croire : le rapport d’autopsie dont nous avons pris connaissance précise que le corps a été retrouvé sans chaussures, alors qu’il était censé chasser.

    La lettre retrouvée chez Flosse commence ainsi :

    « Je me nomme Vetea Cadousteau. j’écris ce testament car je sais que je serai tué dans quelque temps car j’ai participé à l’assassinat de Couraud. J’ai réfléchi à ce qui s’était passé et je n’arrive pas à vivre avec ça. (…) Je vais vous dire comment, pourquoi, pour qui j’ai exécuté Couraud ».

    Celui qui se présente comme Cadousteau raconte comment lui et trois autres membres du GIP, qu’il cite nommément, ont embarqué le journaliste (« et un dossier ») dans une voiture, puis sur un bateau :

    « Nous avons reçu l’ordre par Félicien de faire nettoyage de Couraud. »

    Ils auraient alors attaché les pieds de Couraud à « 04 gros ciments », auraient pris la direction de Moorea, auraient accroché leur victime « à une corde et une chaîne » et l’auraient fait descendre plusieurs fois dans l’eau, en lui demandant de parler du contenu de son dossier.

    L’auteur de la lettre écrit par la suite que les quatre hommes, après avoir téléphoné à un certain « Réré », ont lâché le corps, qui « est parti dans le fond ». Le lendemain, selon le récit, « Félicien » les a félicités.

    Un récit qui confirme un témoignage naguère écarté.

    « Félicien » désigne Félicien M., l’un des deux ex-agents de la DGSE qui dirigeaient un service de renseignement mis en place par Flosse (l’autre étant André Y.). Car si Flosse avait sa garde prétorienne, il avait aussi son propre service de barbouzes. Ce n’est pas la première fois que leur nom apparait dans ce dossier pour le moins confus.
    Pour Félicien, toute cette histoire n’est qu’une « affaire politico-financière » montée de toute pièce : « la lettre testament est bidon ».

    Ce n’est pas non plus la première fois que l’interrogatoire fatal de JPK est raconté. Au mois d’octobre 2004, Vetea Guilloux, employé au GIP, avait affirmé que Couraud avait été noyé, le corps lesté de parpaings, par des agents du GIP qui s’en étaient vantés un soir de beuverie.

    Vetea Guilloux avait été pris pour un fou et avait été condamné à une peine de prison ferme pour « déclarations mensongères et dénonciation calomnieuse ». L’enquête a, depuis, failli tomber en panne, plusieurs fois. Elle a repris sous l’impulsion du juge Redonnet.

    L’ombre du « compte japonais » de Chirac

    Les proches de JPK, sa famille comme son ancien ami Me Dominique des Arcis, ont aujourd’hui la conviction que la disparition du journaliste est liée à une enquête que Jean-Pascal Couraud menait sur les financements politiques du RPR. En arrière fond de ces soupçons, l’affaire du « compte japonais de Chirac ».

    En février 2007, le frère de JPK, Philippe Couraud, avait rencontré Maître Dominique des Arcis, également avocat du journaliste, dans un café. Ce dernier, racontera par la suite Philippe Couraud, lui aurait alors affirmé qu’il a été en possession d’informations relatives à des transferts de fonds de Polynésie française vers un compte ouvert au Japon au nom Jacques Chirac. Interviewé par Rue89 en janvier 2008, l’avocat avait démenti avoir prononcé le mot « Japon ». voir son interviewe en cliquant sur le lien suivant :  http://www.dailymotion.com/video/k7nhhYP8W07cBBsNuP#from=embed

    Mais il reconnaît que l’enquête que JPK et lui menaient sur le financement politique de la campagne de Chirac en 1995 peut très bien avoir été à l’origine de l’enlèvement supposé du journaliste.

    De l’enquête qu’avaient mené JPK et des Arcis, il reste une note de 13 pages que nous avons consultée (il y en avait initialement 14). Cette note, rédigée en 1998, fait état d’opérations financières mêlant Gaston Flosse, son ami Robert Wan, richissime homme d’affaires local, et Jacques Chirac. Le mot Japon y apparaît bien :

     « …CHIRAC et GASTON ont été ensemble au JAPON en juillet et en août. Or chacun sait que les cours de la perle noire de Tahiti sont entre les mains des Japonais. »

    Gaston Flosse sur la défensive

    Gaston Flosse a raconté aux policiers que « quelqu’un » lui a fait parvenir ces documents, mais qu’il n’a pas cru bon de les livrer aux autorités judiciaires parce qu’il avait « trouvé cette affaire farfelue » : « J’ai jugé que ce document n’était pas très intéressant pour l’affaire en cours », déclare-t-il aux policiers qui l’interrogent. Il considère que ces confessions « inventées » font partie d’une manoeuvre montée contre lui par ses adversaires politiques.

    Mais si ce testament était farfelu, pourquoi l’avoir « archivé » dans son bureau, lui ont demandé les policiers en septembre dernier ? Réponse du sénateur divers droite :

    « S’il y avait une quelconque réalité du récit, j’aurais fait disparaître ce document. »

    Détail troublant : le « testament », un texte écrit à la fois à la main et à la machine, a été trouvé dans le tiroir droit du bureau de Flosse, dans une grande enveloppe. A l’intérieur de la grande enveloppe se trouvait une plus petite enveloppe, également adressée à Flosse, contenant un relevé d’identité bancaire et une demande de rendez-vous manuscrite.

    Selon le journal Monde, qui a révélé une partie du contenu des documents trouvés au domicile de Gaston Fosse, à Pirae, le juge « s’intéresse aussi au crash d’un avion, en 2002, dans lequel a péri Boris Leontieff, le rival politique historique de M. Flosse », et dont JPK était très proche.

    En attendant, le sénateur pourrait être poursuivi pour délit d’entrave à la justice : fût elle anonyme, non datée, et de source inconnue, la pièce qu’il s’est abstenue de communiquer au juge est directement liée à l’enquête.

    Le 29 décembre, Gaston Flosse avait déjà réagi à ces informations par un communiqué posté sur son blog, pour faire part de son « effarement » :

    « Le sénateur Gaston Flosse précise qu’il s’est contenté de recevoir une lettre anonyme, relatant de prétendues révélations sur cette affaire, tout comme Oscar Temaru, en 2004, avait reçu le témoignage de Vetea Guilloux. Quand on sait que Vetea Guilloux a été condamné à de la prison ferme pour son témoignage, il n’y a aucune conclusion hâtive à tirer de ce document. »

    Il trouve « proprement scandaleux que la presse et ses détracteurs continuent de parler d’enlèvement et de meurtre de Jean-Pascal Couraud puisque, après plus de 10 ans depuis la disparition du journaliste, rien ne vient étayer cette thèse ». Sur son blog, il n’accuse pas les opposants locaux, mais carrément les services de l’Etat français :

    « A l’heure où le sénateur Gaston Flosse joue un rôle déterminant dans la réconciliation politique en Polynésie française, il ne peut que s’interroger sur l’intérêt de certaines autorités de l’Etat à manipuler sciemment des informations judiciaires dans le seul but de tenter de faire barrage à un consensus politique qui n’a pas l’assentiment de certains à Paris : pure coïncidence ou volonté délibérée ? »

    Photo : Jacques Chirac et Gaston Flosse le 28 juillet 2003 à Bora-Bora (Philippe Wojazer/Reuters)

  3. ↑ a et b Nouveaux éléments sur la mort d’un journaliste qui enquêtait sur les comptes de Chirac [archive]Le Monde (non-signé; avec l’AFP et Reuters), 30 décembre 2008.

Dans une enquête diffusée par France Inter, l’ancien avocat du journaliste Jean-Pascal Couraud, disparu à Tahiti, témoigne.

Stèle à la mémoire du journaliste Jean-Pascal Couraud (aimable autorisation d'avaiki nius agency).

JPK. Trois initiales qui flottent comme un fantôme sur la Polynésie française. Ce dimanche, cela fait dix ans que Jean-Pascal Couraud -dit JPK- a disparu, parti sans laisser d’adresse. Ce journaliste, ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti enquêtait sur les affaires de l’ancien président polynésien Gaston Flosse ; sa famille a la conviction qu’il a été assassiné.

Plus précisément largué en pleine mer avec des parpaings aux pieds. Dans son émission hebdomadaire « Interception », France Inter a diffusé une contre-enquête accablante sur cette affaire où la justice n’a pas brillé par son efficacité.

Un journaliste de l’AFP agressé à son domicile

Cette hypothèse de l’assassinat, défendue par la famille Couraud, est longtemps restée lettre morte au Tribunal de grande instance de Papeete où le suicide avait la préférence des juges. L’homme venait juste de divorcer, il avait écrit des lettres désespérées.

Jusqu’à ce que certaines langues se délient. En 2004, Vetea Guilloux, un ancien membre du GIP (Groupe d’intervention de la Polynésie) se met à table. Cette étrange police parallèle de renseignement, à la solde du président Gaston Flosse, serait liée de près à la disparition. Mais cela ne suffit pas à prouver le meurtre.

A cette époque, une atmosphère de peur règne sur cette affaire. Tout ceux s’y intéressant un peu trop sont immédiatement surveillés, filés voire intimidés. La mésaventure est arrivée à un journaliste de l’AFP basé à Tahiti depuis quarante ans. Fin 2004, Eric Monod venait tout juste de réaliser un reportage sur le feuilleton JPK lorsqu’en rentrant chez lui un soir, il est sauvagement agressé par « deux membres du GIP ».

D’après les témoignages de plusieurs anciens du GIP, un groupe de gros bras s’est débarrassé du journaliste. En fait, c’est une tentative d’intimidation qui aurait mal tourné. Les pieds lestés de parpaings, attaché à une corde, JPK aurait été immergé à plusieurs reprises, jusqu’à ce que ses bourreaux relèvent un cadavre.

De gauche à droite: Lucien Kimitete, Louis Lepensec, Boris Léontieff, Jean-pascal Couraud

Les confidences tardives de l’ancien avocat de JPK

Pourquoi prendre autant de risques en s’en prenant à un journaliste connu à Tahiti pour son combat anti-corruption ? Le mobile du crime tiendrait, selon ses proches, à l’un des dossiers que l’enquêteur avait en sa possession.

Pour la première fois, l’ancien avocat de JPK, maître Jean-Dominique des Arcis, consent à donner des détails sur les mobiles possibles de l’histoire. Interrogé par Benoît Collombat de France Inter, il dit d’abord sa conviction qu’il ne s’agit pas d’un suicide, « c’est clair et net ». Au passage, notez qu’il revient sur son premier témoignage devant le juge d’instruction, où il avait alors défendu mordicus la version du suicide. Puis, il évoque les fameux dossiers, à commencer par la piste japonaise conduisant à… Jacques Chirac.

Mieux : « parmi les différentes pistes explorées à l’époque, JPK travaillait aussi sur de possibles détournements de l’argent des fonds européens affectés à la Polynésie ». selon Jean-Dominique des Arcis.

Le dossier pourrait bientôt connaître de nouveaux rebondissements, car la chambre de l’Instruction de la cour d’appel de Papeete a autorisé le juge chargé de l’affaire à demander une partie du dossier… Clearstream. En effet, les scellés 32 et 33 contenant une partie des archives du général Rondot, ancien Conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales, sont consacrés au fameux compte japonais.

Flosse : « Vous me voyez commanditer l’assassinat ? “

Vous me faites rire’, rétorque Gaston Flosse, parlant de ‘scénario’ sans la moindre preuve des accusations portées par la famille de la victime. Le sénateur (UMP) proche de Jacques Chirac est interrogé par Benoît Collombat.

Lundi 16 décembre, l’ancien avocat de JPK doit à nouveau être entendu par le nouveau juge d’instruction désigné à Tahiti. Même déclinant, le règne de ‘papa’ Flosse en Polynésie comporte encore de nombreuses zones d’ombre.

Photo : Jason Brown, aimable autorisation d’Avaiki Nius Agency 

Nouvelle Calédonie : renouer le dialogue sur l’île de Maré

Aujourd’hui à 13h01 – 1’05 – par Ibrahim Ahmed Hazi
Le Haut commissaire et le patron de la Gendarmerie sont sur place pour tenter de renouer le dialogue.

Vous trouverez ci-dessous, l’historique de l’affaire vu par la famille du journaliste Jean-Pascal Couraud :

 Jean-Pascal Couraud est né en 1960 à Poitiers. Il arrive en Polynésie française avec ses parents, sa sœur et ses deux frères à l’âge de 5 ans. Après des études à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, il démarre en 1984 en Polynésie française sa carrière de journaliste dans le journal Les Nouvelles. Il est d’abord vite reconnu comme journaliste sportif dans les milieux de la pirogue et du surf, sport qu’il a pratiqué régulièrement tout au long de sa vie. Remarqué pour ses qualités professionnelles, il est nommé rédacteur en chef des Nouvelles en 1986. Il a alors 26 ans. Gaston Flosse est président du gouvernement de la Polynésie française et secrétaire d’état pour le Pacifique Sud dans le gouvernement Chirac, issu de la première cohabitation. 

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3nwg

    Il se fait rapidement remarquer dans toute la Polynésie française par ses articles sans concession pour le pouvoir en place, articles qu’il signe des trois lettres JPK, nom de plume sous lequel il se fera connaître. Insensible aux pressions diverses, il reste fidèle à une éthique professionnelle basée sur la recherche de la vérité. Porté par un idéal qui ne le quittera jamais, il défend inlassablement le principe d’honnêteté et de moralité dans l’action politique. Considérant que pour un journaliste, se taire équivaut à être complice, ses articles peuvent être parfois extrêmement sévères. Il est aussi journaliste d’investigation et révèle des pratiques discutables en matière d’utilisation de fonds publics. Apprécié pour ses talents de journaliste, il devient progressivement la bête noire du Tahoera’a huiraatira’a et de son président Gaston Flosse.

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3qap

 En 1987, Jean-Pascal vit depuis déjà un certain temps avec Noella G., jeune femme polynésienne issue d’une grande famille de Papeete. Il devient le père d’un jeune garçon nommé Teiva.

    Il est licencié des Nouvelles en avril 1988, peu de temps après la parution d’un numéro spécial consacré à Gaston Flosse, qui sera immédiatement saisi sur décision de justice quelques heures après sa parution . Et pourtant, en dehors d’un éditorial dévastateur, qui, plus de 15 ans après, reste encore aujourd’hui d’une saisissante actualité, ce numéro spécial ne fait que reprendre différents articles parus dans la presse locale et nationale au cours des trois années précédentes. 

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3qwu

    Jean-Pascal devient alors presque naturellement et sans difficulté, responsable du service de presse du Gouvernement présidé par Alexandre Léontieff, arrivé au pouvoir suite à une motion de censure votée par des conseillers territoriaux dissidents du Tahoera’a huiraatira’a et l’opposition de l’époque. Il poursuit toutefois dans ce nouvel emploi son travail de journaliste d’investigation et continue à s’investir avec fougue dans les différents combats qu’il avait entamés comme rédacteur en chef des Nouvelles.

    En 1991, le Tahoera’a huiraatira’a, allié à d’autres composantes autonomistes, retrouve le pouvoir. Jean-Pascal est alors embauché quelques mois après comme chargé de communication auprès de Boris Léontieff, maire d’Arue. Il devient progressivement un précieux collaborateur du maire et de l’homme politique d’opposition qu’est devenu Boris Léontieff. Pendant toutes ces années, il s’engage résolument aux côtés des associations de défense de l’environnement.

    Cet engagement est résolument partagé par M. T., sa nouvelle compagne, qu’il épouse en août 1990 et avec qui il aura un deuxième fils, Vaimeho, deux ans après. En 1994-1995, ils construisent une maison à Punaauia, sur les hauteurs de Te maru ata. Avec sa femme dont il est éperdument amoureux, et les trois enfants, Vaitea, fille de M., Teiva et Vaimeho, Jean-Pascal mène une vie bien remplie, partagée entre sa famille, son activité professionnelle à la mairie d’Arue, et l’action politique et associative.

    En 1996, avec Philippe, son frère aîné, il participe étroitement à la création du parti politique Fetia api, présidé par Boris Léontieff, ainsi qu’à la définition de son positionnement politique. Il devient le principal rédacteur du programme électoral élaboré pour les élections territoriales de mars 1996, remportées une fois encore par le Tahoera’a huiraatira’a et son président Gaston Flosse.

    Aux côtés de Boris Léontieff, Lucien Kimetete, maire de Nuku Hiva, et les membres du bureau exécutif du Fetia api, Jean-Pascal participe à tous les combats politiques de l’époque. Il multiplie les contacts, conforte ses relations et ses amitiés dans les milieux syndicaux, politiques et associatifs. Politiquement proche du parti socialiste, il entretient des réseaux professionnels avec plusieurs ministres et responsables de ce parti.

    A partir du début d’année 1997, Jean-Pascal connaît pourtant une vrai période de doute, telle que l’on peut la ressentir à cet âge lorsque l’on s’aperçoit que, décidément, la vie n’apportera peut-être pas tout ce dont on avait rêvé. Et même si ses amis, sa famille, tentent de le convaincre qu’il est difficile de changer le monde, les choses, pour lui, ne progressent pas assez vite. Il s’interroge sur sa situation professionnelle et envisage très sérieusement un vrai retour au journalisme. Il supporte mal de voir quelques compagnons de lutte changer de bord, pour des raisons avant tout matérielles.

    Il est malgré tout aux côtés de Francis Stein lorsque celui-ci est candidat Fetia api sur la circonscription Ouest de Polynésie lors des élections législatives de mai 1997. Quelques mois après, il reprend un travail d’investigation dans une affaire touchant directement le président du gouvernement et dépose lui-même une plainte au tribunal pour ingérence. Fin 1997, il participe activement à la lutte menée contre la réalisation d’un centre d’enfouissement technique de déchets ménagers sur le site de Paihoro, situé à 60 km de Papeete.

    Ainsi, Jean-pascal, même s’il ne le réalisait certainement pas lui-même, était devenu petit à petit plus pointu, plus incisif et plus percutant dans le domaine de l’action politique qu’il menait avec Boris Léontieff.

    Aussi, lorsque Jean-Pascal disparaît brusquement dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, c’est bien sûr avec stupeur et incompréhension que sa famille et ses amis se lancent d’abord à sa recherche. Au fur et à mesure des jours et des semaines qui passent, l’espoir de le retrouver en vie s’estompe avec douleur. Les doutes et les incertitudes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée passée à son domicile ont laissé un profond sentiment de malaise dans l’entourage familial. La justice, qui avait été saisie de cette affaire dans le cadre d’une plainte déposée pour enlèvement et séquestration, n’est jamais parvenu jusqu’à ce jour, à déterminer les motifs et les conditions de sa disparition.

Jean-Pascal Couraud, dit «JPK», était un journaliste engagé de Polynésie. Très connu à Tahiti, cet ex-rédacteur en chef des «Nouvelles de Tahiti» disparait mystérieusement le 15 décembre 1997. Il enquêtait sur un élu local de Polynésie soupçonné de corruption. Il apparait qu’au moment de sa disparition, JPK était suivi par des barbouzes et avait fait l’objet de tentatives d’intimidation. A-t-il été éliminé ? Son corps n’a jamais été retrouvé, pourtant certains étaient prêts à admettre la thèse du suicide. Pendant des années, la justice polynésienne a refusé d’enquêter sur son décès. Certains éléments semblent pourtant très troublants… pour en savoir plus, en version vidéo,  cliquer sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/xhrbkf_figra-2011-jpk-l-homme-qui-faisait-trembler-tahiti_news

Interviewe de l’ancien membre du GIP qui suivait le journaliste de JPK à la demande de G.. Fosse – http://t.co/DEYHNar via @Dailymotion qui a assisté à l’enlèvement du journaliste Jean-Pascal Couraud.  Cliquer sur le lien suivant : http://www.dailymotion.com/video/x3nwg_jpk01-2_news

A propos de Jean-Pascal Couraud 

Une nuit de décembre, Jean-Pascal a disparu.

Au petit matin, un ciel en deuil pleurait une pluie fine, je m’ en souviens.

Jean- Pascal n’ est jamais revenu.

Pendant sept ans une molle justice fit mine d’ éclaircir le mystère.

Puis de l’ Assemblée du Peuple montèrent des voix indignées : Jean- Pascal aurait été assassiné.

Du Palais de l’ Injustice filtra très vite le sourd murmure d’ un homme encagoulé, terrorisé, accusé d’ avoir parlé . Menteur, dit. le Juge. Cette vérité n’ est pas la bonne .

L’ homme fut mis à l’ ombre.

Au dessus de la maison familiale le ciel reprit le deuil. On boucha les oreilles des enfants effrayés. La clameur du scandale, l’ horreur des détails, entraient par les portes et fenêtres.

Enfin l’ écho d’ une fervente prière s’ éleva d’ une vallée, accompagnant l’ âme du disparu. Elle berça les enfants.

Certains jours, en regardant la mer, je vois scintiller dans ses reflets le visage de mon frère. Dans une trouée de lumière, il surgit de ma mémoire.

Nous tous, famille, amis, savons aujourd’hui plus encore à quel point nous devons continuer le combat pour la vérité, quel qu’ en soit le prix. Et nous avons besoin de l’ aide honnête, sincère et sans réserves de ceux qui la détiennent. Sylvie Couraud.

 Jean-pascal et son fils Teiva (1988)

Vous souhaitez avoir un aperçu de son parcours, voici la biographie de Jean-Pascal Couraud :

Jean-Pascal Couraud est né en 1960 à Poitiers. Il arrive en Polynésie française avec ses parents, sa sœur et ses deux frères à l’âge de 5 ans. Après des études à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, il démarre en 1984 en Polynésie française sa carrière de journaliste dans le journal Les Nouvelles. Il est d’abord vite reconnu comme journaliste sportif dans les milieux de la pirogue et du surf, sport qu’il a pratiqué régulièrement tout au long de sa vie. Remarqué pour ses qualités professionnelles, il est nommé rédacteur en chef des Nouvelles en 1986. Il a alors 26 ans. Gaston Flosse est président du gouvernement de la Polynésie française et secrétaire d’état pour le Pacifique Sud dans le gouvernement Chirac, issu de la première cohabitation.

    Il se fait rapidement remarquer dans toute la Polynésie française par ses articles sans concession pour le pouvoir en place, articles qu’il signe des trois lettres JPK, nom de plume sous lequel il se fera connaître. Insensible aux pressions diverses, il reste fidèle à une éthique professionnelle basée sur la recherche de la vérité. Porté par un idéal qui ne le quittera jamais, il défend inlassablement le principe d’honnêteté et de moralité dans l’action politique. Considérant que pour un journaliste, se taire équivaut à être complice, ses articles peuvent être parfois extrêmement sévères. Il est aussi journaliste d’investigation et révèle des pratiques discutables en matière d’utilisation de fonds publics. Apprécié pour ses talents de journaliste, il devient progressivement la bête noire du Tahoera’a huiraatira’a et de son président Gaston Flosse.

    En 1987, Jean-Pascal vit depuis déjà un certain temps avec Noella G., jeune femme polynésienne issue d’une grande famille de Papeete. Il devient le père d’un jeune garçon nommé Teiva.

    Il est licencié des Nouvelles en avril 1988, peu de temps après la parution d’un numéro spécial consacré à Gaston Flosse, qui sera immédiatement saisi sur décision de justice quelques heures après sa parution . Et pourtant, en dehors d’un éditorial dévastateur, qui, plus de 15 ans après, reste encore aujourd’hui d’une saisissante actualité, ce numéro spécial ne fait que reprendre différents articles parus dans la presse locale et nationale au cours des trois années précédentes.

    Jean-Pascal devient alors presque naturellement et sans difficulté, responsable du service de presse du Gouvernement présidé par Alexandre Léontieff, arrivé au pouvoir suite à une motion de censure votée par des conseillers territoriaux dissidents du Tahoera’a huiraatira’a et l’opposition de l’époque. Il poursuit toutefois dans ce nouvel emploi son travail de journaliste d’investigation et continue à s’investir avec fougue dans les différents combats qu’il avait entamés comme rédacteur en chef des Nouvelles.

    En 1991, le Tahoera’a huiraatira’a, allié à d’autres composantes autonomistes, retrouve le pouvoir. Jean-Pascal est alors embauché quelques mois après comme chargé de communication auprès de Boris Léontieff, maire d’Arue. Il devient progressivement un précieux collaborateur du maire et de l’homme politique d’opposition qu’est devenu Boris Léontieff. Pendant toutes ces années, il s’engage résolument aux côtés des associations de défense de l’environnement.

    Cet engagement est résolument partagé par M. T., sa nouvelle compagne, qu’il épouse en août 1990 et avec qui il aura un deuxième fils, Vaimeho, deux ans après. En 1994-1995, ils construisent une maison à Punaauia, sur les hauteurs de Te maru ata. Avec sa femme dont il est éperdument amoureux, et les trois enfants, Vaitea, fille de M., Teiva et Vaimeho, Jean-Pascal mène une vie bien remplie, partagée entre sa famille, son activité professionnelle à la mairie d’Arue, et l’action politique et associative.

    En 1996, avec Philippe, son frère aîné, il participe étroitement à la création du parti politique Fetia api, présidé par Boris Léontieff, ainsi qu’à la définition de son positionnement politique. Il devient le principal rédacteur du programme électoral élaboré pour les élections territoriales de mars 1996, remportées une fois encore par le Tahoera’a huiraatira’a et son président Gaston Flosse.

    Aux côtés de Boris Léontieff, Lucien Kimetete, maire de Nuku Hiva, et les membres du bureau exécutif du Fetia api, Jean-Pascal participe à tous les combats politiques de l’époque. Il multiplie les contacts, conforte ses relations et ses amitiés dans les milieux syndicaux, politiques et associatifs. Politiquement proche du parti socialiste, il entretient des réseaux professionnels avec plusieurs ministres et responsables de ce parti.

    A partir du début d’année 1997, Jean-Pascal connaît pourtant une vrai période de doute, telle que l’on peut la ressentir à cet âge lorsque l’on s’aperçoit que, décidément, la vie n’apportera peut-être pas tout ce dont on avait rêvé. Et même si ses amis, sa famille, tentent de le convaincre qu’il est difficile de changer le monde, les choses, pour lui, ne progressent pas assez vite. Il s’interroge sur sa situation professionnelle et envisage très sérieusement un vrai retour au journalisme. Il supporte mal de voir quelques compagnons de lutte changer de bord, pour des raisons avant tout matérielles.

    Il est malgré tout aux côtés de Francis Stein lorsque celui-ci est candidat Fetia api sur la circonscription Ouest de Polynésie lors des élections législatives de mai 1997. Quelques mois après, il reprend un travail d’investigation dans une affaire touchant directement le président du gouvernement et dépose lui-même une plainte au tribunal pour ingérence. Fin 1997, il participe activement à la lutte menée contre la réalisation d’un centre d’enfouissement technique de déchets ménagers sur le site de Paihoro, situé à 60 km de Papeete.

    Ainsi, Jean-pascal, même s’il ne le réalisait certainement pas lui-même, était devenu petit à petit plus pointu, plus incisif et plus percutant dans le domaine de l’action politique qu’il menait avec Boris Léontieff.

    Aussi, lorsque Jean-Pascal disparaît brusquement dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, c’est bien sûr avec stupeur et incompréhension que sa famille et ses amis se lancent d’abord à sa recherche. Au fur et à mesure des jours et des semaines qui passent, l’espoir de le retrouver en vie s’estompe avec douleur. Les doutes et les incertitudes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée passée à son domicile ont laissé un profond sentiment de malaise dans l’entourage familial. La justice, qui avait été saisie de cette affaire dans le cadre d’une plainte déposée pour enlèvement et séquestration, n’est jamais parvenu jusqu’à ce jour, à déterminer les motifs et les conditions de sa disparition.

A propos de Jean-Pascal Couraud

Une nuit de décembre, Jean-Pascal a disparu.

Au petit matin, un ciel en deuil pleurait une pluie fine, je m’ en souviens.

Jean- Pascal n’ est jamais revenu.

Pendant sept ans une molle justice fit mine d’ éclaircir le mystère.

Puis de l’ Assemblée du Peuple montèrent des voix indignées : Jean- Pascal aurait été assassiné.

Du Palais de l’ Injustice filtra très vite le sourd murmure d’ un homme encagoulé, terrorisé, accusé d’ avoir parlé . Menteur, dit. le Juge. Cette vérité n’ est pas la bonne .

L’ homme fut mis à l’ ombre.

Au dessus de la maison familiale le ciel reprit le deuil. On boucha les oreilles des enfants effrayés. La clameur du scandale, l’ horreur des détails, entraient par les portes et fenêtres.

Enfin l’ écho d’ une fervente prière s’ éleva d’ une vallée, accompagnant l’ âme du disparu. Elle berça les enfants.

Certains jours, en regardant la mer, je vois scintiller dans ses reflets le visage de mon frère. Dans une trouée de lumière, il surgit de ma mémoire.

Nous tous, famille, amis, savons aujourd’hui plus encore à quel point nous devons continuer le combat pour la vérité, quel qu’ en soit le prix. Et nous avons besoin de l’ aide honnête, sincère et sans réserves de ceux qui la détiennent. Sylvie Couraud

La création du comité de soutien décidée au début du mois de novembre 2004Jean-Pascal Couraud est un ancien journaliste connu en Polynésie française sous le nom de JPK, rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti de 1986 à 1988, puis de 1991 à 1997, chargé de communication auprès de Boris Léontieff avec qui il menait un combat politique farouche contre le Tahoera’a huira’atiraa et son président Gaston Flosse. Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, Jean-Pascal disparaît brutalement et définitivement de son domicile dans des conditions qui n’ont jamais pu être établies avec certitude, malgré l’enquête judiciaire et l’enquête de gendarmerie menées à l’époque.

Le 5 octobre 2004, Vetea Guilloux, salarié du groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), établissement placé sous la tutelle de la présidence du gouvernement de Polynésie française, déclare à un ministre du gouvernement de la Polynésie française :

1-     avoir été lui-même en charge d’une filature et d’un espionnage en règle de Jean-Pascal Couraud dans la période précédant sa disparition intervenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, au sein d’une équipe placée sous la direction d’un ancien responsable de la DGSE nommément désigné ;

2-     avoir participé au sein d’un commando de 5 personnes, dont deux de ses collègues nommément désignés, tous salariés du GIP (service placé sous l’autorité de la Présidence du gouvernement de la Polynésie française), à l’enlèvement de Jean-Pascal Couraud, mentionnant ensuite des faits de torture et, après en avoir reçu l’ordre par téléphone, des faits d’assassinat.

Lors de son interrogatoire par les gendarmes plus d’une semaine après, Vetea Guilloux a maintenu ces mêmes déclarations de torture et d’assassinat, mais a avoué seulement en avoir reçu le récit par ses deux collègues lors d’une soirée arrosée. Puis, il s’est rétracté au milieu de la deuxième nuit de garde à vue, épuisé et apeuré face à ses collègues qu’il venait de dénoncer. Sans même en avoir informé le juge chargé à l’époque de l’enquête sur cette disparition et qui n’avait pas encore clôturé officiellement le dossier, le procureur de la république a fait procéder aussitôt au jugement de Vetea Guilloux en comparution immédiate, celui-ci étant assisté d’un avocat désigné deux heures avant l’audience. Le 14 octobre 2004, moins de 48 heures après son arrestation, Vetea Guilloux a été condamné pour dénonciation mensongère et calomnieuse à un an de prison dont neuf mois avec sursis.

Dés le lendemain de son jugement, Vetea Guilloux a réitéré ses déclarations initiales et a déclaré être revenu sur ses propos devant les gendarmes par peur et par fatigue. Il a donc maintenu l’ensemble de ses déclarations  en audience d’appel du 4 novembre 2004.

Confrontée à la gravité de ces accusations, et constatant que malgré quelques incohérences, le scénario de l’assassinat décrit par Vetea Guilloux restait malgré tout une hypothèse plausible, la famille de Jean-pascal Couraud, constituée auprès d’un avocat, et appuyée par l’association Reporter sans frontières, a bien sûr sollicité dés le 3 novembre 2004 la réouverture de l’enquête pour faits nouveaux auprès du procureur de la république. Cette demande de ré ouverture pour charges nouvelles était alors rejetée.

Dans l’attente du jugement devant être rendu le 18 novembre, choqués par l’attitude du procureur de la république, la famille et les amis de Jean-Pascal Couraud qui souhaitaient se réunir et s’associer dans cette épreuve, ont créé le vendredi 12 novembre 2004 un comité de soutien dans le but d’obtenir la réouverture de l’enquête relative aux conditions de la disparition de JPK et d’obtenir la vérité sur les circonstances et les causes de cette disparition.

En effet, de l’aveu même du ministère public, il était alors devenu évident que la situation de crise politique que traversait la Polynésie française allait constituer un obstacle majeur à la recherche de la vérité. Selon le procureur général, enquêter sur un assassinat possible d’un opposant politique notoire par des employés du GIP, aurait immédiatement été interprété par l’opinion comme une confirmation de cet assassinat.

Parallèlement à l’action judiciaire qui devait se poursuivre, il était donc devenu essentiel de rappeler avec force aux institutions le devoir de justice et de vérité dû à chaque citoyen indépendamment de toute autre considération, surtout s’agissant de faits pouvant être criminels. L’existence d’un comité de soutien réunissant famille et amis a facilité la mobilisation des media et de l’opinion.

Cette réouverture de l’enquête devait également permettre de reprendre le travail d’investigation visant à déterminer plus précisément le déroulement de la dernière soirée de Jean-Pascal Couraud à son domicile. En effet, l’enquête menée d’abord par la gendarmerie puis par le juge d’instruction n’avait jamais réussi à lever les doutes importants qui avaient toujours subsisté à ce sujet.

Le rôle du comité

    Comme indiqué dans sa dénomination, le comité de soutien visait au départ à obtenir, par tout moyen légal, la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité sur les conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud. Aujourd’hui, après une forte action du comité de soutien, relayée par les médias en novembre et décembre 2004, une nouvelle enquête a été ouverte suite au dépôt de plainte pour assassinat et complicité déposée en décembre 2004 par la famille de JPK.

Constitué juridiquement en association, le comité de soutien peut engager en son nom à toute action utile auprès de l’institution judiciaire ou de toute autre administration visant à atteindre les buts qu’il s’est fixé.

La forme associative permet par ailleurs à toute personne désirant soutenir la démarche de se joindre à la famille et aux amis de Jean-pascal Couraud et de manifester ce soutien par l’adhésion formelle à l’association.

Les responsables du comité de soutien s’engagent à tenir informées les membres du comité au fur et à mesure du déroulement des évènements. Pour ce faire, un site a été créé, régulièrement mis à jour du déroulement des procédures en cours et de l’enquête conduite. Il accueille également les démarches d’adhésion au comité.

Les membres du bureau

Le comité de soutien a été  créé le vendredi 12 novembre 2004 lors d’une assemblée générale constitutive. Le bureau directeur désigné lors de cette réunion sont les suivants :

Président                                                              Philippe Couraud

Secrétaire                                                             Dominique Morvan

Trésorier                                                               Eric Monod

Assesseur                                                             Rémy Cuitot

Cotisation

La cotisation d’adhésion au comité de soutien est fixé à 1000 fcp ou 10 euros.

Adresse

Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de JPK

BP 4106 – 98728 Vaiare MOOREA

POLYNÉSIE FRANÇAISE

Compte japonais de Chirac : du nouveau côté Tahiti

Par Pascal Riché | Rue89 | 10/09/2007 | 01H00

Jean-Pascal Couraud, journaliste retrouvé mort à Tahiti (DR).Le comité de soutien pour la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, alias » JPK » , » suicidé » en 1997, a décidé de rendre public le nom de l’avocat qui, le premier, a évoqué un lien possible entre cette sombre affaire avec le » compte japonais de Chirac » . Il s’agit de Maître Jean-Dominique des Arcis.

Voici ce que nous écrivions en juillet dernier :

Philippe Couraud, frère de JPK, raconte à Rue89 qu’il a, en février, recueilli les confessions de l’avocat ami de son frère en février dernier. C’était un avocat engagé contre Flosse, qui continue d’exercer à Tahiti. » Pendant dix ans, cet avocat avait pourtant conforté la thèse du suicide de Jean-Pascal. Et là, spontanément, dans mon bureau, il a commencé à me parler de cette affaire » . Il lui a raconté comment, avec Jean-Pascal Couraud, ils avaient pris connaissance de virements comptables d’une société de perliculture ayant pignon sur rue vers un compte japonais dont le détenteur était, croyaient-ils, Jacques Chirac.

L’avocat a été suivi, cambriolé. Quelqu’un à Paris l’aurait mis en garde : » Arrête tout, où tu es mort. » Il aurait alors décidé de prendre ses distances.

Philippe Couraud et ses amis viennent de donner des détails de cet épisode sur leur site. Maître Jean-Dominique des Arcis aurait, selon eux, confirmé devant le juge les propos qu’il avait tenus en février devant Philippe Couraud. En 1997, juste avant sa mort, JPK disposait, aurait déclaré des Arcis au juge, d » informations précises » sur les transferts financiers effectués de la Polynésie vers un compte bancaire japonais qui aurait appartenu à Chirac » .

 » Sur la base de ce témoignage, nos avocats ont demandé que les pièces saisies chez le général Rondot concernant ce compte japonais soient versées au dossier d’enquête. La famille, partie civile, a par ailleurs adressé un courrier (…) aux juges d’Huy et Pons, en charge de l’affaire Clearstream, afin de signaler les liens possibles entre la DGSE et la disparition de Jean-Pascal Couraud. »

Enfin le site des amis de JPK livre également le nom du groupe de perliculture par lequel des transferts financiers seraient partis vers le supposé compte japonais de Chirac. Il s’agirait disent-ils, du groupe Wan :

 » Il [des Arcis, en février] mentionne également l’existence de comptes bancaires que Flosse et un autre homme politique français (Jacques Chirac) possèdaient dans une même banque au Japon. Il indique qu’en 1997, il disposait d’informations fiables émanant de personnes travaillant au sein du groupe Wan, relatives à des transferts financiers effectués vers le Japon, sur le compte de cet autre homme politique.  »

 » Il avait rédigé une fiche sur cette affaire. Jean-Pascal Couraud disposait de ce document. Maître des Arcis indique qu’à la même époque, qu’il qualifie de » très chaude » , il avait été cambriolé et son disque d’ordinateur volé ; on avait également tenté de l’acheter, en vain. Puis il fut progressivement suivi en permanence de manière ostensible. Il chercha alors à se renseigner auprès de connaissances proches du milieu des services secrets sur la nature exacte du problème qu’il posait, il cite l’entourage de Focart et de diverses personnes intervenant dans le monde politique. L’ami avocat qui était alors son intermédiaire, lui indiqua que » s’il poursuivait ses investigations sur ces transferts comptables, il serait mort » . Maître des Arcis décidait alors, soucieux de protéger sa femme et sa famille, de laisser effectivement tomber le combat qu’il menait. Les intimidations cessèrent. »

Le juge a proposé, le 10 juillet dernier, de clore l’enquête. La famille dispose depuis lors de trois mois pour demander des investigations complémentaires, audition de nouveaux témoins ou vérification de certains points du dossier. Au terme de ces trois mois, et faute de mise en examen, une ordonnance de non-lieu est probable.

Pascal Riché

► Mis à jour le 12/09/2007 : Selon le PV de l’audition de des Arcis devant le juge, que nous avons pu lire, l’avocat affirme qu’il croit au suicide de « JPK » . Extraits :  «   En tant qu’avocat, je sais ce que Jean-Pascal Couraud détenait comme informations et pour lesquelles il voulait bien m’informer, mais je ne peux pas vous en dire plus pour des raisons liées au secret professionnel » , dit-il.

Mais aussi, à propos des transferts de fonds vers le Japon :  » Je pense que Philippe Couraud [le frère du défunt]fait de l’auto-persuasion et qu’il me prête des propos qu’il aurait souhaité entendre de ma part. »

Interrogé sur sa conviction personnelle quant à la mort de Jean-Pascal Couraud :  » Moi, jusqu’à présent, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un suicide et rien ne me permet aujourd’hui de penser qu’il s’agit d’un assassinat. » L’essentiel, c’est que des Arcis reconnait l’existence d’une note, qui confirmerait des transferts d’argent vers un compte japonais appartenant à Jacques Chirac. Le juge lui demande s’il est vrai qu’il dispose d’informations fiables de personnes travaillant au sein du groupe Wan concernant les transferts financiers effectués vers ce compte, s’il est également vrai qu’une fiche aurait été rédigée sur cette affaire, et que Jean-Pascal Couraud aurait détenu ce document. Il répond :

« J’ai fait état au cours de cet entretien avec M. Philippe Couraud de l’existence d’une note circulant à Papeete en 1998-1999 faisant état de transferts de fonds par WAN à M. Jacques Chirac. Cette note était certainement plus ancienne mais j’en ai eu connaissance qu’en 1998-1999. Je ne sais pas si M. Jean-Pascal Couraud était en possession de cette note. Je précise que cette note avait été rédigée anonymement et qu’elle faisait l’inventaire d’affaires. »

Rappel des différents qui ont inquiétés Gaston Flosse :

DROIT DE SUITE

Affaire JPK : le journaliste qui accusait la justice condamné pour diffamation

A rticle de Pascal Riché publié par Rue89 dans la rubrique Droit de justice le 25/06/2009 à 14H45.
La 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a condamné mardi Alex du Prel, le directeur du journal Tahiti-Pacifique, pour avoir diffamé le procureur Jean Bianconi. J’avais assisté à cet étrange procès, qui s’était tenu en l’absence de tous les acteurs de cette affaire, à 16 500 kilomètres des faits jugés, le mois dernier.

Alex du Prel avait, dans un article publié en janvier 2007, accusé le parquet de Papeete de chercher à étouffer l’affaire de la disparition controversée du journaliste d’investigation « JPK » (Jean-Pascal Couraud).

1 000 euros d’amende et 1 000 euros de dommages et intérêt

Ill écrivait notamment :

« Serait-ce dû au fait qu’un haut magistrat pourrait se croire investi par une sorte de “mission divine”, qui consisterait à orchestrer une machination (à laquelle certains juges accepteraient de participer) pour protéger par tous les moyens l’ex-GIP et son chef Rere Puputauki qui, s’il était condamné, pourrait mettre en danger le sénateur Flosse, lequel à son tour pourrait alors mettre en danger “les plus hautes sphères de l’Etat” ? »

Du Prel, devra payer une amende de 1 000 euros et devra verser à Bianconi 1 000 euros de dommages et intérêts. Il a décidé de ne pas faire appel, selon son avocate, Me Claire Doubliez.

Reporter sans frontières a regretté cette décision de justice  :

« Il est regrettable que la justice soit plus prompte à attaquer et condamner un journaliste qui critique son action, plutôt que de concentrer ses efforts sur la résolution de dossiers criminels, dont l’affaire de la mort de Jean-Pascal Couraud. »

C’est grâce aux efforts de la famille de JPK et à quelques journalistes courageux comme Alex du Prel que l’affaire JPK n’a pas été classée.

Jean-Pascal Couraud, qui enquêtait sur des affaire sensibles mettant en cause le potentat local Gaston Flosse, a disparu en 1987. La thèse du suicide, qui avait initialement été privilégiée, est depuis deux ans sérieusement remise en cause par plusieurs témoignages.

Un extrait du jugement, dont j’ai copie intégrale :

Sur la bonne foi
Si les imputations diffamatoires sont réputées faites dans l’intention de nuire, le prévenu peut cependant justifier de sa bonne foi et doit, à cette fin, établir qu’il poursuivait, en
publiant les propos litigieux, un but légitime exclusif de toute animosité personnelle, qu’il a
conservé dans l’expression une suffisante prudence et qu’il s’est appuyé sur une enquête
sérieuse.
En évoquant les aléas d’une enquête sur la disparition d’un journaliste et l’éventualité que
celle-ci soit consécutive à un crime dans lequel pourraient être impliqués des agents
publics, le prévenu poursuivait un but légitime d’information du public et spécialement de
ses lecteurs de Polynésie française. Rien dans les propos poursuivis ni dans aucun autre élément produit aux débats ne permet de
retenir qu’au delà de ce but d’information du public, le prévenu aurait en fait été mu par une
animosité de nature personnelle à l’encontre de la partie civile.
Les pièces versées au titre de l’offre de preuve, également invoquées au soutien de l’exception
de bonne foi, contiennent un certain nombre d’éléments qui viennent partiellement donner aux propos litigieux une base factuelle.
Même si, compte tenu des poursuites disciplinaires engagées contre lui, les termes de la lettre de Jean-Bernard TALIERCIO doivent être pris avec circonspection, il n’en reste pas moins que ce magistrat y accuse, en termes vifs, Jean BIANCONI de l’avoir mis en cause au seul motif qu’il avait mis en examen Gaston FLOSSE dans les « deux plus gros dossiers d’emplois fictifs que notre pays ait connus ». Avec les mêmes réserves, il en est de même de l’attestation de Gilles GOUBIN, officier de gendarmerie, qui s’estime pour sa part une « victime collatérale des opérations de déstabilisation mises en œuvre contre » M. TALIERCIO.
Par ailleurs, quoique les conditions de sa publication dans TAHITI PACIFIQUE (pièce 13) ne soient pas explicitées, il apparaît qu’un procès-verbal de gendarmerie donne quelque crédit aux révélations faites par Vetea GUILLOUX, lesquelles auraient suscité, au sein de la gendarmerie, « la création d’un groupe d’enquêteurs nommé “JPK 987” aux fins notamment de procéder aux investigations qu’elles imposaient, et ce, sous l’autorité d’un conseiller à la cour d’appel. Ce même procès-verbal mentionne que les dites investigations auraient notamment démontré “l’existence d’une ‘cellule d’espionnage’ installée dans les locaux du GIP”, qui aurait eu “pour vocation de suivre tant dans leur vie privée que dans leur vie publique les opposants politiques, les amis et les familiers du Président Gaston FLOSSE”. L’authenticité de ce procès-verbal apparaît confirmée par la publication, à sa suite, d’un communiqué du colonel commandant la gendarmerie pour la Polynésie française, qui “demande aujourd’hui même à monsieur le procureur de la République qu’une enquête soit diligentée pour rechercher les origines de la divulgation d’une pièce de procédure”.

Le premier communiqué de presse du comité de soutien pour la réouverture de l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal COURAUD (pièce 12) évoque également les révélations faites par Vetea GUILLOUX, sa rétractation, sa condamnation en comparution immédiate pour “dénonciation mensongère et calomnieuse” à un an de prison, dont neuf mois avec sursis, et l’écho que donne publiquement à cette affaire Oscar TEMARU, président de la Polynésie française. Un communiqué suivant (pièce 8) fait état de la décision prise par la cour d’appel qui aurait partiellement sursis à statuer dans l’attente de l’aboutissement d’une enquête ouverte sur une plainte du comité.
Un article de presse (pièce 4) se fait, par ailleurs, l’écho d’une prise de position de ce même comité, qui “regrette l’inertie de la justice face à ‘quatre nouveaux témoins’, prise de position réitérée sur son site Internet (pièce 15). Un autre (pièce 8) mentionne l’annulation par la Cour de cassation de la condamnation de Vetea GUILLOUX. Plusieurs autres (pièces 5, 6, 7, 9 et 10) évoquent, en des termes proches de ceux résultant de la lettre de Jean-Bernard TALIERCIO et de l’attestation de Gilles GOUBIN, le rôle qu’aurait tenu Jean BIANCONI, qui aurait tenté d’utiliser celui-ci pour déstabiliser celui-là, qui venait de mettre en examen Gaston FLOSSE, avant de se retourner contre l’officier de gendarmerie qui ne se serait pas prêté à cette manipulation. Deux coupures de presse (pièces 3 et 11) relèvent des réquisitions de relaxe prises par le procureur de la République à l’égard de proches de Gaston FLOSSE. Une autre (pièce 14) évoque la demande de ‘dépaysement’ de l’enquête sur la mort de Jean-Pascal COURAUD et envisage l’hypothèse qu’il s’agisse ‘d’une manoeuvre pour enterrer’ le dossier”.
Ces éléments viennent documenter nombre des faits évoqués dans l’article. Leur valeur probante généralement limitée n’autorisait cependant pas le prévenu à procéder, sans autre précaution, à la simple compilation de ces informations de seconde main. S’il pouvait néanmoins, sur cette base, s’interroger sur les anomalies ou insuffisances qui étaient susceptibles d’affecter tant l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal COURAUD qu’un certain nombre de procédures annexes, il se devait de ne le faire qu’après avoir sollicité le point de vue du procureur de la République, qu’il atteignait directement et gravement dans son intégrité professionnelle, et en conservant à son ton la prudence que la fragilité des documents recueillis commandait.
Or, si l’article procède pour l’essentiel par insinuation, il est cependant univoque et conduit le lecteur vers une conclusion sans nuance, à l’image du dessin qui figure sur la dernière page de l’article. Dans ces conditions, le bénéfice de la bonne foi ne saurait être reconnu au prévenu, contre lequel le tribunal entrera en voie de condamnation.

A LA UNE

Affaire JPK : le procureur de Tahiti en arroseur arrosé

Par Pascal Riché | Rue89 | 20/05/2009 | 15H05
La 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris a l’habitude de juger les affaires de diffamation. Parfois, pourtant, les procès se retournent : les avocats des supposés « diffamateurs » en sont réduits à déballer le linge sale des prétendus « diffamés ». C’est ce qui est arrivé mardi après-midi, au détriment du procureur de la République de Tahiti, Jean Bianconi.

L’affaire portait sur un article écrit par un journaliste indépendant de Tahiti, Alex du Prel. Ce journaliste et écrivain d’origine américaine anime presque à lui seul le mensuel Tahiti Pacifique, depuis un coin reculé de l’île de Moorea.

C’est un homme courageux, qui n’hésite pas à « porter la plume dans la plaie », comme disait Albert Londres : il dénonce souvent les affaires de corruption en Polynésie, et n’a jamais accepté que l’on enterre l’enquête sur la mort du journaliste Jean-Philippe Couraud, connu à Tahiti sous les trois lettres « JPK ».

Ce dernier, on le sait, a disparu dans des circonstances suspectes en 1997. La thèse officielle de ette disparition est le suicide, mais la famille a la conviction qu’il a été assassiné.

Un article assassin pour le parquet de Tahiti et le procureur Bianconi

Alex du Prel pense lui aussi que JPK a été tué, noyé par des hommes de main de l’ancien président Gaston Flosse. Dans un article publié en janvier 2007, titré « Oui, JPK a bien été assassiné ! », il accusait ouvertement le Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP, l’ancienne milice de Gaston Flosse) d’être à l’origine de sa mort.

Mais il y mouillait aussi la justice locale, estimant « ridicule voire carrément suspect (…) l’acharnement du parquet de Papeete et de l’entourage de l’ex-président Flosse pour tenter de démontrer par tous les moyens que les témoignages (allant dans le sens d’un assassinat) ne seraient que des “rumeurs fantaisistes” ».

Il visait clairement, sans le nommer directement, le procureur Jean Bianconi :

« Serait-ce dû au fait qu’un haut magistrat pourrait se croire investi par une sorte de “mission divine”, qui consisterait à orchestrer une machination (à laquelle certains juges accepteraient de participer) pour protéger par tous les moyens l’ex-GIP et son chef Rere Puputauki qui, s’il était condamné, pourrait mettre en danger le sénateur Flosse, lequel à son tour pourrait alors mettre en danger “les plus hautes sphères de l’Etat” ? »

A la suite de la parution de l’article, Jean Bianconi, son substitut Christophe Perruaux et le juge d’instruction Philippe Stelmach ont porté plainte en diffamation contre du Prel.

Un procès à 16 500 kilomètres des faits jugés

Mais les trois hommes ont choisi de porter l’affaire à Paris, à 16 500 kilomètres de la rédaction de Tahiti-Pacifique. Une manoeuvre visant, selon le journaliste, à sortir le dossier de son contexte. Commentaire d’Alex du Prel, dans un email qu’il nous a adressé :

« Imaginez le tollé qui se soulèverait en France si le procureur de Paris assignait le directeur de publication d’un magazine parisien devant le tribunal correctionnel de Papeete, sous prétexte que trois exemplaires seraient vendus à Tahiti.

C’est un procédé que quelques rares vicieux ont utilisé dans le passé pour se venger d’éditeurs de livres (jamais de presse) qui les malmenaient. ».

Entre le dépôt de cette plainte et le procès de mardi, de l’eau a coulé. Et cette eau a charrié de nombreuses révélations et rebondissements, donnant raison à ceux qui, comme du Prel, réclamait début 2007 une réactivation de l’enquête. Celle-ci a récemment conduit à des perquisitions à la DGSE ou chez Gaston Flosse.

Un parquet qui poursuit un journaliste, mais pas les nervis de Flosse

A cause de la distance, aucune des parties (accusateurs ou accusé) n’était présente mardi dans la salle d’audience. Pour défendre son client, Me Claire Doubliez a choisi d’étaler les turpitudes de la justice de Tahiti : il lui fallait démontrer la bonne foi de son client, et donc reconstituer pour les juges le contexte de l’article incriminé.

Le résultat : un tableau effarant de la justice de Polynésie, dans son versant « parquet ».

Jean Bianconi était jusqu’en 2003 le président de la chambre d’appel d’Aix-en-Provence. Chiraquien, acteur et témoin du drame de la grotte d’Ouvea en Nouvelle-Calédonie, il a été nommé procureur de la République à Papeete alors que Gaston Flosse, ami de Jacques Chirac, commençait à avoir des ennuis judiciaires pour son abus d’emplois
fictifs.

Dans sa plaidoirie, l’avocate du journaliste s’est interrogée : qu’est-ce que c’est que ce parquet qui poursuit un journaliste dérangeant, mais qui n’a rien fait pour poursuivre les agents du service de renseignements du GIP, les « tontons macoute de Gaston Flosse » ?

Et lorsque le même GIP, a-t-elle poursuivi, s’est ouvertement rebellé contre Oscar Temaru, en 2005, « qu’a fait le parquet ? Rien ».

Des pressions indignes sur le juge chargé de l’affaire

Que penser d’un procureur qui donne son feu vert à l’arrestation et la condamnation express, en comparution immédiate, pour dénonciation calomnieuse, d’un témoin-clé, Vetea Guillou, venu expliquer en 2004 qu’il avait recueilli les confidences des assassins de JPK ?

Le juge d’instruction de l’époque, Jean-Bernard Taliercio, en charge de l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, n’avait alors même pas été informé de l’affaire…

L’avocate a relaté les pressions exercées par Jean Bianconi
contre Taliercio, alors chargé de dossiers sensibles pour Flosse, et réputé peu docile. Au bout du compte, le parquet tahitien a tenté de « coller » une affaire de harcèlement sexuel sur le dos du juge. L’affaire, instruite à Paris, a finalement débouché sur la non-culpabilité du juge…

Me Doubliez a raconté encore, pour souligner les liens Bianconi-Flosse, comment en 2006, le parquet a requis la relaxe dans une
affaire de prise illégale d’intérêt impliquant le potentat local, et qui finit quand même par la condamnation (certes légère) de ce dernier

A la sortie du tribunal, l’avocat des trois magistrats accusateurs, Me Xavier Normand-Bodard, haussait les épaules : « J’ai apporté des faits précis. La défense, elle, a essayé de réécrire un article a posteriori. »

Claire Doubliez, elle, vantant le courage de son client, semblait sincèrement choquée par toute cette affaire « hallucinante ».

Le jugement sera rendu le 23 juin.

Photo : Jean-Pascal Couraud, alias JPK, journaliste retrouvé mort à Tahiti (DR).

ENTRETIEN

Reporter disparu à Tahiti : pourquoi je crois au meurtre

Longtemps convaincu par la thèse du suicide, l’avocat de JPK, Me des Arcis, explique à Rue89 pourquoi il a changé d’avis.

Me des Arcis en janvier à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

« JPK » était son ami, mais pendant des années, il n’a pas voulu croire à son assassinat. Du moins publiquement. Le 19 juin dernier, lorsque le juge lui pose la question, il répond encore : « Jusqu’à présent, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un suicide. » Mais « après avoir consulté le dossier », l’avocat Jean-Dominique des Arcis a radicalement changé d’avis sur le sort de Jean-Philippe Couraud, journaliste disparu en 1997. Il se dit aujourd’hui convaicu qu’il a été tué.

Lors d’un récent passage à Paris, cet avocat installé à Tahiti s’est confié à Rue89. Avec des certitudes -la Polynésie a financé la campagne de Jacques Chirac- et des doutes -sur le compte bancaire japonais du même Chirac-, il raconte un archipel corrompu et entièrement soumis à la volonté de l’ancien président du gouvernement de Polynésie, Gaston Flosse.

Conseil d’ami : « Ne t’approche pas de Chirac, sinon tu es mort »

A 64 ans, Jean-Dominique des Arcis prétend avoir beaucoup de « trous de mémoire ». Les noms, les chiffres, les visages… Il en a tellement vu depuis vingt ans qu’il fréquente les contre-allées du pouvoir polynésien.

La thèse du suicide de JPK n’est pas sans arguments : juste avant sa disparition, JPK était déprimé, sa femme le trompait. Celle-ci a retrouvé une note : « Quoique je fasse, où que j’aille, je continuerai de t’aimer. » Selon les enquêteurs, le journaliste est parti avec des somnifères et ses palmes.

Seconde piste à laquelle s’intéresse l’enquête : le crime passionnel. La femme de JPK et son amant ont mis dix ans avant d’admettre, au cours d’une garde à vue, avoir eu à l’époque une relation.

Mais la famille du journaliste croit, elle, à la piste politique. En cette drôle d’année 1997, les pressions étaient fortes, tant sur JPK que sur Me des Arcis, qui travaillaient souvent ensemble.

En mars, Gaston Flosse créé le GIP (Groupe d’intervention de Polynésie), sorte de service d’ordre doublé d’une cellule de renseignements dirigée par un duo d’anciens de la DGSE. En juin 1997, le cabinet de des Arcis est cambriolé par une équipe qui emporte son disque dur et 60 kilos de documentation. Le tout sera finalement retrouvé dans les locaux de la présidence polynésienne… JPK et des Arcis, les deux opposants, sont filés, écoutés, surveillés.

La pression monte. Avertissements, menaces de mort, balles et petits cercueils reçus au courrier. A tel point que, lors d’un passage à Paris, un confrère attentionné, proche de Jacques Foccart, lui livre un vrai conseil d’ami : « Ne t’approche pas de Chirac, sinon, tu es mort. » Puis l’orage passe, jusqu’au 15 décembre 1997 – en cliquant sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/x433u0_me-des-arcis-l-avocat-de-jpk-1_news

Une disparition sans traces et sans mobile

Jusqu’au 15 décembre 1997, Me des Arcis fut donc l’avocat et l’ami de JPK l’ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti licencié lors du rachat du titre par le groupe Hersant. Les deux hommes ont en commun les combats politiques menés contre le tout-puissant Flosse. Pour le faire tomber, ils creusaient, ensemble, quelques affaires politico-financières.

A force de chercher, l’avocat et le journaliste finissent par avoir la certitude que Flosse avait largement financé la campagne électorale de Jacques Chirac en 1995.

En février dernier, le frère de JPK, Philippe Couraud rencontre Me des Arcis dans un café. Ce dernier, racontera Couraud, lui aurait alors affirmé qu’il a été en possession d’informations relatives à des transferts de fonds de Polynésie française vers un compte ouvert au Japon au nom Jacques Chirac.

L’avocat dément avoir prononcé le mot « Japon ». Et se fait bien plus prudent. « Si on retient l’hypothèse de l’enlèvement, alors la question du financement politique peut être évoquée… » – cliquer sur le lien suivant pour l’interviewe :   http://www.dailymotion.com/video/k7nhhYP8W07cBBsNuP#from=embed

Dernier épisode en date de l’instruction menée à Tahiti : le dossier Clearstream. Les deux juges parisiens en charge de cette affaire ont accepté de transmettre à leur homologue de Papeete les scellés des archives du général Rondot consacrés à l’enquête de la DGSE sur un compte japonais à la Tokyo Sowa Bank. Des scellés qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Interrogé par le journal Le Monde, le sénateur Gaston Flosse dément toute implication :

« Il n’y a jamais eu de précisions sur ces mouvements de fonds, juste des on-dit. Jamais je n’ai mis le moindre centime dans une banque pour le compte de Jacques Chirac. »

Il se déclare « à la disposition de la justice » si elle souhaite l’interroger.

Pascal Riché et David Servenay 

Affaire JPK: sur la piste des "barbouzes" de Gaston Flosse

publié le 14/01/2011

Ce « renseignement politique » du SED concernait-il également Jean-Pascal Couraud ?

Après l’avoir, dans un premier temps, nié, les anciens membres de la DGSE au service de Gaston Flosse ont bien été obligés de reconnaître que JPK faisait partie des personnalités sous surveillance, tout en niant la moindre responsabilité, directe ou indirecte, dans sa disparition.

Ainsi, le 7 juillet 2006, le patron du SED, André Yhuel, « persiste à dire que nous n’avons jamais suivi Jean-Pascal Couraud. » Entendu le 19 mai 2010 par le juge Stelmach, André Yhuel est moins formel : « Pour Jean-Pascal Couraud, je ne pense pas que c’est la hiérarchie qui a donné l’ordre [de le surveiller], mais si quelqu’un a donné l’ordre c’est forcément moi, explique à présent le patron du SED. Si les agents disent qu’on a suivi Jean-Pascal Couraud, c’est certainement vrai. Je ne m’en souviens pas (…) c’est sûrement parce que c’était un opposant et un journaliste. » Dans le bureau du juge Redonnet, le 11 juin 2010, André Yhuel réaffirme qu’il n’a « pas souvenir que cette cellule [du SED] ait suivi Jean-Pascal Couraud », mais sans démentir cette surveillance : « Si quelqu’un a demandé à Micheloni de le faire, c’est forcément moi, poursuit le patron du SED. Peut-être sommes nous tombés d’accord tous les deux au café le lundi matin sur le nom de cette personne pour occuper les employés de la cellule. » « L’ordre de suivre Jean-Pascal Couraud n’est-il pas venu de plus haut ? » , l’interroge le juge Redonnet. En effet, ce dernier, dans les mois ou années qui ont précédés sa disparition, était connu pour être un farouche opposant à Gaston Flosse et travaillait aux côtés de [l’homme politique] Boris Léontieff ? » La réponse d’André Yhuel est laconique : « Ce n’était pas le seul. »


Pourtant, cette surveillance de JPK est attestée par d’anciens membres du SED, comme Sean Whitman, embauché dès la création du service de renseignement parallèle de Gaston Flosse, en 1997.

« Je me souviens surtout que nous avons eu du mal, car c’était une de nos premières filatures, raconte Sean Whitman. Nous étions tous les trois [NDR : avec deux autres personnes, dont l’une confirmera avoir surveillé JPK] sur cette mission. » L’ancien agent du SED estime que les filatures de JPK ont commencé« environ un mois, un mois et demi avant sa disparition. » « Félicien [Micheloni] nous avait réunis tous les trois et nous avait dit que nous allions filer Jean-Pascal Couraud, poursuit le témoin. Moi, je le connaissais de réputation, mais sans plus. Je ne l’avais jamais vu. Je crois que Félicien avait une copie de presse où il y avait la photo de JPK pour qu’on puisse le reconnaître (…) Félicien nous a expliqué qu’il fallait le filer car il travaillait pour Boris Léontieff. Il fallait tout d’abord le filer pour connaître ses habitudes et ensuite ses contacts (…)ce qui aurait pu être intéressant, c’était que des gens de la présidence ou proche de la présidence [de Polynésie] fasse des allers et retours dans le bureau de JPK, ce qui n’a pas été le cas (…) nous ne l’avons pas surveillé de nuit. Dès qu’il rentrait à son domicile, nous arrêtions la filature » , explique Sean Whitman, qui précise également « avoir filmé JPK » à la sortie d’un « supermarché. »


Interrogé sur les déclarations de Sean Whitman, le patron du SED, André Yhuel explique ne pas s’en souvenir, mais sans remettre en cause la crédibilité de ses propos : « Je tombe des nues, dit André Yhuel, entendu le 7 juillet 2006. Je suis étonné. A la lecture de sa déposition, il y a un accent de vérité et de sincérité, il n’a pas inventé cela (…) visiblement, il l’a observé, cela semble vrai, mais je ne peux pas l’expliquer (…)la seule explication que je puisse donner c’est que Sean Whitman ait été positionné devant la mairie d’Arue[administrée par Boris Léontieff auprès de qui travaillait JPK] pour exercer une observation sur Boris Léontieff et qu’à travers ces observations, il ait décidé de suivre Jean-Pascal Couraud. Je trouve son audition très inquiétante. »

Gaston Flosse à Papeetee, en octobre 2004 © Stringer France/Reuters

Anne-Élise Sinclair, née Schwartz en 1948 à New York : Biographie.

Publié le

Anne Sinclair, née Anne-Élise Schwartz le 15 juillet 1948 à New York aux États-Unis, est une journaliste française.


Vie privée – 
Biographie

Née Anne-Élise Schwartz, elle est la fille de Joseph-Robert Schwartz (devenu Sinclair en 19491), homme d’affaires et chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur, et de Micheline Nanette Rosenberg2,3 (représentée sur une toile de Picasso4) et petite-fille du grand marchand d’art, parisien puis new-yorkais,Paul Rosenberg, dont elle est l’une des héritières (elle possède une partie de sa collection de tableaux d’une valeur de plusieurs millions d’euros)5,6.

Divorcée du journaliste Ivan Levaï, avec qui elle a deux enfants, David et Elie, elle épouse à Paris (mairie du 16e arrondissement) le 24 novembre 1991 l’homme politique Dominique Strauss-Kahn.

Carrière

Licenciée en droit, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris (filière Politique et Social, 1972), elle commence sa carrière de journaliste à Europe 1 en 1973.

En 1983, elle est engagée par TF1 pour présenter l’émission Édition spéciale. Mais c’est avec Sept sur sept, de 1984 à 1997 (en alternance la troisième année avec Jean Lanzi), et Questions à domicile qu’elle devient une vedette du petit écran. Elle obtient avec Sept sur sept deuxSept d’or, en 1985 et 1990.

Après la privatisation de TF1, elle est nommée directrice adjointe de l’information sur TF1, en plus de l’animation de ses émissions, puis directrice générale de TF1 Entreprise.

En 1997, après la nomination de son mari au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, elle décide d’arrêter de présenter des émissions politiques et devient directrice générale de e-TF1, la filiale internet du groupe, puis vice-présidente.

Elle quitte le groupe TF1 en 2001 suite à des désaccords avec Patrick Le Lay, le PDG de la chaîne. Elle rejoint le groupe Netgem, puis RTLen 2002 et collabore au magazine Paris Match.

Elle anime de 2003 à 2007 sur France Inter Libre Cours, émission où des étudiants rencontrent des professionnels.

Elle participe en 2008 à l’émission Le Grand Journal sur Canal + en tant que correspondante aux États-Unis en vue de l’élection présidentielle américaine de 2008, en alternance avec Laurence Haïm.

Bibliographie

  • Une année particulière (1982)
  • Deux ou trois choses que je sais d’eux (1997)
  • Caméra subjective (2002)

Notes et références

  1.  Journal officiel du 9 août 1949
  2.  Holocaust Justice: The Battle for Restitution in America’s Courts par Michael J. Bazyler
  3.  Sam To Return Matisse Stolen During Wwii [archive]
  4.  Dation Madame Micheline Sinclair-Rosenberg, septembre 2008 [archive]
  5.  « Strauss-Kahn à découvert » [archive]L’Express, 16 mars 2000.
  6.  Judith Benhamou-Huet, « Une héritière très réservée », Le Pointno 2004, 10 février 2011, pp. 44-45.

Lien externe

EXPOSITION DOSSIER – Picasso et Paul ROSENBERG
Portrait de Madame Rosenberg et sa fille
Biarritz, 1918

Dation Madame Micheline Sinclair-Rosenberg, septembre 2008

Parcours Chronologique
de la Collection permanente

Exposition dossier salles 6, 7, 8

PICASSO
ET PAUL ROSENBERG

L’œuvre de Pablo Picasso entrée en dation dans les collections nationales, est un grand portrait représentant Madame Paul Rosenberg tenant sur ses genoux sa fille Micheline alors âgée de un an et demi. Cette toile est réalisée en août 1918, alors que Pablo Picasso et sa jeune épouse, Olga Khoklova, résident pour l’été chez Madame Eugenia Errazuriz à Biarritz. Le mariage de Picasso et Olga, danseuse des Ballets Russes rencontrée en 1917, à Rome, sur le montage de Parade, est célébré à Paris, à l’église orthodoxe, le 12 juillet 1918. Madame Errazuriz, grande mécène d’origine chilienne collectionnant les œuvres de la période cubiste de Picasso, invite le jeune couple à passer leur lune de miel dans sa villa La Mimoseraie. Durant ce séjour, le marchand d’art Paul Rosenberg qui est en villégiature avec sa famille à Biarritz, convainc Picasso de rejoindre sa galerie. Il devient, à partir de ce moment, le principal représentant de l’artiste en France et à l’étranger et le sera jusqu’en 1939, date à laquelle il émigre aux Etats-Unis. Pour soutenir l’œuvre de Picasso au plan international, Paul Rosenberg s’associe durant ce même été 1918, avec les marchands d’art et banquier Georges Wildenstein et Jos Hessel.

Le double portrait « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille », constitue une véritable œuvre de commande faite à l’artiste par Paul Rosenberg. Jusqu’alors, Picasso n’avait jamais accepté d’exécuter de commande. S’il s’intéresse au genre du portrait, notamment en 1906 avec le « Portrait de Gertrude Stein », (Metropolitan Museum, New York), et réalise dans les années 1910-1911 une importante séquence de portraits dédiés à ses amis, collectionneurs ou marchands, réaliser une peinture de commande reste tout à fait exceptionnel dans son œuvre. Sa réalisation scelle l’accord commercial et artistique qui lie désormais Picasso à son nouveau marchand.

Le « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille », est accompagné par de nombreuses études dessinées de Madame Rosenberg ou de sa fille dont témoigne ici le dessin « Micheline Rosenberg enfant », (collection particulière, présenté en salle 8, vitrine). Dans ce tableau, les références explicites à la tradition picturale comme au genre du portrait classique, le hiératisme des personnages, la technique sophistiquée, le fini de la composition, manifestent la volonté de Picasso de peindre un « grand portrait ».

Le « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille », fait immédiatement l’objet de discussions passionnées entre cubistes et anti-cubistes. Tenu pour une trahison par les premiers et une provocation par les seconds, sa renommée sulfureuse ne cessera d’attiser la querelle des partisans et opposants du « retour à l’ordre ». Dès sa réalisation il est considéré comme l’emblème de la nouvelle manière picturale que Picasso développera jusqu’en 1924.

La démarche de révolution stylistique picassienne oscillant pour la période 1915-1923 entre cubisme, ingrisme et photographisme, se trouve parfaitement incarnée par le projet paradoxal du « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille ». Celui-ci constitue le point d’aboutissement et la clef permettant de saisir dans toute sa complexité le système de représentation antagonique propre à l’œuvre de guerre de l’artiste.

Trop souvent assimilé à la peinture de la période 1921-1923 dite « néo-classique » qui se rapporte plus directement à la relecture de la peinture antique inspirée par les séjours pompéiens (1917) et bellifontains (1921), le « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille » est à l’épicentre d’un schisme pictural et stylistique sans équivalent dans l’œuvre de Picasso. Peu de toiles peintes durant cette période témoigne avec autant d’âpreté de l’intérêt ambivalent de Picasso pour l’art des maîtres. Le « Portrait de Madame Rosenberg et sa fille », par sa composition ambiguë et son acidité fait virer au chromo la référence ingresque, la tirant du côté d’une relecture critique, ironique. Il veut rendre simultanément un hommage ému à l’art de Renoir à qui Picasso voue une admiration manifeste et dont il achètera plusieurs œuvres (notamment ici la toile « Portrait de Jeune fille », 1916, issue de sa collection personnelle)

Resté jusqu’à ce jour dans la famille Rosenberg, le tableau a été exposé dans la seconde exposition « Picasso » que Rosenberg consacre à l’artiste en mai-juin 1921 dans sa galerie du 21 rue La Boétie, à Paris, où il apparaît sous le titre « Portrait de femme et enfant ». Il faudra attendre 1996 pour le voir une seconde et dernière fois, lors de la grande exposition « Picasso et le portrait » présentée au Museum of Modern Art de New York puis aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris. L’excellent état de conservation du tableau témoigne de cette destinée privée.

L’entrée du tableau « Madame Rosenberg et sa fille » dans les collections nationales constitue un véritable événement et permet d’ouvrir à la recherche un domaine de la création picassienne qui, pour avoir été dès l’origine considéré comme éminemment singulière, n’a pas fait à ce jour l’objet d’étude véritablement raisonnée.

Ce tableau majeur est présenté ici dans trois salles de la collection permanente au sein d’un premier accrochage qui permet d’en mettre en évidence l’originalité stylistique. Toiles, pastels, « pochoirs », dessins contemporains de sa réalisation, conservés dans la collection, ainsi que pièces de correspondance issues des Archives Picasso, resituent le tableau dans le contexte de sa création et de la dynamique artistique de la période 1915-1923.

Ivan Levaï

Ivan Levaï, né le 18 mars 1937 à Budapest (Hongrie), est journaliste de presse écrite, de radio et de télévision.

Sommaire

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Biographie[modifier]

Alors qu’il n’est encore qu’un enfant, sa mère et lui quittent la Hongrie pour la France. Le petit Ivan est scolarisé à Paris quand arrivent les années noires de la Seconde Guerre mondiale. Ivan est alors confié à l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) qui le cache à la campagne pour le mettre à l’abri des persécutions antisémites du Régime de Vichy. Il reçoit une instruction religieuse protestante, puis catholique. Il ne reverra jamais sa mère morte en déportation. Après guerre, à la fin de ses études, il devient instituteur, puis professeur de lettres. Il enseigne à l’école du dimanche (le catéchisme pour les enfants protestants).

Passionné par l’information, il se lance dans le journalisme. Il entre au Service de la jeunesse de l’ORTF et anime, en 1963 et 1964, une émission sur France-Inter en compagnie de José ArturClaude Dupont et Michel Godard : Les ardugos. Pendant ce temps, il participe aussi à la création de la deuxième chaîne de télévision avec l’émission Main dans la main. Toujours à l’ORTF, il est chargé, au sein du Service de la Recherche dirigé par Pierre Schaeffer, d’une émission de trois mois sur les premières associations de téléspectateurs.

En 1966, Ivan Levaï rejoint l’équipe de Françoise Giroud à L’Express où il deviendra responsable de la rubrique « Éducation-jeunesse ». Il quitte L’Express en 1967.

En 1968Michel Péricard et Jean-Émile Jeannesson le chargent d’un magazine quotidien pour les jeunes, Contact, destiné aux téléspectateurs de la Première chaîne de télévision.

Ivan Levaï poursuit sa carrière comme animateur à France Inter, avant de devenir chef du service politique d’Europe 1 (19721974), puis responsable de la revue de presse matinale sur les ondes d’Europe 1, et animateur de l’émission Expliquez-vous (19731984).

C’est à cette époque (19751976) qu’il collabore à l’émission de France 3 Vendredi, avec Christine Ockrent et André Campana.

En septembre 1981, il est nommé conseiller spécial du président délégué d’Europe 1 (Jean-Luc Lagardère) pour l’évolution des programmes de la station, puis est confirmé dans cette fonction en décembre de la même année par Pierre Barret. Il crée l’émission quotidienne (20 h à 23 h) Radio Libre à… en juin 1981. Il prend ensuite la direction de la rédaction d’Europe 1 (19831985). En février, il devient chargé de mission à la cellule de réflexion à la télévision pour Europe 1, éditorialiste et responsable de la revue de presse. Il assure ces fonctions jusqu’en 1987.

Il assume ensuite la responsabilité des rédactions des quotidiens Le Provençal et Le Soir (1987-1989).

Il retourne à Radio France en tant que directeur de l’information et responsable de la revue de presse du matin à France Inter (19891996). En juin 1996, le poste de directeur de l’information de Radio France est supprimé par son nouveau Président Michel Boyon.

Le 31 octobre 1996, il présente sa 1 500e et dernière revue de presse quotidienne à France Inter.

Après la direction déléguée du quotidien La Tribune en octobre 1997, Ivan Levaï lance la Chaîne parlementaire de l’Assemblée nationale1 en octobre 1999, chaîne dont il sera président de 2001 à 2003. Sa gestion étant mise en cause 2,3.

Chargé de la revue de presse de France Musique depuis septembre 1999, Ivan Levaï relance l’historique magazine Tribune Juive créé par des Juifs ashkénazes d’Alsace en 19454 sous une nouvelle présentation mensuelle en octobre 2004. Il en assure la direction de la publication avec Yves Azéroual comme rédacteur en chef. Pour son développement marketing, il s’appuie sur une équipe composée de Françoise SampermansMartine Heissler et Lisette Jacquemont. En janvier 2008, Pierre Besnainou, actionnaire principal du magazine, transfère le journal à son partenaire en affaires immobilières. Six mois après, Ivan Levaï et son équipe sont « débarqués » par le nouveau propriétaire et actionnaire unique qui s’installe à la direction avec sa propre équipe.

Ivan Levaï assure la revue de presse quotidienne sur les ondes de la station France Musiques. En automne 2005, il revient à France Inter où il produit et anime, avec Sophie Loubière, chaque samedi l’émission Intermedia, consacrée au média.

Depuis l’automne 2006, il présente la revue de presse Le Kiosque les samedis et dimanches matin à France Inter.

Autre[modifier]

Ivan Levaï est le père de trois garçons. Divorcé de Catherine Pégard, mère de son aîné, puis d’Anne Sinclair, mère de ses deux plus jeunes, David et Elie, il est aujourd’hui l’époux de Catherine Turmot[réf. nécessaire], chef de cabinet de Michel Boyon[réf. nécessaire], président duConseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Il est président de l’Association Presse-Liberté.

Ivan Levaï était l’invité à France Inter de la première du Ministère Psychique, le 6 septembre 20085.

Bibliographie[modifier]

Immigration, décidément, là bas comme ailleurs

Profitant d’un taux de popularité résolument à la hausse (avec un nouveau sondage le créditant à plus de 60% – son meilleur score depuis l’état de grâce post-élections), Barack Obama s’est envolé hier pour El Paso (Texas), décidé à s’attaquer de front à la question de l’immigration, un dossier toujours très sensible et polémique, en Amérique comme ailleurs.

Opération communication oblige, c’est dans un arrière-plan de miradors et de barbelés que le président a plaidé pour une réforme nationale de l’immigration – ou plutôt reparlé de son projet de réforme, car il n’est venu que répéter hier des mesures qu’il avait déjà présentées l’été dernier, en plein débat sur le durcissement des contrôles en Arizona.
Car au-delà des enjeux démographiques et migratoires, l’objectif de ce déplacement organisé à la dernière minute était d’abord fondamentalement politique. En effet, la mort de Ben Laden est devenu un prétexte parfait pour les Républicains, qui pressent l’administration Obama de renforcer les effectifs et contrôles aux frontières, agitant les menaces de représailles, et qui mettent la pression aux élus démocrates pour redéfinir la politique de sécurité nationale ou exigent un retrait anticipé en Afghanistan.

Ainsi BO s’est évertué, pendant près de 40 minutes, à renvoyer l’opposition à ses responsabilités, non sans une certaine ironie : « Voici le coeur du problème et je veux que vous prêtiez tous une oreille attentive à ce que je vais vous dire. Nous avons fait tout ce qui était demandé, et même plus, par les Républicains qui se disaient prêts à  soutenir une remise à plat de la loi sur l’immigration, si on l’accompagnait d’un renfort aux frontières. Nous avons répondu à toutes leurs demandes (…) mais [maintenant], ils nous disent que nous devons tripler le nombre des gardes-frontières, [demain}, ils diront qu’il faudra le quadrupler. Ou ils diront qu’ils veulent une barrière plus élevée. Ou peut-être vont-ils réclamer des douves, voire même des alligators dans les douves (Rires) ! 
Ils ne seront jamais satisfaits. Et je comprends bien [ce qu’ils font]. C’est ca, faire de la politique. »
(« So, here’s the point.  I want everybody to listen carefully to this.  We have gone above and beyond what was requested by the very Republicans who said they supported broader reform as long as we got serious about enforcement.  All the stuff they asked for, we’ve done.  But (…) they said we needed to triple the Border Patrol.  Or now they’re going to say we need to quadruple the Border Patrol.  Or they’ll want a higher fence.  Maybe they’ll need a moat.  (Laughter.)  Maybe they want alligators in the moat.  (Laughter.)  They’ll never be satisfied.  And I understand that.  That’s politics. »)

Mais Barack Obama ne s’est pas arrêté aux manœuvres d’obstruction multipliées par les élus républicains depuis un an, il a aussi dénoncé les argumentaires aux relents de racisme utilisés par l’opposition qui profite du contexte économique difficile pour sordidement mêler la peur du chômage et de l’étranger : à cause de l’enlisement au Congres, « Regardez Intel, Google, Yahoo et eBay. [Regardez de plus près] ces grandes entreprises américaines, le nombre incalculable d’emplois qu’elles ont créées, le leadership qu’elles nous ont permis de prendre en matière de haute-technologie : chacune [de ces entreprises] a été fondée par un immigré ».

Oui, il y a les actes et ceux qui les dénoncent. Il y a la volonté de gouverner pour le mieux de son pays et celle de marquer des points en détruisant toute initiative et en jouant de la surenchère. Oui, il y a bien « faire de la politique » et « avoir une politique« . Rarement compatible. Obama en a fait hier la démonstration.

Rédigé par Anne Sinclair, le 12 mai à 23:12 | Lien permanent | Commentaires (29) | TrackBack (0) ShareThis

11 mai 2011

Et maintenant…

« What’s changed? » disait hier MSNBC , la chaîne d’info peu suspecte d’être hostile à Obama?

Dix jours après les soupirs de soulagement des Américains, l’heure est désormais à l’analyse. Au premier abord, tous semblent converger vers la même conclusion : certes, la mort d’Oussama Ben Laden est une étape historique, qui permet aux Américains de tourner la page des attentats du 11 Septembre, mais elle est loin de mettre fin à la lutte contre le terrorisme.
Et quand on s’éloigne de la facilité du constat pour poser la question des conséquences sur le futur de la politique étrangère américaine et de la redéfinition des objectifs et priorités, peu de choses semblent avoir changé.

Certes, dix jours après toutes les discussions sur le lancement de l’opération, son déroulement et surtout son issue, le débat sur la mort du « meurtrier« ,  ne fait plus question en Amérique. Le dernier sondage de NBC aujourd’hui vient confirmer la tendance des derniers jours : 80% des Américains interrogées déclarent que la mort de Ben Laden, plutôt que sa capture, était la bonne décision à prendre. De même, ils sont près de deux tiers à approuver la décision de ne pas diffuser les photos prises après la mort du leader d’Al Qaida.
Sondage NBC

Mais si la mort d’Oussama Ben Laden fait consensus, les questions de la guerre en Afghanistan, des relations avec le Pakistan et surtout de la place de la sécurité nationale dans la politique intérieure font réapparaitre clivages et polémiques.

1/ Si beaucoup font du dimanche 1er mai « le jour où Barack Obama est devenu Commandant in Chief » – et vous savez à quel point cette notion est importante dans les valeurs américaines et indissociable dans l’esprit des citoyens de ce pays avec le métier de Président –  Républicains et Démocrates cherchent maintenant à s’emparer du débat post-Ben Laden et se déchirent de plus bel sur le futur de la guerre en Afghanistan.
L’opposition veut faire de la sortie du conflit le nouveau défi du Président, en multipliant discours et petites phrases pour expliquer que le vrai test pour un Commandant en chef est de savoir terminer une guerre (« will Obama have the guts to walk away ? ») dont certains d’entre eux vont même jusqu’à murmurer qu’il l’avait déjà perdue. Un comble pour ceux qui ont soutenu la guerre en Irak!

Ainsi, c’est sans scrupule qu’on pouvait entendre un représentant républicain, Walter Jones, répéter sur toutes les chaînes que « alors que nos seniors ne peuvent (même) plus de (quoi s’offrir) un sandwich pour le déjeuner, qu’il n’y a plus de lait sur la table de nos enfants le matin, nous dépensons $8 milliards pour soutenir un leader corrompu (entendez Hamid Karzai) et nous envoyons des hommes et des femmes Américains se faire tuer au combat ».
Mais du côté démocrate, certaines voix font écho à ce type de propos. Et si la Maison Blanche affirme qu’il est trop tôt pour penser à un quelconque changement de plan ou de stratégie, certains élus se demandent s’il n’est pas en effet temps d’abandonner la mission de démocratisation en Afghanistan pour retourner aux purs objectifs de surveillance et de contre-terrorisme.

2/ Dans un contexte économique toujours aussi tendu, les Républicains ont donc bien compris que le seul moyen de ne laisser à Obama le temps de marquer l’événement était de ramener tous les débats à la question économique et budgétaire.
Car s’il est vrai que Barack Obama a bénéficié d’une hausse dans les sondages à la suite de la mort de Ben Laden, les chiffres restent cependant sévères. Non seulement, il ne s’agit que d’une hausse relative de trois points (le taux de popularité de BO est passé de 49% à 52%, ce qui, en tenant compte de la marge d’erreur est bien peu significatif), mais de plus, sa politique économique est toujours critiquée et peu comprise avec seulement 37% des Américains interrogés qui se disent satisfait sur la façon dont le président gère l’économie.

Et quant au soupçon d’aide et de faveurs accordées à Oussama Ben Laden par le gouvernement pakistanais, dont on présume qu’il connaissait les caches du leader d’Al Qaida, ce sont tous les Républicains qui montent au créneau pour demander des comptes sur les relations entre les deux pays.Hier, le chef de file des Républicains à la Chambre, John Boehner, a longuement remis en question l’efficacité et les choix de politique étrangère de la Maison Blanche qui a prévu, dans le budget de 2012, plus de $3 milliards d’aide au Pakistan, portant à $20 milliards l’aide apportée au gouvernement pakistanais depuis 2002.

Dossier du NYT d’hier sur l’aide au Pakistan

3/ Loin de vouloir définir ce que tous appellent désormais l’« après-Ben Laden », la Maison Blanche cherche, elle aussi, à engranger des points et profiter de cet apaisement dans les sondages pour revenir à un dossier des plus sensibles, celui de l’immigration.
Barack Obama s’est envolé hier pour le Texas, au bord de la frontière mexicaine, pour prononcer un discours sur le thème – très choisi – de la sécurisation des frontières et de l’immigration.
Et avant même de se pencher sur les réformes proposées par Obama, nombreux sont les journalistes qui titraient que « le Président (qui avait déclaré la veille que c’était un bon moment pour revenir sur le dossier de l’immigration), « portait sa victoire aux frontières »…

Autrement dit, il a vite compris que seule la situation intérieure économique et sociale, voire sociétale, fera l’élection et qu’il s’agit de profiter de l’embellie – relative – pour avancer. Mais Dieu que les victoires sont fragiles!

Rédigé à 09:37 le 11 mai 2011


Canal + sort sa nouvelle chaîne gratuite sur la TNT, nom de code : Canal 20, pour le mois de novembre 2011,

Publié le

Canal+ est heureux d’annoncer la prochaine venue d’un Canal… gratuit. Nom de code « Canal 20 ». Bertrand Méheut, son PDG l’a annoncé hier sur lefigaro.fr.

24 mars 2011  Bertrand Meheut, le PDG du groupe Canal +, dévoile dans une interview au Figaro ses plans pour la fameuse chaîne bonus accordée à TF1.

Canal+ veut lancer une chaînede télévision gratuite

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Créé le 25.03.11 à 03h39 — Mis à jour le 25.03.11 à 03h39
Bertrand Méheut, PDG de Canal+.Bertrand Méheut, PDG de Canal+.  IBO / SIPA

Canal+ est heureux d’annoncer la prochaine venue d’un Canal… gratuit. Nom de code « Canal 20 ». Bertrand Méheut, son PDG l’a annoncé hier sur lefigaro.fr : il veut lancer en novembre 2011 sur la TNT Canal 20, généraliste, « dans la lignée de Canal+, centrée sur le cinéma, la création originale », avec « des magazines culturels », mais « très peu d’événements sportifs ». Tout cela est soumis à l’approbation de Bruxelles, qui doit décider si TF1, M6 et Canal+ bénéficieront d’une chaîne bonus.

Une ambition pertinente
En attendant, « Bertrand Méheut a bien caché son jeu, car il a toujours insisté sur le fait que le métier de Canal+ était la télé payante. Une vraie partie de bluff avec TF1 et M6. Son ambition de viser les CSP+ est pertinente, reste à voir si le marché pub suivra », décrypte Philippe Nouchi, directeur de l’expertise médias de Reload pour les agences Zénith et Starcom. Il ne faudrait pas, non plus, que Canal 20 concurrence Canal+. Philippe Bailly, président de NPA Conseil, note que « c’est très cohérent en termes d’exploitation des droits et du catalogue. Mais il faut se poser la question de l’impact de la chaîne sur l’attractivité de la télé payante. »A. C. et A. K.

 

24 mars 2011  Bertrand Méheut, le patron de Canal+, a calmement et précisément lancé une grenade à la figure de TF1 et M6 en annonçant le lancement de Canal 20.

Canal 20 : Canal + investit la TNT gratuite avec une chaîne généraliste

il y a 9 heures 17 min

Premiere

Par la rédaction de Télé 7. Bertrand Meheut, le PDG du groupe Canal +, dévoile dans une interview au Figaro ses plans pour la fameuse chaîne bonus accordée à TF1, M6 et Canal. La dernière née du groupe s’appellera Canal 20, et pourrait commencer à émettre dès novembre 2011…Lire la suite l’article

« Canal 20 sera une chaîne généraliste, ambitieuse, avec une ligne éditoriale très qualitative qui s’adressera à un public large mais exigeant. Elle sera dans la lignée de Canal +, centrée sur le cinéma, la création originale et présentera aussi des magazines culturels et éventuellement un nombre très limité d’événements sportifs. » C’est donc officiel : en novembre 2011 (sauf retardement), Canal + lancera une nouvelle chaîne sur la TNT gratuite. Elle utilisera à cette fin son « canal bonus », accordé en 2005 par le gouvernement afin de compenser l’arrivée des concurrents de la TNT.

Le but de Canal 20 ? « Renforcer l’offre de la TNT gratuite avec des chaînes de qualité », afin de contrer la montée des nouveaux venus de l’Internet, comme Google TV, Apple TV, Netflix ou Hulu : « Il faut donc agir vite et développer la production française. Aujourd’hui, les chaînes qui concentrent leur offre éditoriale sur des séries américaines seront particulièrement affectées par les nouveaux acteurs de l’internet qui pourront bientôt les proposer directement aux téléspectateurs. »

Pour ce faire, Canal + n’hésitera pas à mettre les moyens dans sa nouvelle chaîne, investissant pas moins de 100 millions d’euros. Bertrand Meheut souligne alors que Canal 20 sera « le premier budget des nouvelles chaînes de la TNT ».

La couverture événementielle Par un traitement  des évènements sélectionnés original et attractif, qu’il s’agisse d’un concert, d’un festival de cinéma, d’une exposition, d’une avant-première théâtrale ou d’un one man show, Canal 20 relaiera de manière originale et exhaustive la couverture des média généralistes.

24.03.2011

Canal+ annexe la TNT gratuite avec Canal 20

 

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Bertrand Méheut, le patron de Canal+, a calmement et précisément lancé une grenade à la figure de TF1 et M6 en annonçant le lancement de Canal20, une chaîne généraliste gratuite.

L’annonce faîte au Figaro est d’importance. Le groupe Canal a les moyens de créer une généraliste fortement dotée en budget. D’autant que Monsieur Méheut a insisté sur le cinéma, soulignant qu’une frange de la production était sous-financée et que Canal 20 y remédierait. Et de dire, clin d’oeil aux organisations professionnelles, que le monde de la création a besoin de moyens financiers. Si Canal+ est devenu le premier financier du cinéma français, une force de frappe en faveur de la fiction ( « Carlos », « Pigalle », « Maison close », « Mafiosa »… ), sa force sera d’être disponible en clair, gratos, sur la TNT. M6 a su faire de W9 un atout du groupe. Canal fera de même avec Canal 20.

A ce stade, il s’agit de savoir qui portera le projet éditorial de Canal 20, de connaître son budget, de savoir quelles passerelles sont envisageables et autorisées par le CSA avec le navire amiral Canal+. Sur les questions sportives ( foot évidemment ), la chaîne cryptée est en position de force. Si Canal 20 bénéficie de quelques matchs phare de la Ligue 1 et autres bestiaux à audience, cela en fera une télévision d’importance.

Un vieil adage du show business veut qu’un concurrent nouveau ne tue pas la concurrence mais au contraire entraîne un effet d’émulation. L’arrivée de Canal 20 sur la TNT gratuite, la chaîne bonus selon le sabir du CSA, dopera le marché télévisuel français. A suivre.

Benoît Delmas

 

 

 

Lagardère vendra ou vendra pas en avril sa part dans Canal ?

Planète Média – Tribune.

Lagadère vend, ou pas sa part de Canal + en avril prochain ?

Lagadère actionnaire minoritaire (20%) de Canal +

Tant qu’il a cette part en main, il a le droit de le faire une fois par an.

Vivendi souhaiterait que Lagardère demande 1, 4 milliard pour mettre en bourse Canal +

Lagadère préfère réduire ce montant à 1 milliard.

Canal + a 2 ou 3% de croissance et aurait une jolie place et serait un joli fleuron média français sur le marché boursier, selon la Tribune.

Réponse le 1er avril 2011 … Pour rire ou s’introduire dans Canal +

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