Archives de Tag: BNP PARIBAS

L’alliance entre la machine et l’homme

Publié le

Internet, objets connectés, applications et autres gadgets hi-tech : Anthony Morel révèle les dernières tendances et astuces qui changeront le monde de demain et le quotidien de chacun.

www.bfmtv.com/mediaplayer/video/l-intelligence-artificielle-plus-forte-que-les-medecins-1080585.html

Tech for good summit at l’Élysée Paris : Une liste de grands patrons de groupes internationaux, qui a de quoi laisser rêveur, bon nombre de chef d’Etat..

Publié le

Emmanuel #Macron reçoit mercredi une cinquantaine de grands patrons à l’Élysée pour un #sommet consacré au #numérique.

Une liste qui a de quoi laisser rêveur bon nombre de chef d’Etat… Emmanuel Macron reçoit mercredi à l’Élysée une cinquantaine de grands patrons du numérique pour un sommet « #Tech for good » à la veille de l’ouverture du salon VivaTechnology. Parmi les invités, les responsables des plus grandes entreprises du numérique françaises comme internationales. Des annonces sont attendues sur l’inclusion numérique et la gestion des problèmes posés par le développement des technologies dans la société et dans le monde du travail.

Les responsables de #Facebook, #Microsoft et #Uber dans la même pièce

Si les regards se sont focalisés sur la présence de Mark #Zuckerberg, le patron et fondateur de Facebook, il ne sera pas le seul à être présent à l’Élysée mercredi. Le patron de #Microsoft, Satya #Nadella, et celui d’Uber, Dara #Khosrowshahi, qui a pour mission de relancer le service de #VTC après le départ de son fondateur, se retrouveront également à l’Élysée. #Apple, faute d’avoir pu envoyer Tim #Cook, qui a déjà rencontré Emmnauel Macron à l’automne dernier, a dépêché Angela #Ahrendts, senior vice-présidente en charge des Apple Store et très puissante dans l’entreprise.

www.europe1.fr/technologies/tech-for-good-qui-sont-les-patrons-de-la-tech-invites-a-lelysee-mercredi-3659537

Lutte contre la fraude sur les petits épargnants français par le gouvernement de François Hollande

Publié le

“@itele: Les contrôles fiscaux ont rapporté à l’État 18 milliards € en 2012, soit 10% de plus qu’en 2011, a annoncé B. #Cazeneuve aux Échos. Bercy s intéresse sur les détenteurs multi bancarisés à livrets cumulés : PEL, Livret A, CEL, PEA @salaunmai

JPK une affaire comme JFK, qui est toujours non élucidée.

Publié le
Jacques Chirac, reviewing the troops during th...

Image via Wikipedia

JPK une affaire comme JFK, qui était toujours non élucidée, fait trembler les plus hautes autorités de l’Etat.

Dans le cadre de la liberté de la presse, est-ce qu’un jour la justice française fera correctement, complètement, sainement et honnêtement son travail, pour révéler la vérité sur la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud ?

Pascal Couraud, ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti. Depuis le 15 décembre 1997, celui qui signait ses articles «JPK» n’a plus donné signe de vie. La justice n’avait jusqu’alors privilégié qu’une seule hypothèse. Celle du suicide. Qu’en est-il exactement? Au delà de son combat contre les malversations de Gaston Flosse, ancien président du gouvernement de Polynésie, ne serait-il pas aussi question de « transferts financiers de Polynésie française vers le Japon, au profit de Jacques Chirac« ?

http://www.dailymotion.com/video/x2jkj5_le-journaliste-jpk-suicide_news

Selon certains témoignages, il enquêtait sur des transferts de fonds suspects entre Robert Wan, homme d’affaires tahitien proche de Gaston Flosse, et Jacques Chirac« 1.

En juin 2007, pendant l’instruction, maître Jean-Dominique des Arcis, l’avocat de Jean-Pascal Couraud, a fait part de ses soupçons que cette enquête pouvait avoir être à l’origine de l’enlèvement supposé du journaliste 2.

En septembre 2008, la police a trouvé au domicile de Flosse « une confession non signée, mais attribuée à Vetea Cadousteau, ancien membre du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), la milice de Gaston Flosse (lorsqu’il était au pouvoir) » (dissoute en 20063, dans lequel Cadousteau affirmerait avoir assassiné Couraud à la demande de « l’un des deux ex-agents de la DGSE qui dirigeaient un service de renseignement mis en place par Flosse » 2. Selon ce témoignage, Couraud aurait été torturé puis noyé, son corps étant attaché à des blocs de béton. Mais la lettre, non signée, serait un faux2.

http://www.dailymotion.com/video/xeom27_jpk-un-journaliste-dans-la-flosse-c_news

Vetea Cadousteau a été retrouvé mort en montagne, en janvier 2004, dans des conditions suspectes2. Vetea Guilloux, un autre membre du GIP, avait été condamné pour un témoignage similaire, fait en octobre 2004, à trois mois de prison ferme pour « déclarations mensongères et dénonciation calomnieuse »

  1. « Compte japonais » de Jacques Chirac : perquisition à la DGSE, paru dans le journal Le Monde, le 6 juin 2008. Extrait : » Le juge Jean-François Redonnet, du tribunal de grande instance de Papeete, a procédé, mercredi 4 juin, à une perquisition dans les locaux de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à Paris. Un transport judiciaire intervenu dans le cadre de l’affaire « JPK ». Le journaliste Jean-Pascal Couraud, surnommé JPK, disparu à Tahiti en 1997, enquêtait à l’époque, selon certains témoignages non vérifiés, sur des transferts de fonds suspects concernant le sénateur de Tahiti Gaston Flosse, un proche de Jacques Chirac. « 
  2.  Pascal Riché,
     Pascal Riché journaliste de Libération au Salon du livre de Paris en mars 2010, écrit l’article suivant : Disparition de JPK à Tahiti : Gaston Flosse sur la défensive, et le publie sur le site Rue 89, le 16 janvier 2009, à 18H14. « 
    Disparition de JPK à Tahiti : Gaston Flosse sur la défensive

    Douze ans après la mort du journaliste, une lettre accusatrice a été retrouvée chez l’ex-président de Polynésie.

    Jacques Chirac et Gaston Flosse le 28 juillet 2003 à Bora-Bora (Philippe Wojazer/Reuters)

    Près de douze ans après la disparition à Tahiti du journaliste Jean-Pascal Couraud, surnommé JPK, l’instruction avance, au point d’inquiéter l’ancien président de la Polynésie française, Gaston Flosse, 77 ans. Qui songe à organiser une conférence de presse.

    Pendant des années, la justice de Polynésie, sous pression, a donné l’impression de patauger et de faire du surplace. Le juge qui instruit aujourd’hui l’affaire, Jean-François Redonnet, et les policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF) avancent plus rapidement. Le magistrat n’a pas hésité, par exemple, à perquisitionner au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services secrets) et au domicile de Gaston Flosse.

    L’hypothèse -officielle jusque-là- d’un suicide par noyade du journaliste perd ainsi peu à peu de sa crédibilité. Et de plus en plus d’éléments et de témoignages concordants indiquent que JPK, qui gênait, serait mort aux mains de gros bras du pouvoir local : un commando formé de quatre hommes qui l’auraient noyé au large de Papeete.

    L’élément nouveau : une confession écrite

    En septembre, les policiers ont retrouvé dans le tiroir du bureau de Gaston Flosse, à son domicile, une confession non signée, mais attribuée à Vetea Cadousteau, ancien membre du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), la milice de Gaston Flosse (lorsqu’il était au pouvoir) aujourd’hui dissoute. Deux analyses graphologiques ont été engagées pour vérifier l’authenticité de cette lettre.

    Vetea Cadousteau n’est plus là pour témoigner : il a été retrouvé dans la montagne le 24 janvier 2004, mort, un coup suspect à la tête. L’autopsie conclut à une mauvaise chute. Ce qui est difficile à croire : le rapport d’autopsie dont nous avons pris connaissance précise que le corps a été retrouvé sans chaussures, alors qu’il était censé chasser.

    La lettre retrouvée chez Flosse commence ainsi :

    « Je me nomme Vetea Cadousteau. j’écris ce testament car je sais que je serai tué dans quelque temps car j’ai participé à l’assassinat de Couraud. J’ai réfléchi à ce qui s’était passé et je n’arrive pas à vivre avec ça. (…) Je vais vous dire comment, pourquoi, pour qui j’ai exécuté Couraud ».

    Celui qui se présente comme Cadousteau raconte comment lui et trois autres membres du GIP, qu’il cite nommément, ont embarqué le journaliste (« et un dossier ») dans une voiture, puis sur un bateau :

    « Nous avons reçu l’ordre par Félicien de faire nettoyage de Couraud. »

    Ils auraient alors attaché les pieds de Couraud à « 04 gros ciments », auraient pris la direction de Moorea, auraient accroché leur victime « à une corde et une chaîne » et l’auraient fait descendre plusieurs fois dans l’eau, en lui demandant de parler du contenu de son dossier.

    L’auteur de la lettre écrit par la suite que les quatre hommes, après avoir téléphoné à un certain « Réré », ont lâché le corps, qui « est parti dans le fond ». Le lendemain, selon le récit, « Félicien » les a félicités.

    Un récit qui confirme un témoignage naguère écarté.

    « Félicien » désigne Félicien M., l’un des deux ex-agents de la DGSE qui dirigeaient un service de renseignement mis en place par Flosse (l’autre étant André Y.). Car si Flosse avait sa garde prétorienne, il avait aussi son propre service de barbouzes. Ce n’est pas la première fois que leur nom apparait dans ce dossier pour le moins confus.
    Pour Félicien, toute cette histoire n’est qu’une « affaire politico-financière » montée de toute pièce : « la lettre testament est bidon ».

    Ce n’est pas non plus la première fois que l’interrogatoire fatal de JPK est raconté. Au mois d’octobre 2004, Vetea Guilloux, employé au GIP, avait affirmé que Couraud avait été noyé, le corps lesté de parpaings, par des agents du GIP qui s’en étaient vantés un soir de beuverie.

    Vetea Guilloux avait été pris pour un fou et avait été condamné à une peine de prison ferme pour « déclarations mensongères et dénonciation calomnieuse ». L’enquête a, depuis, failli tomber en panne, plusieurs fois. Elle a repris sous l’impulsion du juge Redonnet.

    L’ombre du « compte japonais » de Chirac

    Les proches de JPK, sa famille comme son ancien ami Me Dominique des Arcis, ont aujourd’hui la conviction que la disparition du journaliste est liée à une enquête que Jean-Pascal Couraud menait sur les financements politiques du RPR. En arrière fond de ces soupçons, l’affaire du « compte japonais de Chirac ».

    En février 2007, le frère de JPK, Philippe Couraud, avait rencontré Maître Dominique des Arcis, également avocat du journaliste, dans un café. Ce dernier, racontera par la suite Philippe Couraud, lui aurait alors affirmé qu’il a été en possession d’informations relatives à des transferts de fonds de Polynésie française vers un compte ouvert au Japon au nom Jacques Chirac. Interviewé par Rue89 en janvier 2008, l’avocat avait démenti avoir prononcé le mot « Japon ». voir son interviewe en cliquant sur le lien suivant :  http://www.dailymotion.com/video/k7nhhYP8W07cBBsNuP#from=embed

    Mais il reconnaît que l’enquête que JPK et lui menaient sur le financement politique de la campagne de Chirac en 1995 peut très bien avoir été à l’origine de l’enlèvement supposé du journaliste.

    De l’enquête qu’avaient mené JPK et des Arcis, il reste une note de 13 pages que nous avons consultée (il y en avait initialement 14). Cette note, rédigée en 1998, fait état d’opérations financières mêlant Gaston Flosse, son ami Robert Wan, richissime homme d’affaires local, et Jacques Chirac. Le mot Japon y apparaît bien :

     « …CHIRAC et GASTON ont été ensemble au JAPON en juillet et en août. Or chacun sait que les cours de la perle noire de Tahiti sont entre les mains des Japonais. »

    Gaston Flosse sur la défensive

    Gaston Flosse a raconté aux policiers que « quelqu’un » lui a fait parvenir ces documents, mais qu’il n’a pas cru bon de les livrer aux autorités judiciaires parce qu’il avait « trouvé cette affaire farfelue » : « J’ai jugé que ce document n’était pas très intéressant pour l’affaire en cours », déclare-t-il aux policiers qui l’interrogent. Il considère que ces confessions « inventées » font partie d’une manoeuvre montée contre lui par ses adversaires politiques.

    Mais si ce testament était farfelu, pourquoi l’avoir « archivé » dans son bureau, lui ont demandé les policiers en septembre dernier ? Réponse du sénateur divers droite :

    « S’il y avait une quelconque réalité du récit, j’aurais fait disparaître ce document. »

    Détail troublant : le « testament », un texte écrit à la fois à la main et à la machine, a été trouvé dans le tiroir droit du bureau de Flosse, dans une grande enveloppe. A l’intérieur de la grande enveloppe se trouvait une plus petite enveloppe, également adressée à Flosse, contenant un relevé d’identité bancaire et une demande de rendez-vous manuscrite.

    Selon le journal Monde, qui a révélé une partie du contenu des documents trouvés au domicile de Gaston Fosse, à Pirae, le juge « s’intéresse aussi au crash d’un avion, en 2002, dans lequel a péri Boris Leontieff, le rival politique historique de M. Flosse », et dont JPK était très proche.

    En attendant, le sénateur pourrait être poursuivi pour délit d’entrave à la justice : fût elle anonyme, non datée, et de source inconnue, la pièce qu’il s’est abstenue de communiquer au juge est directement liée à l’enquête.

    Le 29 décembre, Gaston Flosse avait déjà réagi à ces informations par un communiqué posté sur son blog, pour faire part de son « effarement » :

    « Le sénateur Gaston Flosse précise qu’il s’est contenté de recevoir une lettre anonyme, relatant de prétendues révélations sur cette affaire, tout comme Oscar Temaru, en 2004, avait reçu le témoignage de Vetea Guilloux. Quand on sait que Vetea Guilloux a été condamné à de la prison ferme pour son témoignage, il n’y a aucune conclusion hâtive à tirer de ce document. »

    Il trouve « proprement scandaleux que la presse et ses détracteurs continuent de parler d’enlèvement et de meurtre de Jean-Pascal Couraud puisque, après plus de 10 ans depuis la disparition du journaliste, rien ne vient étayer cette thèse ». Sur son blog, il n’accuse pas les opposants locaux, mais carrément les services de l’Etat français :

    « A l’heure où le sénateur Gaston Flosse joue un rôle déterminant dans la réconciliation politique en Polynésie française, il ne peut que s’interroger sur l’intérêt de certaines autorités de l’Etat à manipuler sciemment des informations judiciaires dans le seul but de tenter de faire barrage à un consensus politique qui n’a pas l’assentiment de certains à Paris : pure coïncidence ou volonté délibérée ? »

    Photo : Jacques Chirac et Gaston Flosse le 28 juillet 2003 à Bora-Bora (Philippe Wojazer/Reuters)

  3. ↑ a et b Nouveaux éléments sur la mort d’un journaliste qui enquêtait sur les comptes de Chirac [archive]Le Monde (non-signé; avec l’AFP et Reuters), 30 décembre 2008.

Dans une enquête diffusée par France Inter, l’ancien avocat du journaliste Jean-Pascal Couraud, disparu à Tahiti, témoigne.

Stèle à la mémoire du journaliste Jean-Pascal Couraud (aimable autorisation d'avaiki nius agency).

JPK. Trois initiales qui flottent comme un fantôme sur la Polynésie française. Ce dimanche, cela fait dix ans que Jean-Pascal Couraud -dit JPK- a disparu, parti sans laisser d’adresse. Ce journaliste, ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti enquêtait sur les affaires de l’ancien président polynésien Gaston Flosse ; sa famille a la conviction qu’il a été assassiné.

Plus précisément largué en pleine mer avec des parpaings aux pieds. Dans son émission hebdomadaire « Interception », France Inter a diffusé une contre-enquête accablante sur cette affaire où la justice n’a pas brillé par son efficacité.

Un journaliste de l’AFP agressé à son domicile

Cette hypothèse de l’assassinat, défendue par la famille Couraud, est longtemps restée lettre morte au Tribunal de grande instance de Papeete où le suicide avait la préférence des juges. L’homme venait juste de divorcer, il avait écrit des lettres désespérées.

Jusqu’à ce que certaines langues se délient. En 2004, Vetea Guilloux, un ancien membre du GIP (Groupe d’intervention de la Polynésie) se met à table. Cette étrange police parallèle de renseignement, à la solde du président Gaston Flosse, serait liée de près à la disparition. Mais cela ne suffit pas à prouver le meurtre.

A cette époque, une atmosphère de peur règne sur cette affaire. Tout ceux s’y intéressant un peu trop sont immédiatement surveillés, filés voire intimidés. La mésaventure est arrivée à un journaliste de l’AFP basé à Tahiti depuis quarante ans. Fin 2004, Eric Monod venait tout juste de réaliser un reportage sur le feuilleton JPK lorsqu’en rentrant chez lui un soir, il est sauvagement agressé par « deux membres du GIP ».

D’après les témoignages de plusieurs anciens du GIP, un groupe de gros bras s’est débarrassé du journaliste. En fait, c’est une tentative d’intimidation qui aurait mal tourné. Les pieds lestés de parpaings, attaché à une corde, JPK aurait été immergé à plusieurs reprises, jusqu’à ce que ses bourreaux relèvent un cadavre.

De gauche à droite: Lucien Kimitete, Louis Lepensec, Boris Léontieff, Jean-pascal Couraud

Les confidences tardives de l’ancien avocat de JPK

Pourquoi prendre autant de risques en s’en prenant à un journaliste connu à Tahiti pour son combat anti-corruption ? Le mobile du crime tiendrait, selon ses proches, à l’un des dossiers que l’enquêteur avait en sa possession.

Pour la première fois, l’ancien avocat de JPK, maître Jean-Dominique des Arcis, consent à donner des détails sur les mobiles possibles de l’histoire. Interrogé par Benoît Collombat de France Inter, il dit d’abord sa conviction qu’il ne s’agit pas d’un suicide, « c’est clair et net ». Au passage, notez qu’il revient sur son premier témoignage devant le juge d’instruction, où il avait alors défendu mordicus la version du suicide. Puis, il évoque les fameux dossiers, à commencer par la piste japonaise conduisant à… Jacques Chirac.

Mieux : « parmi les différentes pistes explorées à l’époque, JPK travaillait aussi sur de possibles détournements de l’argent des fonds européens affectés à la Polynésie ». selon Jean-Dominique des Arcis.

Le dossier pourrait bientôt connaître de nouveaux rebondissements, car la chambre de l’Instruction de la cour d’appel de Papeete a autorisé le juge chargé de l’affaire à demander une partie du dossier… Clearstream. En effet, les scellés 32 et 33 contenant une partie des archives du général Rondot, ancien Conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales, sont consacrés au fameux compte japonais.

Flosse : « Vous me voyez commanditer l’assassinat ? “

Vous me faites rire’, rétorque Gaston Flosse, parlant de ‘scénario’ sans la moindre preuve des accusations portées par la famille de la victime. Le sénateur (UMP) proche de Jacques Chirac est interrogé par Benoît Collombat.

Lundi 16 décembre, l’ancien avocat de JPK doit à nouveau être entendu par le nouveau juge d’instruction désigné à Tahiti. Même déclinant, le règne de ‘papa’ Flosse en Polynésie comporte encore de nombreuses zones d’ombre.

Photo : Jason Brown, aimable autorisation d’Avaiki Nius Agency 

Nouvelle Calédonie : renouer le dialogue sur l’île de Maré

Aujourd’hui à 13h01 – 1’05 – par Ibrahim Ahmed Hazi
Le Haut commissaire et le patron de la Gendarmerie sont sur place pour tenter de renouer le dialogue.

Vous trouverez ci-dessous, l’historique de l’affaire vu par la famille du journaliste Jean-Pascal Couraud :

 Jean-Pascal Couraud est né en 1960 à Poitiers. Il arrive en Polynésie française avec ses parents, sa sœur et ses deux frères à l’âge de 5 ans. Après des études à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, il démarre en 1984 en Polynésie française sa carrière de journaliste dans le journal Les Nouvelles. Il est d’abord vite reconnu comme journaliste sportif dans les milieux de la pirogue et du surf, sport qu’il a pratiqué régulièrement tout au long de sa vie. Remarqué pour ses qualités professionnelles, il est nommé rédacteur en chef des Nouvelles en 1986. Il a alors 26 ans. Gaston Flosse est président du gouvernement de la Polynésie française et secrétaire d’état pour le Pacifique Sud dans le gouvernement Chirac, issu de la première cohabitation. 

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3nwg

    Il se fait rapidement remarquer dans toute la Polynésie française par ses articles sans concession pour le pouvoir en place, articles qu’il signe des trois lettres JPK, nom de plume sous lequel il se fera connaître. Insensible aux pressions diverses, il reste fidèle à une éthique professionnelle basée sur la recherche de la vérité. Porté par un idéal qui ne le quittera jamais, il défend inlassablement le principe d’honnêteté et de moralité dans l’action politique. Considérant que pour un journaliste, se taire équivaut à être complice, ses articles peuvent être parfois extrêmement sévères. Il est aussi journaliste d’investigation et révèle des pratiques discutables en matière d’utilisation de fonds publics. Apprécié pour ses talents de journaliste, il devient progressivement la bête noire du Tahoera’a huiraatira’a et de son président Gaston Flosse.

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3qap

 En 1987, Jean-Pascal vit depuis déjà un certain temps avec Noella G., jeune femme polynésienne issue d’une grande famille de Papeete. Il devient le père d’un jeune garçon nommé Teiva.

    Il est licencié des Nouvelles en avril 1988, peu de temps après la parution d’un numéro spécial consacré à Gaston Flosse, qui sera immédiatement saisi sur décision de justice quelques heures après sa parution . Et pourtant, en dehors d’un éditorial dévastateur, qui, plus de 15 ans après, reste encore aujourd’hui d’une saisissante actualité, ce numéro spécial ne fait que reprendre différents articles parus dans la presse locale et nationale au cours des trois années précédentes. 

http://www.dailymotion.com/Lolo34#videoId=x3qwu

    Jean-Pascal devient alors presque naturellement et sans difficulté, responsable du service de presse du Gouvernement présidé par Alexandre Léontieff, arrivé au pouvoir suite à une motion de censure votée par des conseillers territoriaux dissidents du Tahoera’a huiraatira’a et l’opposition de l’époque. Il poursuit toutefois dans ce nouvel emploi son travail de journaliste d’investigation et continue à s’investir avec fougue dans les différents combats qu’il avait entamés comme rédacteur en chef des Nouvelles.

    En 1991, le Tahoera’a huiraatira’a, allié à d’autres composantes autonomistes, retrouve le pouvoir. Jean-Pascal est alors embauché quelques mois après comme chargé de communication auprès de Boris Léontieff, maire d’Arue. Il devient progressivement un précieux collaborateur du maire et de l’homme politique d’opposition qu’est devenu Boris Léontieff. Pendant toutes ces années, il s’engage résolument aux côtés des associations de défense de l’environnement.

    Cet engagement est résolument partagé par M. T., sa nouvelle compagne, qu’il épouse en août 1990 et avec qui il aura un deuxième fils, Vaimeho, deux ans après. En 1994-1995, ils construisent une maison à Punaauia, sur les hauteurs de Te maru ata. Avec sa femme dont il est éperdument amoureux, et les trois enfants, Vaitea, fille de M., Teiva et Vaimeho, Jean-Pascal mène une vie bien remplie, partagée entre sa famille, son activité professionnelle à la mairie d’Arue, et l’action politique et associative.

    En 1996, avec Philippe, son frère aîné, il participe étroitement à la création du parti politique Fetia api, présidé par Boris Léontieff, ainsi qu’à la définition de son positionnement politique. Il devient le principal rédacteur du programme électoral élaboré pour les élections territoriales de mars 1996, remportées une fois encore par le Tahoera’a huiraatira’a et son président Gaston Flosse.

    Aux côtés de Boris Léontieff, Lucien Kimetete, maire de Nuku Hiva, et les membres du bureau exécutif du Fetia api, Jean-Pascal participe à tous les combats politiques de l’époque. Il multiplie les contacts, conforte ses relations et ses amitiés dans les milieux syndicaux, politiques et associatifs. Politiquement proche du parti socialiste, il entretient des réseaux professionnels avec plusieurs ministres et responsables de ce parti.

    A partir du début d’année 1997, Jean-Pascal connaît pourtant une vrai période de doute, telle que l’on peut la ressentir à cet âge lorsque l’on s’aperçoit que, décidément, la vie n’apportera peut-être pas tout ce dont on avait rêvé. Et même si ses amis, sa famille, tentent de le convaincre qu’il est difficile de changer le monde, les choses, pour lui, ne progressent pas assez vite. Il s’interroge sur sa situation professionnelle et envisage très sérieusement un vrai retour au journalisme. Il supporte mal de voir quelques compagnons de lutte changer de bord, pour des raisons avant tout matérielles.

    Il est malgré tout aux côtés de Francis Stein lorsque celui-ci est candidat Fetia api sur la circonscription Ouest de Polynésie lors des élections législatives de mai 1997. Quelques mois après, il reprend un travail d’investigation dans une affaire touchant directement le président du gouvernement et dépose lui-même une plainte au tribunal pour ingérence. Fin 1997, il participe activement à la lutte menée contre la réalisation d’un centre d’enfouissement technique de déchets ménagers sur le site de Paihoro, situé à 60 km de Papeete.

    Ainsi, Jean-pascal, même s’il ne le réalisait certainement pas lui-même, était devenu petit à petit plus pointu, plus incisif et plus percutant dans le domaine de l’action politique qu’il menait avec Boris Léontieff.

    Aussi, lorsque Jean-Pascal disparaît brusquement dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, c’est bien sûr avec stupeur et incompréhension que sa famille et ses amis se lancent d’abord à sa recherche. Au fur et à mesure des jours et des semaines qui passent, l’espoir de le retrouver en vie s’estompe avec douleur. Les doutes et les incertitudes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée passée à son domicile ont laissé un profond sentiment de malaise dans l’entourage familial. La justice, qui avait été saisie de cette affaire dans le cadre d’une plainte déposée pour enlèvement et séquestration, n’est jamais parvenu jusqu’à ce jour, à déterminer les motifs et les conditions de sa disparition.

Jean-Pascal Couraud, dit «JPK», était un journaliste engagé de Polynésie. Très connu à Tahiti, cet ex-rédacteur en chef des «Nouvelles de Tahiti» disparait mystérieusement le 15 décembre 1997. Il enquêtait sur un élu local de Polynésie soupçonné de corruption. Il apparait qu’au moment de sa disparition, JPK était suivi par des barbouzes et avait fait l’objet de tentatives d’intimidation. A-t-il été éliminé ? Son corps n’a jamais été retrouvé, pourtant certains étaient prêts à admettre la thèse du suicide. Pendant des années, la justice polynésienne a refusé d’enquêter sur son décès. Certains éléments semblent pourtant très troublants… pour en savoir plus, en version vidéo,  cliquer sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/xhrbkf_figra-2011-jpk-l-homme-qui-faisait-trembler-tahiti_news

Interviewe de l’ancien membre du GIP qui suivait le journaliste de JPK à la demande de G.. Fosse – http://t.co/DEYHNar via @Dailymotion qui a assisté à l’enlèvement du journaliste Jean-Pascal Couraud.  Cliquer sur le lien suivant : http://www.dailymotion.com/video/x3nwg_jpk01-2_news

A propos de Jean-Pascal Couraud 

Une nuit de décembre, Jean-Pascal a disparu.

Au petit matin, un ciel en deuil pleurait une pluie fine, je m’ en souviens.

Jean- Pascal n’ est jamais revenu.

Pendant sept ans une molle justice fit mine d’ éclaircir le mystère.

Puis de l’ Assemblée du Peuple montèrent des voix indignées : Jean- Pascal aurait été assassiné.

Du Palais de l’ Injustice filtra très vite le sourd murmure d’ un homme encagoulé, terrorisé, accusé d’ avoir parlé . Menteur, dit. le Juge. Cette vérité n’ est pas la bonne .

L’ homme fut mis à l’ ombre.

Au dessus de la maison familiale le ciel reprit le deuil. On boucha les oreilles des enfants effrayés. La clameur du scandale, l’ horreur des détails, entraient par les portes et fenêtres.

Enfin l’ écho d’ une fervente prière s’ éleva d’ une vallée, accompagnant l’ âme du disparu. Elle berça les enfants.

Certains jours, en regardant la mer, je vois scintiller dans ses reflets le visage de mon frère. Dans une trouée de lumière, il surgit de ma mémoire.

Nous tous, famille, amis, savons aujourd’hui plus encore à quel point nous devons continuer le combat pour la vérité, quel qu’ en soit le prix. Et nous avons besoin de l’ aide honnête, sincère et sans réserves de ceux qui la détiennent. Sylvie Couraud.

 Jean-pascal et son fils Teiva (1988)

Vous souhaitez avoir un aperçu de son parcours, voici la biographie de Jean-Pascal Couraud :

Jean-Pascal Couraud est né en 1960 à Poitiers. Il arrive en Polynésie française avec ses parents, sa sœur et ses deux frères à l’âge de 5 ans. Après des études à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence, il démarre en 1984 en Polynésie française sa carrière de journaliste dans le journal Les Nouvelles. Il est d’abord vite reconnu comme journaliste sportif dans les milieux de la pirogue et du surf, sport qu’il a pratiqué régulièrement tout au long de sa vie. Remarqué pour ses qualités professionnelles, il est nommé rédacteur en chef des Nouvelles en 1986. Il a alors 26 ans. Gaston Flosse est président du gouvernement de la Polynésie française et secrétaire d’état pour le Pacifique Sud dans le gouvernement Chirac, issu de la première cohabitation.

    Il se fait rapidement remarquer dans toute la Polynésie française par ses articles sans concession pour le pouvoir en place, articles qu’il signe des trois lettres JPK, nom de plume sous lequel il se fera connaître. Insensible aux pressions diverses, il reste fidèle à une éthique professionnelle basée sur la recherche de la vérité. Porté par un idéal qui ne le quittera jamais, il défend inlassablement le principe d’honnêteté et de moralité dans l’action politique. Considérant que pour un journaliste, se taire équivaut à être complice, ses articles peuvent être parfois extrêmement sévères. Il est aussi journaliste d’investigation et révèle des pratiques discutables en matière d’utilisation de fonds publics. Apprécié pour ses talents de journaliste, il devient progressivement la bête noire du Tahoera’a huiraatira’a et de son président Gaston Flosse.

    En 1987, Jean-Pascal vit depuis déjà un certain temps avec Noella G., jeune femme polynésienne issue d’une grande famille de Papeete. Il devient le père d’un jeune garçon nommé Teiva.

    Il est licencié des Nouvelles en avril 1988, peu de temps après la parution d’un numéro spécial consacré à Gaston Flosse, qui sera immédiatement saisi sur décision de justice quelques heures après sa parution . Et pourtant, en dehors d’un éditorial dévastateur, qui, plus de 15 ans après, reste encore aujourd’hui d’une saisissante actualité, ce numéro spécial ne fait que reprendre différents articles parus dans la presse locale et nationale au cours des trois années précédentes.

    Jean-Pascal devient alors presque naturellement et sans difficulté, responsable du service de presse du Gouvernement présidé par Alexandre Léontieff, arrivé au pouvoir suite à une motion de censure votée par des conseillers territoriaux dissidents du Tahoera’a huiraatira’a et l’opposition de l’époque. Il poursuit toutefois dans ce nouvel emploi son travail de journaliste d’investigation et continue à s’investir avec fougue dans les différents combats qu’il avait entamés comme rédacteur en chef des Nouvelles.

    En 1991, le Tahoera’a huiraatira’a, allié à d’autres composantes autonomistes, retrouve le pouvoir. Jean-Pascal est alors embauché quelques mois après comme chargé de communication auprès de Boris Léontieff, maire d’Arue. Il devient progressivement un précieux collaborateur du maire et de l’homme politique d’opposition qu’est devenu Boris Léontieff. Pendant toutes ces années, il s’engage résolument aux côtés des associations de défense de l’environnement.

    Cet engagement est résolument partagé par M. T., sa nouvelle compagne, qu’il épouse en août 1990 et avec qui il aura un deuxième fils, Vaimeho, deux ans après. En 1994-1995, ils construisent une maison à Punaauia, sur les hauteurs de Te maru ata. Avec sa femme dont il est éperdument amoureux, et les trois enfants, Vaitea, fille de M., Teiva et Vaimeho, Jean-Pascal mène une vie bien remplie, partagée entre sa famille, son activité professionnelle à la mairie d’Arue, et l’action politique et associative.

    En 1996, avec Philippe, son frère aîné, il participe étroitement à la création du parti politique Fetia api, présidé par Boris Léontieff, ainsi qu’à la définition de son positionnement politique. Il devient le principal rédacteur du programme électoral élaboré pour les élections territoriales de mars 1996, remportées une fois encore par le Tahoera’a huiraatira’a et son président Gaston Flosse.

    Aux côtés de Boris Léontieff, Lucien Kimetete, maire de Nuku Hiva, et les membres du bureau exécutif du Fetia api, Jean-Pascal participe à tous les combats politiques de l’époque. Il multiplie les contacts, conforte ses relations et ses amitiés dans les milieux syndicaux, politiques et associatifs. Politiquement proche du parti socialiste, il entretient des réseaux professionnels avec plusieurs ministres et responsables de ce parti.

    A partir du début d’année 1997, Jean-Pascal connaît pourtant une vrai période de doute, telle que l’on peut la ressentir à cet âge lorsque l’on s’aperçoit que, décidément, la vie n’apportera peut-être pas tout ce dont on avait rêvé. Et même si ses amis, sa famille, tentent de le convaincre qu’il est difficile de changer le monde, les choses, pour lui, ne progressent pas assez vite. Il s’interroge sur sa situation professionnelle et envisage très sérieusement un vrai retour au journalisme. Il supporte mal de voir quelques compagnons de lutte changer de bord, pour des raisons avant tout matérielles.

    Il est malgré tout aux côtés de Francis Stein lorsque celui-ci est candidat Fetia api sur la circonscription Ouest de Polynésie lors des élections législatives de mai 1997. Quelques mois après, il reprend un travail d’investigation dans une affaire touchant directement le président du gouvernement et dépose lui-même une plainte au tribunal pour ingérence. Fin 1997, il participe activement à la lutte menée contre la réalisation d’un centre d’enfouissement technique de déchets ménagers sur le site de Paihoro, situé à 60 km de Papeete.

    Ainsi, Jean-pascal, même s’il ne le réalisait certainement pas lui-même, était devenu petit à petit plus pointu, plus incisif et plus percutant dans le domaine de l’action politique qu’il menait avec Boris Léontieff.

    Aussi, lorsque Jean-Pascal disparaît brusquement dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, c’est bien sûr avec stupeur et incompréhension que sa famille et ses amis se lancent d’abord à sa recherche. Au fur et à mesure des jours et des semaines qui passent, l’espoir de le retrouver en vie s’estompe avec douleur. Les doutes et les incertitudes jamais levés sur le déroulement de la dernière soirée passée à son domicile ont laissé un profond sentiment de malaise dans l’entourage familial. La justice, qui avait été saisie de cette affaire dans le cadre d’une plainte déposée pour enlèvement et séquestration, n’est jamais parvenu jusqu’à ce jour, à déterminer les motifs et les conditions de sa disparition.

A propos de Jean-Pascal Couraud

Une nuit de décembre, Jean-Pascal a disparu.

Au petit matin, un ciel en deuil pleurait une pluie fine, je m’ en souviens.

Jean- Pascal n’ est jamais revenu.

Pendant sept ans une molle justice fit mine d’ éclaircir le mystère.

Puis de l’ Assemblée du Peuple montèrent des voix indignées : Jean- Pascal aurait été assassiné.

Du Palais de l’ Injustice filtra très vite le sourd murmure d’ un homme encagoulé, terrorisé, accusé d’ avoir parlé . Menteur, dit. le Juge. Cette vérité n’ est pas la bonne .

L’ homme fut mis à l’ ombre.

Au dessus de la maison familiale le ciel reprit le deuil. On boucha les oreilles des enfants effrayés. La clameur du scandale, l’ horreur des détails, entraient par les portes et fenêtres.

Enfin l’ écho d’ une fervente prière s’ éleva d’ une vallée, accompagnant l’ âme du disparu. Elle berça les enfants.

Certains jours, en regardant la mer, je vois scintiller dans ses reflets le visage de mon frère. Dans une trouée de lumière, il surgit de ma mémoire.

Nous tous, famille, amis, savons aujourd’hui plus encore à quel point nous devons continuer le combat pour la vérité, quel qu’ en soit le prix. Et nous avons besoin de l’ aide honnête, sincère et sans réserves de ceux qui la détiennent. Sylvie Couraud

La création du comité de soutien décidée au début du mois de novembre 2004Jean-Pascal Couraud est un ancien journaliste connu en Polynésie française sous le nom de JPK, rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti de 1986 à 1988, puis de 1991 à 1997, chargé de communication auprès de Boris Léontieff avec qui il menait un combat politique farouche contre le Tahoera’a huira’atiraa et son président Gaston Flosse. Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, Jean-Pascal disparaît brutalement et définitivement de son domicile dans des conditions qui n’ont jamais pu être établies avec certitude, malgré l’enquête judiciaire et l’enquête de gendarmerie menées à l’époque.

Le 5 octobre 2004, Vetea Guilloux, salarié du groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), établissement placé sous la tutelle de la présidence du gouvernement de Polynésie française, déclare à un ministre du gouvernement de la Polynésie française :

1-     avoir été lui-même en charge d’une filature et d’un espionnage en règle de Jean-Pascal Couraud dans la période précédant sa disparition intervenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 1997, au sein d’une équipe placée sous la direction d’un ancien responsable de la DGSE nommément désigné ;

2-     avoir participé au sein d’un commando de 5 personnes, dont deux de ses collègues nommément désignés, tous salariés du GIP (service placé sous l’autorité de la Présidence du gouvernement de la Polynésie française), à l’enlèvement de Jean-Pascal Couraud, mentionnant ensuite des faits de torture et, après en avoir reçu l’ordre par téléphone, des faits d’assassinat.

Lors de son interrogatoire par les gendarmes plus d’une semaine après, Vetea Guilloux a maintenu ces mêmes déclarations de torture et d’assassinat, mais a avoué seulement en avoir reçu le récit par ses deux collègues lors d’une soirée arrosée. Puis, il s’est rétracté au milieu de la deuxième nuit de garde à vue, épuisé et apeuré face à ses collègues qu’il venait de dénoncer. Sans même en avoir informé le juge chargé à l’époque de l’enquête sur cette disparition et qui n’avait pas encore clôturé officiellement le dossier, le procureur de la république a fait procéder aussitôt au jugement de Vetea Guilloux en comparution immédiate, celui-ci étant assisté d’un avocat désigné deux heures avant l’audience. Le 14 octobre 2004, moins de 48 heures après son arrestation, Vetea Guilloux a été condamné pour dénonciation mensongère et calomnieuse à un an de prison dont neuf mois avec sursis.

Dés le lendemain de son jugement, Vetea Guilloux a réitéré ses déclarations initiales et a déclaré être revenu sur ses propos devant les gendarmes par peur et par fatigue. Il a donc maintenu l’ensemble de ses déclarations  en audience d’appel du 4 novembre 2004.

Confrontée à la gravité de ces accusations, et constatant que malgré quelques incohérences, le scénario de l’assassinat décrit par Vetea Guilloux restait malgré tout une hypothèse plausible, la famille de Jean-pascal Couraud, constituée auprès d’un avocat, et appuyée par l’association Reporter sans frontières, a bien sûr sollicité dés le 3 novembre 2004 la réouverture de l’enquête pour faits nouveaux auprès du procureur de la république. Cette demande de ré ouverture pour charges nouvelles était alors rejetée.

Dans l’attente du jugement devant être rendu le 18 novembre, choqués par l’attitude du procureur de la république, la famille et les amis de Jean-Pascal Couraud qui souhaitaient se réunir et s’associer dans cette épreuve, ont créé le vendredi 12 novembre 2004 un comité de soutien dans le but d’obtenir la réouverture de l’enquête relative aux conditions de la disparition de JPK et d’obtenir la vérité sur les circonstances et les causes de cette disparition.

En effet, de l’aveu même du ministère public, il était alors devenu évident que la situation de crise politique que traversait la Polynésie française allait constituer un obstacle majeur à la recherche de la vérité. Selon le procureur général, enquêter sur un assassinat possible d’un opposant politique notoire par des employés du GIP, aurait immédiatement été interprété par l’opinion comme une confirmation de cet assassinat.

Parallèlement à l’action judiciaire qui devait se poursuivre, il était donc devenu essentiel de rappeler avec force aux institutions le devoir de justice et de vérité dû à chaque citoyen indépendamment de toute autre considération, surtout s’agissant de faits pouvant être criminels. L’existence d’un comité de soutien réunissant famille et amis a facilité la mobilisation des media et de l’opinion.

Cette réouverture de l’enquête devait également permettre de reprendre le travail d’investigation visant à déterminer plus précisément le déroulement de la dernière soirée de Jean-Pascal Couraud à son domicile. En effet, l’enquête menée d’abord par la gendarmerie puis par le juge d’instruction n’avait jamais réussi à lever les doutes importants qui avaient toujours subsisté à ce sujet.

Le rôle du comité

    Comme indiqué dans sa dénomination, le comité de soutien visait au départ à obtenir, par tout moyen légal, la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité sur les conditions de la disparition de Jean-Pascal Couraud. Aujourd’hui, après une forte action du comité de soutien, relayée par les médias en novembre et décembre 2004, une nouvelle enquête a été ouverte suite au dépôt de plainte pour assassinat et complicité déposée en décembre 2004 par la famille de JPK.

Constitué juridiquement en association, le comité de soutien peut engager en son nom à toute action utile auprès de l’institution judiciaire ou de toute autre administration visant à atteindre les buts qu’il s’est fixé.

La forme associative permet par ailleurs à toute personne désirant soutenir la démarche de se joindre à la famille et aux amis de Jean-pascal Couraud et de manifester ce soutien par l’adhésion formelle à l’association.

Les responsables du comité de soutien s’engagent à tenir informées les membres du comité au fur et à mesure du déroulement des évènements. Pour ce faire, un site a été créé, régulièrement mis à jour du déroulement des procédures en cours et de l’enquête conduite. Il accueille également les démarches d’adhésion au comité.

Les membres du bureau

Le comité de soutien a été  créé le vendredi 12 novembre 2004 lors d’une assemblée générale constitutive. Le bureau directeur désigné lors de cette réunion sont les suivants :

Président                                                              Philippe Couraud

Secrétaire                                                             Dominique Morvan

Trésorier                                                               Eric Monod

Assesseur                                                             Rémy Cuitot

Cotisation

La cotisation d’adhésion au comité de soutien est fixé à 1000 fcp ou 10 euros.

Adresse

Comité de soutien pour la recherche de la vérité sur la disparition de JPK

BP 4106 – 98728 Vaiare MOOREA

POLYNÉSIE FRANÇAISE

Compte japonais de Chirac : du nouveau côté Tahiti

Par Pascal Riché | Rue89 | 10/09/2007 | 01H00

Jean-Pascal Couraud, journaliste retrouvé mort à Tahiti (DR).Le comité de soutien pour la réouverture de l’enquête et la recherche de la vérité sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, alias » JPK » , » suicidé » en 1997, a décidé de rendre public le nom de l’avocat qui, le premier, a évoqué un lien possible entre cette sombre affaire avec le » compte japonais de Chirac » . Il s’agit de Maître Jean-Dominique des Arcis.

Voici ce que nous écrivions en juillet dernier :

Philippe Couraud, frère de JPK, raconte à Rue89 qu’il a, en février, recueilli les confessions de l’avocat ami de son frère en février dernier. C’était un avocat engagé contre Flosse, qui continue d’exercer à Tahiti. » Pendant dix ans, cet avocat avait pourtant conforté la thèse du suicide de Jean-Pascal. Et là, spontanément, dans mon bureau, il a commencé à me parler de cette affaire » . Il lui a raconté comment, avec Jean-Pascal Couraud, ils avaient pris connaissance de virements comptables d’une société de perliculture ayant pignon sur rue vers un compte japonais dont le détenteur était, croyaient-ils, Jacques Chirac.

L’avocat a été suivi, cambriolé. Quelqu’un à Paris l’aurait mis en garde : » Arrête tout, où tu es mort. » Il aurait alors décidé de prendre ses distances.

Philippe Couraud et ses amis viennent de donner des détails de cet épisode sur leur site. Maître Jean-Dominique des Arcis aurait, selon eux, confirmé devant le juge les propos qu’il avait tenus en février devant Philippe Couraud. En 1997, juste avant sa mort, JPK disposait, aurait déclaré des Arcis au juge, d » informations précises » sur les transferts financiers effectués de la Polynésie vers un compte bancaire japonais qui aurait appartenu à Chirac » .

 » Sur la base de ce témoignage, nos avocats ont demandé que les pièces saisies chez le général Rondot concernant ce compte japonais soient versées au dossier d’enquête. La famille, partie civile, a par ailleurs adressé un courrier (…) aux juges d’Huy et Pons, en charge de l’affaire Clearstream, afin de signaler les liens possibles entre la DGSE et la disparition de Jean-Pascal Couraud. »

Enfin le site des amis de JPK livre également le nom du groupe de perliculture par lequel des transferts financiers seraient partis vers le supposé compte japonais de Chirac. Il s’agirait disent-ils, du groupe Wan :

 » Il [des Arcis, en février] mentionne également l’existence de comptes bancaires que Flosse et un autre homme politique français (Jacques Chirac) possèdaient dans une même banque au Japon. Il indique qu’en 1997, il disposait d’informations fiables émanant de personnes travaillant au sein du groupe Wan, relatives à des transferts financiers effectués vers le Japon, sur le compte de cet autre homme politique.  »

 » Il avait rédigé une fiche sur cette affaire. Jean-Pascal Couraud disposait de ce document. Maître des Arcis indique qu’à la même époque, qu’il qualifie de » très chaude » , il avait été cambriolé et son disque d’ordinateur volé ; on avait également tenté de l’acheter, en vain. Puis il fut progressivement suivi en permanence de manière ostensible. Il chercha alors à se renseigner auprès de connaissances proches du milieu des services secrets sur la nature exacte du problème qu’il posait, il cite l’entourage de Focart et de diverses personnes intervenant dans le monde politique. L’ami avocat qui était alors son intermédiaire, lui indiqua que » s’il poursuivait ses investigations sur ces transferts comptables, il serait mort » . Maître des Arcis décidait alors, soucieux de protéger sa femme et sa famille, de laisser effectivement tomber le combat qu’il menait. Les intimidations cessèrent. »

Le juge a proposé, le 10 juillet dernier, de clore l’enquête. La famille dispose depuis lors de trois mois pour demander des investigations complémentaires, audition de nouveaux témoins ou vérification de certains points du dossier. Au terme de ces trois mois, et faute de mise en examen, une ordonnance de non-lieu est probable.

Pascal Riché

► Mis à jour le 12/09/2007 : Selon le PV de l’audition de des Arcis devant le juge, que nous avons pu lire, l’avocat affirme qu’il croit au suicide de « JPK » . Extraits :  «   En tant qu’avocat, je sais ce que Jean-Pascal Couraud détenait comme informations et pour lesquelles il voulait bien m’informer, mais je ne peux pas vous en dire plus pour des raisons liées au secret professionnel » , dit-il.

Mais aussi, à propos des transferts de fonds vers le Japon :  » Je pense que Philippe Couraud [le frère du défunt]fait de l’auto-persuasion et qu’il me prête des propos qu’il aurait souhaité entendre de ma part. »

Interrogé sur sa conviction personnelle quant à la mort de Jean-Pascal Couraud :  » Moi, jusqu’à présent, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un suicide et rien ne me permet aujourd’hui de penser qu’il s’agit d’un assassinat. » L’essentiel, c’est que des Arcis reconnait l’existence d’une note, qui confirmerait des transferts d’argent vers un compte japonais appartenant à Jacques Chirac. Le juge lui demande s’il est vrai qu’il dispose d’informations fiables de personnes travaillant au sein du groupe Wan concernant les transferts financiers effectués vers ce compte, s’il est également vrai qu’une fiche aurait été rédigée sur cette affaire, et que Jean-Pascal Couraud aurait détenu ce document. Il répond :

« J’ai fait état au cours de cet entretien avec M. Philippe Couraud de l’existence d’une note circulant à Papeete en 1998-1999 faisant état de transferts de fonds par WAN à M. Jacques Chirac. Cette note était certainement plus ancienne mais j’en ai eu connaissance qu’en 1998-1999. Je ne sais pas si M. Jean-Pascal Couraud était en possession de cette note. Je précise que cette note avait été rédigée anonymement et qu’elle faisait l’inventaire d’affaires. »

Rappel des différents qui ont inquiétés Gaston Flosse :

DROIT DE SUITE

Affaire JPK : le journaliste qui accusait la justice condamné pour diffamation

A rticle de Pascal Riché publié par Rue89 dans la rubrique Droit de justice le 25/06/2009 à 14H45.
La 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a condamné mardi Alex du Prel, le directeur du journal Tahiti-Pacifique, pour avoir diffamé le procureur Jean Bianconi. J’avais assisté à cet étrange procès, qui s’était tenu en l’absence de tous les acteurs de cette affaire, à 16 500 kilomètres des faits jugés, le mois dernier.

Alex du Prel avait, dans un article publié en janvier 2007, accusé le parquet de Papeete de chercher à étouffer l’affaire de la disparition controversée du journaliste d’investigation « JPK » (Jean-Pascal Couraud).

1 000 euros d’amende et 1 000 euros de dommages et intérêt

Ill écrivait notamment :

« Serait-ce dû au fait qu’un haut magistrat pourrait se croire investi par une sorte de “mission divine”, qui consisterait à orchestrer une machination (à laquelle certains juges accepteraient de participer) pour protéger par tous les moyens l’ex-GIP et son chef Rere Puputauki qui, s’il était condamné, pourrait mettre en danger le sénateur Flosse, lequel à son tour pourrait alors mettre en danger “les plus hautes sphères de l’Etat” ? »

Du Prel, devra payer une amende de 1 000 euros et devra verser à Bianconi 1 000 euros de dommages et intérêts. Il a décidé de ne pas faire appel, selon son avocate, Me Claire Doubliez.

Reporter sans frontières a regretté cette décision de justice  :

« Il est regrettable que la justice soit plus prompte à attaquer et condamner un journaliste qui critique son action, plutôt que de concentrer ses efforts sur la résolution de dossiers criminels, dont l’affaire de la mort de Jean-Pascal Couraud. »

C’est grâce aux efforts de la famille de JPK et à quelques journalistes courageux comme Alex du Prel que l’affaire JPK n’a pas été classée.

Jean-Pascal Couraud, qui enquêtait sur des affaire sensibles mettant en cause le potentat local Gaston Flosse, a disparu en 1987. La thèse du suicide, qui avait initialement été privilégiée, est depuis deux ans sérieusement remise en cause par plusieurs témoignages.

Un extrait du jugement, dont j’ai copie intégrale :

Sur la bonne foi
Si les imputations diffamatoires sont réputées faites dans l’intention de nuire, le prévenu peut cependant justifier de sa bonne foi et doit, à cette fin, établir qu’il poursuivait, en
publiant les propos litigieux, un but légitime exclusif de toute animosité personnelle, qu’il a
conservé dans l’expression une suffisante prudence et qu’il s’est appuyé sur une enquête
sérieuse.
En évoquant les aléas d’une enquête sur la disparition d’un journaliste et l’éventualité que
celle-ci soit consécutive à un crime dans lequel pourraient être impliqués des agents
publics, le prévenu poursuivait un but légitime d’information du public et spécialement de
ses lecteurs de Polynésie française. Rien dans les propos poursuivis ni dans aucun autre élément produit aux débats ne permet de
retenir qu’au delà de ce but d’information du public, le prévenu aurait en fait été mu par une
animosité de nature personnelle à l’encontre de la partie civile.
Les pièces versées au titre de l’offre de preuve, également invoquées au soutien de l’exception
de bonne foi, contiennent un certain nombre d’éléments qui viennent partiellement donner aux propos litigieux une base factuelle.
Même si, compte tenu des poursuites disciplinaires engagées contre lui, les termes de la lettre de Jean-Bernard TALIERCIO doivent être pris avec circonspection, il n’en reste pas moins que ce magistrat y accuse, en termes vifs, Jean BIANCONI de l’avoir mis en cause au seul motif qu’il avait mis en examen Gaston FLOSSE dans les « deux plus gros dossiers d’emplois fictifs que notre pays ait connus ». Avec les mêmes réserves, il en est de même de l’attestation de Gilles GOUBIN, officier de gendarmerie, qui s’estime pour sa part une « victime collatérale des opérations de déstabilisation mises en œuvre contre » M. TALIERCIO.
Par ailleurs, quoique les conditions de sa publication dans TAHITI PACIFIQUE (pièce 13) ne soient pas explicitées, il apparaît qu’un procès-verbal de gendarmerie donne quelque crédit aux révélations faites par Vetea GUILLOUX, lesquelles auraient suscité, au sein de la gendarmerie, « la création d’un groupe d’enquêteurs nommé “JPK 987” aux fins notamment de procéder aux investigations qu’elles imposaient, et ce, sous l’autorité d’un conseiller à la cour d’appel. Ce même procès-verbal mentionne que les dites investigations auraient notamment démontré “l’existence d’une ‘cellule d’espionnage’ installée dans les locaux du GIP”, qui aurait eu “pour vocation de suivre tant dans leur vie privée que dans leur vie publique les opposants politiques, les amis et les familiers du Président Gaston FLOSSE”. L’authenticité de ce procès-verbal apparaît confirmée par la publication, à sa suite, d’un communiqué du colonel commandant la gendarmerie pour la Polynésie française, qui “demande aujourd’hui même à monsieur le procureur de la République qu’une enquête soit diligentée pour rechercher les origines de la divulgation d’une pièce de procédure”.

Le premier communiqué de presse du comité de soutien pour la réouverture de l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal COURAUD (pièce 12) évoque également les révélations faites par Vetea GUILLOUX, sa rétractation, sa condamnation en comparution immédiate pour “dénonciation mensongère et calomnieuse” à un an de prison, dont neuf mois avec sursis, et l’écho que donne publiquement à cette affaire Oscar TEMARU, président de la Polynésie française. Un communiqué suivant (pièce 8) fait état de la décision prise par la cour d’appel qui aurait partiellement sursis à statuer dans l’attente de l’aboutissement d’une enquête ouverte sur une plainte du comité.
Un article de presse (pièce 4) se fait, par ailleurs, l’écho d’une prise de position de ce même comité, qui “regrette l’inertie de la justice face à ‘quatre nouveaux témoins’, prise de position réitérée sur son site Internet (pièce 15). Un autre (pièce 8) mentionne l’annulation par la Cour de cassation de la condamnation de Vetea GUILLOUX. Plusieurs autres (pièces 5, 6, 7, 9 et 10) évoquent, en des termes proches de ceux résultant de la lettre de Jean-Bernard TALIERCIO et de l’attestation de Gilles GOUBIN, le rôle qu’aurait tenu Jean BIANCONI, qui aurait tenté d’utiliser celui-ci pour déstabiliser celui-là, qui venait de mettre en examen Gaston FLOSSE, avant de se retourner contre l’officier de gendarmerie qui ne se serait pas prêté à cette manipulation. Deux coupures de presse (pièces 3 et 11) relèvent des réquisitions de relaxe prises par le procureur de la République à l’égard de proches de Gaston FLOSSE. Une autre (pièce 14) évoque la demande de ‘dépaysement’ de l’enquête sur la mort de Jean-Pascal COURAUD et envisage l’hypothèse qu’il s’agisse ‘d’une manoeuvre pour enterrer’ le dossier”.
Ces éléments viennent documenter nombre des faits évoqués dans l’article. Leur valeur probante généralement limitée n’autorisait cependant pas le prévenu à procéder, sans autre précaution, à la simple compilation de ces informations de seconde main. S’il pouvait néanmoins, sur cette base, s’interroger sur les anomalies ou insuffisances qui étaient susceptibles d’affecter tant l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal COURAUD qu’un certain nombre de procédures annexes, il se devait de ne le faire qu’après avoir sollicité le point de vue du procureur de la République, qu’il atteignait directement et gravement dans son intégrité professionnelle, et en conservant à son ton la prudence que la fragilité des documents recueillis commandait.
Or, si l’article procède pour l’essentiel par insinuation, il est cependant univoque et conduit le lecteur vers une conclusion sans nuance, à l’image du dessin qui figure sur la dernière page de l’article. Dans ces conditions, le bénéfice de la bonne foi ne saurait être reconnu au prévenu, contre lequel le tribunal entrera en voie de condamnation.

A LA UNE

Affaire JPK : le procureur de Tahiti en arroseur arrosé

Par Pascal Riché | Rue89 | 20/05/2009 | 15H05
La 17e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris a l’habitude de juger les affaires de diffamation. Parfois, pourtant, les procès se retournent : les avocats des supposés « diffamateurs » en sont réduits à déballer le linge sale des prétendus « diffamés ». C’est ce qui est arrivé mardi après-midi, au détriment du procureur de la République de Tahiti, Jean Bianconi.

L’affaire portait sur un article écrit par un journaliste indépendant de Tahiti, Alex du Prel. Ce journaliste et écrivain d’origine américaine anime presque à lui seul le mensuel Tahiti Pacifique, depuis un coin reculé de l’île de Moorea.

C’est un homme courageux, qui n’hésite pas à « porter la plume dans la plaie », comme disait Albert Londres : il dénonce souvent les affaires de corruption en Polynésie, et n’a jamais accepté que l’on enterre l’enquête sur la mort du journaliste Jean-Philippe Couraud, connu à Tahiti sous les trois lettres « JPK ».

Ce dernier, on le sait, a disparu dans des circonstances suspectes en 1997. La thèse officielle de ette disparition est le suicide, mais la famille a la conviction qu’il a été assassiné.

Un article assassin pour le parquet de Tahiti et le procureur Bianconi

Alex du Prel pense lui aussi que JPK a été tué, noyé par des hommes de main de l’ancien président Gaston Flosse. Dans un article publié en janvier 2007, titré « Oui, JPK a bien été assassiné ! », il accusait ouvertement le Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP, l’ancienne milice de Gaston Flosse) d’être à l’origine de sa mort.

Mais il y mouillait aussi la justice locale, estimant « ridicule voire carrément suspect (…) l’acharnement du parquet de Papeete et de l’entourage de l’ex-président Flosse pour tenter de démontrer par tous les moyens que les témoignages (allant dans le sens d’un assassinat) ne seraient que des “rumeurs fantaisistes” ».

Il visait clairement, sans le nommer directement, le procureur Jean Bianconi :

« Serait-ce dû au fait qu’un haut magistrat pourrait se croire investi par une sorte de “mission divine”, qui consisterait à orchestrer une machination (à laquelle certains juges accepteraient de participer) pour protéger par tous les moyens l’ex-GIP et son chef Rere Puputauki qui, s’il était condamné, pourrait mettre en danger le sénateur Flosse, lequel à son tour pourrait alors mettre en danger “les plus hautes sphères de l’Etat” ? »

A la suite de la parution de l’article, Jean Bianconi, son substitut Christophe Perruaux et le juge d’instruction Philippe Stelmach ont porté plainte en diffamation contre du Prel.

Un procès à 16 500 kilomètres des faits jugés

Mais les trois hommes ont choisi de porter l’affaire à Paris, à 16 500 kilomètres de la rédaction de Tahiti-Pacifique. Une manoeuvre visant, selon le journaliste, à sortir le dossier de son contexte. Commentaire d’Alex du Prel, dans un email qu’il nous a adressé :

« Imaginez le tollé qui se soulèverait en France si le procureur de Paris assignait le directeur de publication d’un magazine parisien devant le tribunal correctionnel de Papeete, sous prétexte que trois exemplaires seraient vendus à Tahiti.

C’est un procédé que quelques rares vicieux ont utilisé dans le passé pour se venger d’éditeurs de livres (jamais de presse) qui les malmenaient. ».

Entre le dépôt de cette plainte et le procès de mardi, de l’eau a coulé. Et cette eau a charrié de nombreuses révélations et rebondissements, donnant raison à ceux qui, comme du Prel, réclamait début 2007 une réactivation de l’enquête. Celle-ci a récemment conduit à des perquisitions à la DGSE ou chez Gaston Flosse.

Un parquet qui poursuit un journaliste, mais pas les nervis de Flosse

A cause de la distance, aucune des parties (accusateurs ou accusé) n’était présente mardi dans la salle d’audience. Pour défendre son client, Me Claire Doubliez a choisi d’étaler les turpitudes de la justice de Tahiti : il lui fallait démontrer la bonne foi de son client, et donc reconstituer pour les juges le contexte de l’article incriminé.

Le résultat : un tableau effarant de la justice de Polynésie, dans son versant « parquet ».

Jean Bianconi était jusqu’en 2003 le président de la chambre d’appel d’Aix-en-Provence. Chiraquien, acteur et témoin du drame de la grotte d’Ouvea en Nouvelle-Calédonie, il a été nommé procureur de la République à Papeete alors que Gaston Flosse, ami de Jacques Chirac, commençait à avoir des ennuis judiciaires pour son abus d’emplois
fictifs.

Dans sa plaidoirie, l’avocate du journaliste s’est interrogée : qu’est-ce que c’est que ce parquet qui poursuit un journaliste dérangeant, mais qui n’a rien fait pour poursuivre les agents du service de renseignements du GIP, les « tontons macoute de Gaston Flosse » ?

Et lorsque le même GIP, a-t-elle poursuivi, s’est ouvertement rebellé contre Oscar Temaru, en 2005, « qu’a fait le parquet ? Rien ».

Des pressions indignes sur le juge chargé de l’affaire

Que penser d’un procureur qui donne son feu vert à l’arrestation et la condamnation express, en comparution immédiate, pour dénonciation calomnieuse, d’un témoin-clé, Vetea Guillou, venu expliquer en 2004 qu’il avait recueilli les confidences des assassins de JPK ?

Le juge d’instruction de l’époque, Jean-Bernard Taliercio, en charge de l’enquête sur la disparition de Jean-Pascal Couraud, n’avait alors même pas été informé de l’affaire…

L’avocate a relaté les pressions exercées par Jean Bianconi
contre Taliercio, alors chargé de dossiers sensibles pour Flosse, et réputé peu docile. Au bout du compte, le parquet tahitien a tenté de « coller » une affaire de harcèlement sexuel sur le dos du juge. L’affaire, instruite à Paris, a finalement débouché sur la non-culpabilité du juge…

Me Doubliez a raconté encore, pour souligner les liens Bianconi-Flosse, comment en 2006, le parquet a requis la relaxe dans une
affaire de prise illégale d’intérêt impliquant le potentat local, et qui finit quand même par la condamnation (certes légère) de ce dernier

A la sortie du tribunal, l’avocat des trois magistrats accusateurs, Me Xavier Normand-Bodard, haussait les épaules : « J’ai apporté des faits précis. La défense, elle, a essayé de réécrire un article a posteriori. »

Claire Doubliez, elle, vantant le courage de son client, semblait sincèrement choquée par toute cette affaire « hallucinante ».

Le jugement sera rendu le 23 juin.

Photo : Jean-Pascal Couraud, alias JPK, journaliste retrouvé mort à Tahiti (DR).

ENTRETIEN

Reporter disparu à Tahiti : pourquoi je crois au meurtre

Longtemps convaincu par la thèse du suicide, l’avocat de JPK, Me des Arcis, explique à Rue89 pourquoi il a changé d’avis.

Me des Arcis en janvier à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

« JPK » était son ami, mais pendant des années, il n’a pas voulu croire à son assassinat. Du moins publiquement. Le 19 juin dernier, lorsque le juge lui pose la question, il répond encore : « Jusqu’à présent, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un suicide. » Mais « après avoir consulté le dossier », l’avocat Jean-Dominique des Arcis a radicalement changé d’avis sur le sort de Jean-Philippe Couraud, journaliste disparu en 1997. Il se dit aujourd’hui convaicu qu’il a été tué.

Lors d’un récent passage à Paris, cet avocat installé à Tahiti s’est confié à Rue89. Avec des certitudes -la Polynésie a financé la campagne de Jacques Chirac- et des doutes -sur le compte bancaire japonais du même Chirac-, il raconte un archipel corrompu et entièrement soumis à la volonté de l’ancien président du gouvernement de Polynésie, Gaston Flosse.

Conseil d’ami : « Ne t’approche pas de Chirac, sinon tu es mort »

A 64 ans, Jean-Dominique des Arcis prétend avoir beaucoup de « trous de mémoire ». Les noms, les chiffres, les visages… Il en a tellement vu depuis vingt ans qu’il fréquente les contre-allées du pouvoir polynésien.

La thèse du suicide de JPK n’est pas sans arguments : juste avant sa disparition, JPK était déprimé, sa femme le trompait. Celle-ci a retrouvé une note : « Quoique je fasse, où que j’aille, je continuerai de t’aimer. » Selon les enquêteurs, le journaliste est parti avec des somnifères et ses palmes.

Seconde piste à laquelle s’intéresse l’enquête : le crime passionnel. La femme de JPK et son amant ont mis dix ans avant d’admettre, au cours d’une garde à vue, avoir eu à l’époque une relation.

Mais la famille du journaliste croit, elle, à la piste politique. En cette drôle d’année 1997, les pressions étaient fortes, tant sur JPK que sur Me des Arcis, qui travaillaient souvent ensemble.

En mars, Gaston Flosse créé le GIP (Groupe d’intervention de Polynésie), sorte de service d’ordre doublé d’une cellule de renseignements dirigée par un duo d’anciens de la DGSE. En juin 1997, le cabinet de des Arcis est cambriolé par une équipe qui emporte son disque dur et 60 kilos de documentation. Le tout sera finalement retrouvé dans les locaux de la présidence polynésienne… JPK et des Arcis, les deux opposants, sont filés, écoutés, surveillés.

La pression monte. Avertissements, menaces de mort, balles et petits cercueils reçus au courrier. A tel point que, lors d’un passage à Paris, un confrère attentionné, proche de Jacques Foccart, lui livre un vrai conseil d’ami : « Ne t’approche pas de Chirac, sinon, tu es mort. » Puis l’orage passe, jusqu’au 15 décembre 1997 – en cliquant sur le lien suivant :

http://www.dailymotion.com/video/x433u0_me-des-arcis-l-avocat-de-jpk-1_news

Une disparition sans traces et sans mobile

Jusqu’au 15 décembre 1997, Me des Arcis fut donc l’avocat et l’ami de JPK l’ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti licencié lors du rachat du titre par le groupe Hersant. Les deux hommes ont en commun les combats politiques menés contre le tout-puissant Flosse. Pour le faire tomber, ils creusaient, ensemble, quelques affaires politico-financières.

A force de chercher, l’avocat et le journaliste finissent par avoir la certitude que Flosse avait largement financé la campagne électorale de Jacques Chirac en 1995.

En février dernier, le frère de JPK, Philippe Couraud rencontre Me des Arcis dans un café. Ce dernier, racontera Couraud, lui aurait alors affirmé qu’il a été en possession d’informations relatives à des transferts de fonds de Polynésie française vers un compte ouvert au Japon au nom Jacques Chirac.

L’avocat dément avoir prononcé le mot « Japon ». Et se fait bien plus prudent. « Si on retient l’hypothèse de l’enlèvement, alors la question du financement politique peut être évoquée… » – cliquer sur le lien suivant pour l’interviewe :   http://www.dailymotion.com/video/k7nhhYP8W07cBBsNuP#from=embed

Dernier épisode en date de l’instruction menée à Tahiti : le dossier Clearstream. Les deux juges parisiens en charge de cette affaire ont accepté de transmettre à leur homologue de Papeete les scellés des archives du général Rondot consacrés à l’enquête de la DGSE sur un compte japonais à la Tokyo Sowa Bank. Des scellés qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Interrogé par le journal Le Monde, le sénateur Gaston Flosse dément toute implication :

« Il n’y a jamais eu de précisions sur ces mouvements de fonds, juste des on-dit. Jamais je n’ai mis le moindre centime dans une banque pour le compte de Jacques Chirac. »

Il se déclare « à la disposition de la justice » si elle souhaite l’interroger.

Pascal Riché et David Servenay 

Affaire JPK: sur la piste des "barbouzes" de Gaston Flosse

publié le 14/01/2011

Ce « renseignement politique » du SED concernait-il également Jean-Pascal Couraud ?

Après l’avoir, dans un premier temps, nié, les anciens membres de la DGSE au service de Gaston Flosse ont bien été obligés de reconnaître que JPK faisait partie des personnalités sous surveillance, tout en niant la moindre responsabilité, directe ou indirecte, dans sa disparition.

Ainsi, le 7 juillet 2006, le patron du SED, André Yhuel, « persiste à dire que nous n’avons jamais suivi Jean-Pascal Couraud. » Entendu le 19 mai 2010 par le juge Stelmach, André Yhuel est moins formel : « Pour Jean-Pascal Couraud, je ne pense pas que c’est la hiérarchie qui a donné l’ordre [de le surveiller], mais si quelqu’un a donné l’ordre c’est forcément moi, explique à présent le patron du SED. Si les agents disent qu’on a suivi Jean-Pascal Couraud, c’est certainement vrai. Je ne m’en souviens pas (…) c’est sûrement parce que c’était un opposant et un journaliste. » Dans le bureau du juge Redonnet, le 11 juin 2010, André Yhuel réaffirme qu’il n’a « pas souvenir que cette cellule [du SED] ait suivi Jean-Pascal Couraud », mais sans démentir cette surveillance : « Si quelqu’un a demandé à Micheloni de le faire, c’est forcément moi, poursuit le patron du SED. Peut-être sommes nous tombés d’accord tous les deux au café le lundi matin sur le nom de cette personne pour occuper les employés de la cellule. » « L’ordre de suivre Jean-Pascal Couraud n’est-il pas venu de plus haut ? » , l’interroge le juge Redonnet. En effet, ce dernier, dans les mois ou années qui ont précédés sa disparition, était connu pour être un farouche opposant à Gaston Flosse et travaillait aux côtés de [l’homme politique] Boris Léontieff ? » La réponse d’André Yhuel est laconique : « Ce n’était pas le seul. »


Pourtant, cette surveillance de JPK est attestée par d’anciens membres du SED, comme Sean Whitman, embauché dès la création du service de renseignement parallèle de Gaston Flosse, en 1997.

« Je me souviens surtout que nous avons eu du mal, car c’était une de nos premières filatures, raconte Sean Whitman. Nous étions tous les trois [NDR : avec deux autres personnes, dont l’une confirmera avoir surveillé JPK] sur cette mission. » L’ancien agent du SED estime que les filatures de JPK ont commencé« environ un mois, un mois et demi avant sa disparition. » « Félicien [Micheloni] nous avait réunis tous les trois et nous avait dit que nous allions filer Jean-Pascal Couraud, poursuit le témoin. Moi, je le connaissais de réputation, mais sans plus. Je ne l’avais jamais vu. Je crois que Félicien avait une copie de presse où il y avait la photo de JPK pour qu’on puisse le reconnaître (…) Félicien nous a expliqué qu’il fallait le filer car il travaillait pour Boris Léontieff. Il fallait tout d’abord le filer pour connaître ses habitudes et ensuite ses contacts (…)ce qui aurait pu être intéressant, c’était que des gens de la présidence ou proche de la présidence [de Polynésie] fasse des allers et retours dans le bureau de JPK, ce qui n’a pas été le cas (…) nous ne l’avons pas surveillé de nuit. Dès qu’il rentrait à son domicile, nous arrêtions la filature » , explique Sean Whitman, qui précise également « avoir filmé JPK » à la sortie d’un « supermarché. »


Interrogé sur les déclarations de Sean Whitman, le patron du SED, André Yhuel explique ne pas s’en souvenir, mais sans remettre en cause la crédibilité de ses propos : « Je tombe des nues, dit André Yhuel, entendu le 7 juillet 2006. Je suis étonné. A la lecture de sa déposition, il y a un accent de vérité et de sincérité, il n’a pas inventé cela (…) visiblement, il l’a observé, cela semble vrai, mais je ne peux pas l’expliquer (…)la seule explication que je puisse donner c’est que Sean Whitman ait été positionné devant la mairie d’Arue[administrée par Boris Léontieff auprès de qui travaillait JPK] pour exercer une observation sur Boris Léontieff et qu’à travers ces observations, il ait décidé de suivre Jean-Pascal Couraud. Je trouve son audition très inquiétante. »

Gaston Flosse à Papeetee, en octobre 2004 © Stringer France/Reuters

Le pouvoir au féminin – voici quelques pionnières et quelques femmes de pouvoir…

Publié le
Laurence Parisot at the MEDEF headquarter

Image via Wikipedia

Les sociétés

cotées

féminisent

leurs

conseils d’administration

Publié par lefigaro.fr  le 01/08/2011 à 13:01

et mis à jour le 01/08/2011 à 18:31 |

La plupart de ces entreprises ont devancé les exigences de la loi Zimmerman-Copé, et affichent dès aujourd’hui plus de 20% de femmes dans leur conseil d’administration.

Les conseils d’administration des grandes entreprises françaises cotées se féminisent plus vite que prévu. Devançant les exigences de la loi Zimmermann-Copé, les sociétés du CAC 40 affichent en moyenne 20,6% de femmes administratrices, alors que la loi ne rend le quota de 20% obligatoire qu’à partir de 2014, révèle une étude du cabinet Ethics and Boards. Le SBF 120fait un peu moins, bien, avec 14,8% de femmes administratrices. Au total, entre 2009 et 2011, 65 nouvelles femmes ont été nommées.

Certaines entreprises sont à cet égard exemplaires, note le cabinet. Vallourec par exemple, qui ne comptait aucune femme dans son conseil d’administration en 2009, en accueille aujourd’hui 36%. Avec plus de 40% de femmes, Alten et Publicis devancent même déjà la deuxième étape de la loi, qui prévoit que les entreprises publiques et cotées devront comprendre 40% de femmes administratrices d’ici à 2017. Font aussi figure de bons élèves Vivendi, la Société Générale, PPR ou encore France Télécom, dont un tiers des mandats sont féminins.

Beaucoup de femmes de nationalité étrangères

18 sociétés du CAC 40 restent cependant en deçà du seuil de 20%. EADS et STMicroelectronics n’ont même pas nommé une seule femme, contrairement à l’obligation qu’impose la loi (en nommer au moins une dans les six mois qui suivent la promulgation du texte). Plus étonnant, l’Etat n’a choisi aucune femme parmi les administrateurs chargés de défendre ses intérêts au sein des sociétés dont il est actionnaire. Renault et EDF comptent par ailleurs à peine plus de 10% de femmes administratrices.

Si les femmes fraîchement nommées s’avèrent plus jeunes en moyenne que leurs collègues masculins, elles sont aussi plus souvent de nationalité étrangère. Les administratrices étrangères représentent en 2011 plus de 30% des femmes nommées, contre 26% pour les hommes. Un chiffre qui donne à penser que la promotion interne de femmes à des postes à hautes responsabilités reste encore difficile.

Une loi pour imposer

un quota de femmes en entreprise

Par Yann Le Galès
Publié le 20/01/2010 à 21:46

L’Assemblée nationale a adopté mercredi soir

la proposition de loi du patron des députés

UMP Jean-François Copé et

de Marie-Jo Zimmermann visant à favoriser

la parité hommes-femmes

dans les conseils d’administration des grandes entreprises,

vrais bastions masculins.

Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, Patricia Barbizet, directeur général d’Artemis, Laurence Parisot, présidente du Medef, Virginie Morgon, membre du directoire d’Eurazeo, ont un point commun : elles appartiennent au club très fermé des femmes qui siègent dans les conseils d’administration de groupes du CAC 40. Car les instances dirigeantes des grandes entreprises demeurent une affaire d’hommes, malgré les efforts réalisés par BNP Paribas, Michelin, L’Oréal, Pernod Ricardet la Société générale qui comptent plus de 20% de femmes dans leurs conseils.Et la situation n’évolue pas depuis plusieurs années. Ce surplace explique que la France soit un des mauvais élèves de l’Europe avec seulement 9 à 10% de femmes dans les conseils des grandes firmes. Un chiffre qui la place loin derrière la Norvège (41%), la Suède (27%) et la Finlande (20%).Mais la situation va changer. Marie-Jo Zimmermann, députée UMP de la Moselle, et Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ont défendu ce mercredi devant les députés une loi qui imposera en six ans un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration des sociétés cotées. Une proposition de loi adoptée mercredi soir par les députés.La France suit l’exemple de la Norvège et de l’Espagne. Le Parlement norvégien a voté en 2003 une loi qui a imposé l’égalité hommes-femmes dans les conseils à partir du 1er janvier 2008. Les députés espagnols ont adopté en 2007 un texte qui impose 40% de femmes à partir de 2015.Pour atteindre l’objectif de 40%, Marie-Jo Zimmermann observe qu’il va falloir trouver 1.350 femmes cumulant deux mandats ou 555 cumulant cinq mandats. Un pari impossible, assurent les opposants. Faux, rétorquent les partisans du changement. Les compétences existent. Et les initiatives se multiplient. L’Institut français des administrateurs et l’European Professional Women’s Network-Paris ont mis en place le programme «Women on Boards».

«Faire preuve de créativité»

Véronique Morali, présidente de Fimalac Développement et deTerrafemina, membre du conseil d’administration de Coca-cola Enterprises aux États-Unis, Caroline Apffel, associée du cabinet Heidrick & Struggles, Marina Eloy-Jacquillat ont lancé en décembre l’antenne française du Women Corporate Directors, un réseau de femmes membres de conseil d’administration. Une trentaine de femmes ont participé à la première réunion. Elles échangent des idées, se forment. «Le vivier existe, à condition de faire preuve de créativité et d’élargir le spectre des compétences. Nous pouvons aller chercher des femmes à l’étranger et nous pourrions également nous inspirer de l’exemple des Anglo-Saxons, de la Norvège et de la Finlande en allant chercher des femmes qui ont exercé des responsabilités dans les conseils des universités, de fondations, des ONG. Nous devons également ouvrir aux femmes entrepreneurs qui exercent, par exemple, des responsabilités dans des entreprises familiales», assure Catherine Apffel.La féminisation des conseils est également en marche sous l’influence des investisseurs. Dunya Bouhacene vient de lancer le Women Equity for Growth et le premier fonds d’investissement européen qui privilégie les entreprises favorisant la mixité dans leurs équipes de direction. Un mouvement irrésistible est donc lancé. Et les bouleversements pourraient être grands. Avec la fin des cooptations et un rajeunissement des administrateurs.

Quotas:

13 dirigeantes jugent la loi

qui impose des femmes

dans les conseils d’administration

Par Yann Le Galès le 19 janvier 2010 21h55
Patricia Barbizet, Dominique Damon, Claire de Montaigu ,Véronique Morali et neuf autres dirigeantes parlent en toute liberté de la loi qui veut imposer un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes sociétés cotées. Marie-Jo Zimmermann, député UMP de la Moselle, et Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, défendent leur projet de loi devant les députés.  

barbiset.jpg Patricia Barbizet, directeur général d’Artémis et présidente du comité d’investissement du FSI.

 » Je suis pour la parité, c’est à mes yeux un progrès nécessaire et urgent et pas seulement pour les femmes mais pour la société dans son ensemble. En revanche, je suis beaucoup moins convaincue par l’idée qu’on y parviendra par des quotas.En premier lieu, l’histoire montre qu’on change rarement les mentalités par la loi.Ensuite, je suis gênée par l’idée qu’on puisse choisir une personne en raison de son genre ou du groupe social dans lequel on la classe. J’y vois un risque de stigmatisation. Je pense qu’il faut parvenir à instaurer la parité et, au-delà, la diversité sans cesser de privilégier les critères de compétences et de personnalité, en s’attachant à repérer les talents et à les faire émerger. C’est un changement collectif, de la société et des moeurs, qui imposera progressivement la parité comme une évidence.
La diversité -des genres, des origines, des cultures- est un fantastique moteur d’adaptation e de progrès de la société. Ce qui change les choses dans un conseil d’administration comme dans tout autre groupe d’ailleurs, c’est la mixité qu’apporte l’arrivée des femmes dans des univers masculins.J’ai toujours été frappée de constater combien, dans des groupes sociaux mixtes, les choses étaient plus fluides et plus évolutives. Dans la sphère professionnelle, à tous les échelons de responsabilité et de décision, une équipe mixte est plus moderne, plus réactive, plus pertinente aussi.De manière générale, quand il y a plusieurs regards, cela marche mieux. »

BOUhacene.jpg Dunya Bouhacene, fondatrice du Women Equity for Growth.

 » Le législateur souhaite corriger certains travers de la « libre désignation des administrateurs car elle entraînerait des effets injustes. Elle ne permettrait pas un égal accès des hommes et des femmes à ces responsabilités et condamnerait de ce fait les instances dirigeantes des entreprises et organisations à être faiblement représentatives.
Des difficultés innombrables surgissent, si l’on se cramponne aux entités théoriques mobilisées par le sujet, questionnant notamment le rôle du législateur, le bien-fondé de l’élargissement aux sphères économiques de ce qui a été tenté en politique, l’issue d’une discrimination positive, le danger de postures essentialistes…
Je passerai sur ces débats car l’essentiel est ailleurs. Je rappellerai simplement le consensus  est large en faveur d’un meilleur partage des opportunités et des responsabilités économiques entre hommes et femmes( 71% des Français sont favorables à l’instauration de quotas de femmes dans les conseils d’administration), que nous ne pouvons en démocratie accepter que la méritocratie ne vaut pas au-delà d’un certain étage et qu’il n’est pas tolérable de raccourcir les perspectives de 60% de titulaires de diplômes de troisième cycle. Enfin, les quotas ne sont qu’un outil largement adopté de par le monde – plus d’une centaine de pays sur tous les continents y ou -eu -recours; dès lors, seule la qualité de son implémentation en fera la vertue ou le vice. Frapper de nullité des décisions émises par un conseil parce qu’il n’est pas mixte, contraint à repenser le vivre ensemble. C’est là le premier mérite de ce projet de loi ».

chouard.jpg Catherine Chouard, Président de Catherine Chouard Conseil (Développement durable des ressources humaine), membre de l’institut français des administrateurs (IFA), membre du collège de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations pour l’Egalité (Halde).  

« Alors que les femmes représentent 47% de la population active, leur proportion dans les conseils d’administration et de surveillance des 500 premières entreprises françaises est de seulement 8% en n’a augmenté que de 1% depuis 2006. C’est la preuve que compter sur la seule évolution « naturelle » des mentalités revient à devoir attendre… plus de cinquante ans! Ayant été pendant 17 ans, la seule femme au sein de consécutivement trois comités exécutifs de grands groupes internationaux, je peux témoigner de la lenteur du processus. Faute d’avoir pu constater une évolution significative, le principe de devoir recourir à une obligation légale s’impose pour atteindre effectivement l’égalité réelle comme l’a d’ailleurs recommandé la HALDE le 29 juin dernier dans sa délibération numéro 2009-237.
La question pourrait légitimement susciter l’indignation. Souhaitons que l’exigence soit la même pour tous! Ouvrir aux femmes le cercle des administrateurs revient à enrichir la typologie des profils d’expérience et de fait à réduire le cumul de mandats des titulaires actuels. Ce qui en peut qu’être positif pour les entreprises et leurs parties prenantes. De plus, le choix d’une femme pourra se faire à compétences égales car nombreuses sont celles qui, grandes professionnelles, sont préparées à exercer un mandat par des formations spécifiques comme celles de l’IFA. ».

DCostantini.jpg Dominique Costantini, Président du directoire de BioAlliance Pharma. 

 » Avec regret, je considère aujourd’hui que c’est une idée utile car l’évolution naturelle avec plus de femmes dans les postes à responsabilité qui aurait pu se faire ne s’est pas faite spontanément. La notion de quota est toutefois risquée pour les femmes elle-même car elle suppose un choix basé sur ce seul critère alors qu’il faut intégrer avant tout l’utilité d’une nomination d’un membre pour l’entreprise. L’adéquation de la nomination à ce type de poste donc donc rester basée sur cette utilité pour l’entreprise.La mise en place dans ce sens si elle est décidée devrait se faire progressivement pour ne pas ajouter d’instabilité au sein d’un organe de gouvernance.
Une généralisation est difficile car tout dépend du parcours professionnel et de l’expérience acquise par les candidates à de tels postes. On peut penser qu’elles peuvent amener un autre regard sur l’évolution et les nominations des femmes à l’intérieur de l’entreprise à des postes clés. Elles pourraient également amener une réflexion sur la vision long terme, la formation aux métiers de demain dans l’entreprise pour peu que ces missions de réflexion leur soient confiées. Dans les rapports au sein d’un groupe, elles peuvent parfois éviter les purs rapports de force et contribuer ainsi à une vision plus collective ».

damon do.jpg Dominique Damon, présidente d’Evalind International.

« La mise en place de quotas est à la fois regrettable et souhaitable.Il est regrettable d’avoir à imposer une telle décision aux entreprises et il faut espérer que cela ne dévalorisera pas les nominations féminines à venir. Mais c’est souhaitable, car l’absence d’évolution et le retard français rendent nécessaire de telles mesures.C’est aussi une opportunité pour améliorer la gouvernance des entreprises: faire progresser l’indépendance des administrateurs en réduisant les cooptations dans le microcosme des entreprises du CAC 40 et apporter de nouvelles expériences professionnelles moins homogènes, si la discrimination par secteur industriel est évitée.
Indépendance, écoute et facilité de dialogue, sans recherche de pouvoir, sont des caractéristiques très féminines. En termes de performance de l’entreprise, toutes les études confirment qu’elles y participent largement.Elles peuvent permettre de changer le regard des dirigeants sur l’utilité de faire évoluer la promotion des femmes aux fonctions de direction: une dynamique essentielle. »

photo Agnès_Fourcade B.jpg Agnès Fourcade, Présidente de Femmes Business Angels.

 » Alors même que les femmes ne cessent de monter en compétence dans l’entreprise, est-il normal qu’elles soient à ce point absentes des conseils d’administration? Ne faudrait-il pas prendre en compte dans la composition de ceux-ci la réalité du terrain: femmes majoritaires dans la population, principaux vecteurs de l’achat des ménages, nerf de l’économie? Peuvent-ils continuer à se renouveler dans la consanguinité masculine? Ignorant les rapports de l’autre genre: regards et sensibilités différents, indépendance plus marquée. Et ce courage bien connu qui pousse les femmes à évoquer les questions qui fâchent, préférant soulever les vrais problèmes que protéger leur carrière… Des quotas de femmes quand le bon sens devrait suffire: Quelle tristesse! Je voudrais dire ma colère tout en remerciant les courageux défenseurs de cette idée: pas d’autres solution devant l’intolérable immobilisme! Et qu’on ne nous raconte pas qu’il n’y a pas de vivier: il existe, mais on ne l’exploite pas. Et si on nous accuse de « féminisme », sur le ton péjoratif qui va avec, demandons-nous quel est le pendant de ce terme au masculin? Le mot n’existe pas car les hommes n’en ont pas besoin: la place leur est acquise. ».

Chérifa[2].jpg Chérifa Levet, directrice générale, vice-présidente de Human Genetics Therapy de Shire.

 » Le quota n’est pas une solution idéale car elle induit une position défensive: il faut recourir à l’obligation, à la loi, pour obtenir une place. Pourtant j’y suis favorable car il peut être le coup de pouce nécessaire à l’ouverture du cercle très fermé des détenteurs de ces sièges et à l’évolution des mentalités. Il pose la question du cumul des mandats, qui bloquent des opportunités. Le système de quota doit conduire à l’égalité d’accès à ces postes, à compétence égale, pas au favoritisme, qui desservirait la cause des professionnelles et notre économie.
Il ne s’agit pas de comparer ou d’opposer les qualités respectives des hommes et des femmes. L’objectif est moins d’obtenir un certain pourcentage de femmes dans ces instances que d’atteindre les conditions de la mixité. C’est là que se trouve le gisement de richesse, grâce à la complémentarité des points de vue et des approches, qui permet d’aborder toutes les questions, d’envisager toutes les solutions, donc de prendre une décision plus nourrie. »

liautaud_ok.jpg Martine Liautaud, présidente directrice générale de Liautaud et Cie, présidente d’honneur du Stanford Business Club. 

« Hélas, oui. Hélas, parce que c’est un constat d’échec et que la contrainte n’est jamais la meilleure solution. Oui parce que les femmes sont aujourd’hui très présentes dans l’entreprise, parfois au meilleur niveau, mais rarement dans les instances de gouvernance.Elles sont anormalement sous-représentées dans les conseils: 10% de postes d’administrateurs dans les sociétés du CAC 40.
Les quotas en faveur des femmes ne sont pas une nouveauté dans notre pays.La loi sur la parité en politique a permis à de nombreuses femmes d’exercer des responsabilités, particulièrement au niveau local, à la satisfaction de tous. L’entreprise ne peut pas être le dernier bastion du pouvoir masculin en France, alors que le Medef lui-même est présidé par une femme!
Les femmes apportent dans les conseils d’administration la même chose que les hommes en termes d’expérience, de compétence, d’analyse ou de réflexion.Mais si la question implique que les femmes apporteraient un « plus », je le crois volontiers. Les femmes ont une approche des problèmes souvent plus globales (ou moins binaire), plus ouverte à toutes les dimensions de l’entreprise et plus respectueuse d’un développement durable et équilibré.
Dans les conseils,elles peuvent faire valoir des points de vue susceptibles d’un plus large accord, tout en étant fermes sur les principes et garantes du respect de l’éthique. En bref, la présence des femmes facilite le consensus. C’est la diversité qui fait la valeur ajoutée ».
vmoissonnier_l_0709.jpg Valérie Moissonnier, Coach de dirigeants et de comité de direction, secrétaire générale de la fédération francophone de coachs professionnels. 

 » Oui, sans quota la société française ne fait que de la « Reproduction » de ses élites scolaires, sociales et maintenant dans les conseils d’administration. En tant que coach de dirigeants, j’aide des femmes à accéder aux comités de direction. Ce qui est extrêmement difficile. Un patron ne dira jamais ce qu’il ne veut pas d’une femme parce qu’elles est une femme mais parce qu’elle manque d’expérience, de compétences, d’aptitudes…Ce qui n’est jamais la réalité. Sans loi, les femmes plafonnent à 9% de représentation dans les conseils d’administration.
Les femmes sont plus concrètes et moins conceptuelles. Elles préfèrent le dialogue à l’autorité et les réseaux horizontaux aux hiérarchies verticales. Elles sont « process-oriented’. Elles utilisent une logique inductive plutôt que déductive. Des études américaines ont démontré que les entreprises dans lesquelles il y avait plus de femmes dans leurs comités de direction avaient de meilleurs résultats. Il ne fait aucun doute que la mixité est dans les entreprises un facteur de performance qu’il faut exporter dans les conseils d’administration. »

CdeMONTAIGU.jpg Claire de Montaigu, présidente de Leaders Trust.

 » Cela me choque car c’est avant tout de la ségrégation, une mauvaise réponse à une bonne question.Cela dit, force est de constater que la mise en place de quotas est efficace.Cependant, je n’adhère pas à une loi. Il me semble  que de fermes recommandations, un système d’incitation sérieux avec des objectifs précis qui s’apparenteraient à un code de bonne conduite, seraient suffisant. Afin de contrôler les quotas, une institution indépendante pourrait fixer des objectifs et réaliser un bilan/rapport annuel. Comme par exemple ceux mis en place pour les rémunérations des patrons.
Cela dit pour atteindre ces quotas, il faudrait aussi que les conseils d’administration acceptent des administrateurs qui ne sont pas encore des chefs d’entreprise. Malheureusement, peu de femmes le sont. Les conseils devraient intégrer des dirigeantes de branches ou de division où l’on retrouvent de nombreuses femmes de grand talent.
Les femmes donnent un point de vue bien différent des hommes. Elles ont des qualités d’empathie et d’ouverture utiles en temps de crise.Comme les hommes, elles apportent leurs compétences et leur expérience face à des entreprises dont les effectifs et les clients sont à 50% des femmes. Un « échantillon » représentatif par rapport aux problèmes posés, management, clients…. »

morali_ok.jpg Véronique Morali, présidente de Fimalac Developpement, de Terrafemina, administrateur de Coca-Cola Enterprises aux Etats-Unis. 

 » A condition que le système qui sera proposé aux entreprises soit réaliste et mesuré, je ne suis pas choqué par des quotas qui permettraient une représentation plus équilibrée des femmes dans les conseils d’administration. Les femmes apportent dans les conseils d’administration leur expertise, leur vision et leurs questionnements. Et à ce titre, rien de différent des autres administrateurs. Mais leur présence est un gage aussi d’une complémentarité de regards et d’opinions qui ne peut qu’être utile et profitable à la bonne gouvernance des entreprises ».

oghly_ok.jpg  Marie-Christine Oghly, présidente du Medef Ile-de-France. 

 » Avec 83% de femmes âgées de 25 à 50 ans qui travaillent, la France bat tous les records européens. Et pourtant, nous sommes encore très éloignés d’une véritable parité. Les membres des conseils d’administration des grands groupes ne comptent que 9% de femmes alors qu’elles sont 40% en Norvège, 17% au Danemark, 15% aux Etats-Unis. Faut-il imposer une loi? Face à cette situation, je ne crois pas à la contrainte. La France n’a cessé de légiférer depuis 30 ans: six lois entre 1972 et 2008! Avec quels résultats? La tentation demeure forte de poursuivre dans cette voie. Plutôt que de vouloir imposer, l’Etat doit faire confiance aux partenaires sociaux ou aux actionnaires. L’émergence des femmes dans la vie professionnelle ne peut pas relever seulement de la loi: il s’agit de faire changer les mentalités.De ce point de vue, les députés ne sont pas les mieux placés pour donner l’exemple: avec 12% seulement de femmes élues à l’Assemblée nationale, le chemin vers la parité est encore long.
Des économistes ont prétendu que la crise financière n’aurait pas eu lieu si la parité dans les conseils d’administration avait été respectée.Je n’irai pas jusqu’à cette affirmation mais la présence des femmes dans les conseils d’administration peut éviter aux dirigeants de se polariser sur des enjeux de pouvoir, au détriment du quotidien. Le pragmatisme me semble mieux partagé lorsque la mixité des sexes est respectée. Mais pour cela, il ne faut pas seulement rechercher la femme « alilbi », celle qui siègera en fonction de son sexe et non pas en fonction de ses qualités personnelles. Et cela pose le problème plus complexe de l’évolution professionnelle de la femme au regard de ses contraintes domestiques. C’est là que réside la véritable évolution: faire en sorte désormais que les obligations conjugales et familiales soient compatibles avec des responsabilités professionnelles importantes. C’est là que réside la véritable responsabilité de l’Etat et non pas dans l’instauration de tel ou tel type de quota ».

pascale perez.jpg Pascale Perez, présidente de Derichebourg Polyurbaine et de Dedis.

 » Je suis plutôt opposée au principe des quotas qui a tendance à décrédibiliser les femmes. Le monde des affaires est historiquement et culturellement masculin. Le chiffre de moins de 10% de femmes dans les conseils d’administration du CAC 40 place la femme derrière place la France derrière la Turquie et la Roumanie. Le recours à la loi et aux quotas est le seul moyen pour provoquer un électrochoc. Les femmes sont prêtes pour cela: leur capacité à gérer vie privée et familiale en parallèle de leur vie professionnelle n’est plus à démontrer. Prétendre l’inverse est un prétexte à l’inertie. En parallèle, on pourrait imaginer l’imposition de critères de jugement de bonne gouvernance, et aussi une évaluation obligatoire des fonctions d’administrateurs. Pour toutes ces raisons, j’encourage Jean-François Copé dans son projet, et lui rappelle qu’il faut être vigilant. Le parlement est en majorité masculin.
Les femmes peuvent apporter une réelle diversité: par leur état, par leur expérience et par leur âge, puisque les nouvelles « entrantes » seront forcément plus jeunes que la moyenne actuelle. Elles sont capables d’élargir les domaines d’intérêts des conseils, tout en améliorant la communication et, ainsi, contribuer à une plus grande transparence. Face aux bouleversements rapides de ces dernières années remettant en question nos modèles économiques, les femmes apporteront les idées et les analyses nécessaires pour relever les défis de demain. Finalement, je pense que l’arrivée des femmes dans les conseils jouera certainement un rôle dans l’indispensable révolution culturelle que doivent connaître ces derniers ».
Le Conseil d’administration a décidé à l’unanimité de coopter Inès-Claire Mercereau comme administrateur et de la nommer Président-directeur général de Boursorama.
Par Inès Mercereau | Président-Directeur général de Boursorama | 01/10/10

« J’ai été tellement habituée à être dans des univers où les femmes étaient minoritaires, que la situation où il y a effectivement la parité est une chose que je n’ai jamais véritablement constatée. »

Inès Mercereau a commencé sa carrière à la Cour des Comptes en 1983. Elle est diplômée de l’Ecole nationale d’administration.

En 1987, elle rejoint la direction du Trésor où elle a notamment occupé les postes de conseiller économique du Directeur et de secrétaire général du Comité interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI).

En mars 1995, elle rejoint la banque Arjil en tant que gérant.

En mars 1997, elle rejoint Société Générale comme Directrice associée en charge du secteur banques assurance au département fusions-acquisitions.

De 2001 à 2003, elle a été Président-Directeur général de Sogessur, la filiale d’assurance dommages du groupe Société Générale.

De 2003 à 2007, elle est Directrice de la Stratégie du groupe Société Générale.

Depuis octobre 2007, Inès Mercereau est nommée Directrice déléguée de la Direction des Services financiers spécialisés, en charge des assurances et du crédit à la consommation du groupe Société Générale. Inès Mercereau est membre du Comité de Direction du Groupe.

Pour marquer son engagement dans la diversité, Société Générale a décidé de donner la tribune de ses médias à ses collaboratrices exemplaires à travers cinq portraits. Arrivées aux sommets, elles partagent leur vision du rôle des femmes dans l’entreprise, dans la conduite du changement, des freins qu’elles ont pu rencontrer et parlent de l’équilibre vie privée-vie professionnelle.

Quatre autres vidéos de nos dirigeantes sont à venir.

En savoir plus cliquer sur le lien suivant : La tribune des femmes

Parité en entreprise :

la Norvège montre la voie

Marie Bartnik (lefigaro.fr)
Publié le 19/01/2010 à 16:46

Ce pays nordique,

qui a imposé à ses entreprises des quotas en 2003,

se distingue par un taux très élevé de femmes administratrices.

Certains pays d’Europe, dont la France,

sont en passe de mettre en oeuvre des législations similaires.

La France ne fait pas encore figure d’exemple. Avec 10,5% de femmes dans les conseils d’administration (CA) des entreprises du CAC 40, et 7,5% globalement, elle se situe plutôt en retrait de la moyenne européenne, à 9,7%. Désireux de faire prendre aux entreprises françaises un autre tournant, les députés examinent mercredi une proposition de loi visant à assurer la parité dans les conseils d’administration des grandes sociétés, via l’instauration d’un quota de 40% de femmes, à l’horizon 2016.Une proposition qui se situe dans la droite ligne de mesures déjà votées chez certains de nos voisins européens. L’Espagne en 2007, la Norvège en 2003, ont fixé un quota similaire au sein des CA de leurs entreprises. Une réussite spectaculaire pour la Norvège, meilleure élève en la matière, puisqu’elle affiche effectivement les 40% de femmes requis (et même un peu plus : 41%), selon les chiffres diffusés par la commission européenne. La Belgique et les Pays-Bas s’apprêteraient à leur emboîter le pas. Bref, «le sujet est dans l’air» constate Brigitte Grésy, auteur du rapport sur l’égalité professionnelle remis à Valérie Létard en juillet dernier. Ansgar Gabrielsen, le ministre norvégien ayant impulsé la mise en place de ces quotas, avait d’ailleurs reçu l’année dernière la visite de plus de trente dirigeants européens intéressés par le dispositif.

Le modèle nordique favorable aux femmes

Si la Norvège obtient des résultats à la hauteur des mesures prises, les autres pays d’Europe du Nord se distinguent également mais dans une moindre mesure par la féminisation des instances dirigeantes de leurs entreprises : 17% de femmes dans les CA danois, 20% en Finlande, et 27% en Suède… Ces taux placent sans surprise l’Europe du Nord parmi les meilleurs élèves, devant les Etats-Unis (15% de femmes dans les CA) ou le Royaume-Uni (12%). Une composition qui reflète la participation des femmes aux postes-clés de l’entreprise. «La législation est globalement plus favorable aux femmes dans les pays du Nord de l’Europe. En Finlande par exemple, le congé paternité est de trois mois, et en Suède, le lobby féminin est très fort» relève Brigitte Grésy. La gestion du temps est également différente, et non discriminante pour les femmes. «Les bons salariés ne sont pas ceux qui restent le plus tard au bureau. La culture du résultat est plus ancrée dans les esprits» relève-t-elle. Autant d’éléments qui permettent de mieux concilier vie familiale et professionnelle, et d’assurer un partage plus équitable de la parentalité.

Rééquilibrer les rapports hommes-femmes

Les Etats-Unis ont également tenté de rendre leurs entreprises plus «friendly family». «IBM et Hewlett Packard ont été pionniers en la matière» souligne Brigitte Grésy. La mise en place de programmes spécifiques, favorisant le monitoring et le recrutement des femmes, créant des garderies, a contribué à rééquilibrer les rapports hommes-femmes dans l’entreprise. «Les pays anglo-saxons sont davantage dans une dynamique de promotion de la mixité en entreprise», estime Véronique Morali, qui siège aux CA de Fimalac, Havas ou encore Coca-Cola Entreprises. «Mais l’internationalisation des sociétés devrait naturellement induire une diffusion des bonnes pratiques».

Related articles

Michel Pebereau va annoncer son départ et va anoblir ses héritiers. BNP Paribas.

Publié le

Succession de Michel Pebereau – Président de BNP Paribas.
Arrivée en 1993, l’a fait en première banque européenne.
Il y a 8 il a quitté la filière opérationnelle mais est très actif pour régler les problèmes de la Place et de la dette auprès des Ministres de l’économie et des finances qui a débuté par Thierry Breton et se termine avec Catherine Lagarde.

Stress-test du côté des Grandes Banques exposition des Banques Françaises ont remis à jour leurs comptes = résultats à la baisse

BNP Paribas, SocGen, PBCE ont maintenu leur effort envers la Grèce et se sont retirés des avoirs en Italie.
La banque Palatine va se lancer dans le monde du cinéma en ouvrant une nouvelle filière. La croissance est en pleine croissance (3D) – les enjeux financiers deviennent très importants. Les sociétés de cinéma portent des petits financements sur de grands projets. La Banque Palatine va apporter ses savoirs auprès des sociétés de cinéma qui ont besoin d’une aide de financement.

%d blogueurs aiment cette page :