A J-6, Fillon appelle ses électeurs à se mobiliser Derrière son programme. Découvrez le dans cet article.

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François #Fillon envisage un second tour face à Emmanuel Macron

Dans une interview à @LaCroix à paraître mardi, François Fillon livre son pronostic pour le second tour de la présidentielle.

Présidentielle : pourquoi Fillon y croit

« Il faut leur dire la vérité : l’ISF, par exemple, nous fait perdre de l’argent. Je note que mon probable concurrent au second tour, Emmanuel Macron, a défendu pendant des mois et des mois sa suppression avant de reculer pour des raisons électoralistes. Ce scrutin est le moment ou jamais d’effectuer enfin un travail de pédagogie collective », explique l’ancien premier ministre

Le candidat Les Républicains à la #présidentielle2017 assume l’ambition de son programme économique mais récuse l’idée qu’il demandera des « efforts » aux #Français. Sur la laïcité, il ne veut pas, contrairement à Marine Le Pen, limiter les signes religieux dans l’espace public.

La Croix : Les Français seront-ils prêts aux efforts que vous leur demandez ?

François Fillon : Je récuse cette idée. Si je donne l’impression de demander des efforts, c’est uniquement par rapport aux illusionnistes que sont mes concurrents, pas par rapport aux réalités. Les Français sont ambivalents : d’un côté ils ont peur des changements, de l’autre ils trouvent les hommes politiques pas assez courageux.

Il faut leur dire la vérité : l’ISF, par exemple, nous fait perdre de l’argent. Je note que mon probable concurrent au second tour, Emmanuel Macron, a défendu pendant des mois et des mois sa suppression avant de reculer pour des raisons électoralistes. Ce scrutin est le moment ou jamais d’effectuer enfin un travail de pédagogie collective.

Êtes-vous toujours, aujourd’hui, en capacité de mettre en œuvre votre programme ?

F. F. : Je suis plus déterminé que jamais : si je suis passé à travers toutes ces épreuves, ce n’est pas pour reculer demain matin devant la première opposition. Surtout, je possède déjà l’expérience de réformes difficiles.

Le projet présidentiel de François Fillon correspond à un « libéral-conservatisme » assumé et dont il défend « la cohérence philosophique ». Donnant la priorité à l’économie, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy entend reculer le périmètre d’un État « recentré sur la sécurité, la justice, la lutte contre le terrorisme et la défense ». Son objectif est de « revenir vers le plein-emploi » (taux de chômage de 7 % contre 10 % aujourd’hui), de ramener le niveau des dépenses publiques sous le seuil de 50 % du PIB (57 % actuellement) et d’atteindre l’équilibre des comptes publics.

Le code du travail sera réduit aux seules « normes fondamentales », tout le reste – dont le temps de travail – étant renvoyé à la négociation dans les entreprises. Ce libéralisme n’est toutefois pas ultra puisque François Fillon a finalement renoncé à privatiser une partie de l’assurance – maladie. En ce qui concerne la fiscalité des ménages, il prévoit d’un côté la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et l’augmentation de deux points du taux normal de TVA, de l’autre des mesures en faveur du pouvoir d’achat des salariés et des retraités modestes, ainsi que de toutes les familles.

Le libéralisme économique de François Fillon est en effet contrebalancé par un conservatisme sociétal : port de l’uniforme pour les écoliers ou collégiens, et « réécriture » de la loi Taubira afin de fermer l’adoption plénière aux couples homosexuels. Enfin, c’est en politique étrangère qu’on décèle des traces de son gaullisme d’antan avec sa vision d’une France « puissance d’équilibre », faisant notamment de la Russie « un grand partenaire », mais sans aller jusqu’à ressortir du commandement intégré de l’Otan.

Emploi : un « choc de compétitivité » pour relancer l’économie

Pour François Fillon, les entreprises sont la clé de voûte de la lutte contre le chômage. Son programme est donc clairement orienté vers le soutien à l’activité du secteur privé. Il met en avant sa volonté de « frapper vite et fort » à travers une baisse des charges patronales à hauteur de 40 milliards d’euros.

Le candidat des Républicains veut ainsi créer un cercle vertueux : dans un premier temps, les entreprises doivent d’abord retrouver des marges de manœuvre, et donc de la compétitivité à l’égard de nos partenaires étrangers, pour avoir les moyens de se développer et d’augmenter leurs profits. Elles pourront dans un deuxième temps les utiliser pour investir et créer des emplois, c’est-à-dire faire baisser le chômage, augmenter le pouvoir d’achat…

Cette baisse de charges sera notamment financée par une hausse de deux points du taux normal de TVA (20 % aujourd’hui), une taxe qui s’applique autant aux produits français qu’aux étrangers, alors que les charges patronales pèsent exclusivement sur les coûts de production français.

Autre source de financement : la promesse de réaliser 100 milliards d’euros d’économies en cinq ans sur les dépenses publiques et de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. Avec en filigrane l’idée que la puissance publique est aujourd’hui en surpoids (les dépenses publiques représentent 57 % de la richesse française), ce qui handicape le bon fonctionnement du secteur privé.

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L’ancien premier ministre n’a toutefois pas précisé quels postes d’agents publics allaient être supprimés ni dans quels domaines. De plus, il a revu à la baisse, courant mars, son plan d’économies appliquées aux collectivités locales – de 20 milliards d’euros initialement à 7,5 milliards – sans pour autant remettre en cause l’objectif global de réduction des dépenses publiques de 100 milliards d’ici à 2022.

C’est encore au nom du soutien aux entreprises que François Fillon promet une vaste simplification administrative, un allégement du code du travail et une remise en cause de toute référence légale aux 35 heures. Car il veut que le temps de travail puisse être négocié au sein de chaque entreprise. Une manière indirecte de réduire le coût du travail si la durée du travail augmente davantage que les salaires.

Dans le même temps, François Fillon met en avant 10 milliards de pouvoir d’achat en faveur des ménages à travers une baisse des cotisations salariales, le relèvement du plafond du quotient familial à 3 000 € et le retour à l’universalité des allocations familiales. Cette hausse du pouvoir d’achat concernera avant tout les classes moyennes supérieures, analysent les économistes. Celles-là mêmes qui ont été les plus touchées par les hausses d’impôts du quinquennat Hollande.

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Cette stratégie pourra entraîner, dans un premier temps, une aggravation du déficit public. François Fillon s’engage néanmoins à revenir à l’équilibre des comptes en 2022, assorti d’une croissance supérieure à 2 %. Des hypothèses et un chiffrage difficiles à vérifier pour François Fillon, comme pour ses concurrents à la présidentielle.

► Sécurité : des investissements massifs pour la police et l’armée

Estimant que « le régalien est devenu le parent pauvre de l’État », François Fillon, qui a fait de la maîtrise des dépenses publiques le mantra de sa campagne, affirme qu’il engagera 12 milliards d’euros supplémentaires dans la police, la justice et l’armée durant le quinquennat.

Pour les forces de l’ordre, le candidat LR prévoit plutôt moins d’embauches que ses concurrents – 5 000 postes créés, 5 000 autres redéployés sur le terrain – mais insiste sur la nécessité de moderniser leurs équipements : un milliard d’euros y sera consacré.

François Fillon propose aussi, comme Marine Le Pen, la création d’un « grand ministère de la sécurité », regroupant l’intérieur, l’administration pénitentiaire et les douanes. Il se distingue en revanche des autres candidats en voulant renforcer fortement les moyens et pouvoirs des polices municipales : il poursuivra leur armement (celui-ci n’est aujourd’hui qu’une option, mais le ministère de l’intérieur a mis des armes à leur disposition) et les autorisera à procéder à des contrôles d’identité, une prérogative actuellement réservée aux forces nationales.

Prônant « l’impunité zéro » contre la délinquance, il envisage d’abaisser la majorité pénale à 16 ans, de rétablir les peines planchers créées par Nicolas Sarkozy puis abrogées en 2014, et de limiter les aménagements de peine à celles inférieures à un an – contre deux actuellement. Il prévoit en conséquence la construction de 16 000 places de prison. Un investissement qui devra entrer dans le 1,5 milliard prévu pour la justice… bien que le gouvernement actuel ait estimé à 3 milliards d’euros la construction de 10 000 à 15 000 places de prison en dix ans.

Liant la lutte « contre le terrorisme » à celle contre « le totalitarisme islamique », François Fillon entend déchoir de leur nationalité les combattants partis à l’étranger, dans le but de leur interdire le retour sur le territoire. Comme ses adversaires, il prévoit par ailleurs une réforme des renseignements, afin de renforcer le rôle de leader de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), même s’il veut aussi donner plus de moyens au renseignement territorial – chargé de surveiller la menace du « bas du spectre ».

S’il s’est engagé à renforcer les moyens consacrés à la sécurité, François Fillon souhaite « reconfigurer » l’opération Sentinelle qui mobilise en permanence 10 000 soldats sur le territoire national. « On ne peut pas maintenir l’armée de terre dans une fonction qui n’est pas la sienne. Il faudra l’arrêter le moment venu », avait-il affirmé pendant la campagne de la primaire.

Pour maintenir les capacités opérationnelles de l’armée, il envisage de porter à 2 % du PIB le budget de la défense d’ici à 2022, ce qui représente déjà un effort de 10 milliards d’euros sur le quinquennat. Il souhaite néanmoins davantage « mutualiser » avec nos partenaires européens le coût des opérations extérieures et s’oppose résolument au rétablissement, très coûteux, du service militaire.

► Famille : Un « pilier » de la société à défendre

Après les tensions suscitées par la politique familiale de François Hollande, le candidat des Républicains entend revenir sur un certain nombre de mesures votées depuis cinq ans. D’abord en matière de prestations et de fiscalité ; ensuite concernant le délicat dossier de la loi Taubira sur le « mariage pour tous ».

Pour François Fillon, la famille est un « pilier » de notre organisation sociale : « Quand la famille ne fonctionne pas, c’est toute la société qui en pâtit », écrit-il. Il envisage donc de revenir au principe de l’universalité de la politique familiale, entamée par le pouvoir socialiste pour mieux soutenir les plus modestes. Le candidat de droite estime au contraire que « la politique familiale ne peut plus être la variable d’ajustement de nos politiques sociales et doit (…) compenser la charge liée à l’éducation des enfants ».

Logiquement, François Fillon propose donc de rétablir l’universalité des allocations familiales, qui avaient été modulées sous le dernier quinquennat, et de relever le plafond du quotient familial à 3 000 €. Celui-ci avait été abaissé sous François Hollande à deux reprises, au détriment des familles les plus aisées. Le candidat LR entend par ailleurs développer les microcrèches et les maisons d’assistantes maternelles, et simplifier la réglementation des crèches classiques. Enfin, il souhaite revenir sur la réforme du congé parental entrée en vigueur en 2015. Celle-ci, destinée à encourager les pères à passer du temps auprès de leur enfant, a surtout conduit à une chute du nombre de ces congés.

L’autre axe de son programme consiste à « réécrire » la loi sur le mariage pour tous, sans effet rétroactif. Fort du soutien du mouvement Sens commun, François Fillon considère ainsi que l’adoption plénière doit être réservée aux couples de sexe différent, « la filiation n’ayant de sens qu’à l’égard d’un homme et d’une femme », écrit-il. Dans un entretien à La Croix, en juin 2016, le candidat envisageait néanmoins la possibilité d’adoptions simples pour les couples de même sexe.

Dans cette veine, l’ancien premier ministre souhaite préserver le cadre juridique des lois de bio­éthique de 2004, révisées en 2011 : pas d’accès élargi à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et les célibataires (lire notre dossier complet du 28 mars), interdiction stricte de la gestation pour autrui. François Fillon promet même de renforcer les sanctions pénales à l’encontre des couples ayant recours à la GPA ou des organisations qui en font la promotion. « Il défend les fondamentaux de l’éthique biomédicale, résume le député LR Jean Leonetti : indisponibilité du corps humain, bienfaisance, équité, protection des plus vulnérables, etc. » C’est aussi au nom de ces principes que François Fillon s’oppose à la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Il s’en tiendra donc à l’application de la loi de février 2016 sur la fin de vie qui rend les directives anticipées contraignantes et accorde un droit à la sédation en phase terminale.

► Europe : Partenaire avec la Russie

Relancer les relations avec l’Allemagne, amplifier le fonctionnement intergouvernemental de l’Union européenne et faire de la Russie « un grand partenaire » : tels sont les grands axes de la politique européenne de François Fillon. Dans le sillage de son ancien mentor, le souverainiste et eurosceptique Philippe Séguin, avec qui il avait voté contre le traité de Maastricht en 1992, l’ancien premier ministre plaide pour une Europe « plus respectueuse des nations », ce qui passe, selon lui, par la réforme des accords de Schengen, la réduction des pouvoirs de la Commission européenne et un directoire politique de la zone euro. Le candidat à l’Élysée préconise également une plus grande convergence fiscale entre la France et l’Allemagne.

Dans le domaine de la défense européenne, François Fillon veut préserver les liens militaires avec Londres, malgré le Brexit, et souhaite un partage du fardeau avec les Européens. Le candidat suggère, par exemple une « rotation » des forces assurant la sécurité au Sahel. En Europe même, le candidat des Républicains propose une « alliance européenne de défense » avec la France et l’Allemagne pour « moteurs » et une mutualisation du financement des opérations extérieures avec l’Allemagne et les autres partenaires européens.

En rupture avec la ligne de fermeté et de dialogue envers la Russie pratiquée par François Hollande, François Fillon préconise un rapprochement avec Moscou. Le candidat de la droite veut-il privilégier le bilatéral franco-russe au risque de diviser les alliés au sein de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne ? Le règlement de la crise en Ukraine et l’avenir des accords de Minsk seront, quoi qu’il en soit, un test pour la solidité du tandem franco-allemand et sa capacité de gestion des crises en Europe. Partisan de la levée des sanctions contre la Russie, le député de Paris n’a cessé d’argumenter en faveur d’une redéfinition de la relation russo-européenne. « L’Europe, dit-il, a commis une faute historique en voulant arracher l’Ukraine à l’influence russe. » Le candidat reste ambigu sur la question de l’annexion de la Crimée en 2014 par la Russie, en violation de la charte de Paris de 1990, dernier avatar de la doctrine Brejnev de « souveraineté limitée » pour les voisins de la Russie. Selon lui, « le respect de la légalité internationale n’interdit pas de poser la question du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

François Fillon propose l’organisation d’une conférence sur « les nouvelles conditions de la sécurité en Europe », jugeant le déploiement du bouclier antimissile de l’Otan à l’est de l’Europe comme une provocation inutile. « Le danger principal pour l’Europe, ce n’est pas la Russie, c’est le totalitarisme islamique », répète le candidat qui soutient l’idée d’une « coalition internationale » incluant la Russie, l’Iran, Bachar Al Assad et les pays de la région en lutte contre le terrorisme. François d’Alançon

► Immigration : Restrictions et quotas

Sur l’échiquier des candidats à la présidentielle 2017, François Fillon se situe clairement du côté de ceux qui entendent freiner l’immigration. Faisant l’analyse que la situation de l’emploi et du logement ne permet plus d’accueillir autant d’immigrés, il estime que « la France doit non seulement lutter contre l’immigration illégale mais elle doit aussi réduire son immigration légale au strict minimum ».

Pour réduire les flux légaux, sa proposition phare consiste à modifier la Constitution pour mettre en vigueur des quotas migratoires, le Parlement votant chaque année des plafonds de titres de séjour en fonction « des capacités d’accueil de la France et des capacités d’intégration des demandeurs ». Reste à savoir à quel niveau. Alors qu’en 2016, 227 000 premiers titres de séjour ont été délivrés, le candidat LR avait évoqué, en octobre 2016, un niveau « très inférieur à 100 000 ». L’immigration familiale (88 000 titres en 2016) est dans le viseur. Il serait tenu compte des ressources, du logement, comme c’est le cas aujourd’hui mais aussi d’autres conditions comme « le respect des valeurs de la France ». Pour composer avec le droit à la vie familiale garanti par le droit communautaire, il envisage de « réadhérer avec réserve à la Convention européenne des droits de l’homme ». Le programme ne mentionne pas l’idée, un temps évoquée, du choix des immigrés par région d’origine, mais entend développer « l’usage des statistiques ethniques » pour éviter « la concentration communautaire dans une même commune ».

François Fillon à Provins, le 5 avril. / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP
François Fillon à Provins, le 5 avril. / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

Pour restreindre l’immigration illégale, François Fillon veut refonder le traité de Schengen afin de renforcer le contrôle des frontières. Concernant les clandestins déjà en France, il entend les éloigner systématiquement. Et, pour éviter que ces non-admis disparaissent avant le renvoi, il souhaite qu’ils soient placés en rétention, pour une période pouvant aller jusqu’à six mois, y compris les familles. Concernant les demandeurs d’asile, il estime qu’« on n’est pas en présence, pour l’essentiel, de réfugiés, en tout cas de réfugiés au sens politique ». Ils devront faire leur demande 15 jours après leur entrée sur le territoire et l’instruction ne pourra excéder quatre mois. L’éloignement des déboutés « sera une priorité ».

Enfin, François Fillon souhaite « faire en sorte que l’immigration ne soit plus une charge ». Il entend subordonner l’accès aux allocations familiales et aux allocations logement à une résidence régulière de plus de deux ans. Il supprimera l’aide médicale d’état, qui permet aux personnes en situation irrégulière de se soigner, pour la remplacer par une dispense de frais de santé limitée aux mineurs, aux maladies infectieuses ou aux urgences. Enfin, il veut « réserver la nationalité française aux étrangers clairement assimilés », en durcissant les conditions d’accès (respect de l’obligation scolaire, absence de condamnation à un délit passible de plus de trois ans de prison, durée minimale de résidence portée à huit ans ou de vie commune avec un Français à cinq ans…). Celui qui avait défendu en 2004 l’interdiction du voile à l’école ne préconise pas une loi pour l’étendre aux universités.

► Environnement : Continuer de miser sur le nucléaire

La « transition écologique » n’est pas à proprement parler au programme de François Fillon, au sens de mutation de la société vers un nouveau modèle de développement, compatible avec les limites de la planète, en termes d’émissions, de ressources et de déchets. Ainsi, si le candidat LR consacre un chapitre à l’environnement dans son projet, et se montre soucieux de décarboner l’économie, il veut le faire en misant largement sur le nucléaire. Il ne juge pas nécessaire de promouvoir massivement l’agroécologie et souhaite mettre fin au principe de précaution tel qu’il existe aujourd’hui.

En matière de choix énergétique, l’ancien premier ministre est, avec Marine Le Pen, l’un des candidats les plus favorables au nucléaire. Il promet ainsi de revenir sur l’engagement de la loi de transition énergétique, votée en 2015, qui prévoit de faire passer la part de l’atome de 75 % à 50 % de la production électrique d’ici à 2025. Un engagement « impossible à tenir », selon lui, car il suppose de fermer une vingtaine de réacteurs en huit ans, alors même que les énergies renouvelables présentent toujours le défaut d’être intermittentes. Il propose donc de « moderniser le parc nucléaire pour en prolonger la durée d’exploitation », c’est-à-dire d’engager le « grand carénage » – la maintenance lourde des 58 réacteurs nucléaires français – dont le coût est évalué, avec les mises aux normes de sûreté, à 51 milliards d’euros.

Dans le même temps, le candidat propose d’« éliminer les énergies fossiles de la production d’électricité avec un prix plancher de la tonne de carbone de 30 € minimum » (contre un peu plus de 5 € aujourd’hui), et d’encourager l’autoconsommation d’électricité. Tout en promettant une politique d’économie d’énergie, il assure qu’il créera les « conditions favorables au développement de véritables filières industrielles françaises des énergies renouvelables », ce qui implique toutefois de dégager des financements en plus de ceux déjà importants du grand carénage.

François Fillon à l’Hippodrome de Saint-Cloud, le 5 avril.<br/> / THOMAS SAMSON/AFP
François Fillon à l’Hippodrome de Saint-Cloud, le 5 avril.
/ THOMAS SAMSON/AFP

Sur le plan agricole, en dehors du soutien aux « circuits directs de vente du producteur au consommateur », François Fillon entend surtout remédier à « l’excès de charges, de normes et de contrôles » imposés selon lui aux agriculteurs. Il s’engage, loin du mieux-disant écologique, ainsi à « abroger par ordonnance toutes les normes ajoutées à la réglementation européenne » et propose de mettre en place un « compte épargne aléas climatiques », que l’agriculteur alimenterait lui-même grâce à des déductions fiscales.

Surtout, le candidat de droite promet de revenir sur le principe de précaution, inscrit depuis 2005 dans la Constitution, qui s’impose « lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques » risque d’« affecter de manière grave et irréversible l’environnement ». François Fillon souhaite « ré­écrire » ce principe pour « favoriser l’innovation responsable ».

Laurent de Boissieu ; Marie Dancer ; Céline Rouden ; Flore Thomasset ; Marine Lamoureux ; François d’Alançon ; Nathalie Birchem ; Jean-Claude Bourbon

http://www.la-croix.com/France/Politique/Presidentielle-programme-Francois-Fillon-2017-04-10-1200838400

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À propos de Maï SALAÜN

Tous les grands qui ont réussi dans le passé ont été des visionnaires, des hommes et des femmes qui se sont projetés dans l'avenir. Ils ont pensé à ce qu'ils pourraient être, plutôt qu'à ce qu'ils étaient déjà et ensuite, ils se sont mis en action pour faire de leur vision une réalité. Femme libre indépendante intolérante indécente incandescente. Une extrémiste de l amour et totalement conformiste sur la vie avec une arme de destruction massive : le facteur travail. J'ai les goûts les plus simples du monde, je ne me contente que du meilleur.

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