La source du savoir des sciences humaines à travers le parcours de différents citoyens du monde. Maï Salaün

 

Le terme Gaulois désigne les populations protohistoriques de langue celtique qui résidaient en Gaule (Gallia, en latin), c’est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, de la Belgique, de l’Allemagne (rive gauche du Rhin), de la Suisse et de l’Italie du Nord, probablement à partir de l’âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.).

Les Gaulois étaient divisés en de nombreux peuples qui se comprenaient entre eux, qui pensaient descendre tous de la même souche et qui en connaissaient la généalogie. À ces liens de filiation, réels ou mythiques, qui leur créaient des obligations de solidarité, s’ajoutaient des alliances qui mettaient certains d’entre eux dans la clientèle d’un autre pour former des fédérations comme celles des Arvernes et des Éduens. Chacun de ces peuples était divisé en civitates, identifiées par un chef-lieu et un territoire, appelé en latin pagus, lui-même subdivisé en vicus, correspondant à peu près aux cantons, en France, par exemple.

Les civilisations gauloises sont rattachées, en archéologie, pour l’essentiel, à la civilisation celtique de La Tène (du nom d’un site découvert au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse). La civilisation de la Tène s’épanouit sur le continent au Second âge du fer, et disparut en Irlande durant le haut Moyen Âge.

L’héritage symbolique au cours de l’histoire française[modifier]

 Statue monumentale de Vercingétorix par Aimé MilletAlise-Sainte-Reine.

La légende de l’origine troyenne des Francs est un mythe historique apparu au viie siècle et couramment utilisé jusqu’à la seconde moitié du xvie siècle. Il est popularisé par les écrivains et les chroniqueurs de Frédégaire à Ronsard, et évolue progressivement en intégrant celui de l’origine troyenne des Gaulois. Au xvie siècle naît le mythe du « bon gaulois » vis-à-vis des Romains dont les Italiens se réclament les descendants légitimes, comme dans l’ouvrage de Pierre de La Ramée en 1559 De moribus veterum Gallorum (Livre des mœurs des Gaulois)14.

Au xviiie siècle, l’image des Gaulois dans les milieux lettrés n’est pas valorisante : l’article Gaulois de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert conclut ainsi : « Les moeurs des Gaulois du temps de César, étaient la barbarie même …. Il faut, comme le dit M. de Voltaire, détourner les yeux de ces temps horribles, qui font la honte de la nature ». Cette image est radicalement changée à la même époque par deux courants : un courant archéologique et ethnographique porté par des antiquaire anglais puis français. Ce courant est initié par l’antiquaire anglais William Stukeley qui fait revivre le mythe druidique : dans The History of the Temples of the Ancient Celts publié en 1740, il développe la théorie selon laquelle les monuments mégalithiques sont les temples des druides. Le néodruidisme apparaît alors, remettant les Celtes et les Gaulois à l’ordre du jour. Le second courant littéraire est mené par le poète et faussaire écossais James Macpherson, auteur entre 1760 et 1763 d’Ossianet notamment de Fragments de poésie ancienne recueillis dans les montagnes d’Écosse qu’il attribue à un barde guerrier, redonnant ainsi la popularité aux Celtes et Gaulois par la littérature. La Révolution française se réclame plutôt de la République romaine ou de Sparte, à l’exception de l’abbé Sieyès : alors que la noblesse fait remonter ses privilèges à la conquête franque, l’essayiste et religieux français, favorable au Tiers état, rappelle que cette conquête s’est faite sur les Gallo-romains. L’origine du peuple français serait donc les Gaulois.

Au xixe siècle, François-René de Chateaubriand réalise la synthèse entre le mégalithisme et l’ossianisme dans Les Martyrs publié en 1809. Sous la Restauration puis les Trois Glorieuses, de jeunes historiens Amédée Thierry (c’est lui qui fait naître le mythe de « Nos ancêtres les Gaulois » dans son Histoire des Gaulois publiée en182815) puis Henri Martin relisent les textes antiques grecs et romains et réécrivent l’histoire de France non plus sous la chronologie dynastique mais sous l’angle de la nation vieille de 2 000 ans : ils consacrent à nouveau les Gaulois comme ancêtres originels des Français et créent des légendes autour du premier héros national,VercingétorixNapoléon III, auteur d’une biographie de Jules César (en 1866)16, a contribué à ranimer le passé gaulois : il commande au sculpteur Aimé Millet la statue monumentale de Vercingétorix, érigée sur le site d’Alésia ; il favorise le développement de sociétés savantes menant des fouilles archéologiques (Jacques Gabriel Bulliot et Bibracte en 1836Joseph Déchelette engage des correspondances avec tous les savants européens pour y visiter leurs oppida) sous la houlette de Prosper Mérimée, il s’implique dans les chantiers de fouilles (Gergovie, Alésia, Bibracte dont on recherche alors les emplacements) sur les sites de la guerre des Gaules, chantiers confiés à son aide de camp le colonel baron Eugène Stoffel, historien dans l’âme.

Les instituteurs de la Troisième République, par leur haine du Second Empire accusé de vouloir imposer son histoire officielle, remettent en cause ces emplacements, à tort17. Dans un but de propagande nationale destinée à exalter le patriotisme des Français, notamment au début du xxe siècle dans le contexte de l’opposition à l’Allemagne, l’idéologie de l’école de Jules Michelet et de la Troisième République a propagé une vision ethnocentriste du peuple français, privilégiant un élément gaulois indigène (Vercingétorix est vu comme un résistant à l’envahisseur) par rapport aux éléments romains, germaniques et romans postérieurs. Ainsi, dans l’église de Ham, on pouvait voir jusqu’à l’époque de la Grande Guerre, un plâtre (préfiguration d’un bronze) dans lequel Vercingétorix et Jeanne d’Arc se serraient la main, avec marqué au revers « Aux martyrs de la résistance »18. Les manuels scolaires sont illustrés de reproduction d’estampes avec des représentations archétypales : sacrifice humain par un druide sur un dolmen, reddition du valeureux Vercingétorix à cheval, jettant ses armes aux pieds de César. Ernest Lavisse, dans son Histoire de France illustrée depuis les origines jusqu’à la Révolution aux nombreuses rééditions, parle des Gaulois comme des barbares indisciplinés mais « braves, intelligents et gais ». Le Tour de la France par deux enfants d’Augustine Fouillée, destiné au cours moyen, décrit la Gaule « presque entièrement couverte de forêts. Il y avait peu de villes et la moindre ferme de votre village, enfant, vous semblait sublime ». Dans cette vision, Rome a apporté la civilisation à la Gaule comme la France l’apporte à ses colonies.

Les deux guerres mondiales ne modifient pas cette vision d’une Gaule héroïque résistant bravement. L’archéologie de sauvetage développée à partir des années 1975 fournit un nouvel éclairage sur le monde celtique, notamment grâce aux nombreuses études fédérées par le Centre archéologique européen de Bibracte. Les historiens actuels travaillent à démêler tous ces mythes de « nos ancêtres les Gaulois » qui visaient à créer une grande épopée nationale et essayent de rétablir la place réelle des Gaulois dans l’histoire, à la lumière des recherches les plus récentes19.

Les Gaulois célèbres :

La Grèce est par ses savants et philosophes considérée comme le puits du savoir du monde actuel, mais en y regardant de plus près on s’aperçoit qu’elle n’est en réalité que l’élève de l’Égypte antique.

"Il est frappant que presque aucun nom de savant Egyptien n'ait survécu. Par contre, la quasi-totalité de leurs disciples Grecs sont passés à la postérité en s'attribuant les inventions et découvertes de leurs maîtres Egyptiens anonymes. C'est ce qui ressort des passages de Jamblique qui précèdent, et des écrits d'Hérodote, faisant allusion à Pythagore qui se faisait passer pour l'inventeur des idées de ses maîtres." Cheikh Anta Diop - Antériorité des Civilisations Nègres.

Voici une approche comparative concernant l’évolution du savoir entre l’Égypte antique et la Grèce.

THALES :(- fin 6è début du 7è siècle av notre ère)

Vers – 2550 les Noirs égyptiens maîtrisaient les bases fondamentales pour la construction des pyramides (géométrie, trigonométrie et l’astronomie). Tous ces repères qui leur permettaient de se situer dans le temps et l’espace. Ce n’est qu’entre -650 et -540 que l’on entend pour la première fois parler de géométrie en Grèce, à travers le savoir de Thalès ancien élève des prêtres Égyptiens. Après s’être instruit en Égypte, il revient avec des connaissances appliquées depuis – 2300 par les égyptiens, l’eau à l’origine de tout (noun océan primordial) et l’importance de l’âme (métaphysique du Ka et du Bâ). C’est auprès de Neiloksenos, mathématicien noir égyptien, qu’il apprend à mesurer la hauteur d’une pyramide par rapport à son ombre. Et c’est enfin auprès des astronomes égyptiens qu’il apprendra à calculer l’arrivée d’une éclipse solaire.

Hatshepsout, la reine pharaon

Au cours des trois millénaires de son histoire, l’Egypte n’ a compté que cinq femmes pharaon. La plus célèbre est la reine Hatshepsout qui a régné 21 ans, de 1479 à 1458 av. J.-C. A la mort de son mari, elle règne au côté du nouveau pharaon Toutmosis III, son neveu et beau fils. Après 7 ans de règne, elle se proclame pharaon, à son tour, sans toutefois prendre la place de Toutmosis III.
Hatshepsout a une fille Néférourê. Elle décide alors de fonder une dynastie de femmes et songe à mettre Néférourê sur le trône.

 Le dieu-faucon Horus. Détail de l’obélisque de granit rose érigé par la reine Hatchepsout à Karnak, vers 1480 avant J.-C.

ANAXIMANDRE: (- 610 à -547 av notre ère)

Il fut à l’origine de la cartographie grecque, les Égyptiens quant à eux dessinaient déjà leurs cartes avec des commentaires très précis depuis -1100. C’est auprès de son maître Thalès qu’il apprendra la Maât qu’il nommera « justice et raison « , et l’eau à l’origine de tout (Noun océan primordial).cette conception égyptienne fut aussi partagée par son élève Anaximène de Milet.

SOLON d’ATHÈNES:(- 640 à -558 av notre ère)

Le législateur et archonte (premier magistrat) apprit le droit et la philosophie à Saïs auprès du prêtre égyptien Sonchis. Nous trouvons confirmation dans le livre premier d’Hérodote :« (…)On y vit arriver Solon. Ce philosophe ayant fait, à la prière des Athéniens ses compatriotes, un corps de lois, voyagea pendant dix ans. Il s’embarqua sous prétexte d’examiner les moeurs et les usages des différentes nations, mais en effet pour n’être point contraint d’abroger quelqu’une des lois qu’il avait établies ; car les Athéniens n’en avaient pas le pouvoir, s’étant engagés par des serments solennels à observer pendant dix ans les règlements qu’il leur donnerait. Solon étant donc sorti d’Athènes par ce motif, et pour s’instruire des coutumes des peuples étrangers, alla d’abord en Égypte, à la cour d’Amasis, (…) »

C’est aussi en Égypte qu’il découvrit la pratique de la perception de l’impôt, qu’il appliqua ensuite à Athènes.

Par la sagesse appliquée de la Maât, les Égyptiens connaissaient depuis environ -2780 les bases essentielles qu’ils devaient mettre en pratique dans leur vie quotidienne. (cf les Maximes de ptahhotep)

PYTHAGORE de SAMOS:(- 590 à -530 av notre ère)

Il alla en Égypte sur les recommandations de son maître Polycrate. Il y étudia durant 22 ans. Ce mathématicien grec fut élève auprès des prêtres à Memphis, mais aussi à Thèbes et à Héliopolis avec le prêtre Oinouphis. Il dut accepter de se faire circoncire pour pénétrer dans les parties sacrées de certains temples. De son enseignement, il créera le Pythagorisme qui sera essentiellement basé sur les pratiques et les institutions religieuses égyptiennes. Très bon élève, il sera aussi initié aux mystères des Temples égyptiens.

Imhotep scribe,Architecte, médecin,vizir..

Comme Thalès et bien d’autres savants et philosophes grecs, Pythagore s’enquiert de la métempsychose (le passage de l’âme d’un corps à un autre). Plutarque précise à ce sujet que:  » Il n’y avait aucune différence entre les textes hiéroglyphes et la plupart des préceptes pythagoriciens « 

De retour d’Égypte, il devient le créateur de la philosophie symbolique, ses connaissances mathématiques s’inspirent du savoir du mathématicien noir Égyptien Ahmès. Il apprend aussi la gamme diatonique qu’avait créé le flûtiste, inspecteur musical Khoufou-ankh, vers – 2450 sous le règne du pharaon noir Ouserkef (Vème dynastie)

HERACLITE d’ÉPHÈSE: (- 540 à -480 av notre ère)

Comme ses prédécesseurs, reconnaît les principes du Noun, la réincarnation et le devenir de l’âme après la mort. Élève à Héliopolis, ville du grand Dieu Râ, il sera initié au mystère du dieu soleil, le feu divinisé, de la renaissance perpétuelle et toutes les phases nominatives du Dieu solaire (Khépri – Râ – Atoum). Il apprendra les mystères du Nil et de son Dieu Hâpy.

EMPEDOCLE d’AGRIGENTE:(- 490 à -438 av notre ère)

Élève et admirateur de Pythagore, il véhiculera à son retour d’Égypte, les principes contraires du bien et du mal dans leur lutte cosmique, représenté par les dieux Osiris et Seth. Il diffusera auprès de ses disciples les quatre éléments primordiaux de la création (l’eau, le feu, la terre et l’air). Il décrit le Noun (océan primordial) comme une forme primitive et future de l’Univers.

ANAXAGORE de CLAZOMENES:(- 500 à -428 av notre ère)

Ce philosophe turc, installé en Grèce, sera aussi élève de prêtres égyptiens. Il apprendra le Noun matérialité subtile, le Démiurge Râ et les éléments cosmiques.

PLATON:(- 427 à -347 av notre ère)

C’est auprès du prêtre Sekhnuphis à Héliopolis et de Khnuphis à Memphis qu’il sera formé. Il résidera en Égypte, 13 années durant lesquelles il apprendra la philosophie et les sciences sacerdotales. De retour en Grèce, il tentera en vain comme ses prédécesseurs de diffuser la sagesse égyptienne, mais il sera haït les Hellènes. Platon apprit auprès des Égyptiens que toutes les formes d’art (musicale, picturale…) étaient supervisées par les prêtres garants du bon déroulement des évènements. Ceci permettait la diffusion dans un cadre social et moral.

Si controversé que soit la présence en Égypte de Platon, elle est confirmée par son disciple Dermodore en ces termes: (…) puis il (Platon) alla à Syrène, auprès de Théodore le mathématicien, et de chez lui en Italie, chez Philolaos et Eurytos, tous deux pythagoriciens, puis en Égypte chez les prophètes (…)

Il est bon de préciser que n’ayant pas de tradition du savoir perpétué, les Grecs ne pouvaient se prétendre être à l’origine de bien des matières (le droit, la philosophie, les mathématiques, la médecine, etc..). Les Égyptiens eux, comme nous le constatons encore dans certaines tribus d’Afrique noire ont toujours su par les traditions orales, puis écrites instruire leur jeunesse afin qu’à son tour elle puisse faire perdurer le savoir ancestral.

La plupart des savants et philosophes grecs reconnaissent, et ce, sans difficulté s’être instruits en Égypte. C’est seulement à partir de l’esclavage que l’histoire de l’Afrique est falsifiée afin de n’accorder aucune civilisation et aucun savoir à l’homme noir.

« On se sent invinciblement entraîné à penser que c’étaient de réelles et solides connaissances que de pareils hommes allaient chercher dans les sanctuaires égyptiens » .de E de Rougé

cf :Théophile Obenga 

 

Figure majeure du panthéon, Osiris est un dieu très ancien dans l’histoire égyptienne, déjà présent dans les Textes des PyramidesTextes ornant les parois des pyramides à partir de la Vème Dynastie. . Dans ces premiers corpus constitués de l’histoire de l’Égypte, son rôle de Dieu qui meure puis est reconstitué est déjà exprimé, mais le rôle d’Osiris reste plutôt marginal.
Osiris va voir sa position peu à peu s’affirmer, jusqu’à devenir préeminente en tant que Dieu de l’au-delà; le culte d’Osiris et sa mythologie vont se développer jusqu’à occuper le champ de la religion funéraire. Et à partir de la fin du Nouvel Empire et dans les périodes plus tardives, Osiris prendra une place spéciale dans la piété populaire, liée à la recherche du salut personnel propre à cette période.
Ayant au départ exercé une royauté terrestre (voir l’article de B. Mathieu), Osiris n’existe cependant réellement qu’une fois mort, et dans son royaume hermétiquement séparé du monde d’ici-bas. Son destin alliant mort et renaissance deviendra progressivement dans l’histoire égyptienne celui sur lequel se modèlera tout d’abord celui du Roi , puis celui de tous les hommes.

L’origine du nom Wsjr, comme celle de presque tous les « grands » dieux du panthéon reste incertaine: « le Puissant », « celui qui préside sur son trône », ….
Certains ont proposé de voir en Osiris un très ancien roi de la cité de Busiris, dans le Delta, dont le destin aurait donné lieu à la constitution d’un mythe .
Plus vraisemblablement Osiris est un dieu à l’origine agricole, une divinité de la fertilité et de la croissance végétale à qui deux villes principales sont reliées: Busiris dans le Delta, et surtout Abydos en Moyenne Égypte.

À partir de la Ve dynastie, les prêtres du Dieu soleil Ra d’Héliopolis l’incorporent dans l’EnnéadeEnsemble de 9 dieux primordiaux héliopolitaine en tant que premier enfant de Geb et Nout.
Osiris est né pendant les cinq jours épagomènesL'année comportait 12 mois de 30 jours, soit 360, les 5 jours épagomènes sont ceux qui complètent l'année. à un endroit appelé Ro-Setaou qui ultérieurement désignera l’entrée dans le monde inférieur.
Osiris épouse sa sœur Isis et reçoit en partage de son père Geb l’Égypte, tandis que son frère Seth reçoit le pouvoir sur les étendues désertiques périphériques.
Dieu bon et non violent, Osiris apporte la civilisation aux hommes: la manière de cultiver, les arts, des principes moraux…

LE MYTHE OSIRIEN :

Il nous est essentiellement connu par le récit tardif de Plutarque, car les textes égyptiens eux-mêmes sont peu nombreux et assez évasifs, répugnant à parler du meurtre et du démembrement d’Osiris.

Selon le mythe le Dieu Seth, jaloux de son frère Osiris, va s’attaquer physiquement à lui et le tuer. Comment?
• Ayant obtenu les mensurations de son frère (qui, selon la légende était un géant), Seth fit fabriquer un magnifique coffre qu’il promit d’offrir lors d’un banquet à celui à qui il s’adapterait le mieux. Naturellement ce fut Osiris.
• Lorsque ce dernier se fut allongé dans le coffre, les 72 On (je) ne sait pas pourquoi 72 complices de Seth en clouèrent le couvercle et jetèrent dans le Nil ce qui allait devenir le premier sarcophage, et Osiris périt noyé. C’est pour cette raison que les noyés ont toujours été considérés comme accédant directement au royaume d’Osiris.
Le règne d’Osiris avait duré 28 ans, durée mythique qui doit bien sûr être rattaché au cycle lunaire de 28 jours.
• Le sarcophage clos, parfaitement adapté à la forme du Dieu, et flottant dans un milieu liquide, évoque une nouvelle gestation : le Dieu « endormi », en léthargie, est en cours de régénération pour un nouveau cycle vital, comme le fœtus dans le liquide amniotique.

Généalogie : Osiris est le fils de Gheb et de Nout. C’est lefrère d’Isis, de Nephtys et de Seth (et deHorus l’ancien). Mais il est en même tempsépoux d’Isis.
Enfin, il est le père d’Horus, le jeune (avec Isis comme mère) et le père d’Anubis (avec Nephtys comme mère).
Osiris
Etymologie : Les égyptologues restent incertains quant à la forme et à la vraie signification de ce nom. Ils proposent donc diverses significations :
– OusirIousiris = « siège de l’oeil », l’oeil puissant
– racine ouser = « le puissant »
– « le siège de la puissante » (couronne)
– « l’ancien » (forme étrangère)
Représentation : Osiris est quasiement toujours anthropomorphe. Il est figuré sous l’aspect d’une momie blanche, statique (assis, debout ou accroupi), le plus souvent les pieds joints.
Ses bras sont soit croisés sur la poitrine, soit les avant-bras en avant.

Il tient dans ses mains divers objets symboli-ques : soit l’ankh, leouas et le djed réunis, soit d’une main la crosse heka, et de l’autre le fouet nekhekha, emblèmes de la royauté.

Il est représenté avec une peau soit verte (Osiris est le dieu de la végétation), soit noire (rappelant le limon du Nil, Osiris étant aussi le dieu des agriculteurs).
Sa tête est coiffée de la couronne blanche hedjet, parfois ornée de plumes d’autruche, ou bien il porte le atef.
Collée à son menton on retrouve la barbe postiche.
Enfin, il porte autour du cou le collier ousekh.

Lieu de culte : Ils se trouvaient principalement à Abydos (Haute-Egypte), et àBousiris (Basse-Egypte). Mais on retrouve d’autres sanctuaires d’Osiris dans d’autres villes comme Memphis, Héliopolis ou même sur l’île de Biggeh (face à Philae).
Mythe : Voici le mythe d’Osiris, version la plus couramment racontée :

Sethjaloux de la position dominante d’Osiris son frère, roi aimé, (et peut-être aussi de la relation d’adultère que ce dernier eut avec leur soeur Nephtys, épouse de Seth) veut s’en débarasser. Il l’invite alors à une grande fête au milieu de beaucoup d’invités. A cette occasion, il promet d’offrir un magnifique sarcophage en or massif à qui tiendrait exactement dedans. Bien entendu, seul Osiris correspond parfaitement aux dimensions en s’y couchant. Aussitôt, Seth ferme le couvercle, et jette le sarcophage dans le Nil.

(une autre version dit que Seth a découpé son frère en plusieurs morceaux, qui seront récupérés par ses soeurs pour reconstituer le corps, à l’exception du phallus, avalé par le poisson oxyrhynque).

Isis et Nephtys, les deux pleureuses divines, affligées, se lancent à la recherche du corps. Elles le retrouve à Byblos (Liban) et le ramènent en Egypte. Anubis est chargé d’embaumer le corps.
C’est alors qu’Isis, grande magicienne, réanime le corps de son mari défunt, et conçoit avec lui Horus, successeur d’Osiris, qu’elle protègera des envies meurtières de son oncle.

Devenu adolescent, Horus veut récupérer l’accès au trône de roi et surtout venger la mort de son père. Il provoque alors Seth en duel. Au cour de ce combat, il parvient à lui arracher un oeil(oudjat, qu’il offrira à son père pour recouvrer la vue, symbole de la fidélité père-fils), tandis que Seth émascule son neveu.

Le tribunal des dieux condamne Seth et permet à Horus de prendre la succession d’Osiris sur le trône. Celui-ci devient alors le roi de la Terre et des vivants.

Osiris devient alors le symbole de la résurrection, souverain du royaume des morts, devant s’assurer de leur passage dans l’au-delà. A ce titre, il est juge d’un tribunal devant lequel les défunts doivent se présenter. Leur âme, siège de la consience de l’homme, est alors pesée sur une balance dont un des plateaux porte la plume de Maât (déesse de la vérité et de la justice). La balance doit être en équilibre pour que les justes, ayant vécu selon la loi divine, puisse accéder au paradis (champs d’Ialou) et de la vie éternelle.

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Egypte – 4000 ans d’art
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Hatchepsout1 est reine-pharaon, le cinquième souverain de la XVIIIe dynastie de l’Égypte antique.
Hatchepsout
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Thoutmôsis Ier Grands-parents paternels
Séniséneb
Mère Ahmès Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Séniseneb ou Ahmès-Néfertary ?
Fratrie Thoutmôsis II
Néféroubity
Amenmès
Ouadjmès
Mari Thoutmôsis II Enfant(s) Néférourê
Mérytrê-Hatchepsout ?
2e mari Sénènmout (amant) ? Enfant(s) Maïherpéra ?

Hatchepsout est la fille de Thoutmôsis Ier et de la Grande épouse royale Ahmès.

Son demi-frère, Thoutmôsis II, qu’elle avait épousé pour assurer la légitimité de ce dernier, monte sur le trône après le décès de son père ; mais, sans doute d’une santé fragile, il disparaît jeune. Manéthon l’appelle Amessis2 ou Amensis3.

Inéni, qui fut maire de Thèbes, rapporte dans une inscription autobiographique de sa tombe4 que

« Thoutmôsis (le second) partit pour le ciel et se mélangea aux dieux. Son fils (Thoutmôsis III, le fils de Thoutmôsis II et d’Iset, une des concubines de son père) monta à sa place sur le trône du Double Pays et régna sur le trône de celui qui l’avait engendré. »

Or, à son avènement, le nouveau roi

« était encore un tout jeune enfant. C’est pourquoi sa sœur(sic) Hatchepsout (…) conduisait les affaires du pays. Les Deux Terres étaient soumises à sa volonté et la servaient. »

 

Nom d’Horus[modifier]

Nom d’Horus d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G5
wsr s X1
D28
D28
D28
Srxtail.jpg
Codage [ F12 S29 X1:D28 D28:D28 ]
Translittération (Unicode) Wsr.t kȝw
Translittération (ASCII) Wsrt-kAw
Transcription Ouseret-kaou
Traduction « Celle dont les kas sont puissants »

Nom de Nebty[modifier]

Nom de Nebty d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G16
M13 X1 M4 M4 M4
Translittération (Unicode) Wȝḏ.t rnp.wt
Translittération (ASCII) wADt-rnpwt
Transcription Ouadjet renepout
Traduction « Celle dont les années reverdissent »

Nom d’Horus d’or[modifier]

Nom d’Horus d’or d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G8
R8 t
r
V13
N28
D36
G43
Translittération (Unicode) nṯr.t ḫˁw
Translittération (ASCII) nTrt-xaw
Transcription Netjeret-khaou
Traduction « Celle dont les apparitions sont divines »

Nom de Nesout-bity[modifier]

Nom de Nesout-bity d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
M23
X1
L2
X1
début du cartouche
N5 C10 D28
Codage ( N5 C10 D28 )
Translittération (Unicode) Mȝˁ.t-kȝ-Rˁ
Translittération (ASCII) mAat-kA-ra
Transcription Maât-ka-Rê
Traduction « Maât est le ka de Rê »

Nom de Sa-Rê[modifier]

Nom de Sa-Rê d’Hatchepsout
Hiéroglyphe
G39 N5
Z1
début du cartouche
F4
X1
A51 X1
Z2
Codage ( F4:X1 A51 X1:Z2 )
Translittération (Unicode) Ḥȝ.t-Špsw.t
Translittération (ASCII) HAt-Spswt (Hnmt-imn)
Transcription (fr): Hatchepsout, (en): Hatshepsut, (de): Hatschepsut, (pl): Hatszepsut
Traduction « La première des nobles Dames »

Nom hellénisé[modifier]

Nom grec d’Hatchepsout
Transcription Amessis (d’après Manéthon, version de Flavius Josèphe)
Amensis (d’après Manéthon, version de Sextus Julius Africanus)

 

 

Règne[modifier]

Hatchepsout
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Fonction Pharaonne
Prédécesseur Thoutmôsis II
Prise du pouvoir Mort naturelle du précédent
Dates de règne -1479 à -1457 (selon J. MálekC. AldredK. A. Kitchen)
-1503 à -1483 (selon E. F. Wente)
-1502 à -1482 (selon D. B. Redford)
-1490 à -1468 (selon E. Hornung)
-1489 à -1469 (selon R. A. Parker)
-1479 à -1458 (selon R. Krauss)
-1479 à -1458/7 (selon S. Quike, J. von Beckerath)
-1478 à -1458 (selon N. Grimal,W. J. Murnane)
-1473 à -1458 (selon D. ArnoldJ. KinnaerI. Shaw)
-1472 à -1457 (selon A. D. Dodson)
-1471 à -1456 (selon P. Vernus), J. Yoyotte)
-1467 à -1445 (selon H. W. Helck)
-1466 à -1444 (selon D. Sitek)
Successeur Thoutmôsis III

On situe son règne de -1479 à -14575.

Elle se fait élever un grandiose temple funéraire à côté de celui de Montouhotep II, à Deir el-Bahari dans une falaise de la montagne thébaine. Malgré les 120 sphinx qui montaient la garde devant l’entrée, son nom fut martelé après sa mort afin d’être effacé du monument, sans doute à l’instigation de son neveu et beau-fils, Thoutmôsis III.

Sa célébrité actuelle doit plus à son audace de se faire représenter comme un homme qu’à son règne pendant l’âge d’or de la XVIIIe dynastie.

Ce temple (photos ci-dessous) a été restauré par une équipe polonaise.

Averroès cultiva la médecine, qu’il avait étudiée sous Avenzoar, et fut médecin de la cour almohade ; mais il s’attacha plutôt à la théorie qu’à la pratique.

Né à Cordoue en Espagne en 1126, Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie.

Averroès (nom arabe : Abú al-Walìd ibn Ruchd) était, entre autres, un médecin et philosophe arabe du XIIe siècle né à Cordoue (1126-1198).

Averroès a étudié, en plus de la jurisprudence musulmane que lui a enseignée son père qui était juge, la théologie, la philosophie, les mathématiques et la médecine. Il occupa plusieurs hautes fonctions : cadi de Séville (1169), grand cadi de Cordoue (1171), premier médecin à la cour du calife Abú Yaqub Yusuf (1182).

Averroès est devenu célèbre notamment au travers de sa conception des vérités métaphysiques. Pour lui, elles pouvaient en effet s’exprimer de deux manières différentes et pas forcément contradictoires : par la philosophie (Aristote, néoplatoniciens) et par la religion. Cette façon de présenter deux catégories de vérités fut perçue de manière hostile par les religieux à l’esprit étroit, et Averroès fut exilé en 1995.

Son influence posthume en Islam fut quasi nulle, et c’est à des juifs et des chrétiens qu’on doit la conservation et la traduction de ses œuvres. Son œuvre majeure est le Tahafut al-Tahafut (L’Incohérence de l’Incohérence). Ses commentaires des œuvres d’Aristote figurent parmi les plus fidèles ; ils furent traduits en latin et en hébreu et eurent une grande influence sur la pensée chrétienne et philosophique dans l’Europe médiévale.

La vie d’Averroès a été retracée dans «  Le Destin « , un film de Youssef Chahine (coproduction franco-égyptienne) primé au Festival de Cannes en 1997 (Prix du 50e anniversaire du festival qui a récompensé l’ensemble de l’œuvre cinématographique du réalisateur). Ce film dénonce l’intolérance religieuse sous la forme d’une fable enjouée, haute en couleurs et profondément optimiste. Je vous le conseille personnellement ! 

Né à Cordoue en Espagne en 1126, Averroès est initié très tôt par son père, cadi (juge) de la ville, à la jurisprudence et à la théologie. Il étudie ensuite la physique, la médecine, l’astrologie, la philosophie et les mathématiques.

Sa vie mouvementée se partage alors entre CordoueMarrakech et Fès. Magistrat influent, il réforme l’administration de la justice à Marrakech. Il devient le médecin attitré de princes influents et échappe ainsi, grâce à sa fonction, aux ennuis que lui valent ses partis pris philosophiques. Il rédige un traité de médecine (Colliget , en latin), qui lui apporte la notoriété.

Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là. Il se l’approprie avec assez de pénétration et de puissance pour construire un système qui porte sa marque personnelle. C’est à la question de l’origine des êtres qu’il s’intéresse le plus. Selon lui, Aristoteprétend que rien ne vient du néant et que ni la forme ni la matière ne sont créées. Le mouvement serait éternel et continu : c’est la doctrine de l’éternité de la matière. Il distingue en l’homme l’intellect passif et l’intellect actif. Celui-ci se situerait au-delà de l’individu : il lui serait supérieur, antérieur, extérieur car il serait immortel. L‘immortalité serait un attribut de l’espèce et non de l’individu. Cette distinction conduit Averroès àséparer radicalement raison et foi, les lumières de la Révélation n’étant accessibles qu’à l’intellect actif; Thomas d’Aquin, en revanche, cherchera à les réconcilier, fondant la théologie comme science rationnelle.

Ces doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d’opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d’Averroès considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l’Église en 1240, puis en 1513. C’est dire l’influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales.

Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité et la pauvreté, jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.

CITATIONS

  1. Ce point [à propos de l’âme] est si difficile que si Aristote n’en avait parlé, il eût été très difficile, impossible peut-être, de le découvrir – à moins qu’il ne se fût trouvé un autre homme comme Aristote. Car je crois que cet homme a été […] un modèle que la nature a inventé pour faire voir jusqu’où peut aller la perfection humaine en ces matières.
  2. La raison humaine est incapable de saisir le comment de l’opération par laquelle les corps célestes émanent du Premier principe bien qu’elle en atteste l’existence.
  3. L’aveugle se détourne de la fosse où le clairvoyant se laisse tomber. 

Son œuvre est reconnue en Europe occidentale, dont il est, d’après certains, comme le spécialiste Alain de Libera, pour ses commentaires sur Aristote, « un des pères spirituels »1. Certains vont jusqu’à le décrire comme l’un des pères fondateurs de la pensée laïque en Europe de l’Ouest2.

Son ouverture d’esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l’époque, qui l’exilent comme hérétique, et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il est profondément méconnu de son vivant. Il commente abondamment et brillamment les œuvres d’Aristote : aussi les théologiens latins le nommaient-ils Le Commentateur.

Averroès
Philosophe cordouan
Moyen Âge
détail de la toile du XIVe siècle, Triunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto
détail de la toile du xive siècleTriunfo de Santo Tomás, de Andrea de Bonaiuto

Naissance 1126 (Cordoue, actuelle Espagne)
Décès 10 décembre 1198 (Marrakech, actuelMaroc)
École/tradition Péripatétismephilosophie islamique,averroïsme
Principaux intérêts Métaphysiquethéologiedroit,médecinepolitiquereligion
Idées remarquables monopsychisme (unité de l’Intellect agent séparé) et illumination
Œuvres principales Grand Commentaire du Traité De l’âme d’Aristote
Discours décisif
Influencé par PlatonAristoteAlexandre d’Aphrodise,ThémistiusNéoplatonismeAl-Farabi,AvicenneAvenzoar
A influencé Albert le GrandThomas d’AquinBoèce de DacieSiger de BrabantJean de JandunPietro d’AbanoMaître Eckhart,René DescartesDanteMarsile de PadoueIbn KhaldounÉlie del Medigo,PomponazziPic de la Mirandole,Agostino NifoBloch

Portrait d’un héritier qui alloue une part de sa fortune à l’aide aux pays pauvres. Chef spirituel de la communauté ismaélienne, une branche de l’islam chiite, le prince Karim Aga Khan est aussi à la tête de l’Aga Khan Development Network, le plus grand réseau privé de développement du monde. La presse people voit surtout en lui l’héritier de sa dynastie et le propriétaire d’une prestigieuse écurie de chevaux de course. Mais pour cet homme de 75 ans, formé dans un contexte européen autant que musulman, l’objectif majeur est de bâtir des ponts entre les cultures

Karim AGA KHAN : descendant de Mahomet, un pensant, prévenant, généreux, mécène, intègre,

LES MILLIARDAIRES MILITANTS

KARIM AGA KHAN

Le Nouvel Economiste – No.1055 – 4/07/96

Il est prince à Chantilly, vice-roi en Sardaigne, souverain au Pakistan, bienfaiteur au Kenya: le quarante neuvième descendant du Prophète a mille et une vies. Comme il se doit. Mais ses talents, ce business imam les a d’abord mis au service de son peuple, les ismaéliens. Un devoir? Non, une vocation.

Une piste en latérite, un cabanon. C’est tout l’aéroport de Manyara, au nord de la Tanzanie. Les Massaïs, attroupés autour de la bicoque, n’ont jamais vu pareil spectacle. Un ballet incessant de Cessna soulèvent la poussière rouge. Des Land Rover et des agents de sécurité en pagaille. Toute cette agitation pour la seule venue du président de la République tanzanienne, Benjamin William Mkapa? Pas seulement. Car aujourd’hui Manyara est en fête et attend l’arrivée de Son Altesse Karim Aga Khan IV. L’homme qui, quelques jours plus tôt, portait le chapeau melon parmi les élégantes du prix de Diane, et suivant la course de sa pouliche Khalisa, atterrit à son tour sur l’aéroport de fortune. La jet-set n’est pas ici. Et d’ailleurs l’Aga Khan a laissé son Gulfstream un peu plus au nord, à l’aéroport international de Kilimandjaro, seule piste où pouvait se poser son biréacteur. Alors, que vient faire l’Aga Khan? Le voici. Ceux qui s’imaginent voir surgir un maharadjah enturbanné et couvert de bijoux en seront pour leurs frais. Calvitie prononcée, sourire appuyé, costume gris impeccable masquant une certaine corpulence, visage rond qui le fait ressembler à un Mikhail Gorbatchev sans la tâche de vin…

Hormis, peut-être, une curieuse chevalière en or au petit doigt et une énorme montre suisse un peu tape à l’oeil, ce sexagénaire au passeport britannique ne se distingue en rien d’un banal patron du multinationale. Pas étonnant d’ailleurs. Car le descendant du Prophète, chef de la communauté ismaélienne, est à Manyara pour affaires.

« Je suis ravi d’être ici pour inaugurer l’hôtel Lake Manyara Serena Lodge. Voici 233 nouvelles chambres pour les touristes qui vont découvrir les parcs nationaux de la Tanzanie du Nord, un investissement de 170 millions de francs du Fonds Aga-Khan pour le développement économique. » Mais, dans sa manière d’égrener d’une voix monocorde les millions et les projets les uns à la suite des autres, il y a quelque chose d’inclassable: « Je viens d’autoriser notre filiale Service de santé Aga-Khan à lancer la première phase de l’hôpital Aga-Khan de Dar es-Salaam, un équipement de 50 millions de francs. Cette année, nous allons également ouvrir une nouvelle école primaire Aga-Khan dans votre capitale, et le Fonds Aga-Khan pour la culture va investir 30 millions de francs dans la rénovation et la transformation en hôtel de l’un de joyaux de l’architecture coloniale de Zanzibar… »

Mais quel genre d’affaires le souverain négocie-t-il en Tanzanie? Est-ce du charity business ou du business tout court? Qu’est-ce qui l’attire vers Manyara ou Zanzibar? « Nous connaissons bien Zanzibar. Pendant la guerre, notre famille s’était installé en Afrique de l’Est, à Nairobi. Plus tard, notre grand-père nous a souvent envoyés, mon frère et moi, en tournée dans cette région. » Au bord de la piscine, le très distingué frère de Son Altesse, le prince Amyn, costume Savile Row et lunettes solaires profilées, s’étonne que l’on puisse s’étonner que le roi des champs de courses de Chantilly soit aussi un peu celui de la Tanzanie… L’Aga Khan, comme les magnifiques oiseaux du lac Manyara, appartient à une espèce unique. Lui, c’est celle des milliardaires religieux.

Chef musulman chiite, il est aussi un membre attiré du beautiful people occidental. Il aimerait qu’on parle de lui comme du bienfaiteur de milliers de médecins et d’enseignants qu’il emploie dans les zones le plus déshéritées du globe. Mais c’est quand il divorce d’avec un ex-mannequin britannique qu’il fait les gros titres de la presse mondiale. Ancien membre de l’équipe olympique de ski iranienne et pilier de la saison hivernale de Saint-Moritz, le golden imam se passionne aussi pour le renouveau de l’architecture islamique et pour la culture du haricot et du brocoli au Kenya. Ses couleurs (rouge et vert) font rêver à Longchamp et à Epsom, mais flottent aussi sur les villages dont il finance le développement au nord du Pakistan ou à l’est du Tadjikistan. Les mille et une vies du prince Karim… L’ancien président pakistanais, le général Zia, se limite à en dénombrer cinq, « le chef de famille, l’homme d’affaires, le sportif, le leader religieux et le développeur du tiers monde ».

Ce don d’ubiquité, Karim en a hérité. De son père d’abord. En visitant Kampala, capitale de l’Ouganda, on voit des plaques commémoratives gravées à la gloire d’Ali Khan. Oui, c’est bien le mari de Rita Hayworth, l’amateur de bolides rouges et de nuits blanches qui a inauguré cet hôpital ou cette mosquée. « La presse occidentale ne le voyait que comme un membre de la jet-set. Elle tenait pour acquis que, lorsqu’il partait en Afrique, c’était pour ses vacances », regrette Amyn Ahamed, un ancien avocat de Washington, proche collaborateur de l’Aga Khan.

Pour comprendre cet extraordinaire cocktail culturel, il faut revenir au prophète Mahomet, au VIIe siècle de notre ère. Certains de ses fidèles verront en son gendre Ali son successeur. Ce seront les chiites. Un siècle plus tard, Ismaël, l’un des descendants d’Ali et de Fatima, la fille bien aimée de Mahomet, est écarté de cette succession spirituelle pour des raisons jamais réellement éclaircies. Ses fidèles, les ismaéliens, qui voient en lui le septième imam, entrent alors en rébellion. Leur secte clandestine, très organisée, part à la conquête du monde. Et garde pour toujours un sens aigu de la solidarité communautaire.

Leur califat s’étend à partir du XIe siècle sur l’Egypte et le pourtour méditerranéen. Mais leur brillante civilisation fatimide va s’écrouler. Les ismaéliens se disséminent en Syrie, en Asie centrale et en Inde. Au XIXe siècle, grâce à leur quarante sixième imam, ils entrent à nouveau dans l’Histoire. Vers 1930, Mohamed Hassan, gratifié du titre d’Aga Khan (grand chef), est l’un des hommes les plus puissants de Perse. Entré en rébellion contre le shah, il fuit, avec ses fidèles, à travers l’Afghanistan. Repéré par le général anglais Charles Napier pour la valeur de ses guerriers, le chef des ismaéliens devient un fidèle allié de la couronne britannique. Il est alors doté d’une très confortable rente, de terres immenses, de fastueux palais, d’un titre de prince. Suprême reconnaissance: en 1866, un arrêt de la Haute Cour de justice de Bombay le légitime même comme un descendant direct du Prophète. De cette époque date l’immense fortune des Aga Khan. L’heure de la splendeur arrivera avec sir Sultan Mohamed Shah Aga Khan, le grand-père de l’actuel Karim, dont le règne durera soixante-douze ans. L’homme qui, en 1898, dîne avec la reine Victoria sera toujours là, en 1953, pour prendre le thé avec Elisabeth II. C’est dans les années 20 qu’il décide de s’installer en Europe pour se vouer à sa passion des chevaux de course. Habitué des cours princières, marié quatre fois – dont une avec la fille d’un conducteur de tramway français -, il construit des dizaines d’écoles et de dispensaires aux Indes et en Afrique de l’Est. Président de la Société des nations (SDN) avant guerre, il est aussi l’un des pères fondateurs du Pakistan.

En 1957, le vieux prince s’éteint dans sa propriété de Versoix, près de Genève. A l’ouverture du testament, stupéfaction. Pour lui succéder, l’imam a sauté une génération, et choisi l’un de ses petit-fils, Karim. Ce jeune homme sérieux, élevé pendant la guerre dans la grande maison de Nairobi puis dans les meilleures institutions helvétiques et américaines, sera, comme le veulent les dernières volontés de son grand-père, « l’imam de l’âge atomique ». Son père, Ali Khan, grand prince et beau jouer, sillonnera le monde avec Karim pour asseoir sa légitimité chez les ismaéliens, avant de mourir, en 1969, au volant de sa Lancia dans un mauvais virage du parc de Saint-Cloud.

Le 21 octobre 1969, Karim Aga Khan épouse le mannequin vedette du Swinging London, Sally Crocker-Poole, à la mairie du 4e arrondissement de Paris. Convertie à l’islam, la bégum Salima, bénie par le recteur de la grande mosquée de Paris, irradie de beauté parmi les 800 invités des salons de l’hôtel particulier de Karim, rue des Ursins. Dans les colonnes de Paris-Match, le ministre Olivier Guichard, représentant le général de Gaulle, raconte: « C’était un spectacle unique que ce mariage oriental et féerique, à l’ombre des tours de Notre-Dame. Un cocktail de femmes en caftans incrustés de pierres précieuses, d’élégantes Anglaises aux toilettes acidulées, de maharadjahs enturbannés et d’autres gentlemen du monde des courses. » Aujourd’hui, l’imam ne veut plus entendre parler de ces folies princières: « L’étiquette jet-set que me collent les médias occidentaux m’agace. Et plus encore quand c’est de notre foi qu’on s’amuse », s’agace-t-il, recevant le Nouvel Economiste dans son domaine d’Aiglemont, au nord de Paris. Que la presse à sensation fasse des gorges chaudes de son divorce, soit. Mais qu’elle le présente comme un « dieu vivant » devant lequel se prosternent des ismaéliens crédules, lui offrant périodiquement son poids en or, et l’imam sort de ses gonds. Le descendant du Prophète n’a qu’un objectif en ce bas monde: « Dépersonnaliser toutes mes activités. »

Au prix de Diane, ce n’est pas sous la tente Hermès où papillonnent les célébrités que l’on trouvera l’Aga Khan, mais dans la très sobre tribune des propriétaires: « L’efficacité est synonyme de discrétion. » L’iman a d’ailleurs bien failli abandonner son écurie, trop voyante à son goût. Il a finalement résisté à sa tentation première après la victoire de Shergar au derby d’Epsom, par un bel après-midi du printemps 1981. Le monde hippique a compris ce jour-là qu’il ne lâcherait plus ses haras. « Le derby m’a convaincu de continuer, il y a une vraie joie dans la victoire, et une tradition familiale à respecter. » Oui, Karim est bien le petit-fils de Mohamed Shah Aga Khan qui, au derby d’Epsom de 1939, irradiait de bonheur après la victoire du légendaire Blenheim. Mais, non, Karim n’est pas exactement fait du même or que ses aïeux. Il ne veut pas seulement répartir les richesses de sa communauté: il a décidé d’en créer. L’imam homme d’affaires naît sur le campus de Harvard. L’étudiant est un fougueux idéaliste, mais aussi un apprenti entrepreneur plein de projets. Fasciné par la technologie de l’offset, qu’il découvre en visitant l’imprimerie d’un journal de Boston, il passe aussitôt à l’acte: il achète la même machine, la fait transporter à Nairobi, débauche une des signatures de Fleet Street et lance The Nation, le quotidien des indépendantistes africains contre le colonialisme britannique, devenu l’un des premiers quotidiens d’Afrique de l’Est. Il a 22 ans. En 1962, le jeune imam, qui porte beau et apprécie le yachting, cherche une propriété en Italie. L’un de ses amis lui mentionne l’existence de la Valle dell Infarru (la vallée de l’Enfer) en Sardaigne: « Je voulais un endroit au calme. J’ai signé pour 25000 dollars sans même y mettre les pieds. » En fait de propriété, il met la main sur 3000 hectares qui s’étalent sur plus de 50 kilomètres de côtes. Résidences et hôtels de luxe vont s’ériger le long de ce « resort » rebaptisé Costa Smeralda, où environ 4 milliards de francs seront investis depuis. « Je suis devenu un entrepreneur par accident », promet le bâtisseur de la Costa Smeralda. Exemple: sa compagnie aérienne, Meridiana, créée en 1964 pour desservir la vallée de l’Enfer, réalise aujour’hui 1,7 milliard de francs de chiffre d’affaires sur une trentaine de destinations européennes.

Chez Son Altesse, la foucade devient passion, la passion grand projet, et le grand projet investissement. C’est encore à la suite d’un hasard que l’Aga Khan découvre, en 1985, l’affaire de sa vie. Bloqué dans ses projets d’extension de la Costa Smeralda, il acquiert pour 1,2 milliard de francs, auprès d’un homme d’affaires italien, Ciga Hotels. Une chaîne propriétaire de vingt-deux palaces européens, dont la célèbre Danieli à Venise. Restauration à grands frais, croissance externe accélérée, l’imam construit le plus prestigieux groupe hôtelier d’Europe, qui compte bientôt trente-six adresses en or massif. Arrive la guerre du Golfe et la dévaluation de la lire. Malgré les 700 millions de francs réinjectés par l’Aga Khan, le groupe plonge dans le rouge. A l’automne 1994, l’affaire tombe dans l’escarcelle de l’américain ITT Sheraton. Combien a-t-il perdu? Mystère. « Ce que je peux vous dire, c’est que le bilan de mes affaires en Italie est financièrement positif », explique le prince. Mais une blessure s’est ouverte. Actionnaire majoritaire de la compagnie Meridiana et propriétaire de 49% de la Costa Smeralda, le business-imam en restera là: « Tout homme a son temps limité, et ma vocation n’est pas d’être un entrepreneur en Occident. Continuer dans cette voie m’aurait éloigné de mon rôle. » Car le dessein du prince est désormais ailleurs, dans les mailles du Réseau. Le Network, cas c’est ainsi qu’est baptisée cette incroyable nébuleuse où l’imam des ismaéliens fait prospérer l’argent de ses 15 millions de fidèles. A ne pas mélanger avec le sien. Quand Karim Aga Khan, actionnaire majoritaire de Ciga, rachète l’hôtel Meurice, à Paris, c’est avec sa fortune propre. Quand il construit, en 1996, le Lake Manyara Serena Lodge, c’est avec les fonds confiés par ces ismaéliens.

Descendant de Mahomet, l’Aga Khan est à la tête d’une drôle de religion. Il n’y a pas de clergé, mais des « comités de la communauté ». Il n’y a pas de lieux de culte, mais des « centres culturels », des Djamatkhanas. Avec un lieu de méditation, mais aussi des salles de réunion équipées de fax et de téléphones, des bibliothèques et des galeries d’exposition. Le grand-père de l’imam, pour expliquer sa fonction, la comparait à celle du pape. « A une différence près, précisait-il. Le pape n’a que’une mission spirituelle auprès de son peuple. L’imam, lui, s’occupe aussi des intérêts temporaires des siens. » Karim Aga, imam depuis près de quarante ans, aime dresser son bilan de chef mi-spirituel, mi-temporel: « Nos objectifs ont été atteints. Tous les ismaéliens ont accès à un système primaire d’éducation, de santé. Dans dix ans, il faut que 75% d’entre eux aient accès à l’éducation secondaire et à des équipements hospitaliers de pointe. » On l’aura compris, les ismaéliens forment une communauté organisée. Ils ont mis sur pied leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs compagnies d’assurances, leurs banques. Autant d’institutions qui ont été peu à peu ouvertes aux « indigènes » afin d’intégrer la communauté dans chaque pays. Le ciment de cette diaspora, c’est lui, cet homme policé, dont les encycliques ressemblent davantage à des business plans qu’à des bulles papales. Avec la zakat (la dîme), chaque fidèle lui donne une partie de ses revenus, qu’il réinvesti au profit de chaque communauté, dans chaque pays. La Fondation Aga-Khan, l’un des piliers du Network, reçoit ainsi chaque année environ 150 millions de francs de l’imam. Sans que l’on sache toutefois quelle part de cette somme provient de cette fameuse dîme.

Ce système avait été poussé à son paroxysme par Mohamed Shah Aga Khan lors des fameuses « pesées ». En 1937, pour ses cinquante ans de règne, il reçoit de ses fidèles son poids en or. Pour les soixante ans, la pesée sera en diamants. Exploitation de sujets crédules, détournement de fonds? Erreur. « Le système colonial ne nous offrait pas d’accès suffisant aux institutions financières », explique Zaher Ahamed, l’un des hommes clés de la communauté ismaélienne kenyane: « Avec le jubilé de 1937, nous avons créé notre compagnie d’assurances, Jubilee Insurance, puis, dix ans après, c’était les caisses d’épargne Diamond Trust. »

L’imam-manager a pris à coeur ce rôle de « chef de réseau » pour le développer, l’organiser et le… rentabiliser. Dans le parc de sa propriété d’Aiglemont, près de Chantilly, il a fait construire des bureaux paysagers à l’américaine. Le management du Network est assuré par une petite centaine de professionnels de seize nationalités différentes, issus des meilleures universités anglo-saxonnes, et dotés du curieux statut de… gens de maison! Le cadre est luxueux, mais il rappelle plus l’atmosphère d’un campus universitaire qu’un palais des mille et une nuits. Tout est fonctionnel, la langue officielle est l’anglais et HH (His Highness) n’est guère plus souverain qu’un managing director. Ambiance feutrée, réunions de conseil d’administration compassées, déjeuner rapide au self-seuls les couverts en argent rappellent qu’on est ici chez un prince… C’est à Aiglemont que remontent les budgets et d’où partent les instructions du Network. Ver la Jubilee et la Diamond de Nairobie, la Development Credit Bank de Bombay, ou la New Jubilee, l’un des principaux assureurs pakistanais. C’est d’ici que sont dirigés 1300 salariés dans une douzaine d’hôtels au Kenya, en Tanzanie et au Pakistan. C’est encore d’Aiglemont que règne Anwar Poonawala, sur 7000 salariés, dans une quarantaine d’entreprises aussi variées que le joint-venture Alcatel Pakistan Ltd., le groupe de packaging ivoirien Filtisac, ou encore le producteur de haricots kenyan Frigoken.

Toutes ces participations financières, touristiques ou industrielles sont regroupées depuis 1984 dans le Aga Khan Fund for Economic Development (Akfed), une holding dont les actifs dépassent 4 milliard de francs. Inspiré par les méthodes du capital-investissement, Karim Aga Khan croit dur comme fer que « c’est le marché, et non les pouvoirs publics, qui est l’acteur du développement ». Y compris dans le tiers monde. Exemple: en 1977, l’Aga Khan décide de lancer un programme afin de faire face à la crise du logement en Inde. Avec la Banque mondiale et un partenaire financier local, il investit 15 millions de francs pour fonder la Housing Development Finance Corporation, un établissement spécialisé dans le crédit hypothécaire. L’affaire devient tellement rentable que la concurrence s’engouffre dans le créneau. Vingt ans après, des millions d’indiens ont pu avoir accès à la propriété et le Network cède sa participation en Bourse, récupérant cent fois sa mise de départ! Un beau geste pour le développement, une affaire en or: voilà résumée la double mission de l’état-major d’Aiglemont.

Avec la fin de la guerre froide et la conversion de nombre de pays du tiers monde aux vertus du libéralisme, l’imam se sent pousser des ailes. La Tanzanie, l’Ouganda, le Mozambique, Madagascar, le Tadjikistan: autant de pays où l’esprit d’entreprise prends corps et où l’Aga Khan réactive le Network: « Un souffle d’oxygène passe, la capacité à faire des choses a complètement changé ». L’imam islamo-libéral exulte et sillonne plus que jamais le monde à bord de son Gulfstream. Pourtant, il traverse personnellement une mauvaise passe financière – c’est l’époque où les hôtels Ciga battent de l’aile. Mais qu’importe: Aiglemont doit dégager suffisamment de ressources pour financer tous les programmes sociaux du Réseau. « La logique du Network est celle de l’autosuffisance, qui, seule, peut apporter une solidité structurelle. Dépendre de la générosité n’est pas sain à long terme », insiste Karim Aga Khan, théoricien de l’autodéveloppement. Le Réseau, s’il est du jour au lendemain privé de la générosité et de la personnalité de l’imam, doit pouvoir tourner seul au service du développement.

Le propos est précis, le discours extrêmement structuré. On est dans le domaine de l’excellence, appliquée à la philanthropie. Karim n’a pas fait ses études à Harvard pour rien. Il a l’élitisme chevillé au corps et le zéro défaut comme doctrine. Ses hôpitaux, ses écoles, ses banques, ses usines, ses hôtels se doivent d’être la référence. « Le fait d’être une entreprise estampillée Aga Khan me permet, à la Foire de Bologne, de rassurer mes contacts qui ne voient pas toujours d’un bon oeil les sociétés africaines, confie Karim Peerbhoy, le patron de Leather Industries of Kenya. En contrepartie, je sais que je ne peux me permettre de fournir un produit médiocre. » Mais soudain, Garry Wilkinson s’impatiente. Le conseiller de HH pour les relations avec les médias occidentaux trouve qu’Aiglemont donne de l’imam une image trop businessman. Le Network ne doit pas être compris comme une multinationale américaine. « Vous devez absolument aller voir Bob Shaw à Genève. » Bob Shaw? Une personnalité hors du commun. Ancien d’Oxford, de Harvard et de Princeton, ayant appris son métier à la Banque mondiale, il a rejoint le Network pour en faire un vrai laboratoire du développement. A la fondation Aga-Khan, qu’il dirige, on cultive comme sur toutes les terres du prince le culte de la responsabilisation par l’argent. La prochaine mise en place d’une banque des pauvres dans la région de Gilgit, au nord du Pakistan, est l’une des plus grandes fiertés du patron de cette organisation non gouvernementale un peu spéciale. « L’Aga Khan s’implique beaucoup dans ce programme, auquel il consacre dix jours par an. D’ailleurs, s’il s’en fichait, il y a bien longtemps que je ne travaillerais plus ici », promet Bob Shaw. Il s’agit, il est vrai, d’une expérience extraordinaire. Après le prince milliardaire, le prince-imam, le prince capital-investisseur, voici un prince saint-simonien construisant une sorte de société idéale. Sa révolution culturelle, il l’a faite, lui aussi, en 1968.

« J’ai observé et beaucoup réfléchi, cette année-là. Après différentes études socio-économiques, j’ai acquis la certitude que le développement du tiers monde ne passait ni par l’urbanisation, ni par la planification, ni par les mégaprojets, mais par le développement de l’esprit d’initiative en milieu rural », explique aujourd’hui l’imam, intarissable sur le sujet. Voilà la théorie. Voici la pratique. L’Aga Khan décide de prendre en mai le développement d’une région de la taille de l’Irlande qui se trouve aux confins du Pakistan, de l’Afghanistan, de la Chine et de l’Inde. Avant de débloquer le moindre dollar, le prince exige des villageois du Nord-Pakistan qu’ils réforment leurs rapports hiérarchiques. Il n’y a plus d’anciens ni de chefs coutumiers, mais des organisations élues avec un président et un manager (sic). Ces organisations décident d’investissements qu’ils réaliseront après une étude de faisabilité de la Fondation. Cette dernière formera, par ailleurs, certains membres de l’organisation pour en faire des experts capables de retransmettre leur savoir. Le désenclavement du village et une meilleure utilisation du sol permettront alors d’augmenter le revenu et de créer une épargne gérée par l’organisation. L’épargne sera investie ou prêtée sur des projets précis et avec l’appui de la Fondation. Le programme va jusqu’à préciser que les retraits de fonds devront être autorisés par l’organisation, mais aussi par la Fondation. Un vrai Big Brother de la charité. Et cela marche… Les 900000 habitants de la région de Gilgit ont non seulement atteint, comme prévu, l’autosuffisance alimentaire, mais leur revenu par tête a doublé en dix ans. Les experts de la Banque mondiale ont, à plusieurs reprises, fait le voyage pour observer ce phénomène économico-sociologique. Le prince lui-même a bien l’intention d’exporter son modèle.

« Nous vous attendions depuis mille ans. » En 1995, 60000 ismaéliens retrouvent leur imam près de Khorog, la capitale du Gorno-Badakhchan, à l’est de l’ex-République soviétique du Tadjikistan. L’accueil est d’autant plus délirant que l’Aga Khan descend de son hélicoptère avec de bonnes nouvelles. Il étudie depuis deux ans le sort de cette province et il a décidé d’en faire un nouveau Nord-Pakistan. Une aide d’urgence de 90 millions de francs sera allouée en 1996 et le Pamir Relief and Development Programme est mis en place. L’Aga Khan exulte: « Nous allons construire, pour la première fois, derrière le marxisme. La population est éduquée et l’accès à la médecine satisfaisant. Pour le reste, il faut tout repenser. » Avec un objectif: l’autosuffisance alimentaire dans huit ans.

A un paysan de la région de Gilgit, un journaliste anglais demandait un jour qui donc était l’Aga Khan: « Un homme bon qui a une maison en France. » C’est sans doute l’épitaphe qui rendrait le plus heureux le quarante neuvième descendant du Prophète. Mais Son Altesse Karim Aga Khan IV ne peut rien contre son autre destin. Ne vient-il pas de faire la une des gazettes en intentant un procès à son ex-femme pour tenter de l’empêcher de mettre en vente, chez Christie’s les bijoux dont il l’avait couverte? Les chroniqueurs n’ont jamais eu pareil scandale à se mettre sous la dent depuis le vol des bijoux de la bégum dans la Cadillac de Mohamed Shah Aga Khan. C’était en 1949…

L’Agha Khan Ier (1800-1881) était censé être le 46e imam de la lignée des Alides (descendants d’Ali) mais aussi un descendant, en ligne directe des anciens rois de Perse.

Son petit-fils, Muhammad Châh ibn Agaha Ali, Agha Khan III (1877-1957), avait été l’un des conseillers des souverains britanniques et le fondateur de la « ligue panmusulmane » de l’Inde. C’est lui qui avait obtenu, en 1919, que Constantinople ne soit pas rendue à la Grèce mais laissée aux mains des Turcs. Il fut, en son temps, l’homme le plus riche du monde et, pour son 60e anniversaire, ses « sujets » lui offrirent, selon la coutume, son poids en platine et diamants. Il sera le dernier à bénéficier de cette « tradition ».

le prince Mohammed Chah ibn Agaha Ali, autrement dit l’Agha Khan, chef spirituel des ismaéliens. 1930 Chef spirituel des ismaéliens, il était le descendant d’Abdallah ibn Maïmoun, fondateur et premier grand maître de cette secte musulmane remontant au IXe siècle. Il était aussi le successeur d’Hassan Sabbah, fondateur de la secte des Assassins et le 47e imam depuis Ali, gendre de Mahomet. Pour les Ismaéliens, l’Agha Khan est une sorte de « demi-dieu » infaillible. On constate cependant que ce nabab jouait parfaitement le double jeu : pontife musulman pour les uns, membre de la « jet set » pour les autres. En Arabie Saoudite, les membres du clan Séoud se comportent identiquement. Ils font assaut de bigoterie chez eux et jouent au play-boy quand ils sont à l’étranger. Ce dualisme comportemental est très fréquent chez les arabo-musulmans.
La photo a été prise en 1930. L’Agha Khan vient d’épouser la Française Yvette Labrousse, ancienne Miss France (1930) qui portera le titre de « Bégum » (la femme de l’Agha) bien que son titre officiel ait été « Mata Salamat » « Que vive la Mère » !). Le couple se promène dans les environs d’Aix-les-Bains.

En 1930, la secte des Ismaéliens regroupait environ deux millions de fidèles dont la moitié en Inde et le reste réparti entre le Proche Orient et l’Afrique.

Karim Agha Khan IV, 1998Karim Agha Khan IV (né en 1936) est le petit-fils du précédent et le 49e imam des Ismaéliens. L’actuel détenteur du titre d’Agha Khan est, lui aussi, un membre de la « jet set ».
Après avoir divorcé de l’actrice américaine Rita Hayworth (épousée en 1949), il s’est remarié avec une Anglaise divorcée du nom de Sarah Crocker (devenue la Bégum Salima) dont il a divorcé en 1994. Il s’est remarié en 1998.

Source : Paris Match (11 juin 1998)
UNE NOUVELLE LUMIÈRE DANS LA VIE DE L’AGA KHAN
Divorcé de la bégum Salimah, le dieu vivant des ismaïliens vient d’épouser une princesse allemande de 35 ans.

mariage de Karim Agha Khan IV, 1998C’est un rayon de soleil qui est entré dans la vie de l’Aga Khan, 62 ans, 49e imam héréditaire de la communauté ismailienne. Le 30 mai 1998, il a épousé la princesse Gabrielle zu Lieningen, une belle Allemande convertie à l’islam. La cérémonie religieuse a été conduite par le grand mufti et le recteur de la Mosquée de Paris à Aiglemont, la résidence de l’Aga Khan dans l’Oise, Puis, c’est à Patrice Marchand, maire de Gouvieux, qu’est revenu le privilège de prononcer le mariage civil. Les noces se sont déroulées dans l’intimité familiale, en présence d’une vingtaine de dignitaires de la communauté ismailienne accompagnés de leurs épouses. Une grande réception est prévue en France en octobre. Pour fêter leur union. Les mariés convieront, cette fois-ci, les nombreux invités des familles respectives.

Il s’est marié en toute simplicité à Aiglemont, où il vit en gentleman-farmer parmi ses pur-sang

Chef spirituel de quinze millions d’ismailiens à travers le monde, Son Altesse Karim Aga Khan IV est le descendant direct de Mahomet[Plus exactement un descendant d’Ali, gendre de Mahomet, fanatique de la première heure. Mais c’est aussi un descendant du chef de la secte des Assassins comme cela était indiqué dans le livre « Sociétés Secrètes » paru en 1997 ! Avec de tels criminels comme ancètres, on comprend que le Gagakan prèfère se référer au prophète de l’islam. Mais quand l’Occident prendra conscience que Mahomet fut un gigolo, un agitateur, un pillard, un assassin, un pédophile etc…, la superbe du gentleman-farmer va en pâtir.] Fils de Joan Yarde Buller, une Anglaise, et d’Aly Khan, l’Aga Khan a déjà été marié. Le 21 octobre 1969, il épousait Sarah Frances Croker-Poole, une Anglaise qui allait devenir la bégum Salimah. Ils se séparent en 1994. Trois enfants sont nés de leur union: Zahra, 28 ans, Rahim, 27 ans, et Husssain, 24 ans. Divorcée, elle aussi, d’avec le prince Karl Emich zu Leiningen, la nouvelle bégum Inaara a une petite fille de 6 ans, Theresa. La princesse n’a pas l’intention d’abandonner son poste de consultante à l’Unesco. Titulaire d’un doctorat de droit international, elle compte, avec la bénédiction de son mari, poursuivre ses activités centrées sur la promotion du statut des femmes [Première mission : réformer le Coran, qui traite les femmes à peine mieux que des moins que rien, deuxième mission : abolir le modèle de Mahomet qui était un obsédé sexuel et un pédophile. Elle a du pain sur la planche, la fatma ! Etre titulaire d’un doctorat de droit international et se convertir à l’islam pour ensuite promouvoir le statut des femmes… il fallait oser ! Et pourquoi pas se couper les deux jambes pour travailler à la promotion du football ?!].

Janvier 2005
Le divorce entre l’Aga Khan et son épouse la bégum Inaara vire au règlement de comptes (en banque !). Selon la presse britannique, madame menacerait de dénoncer monsieur au fisc s’il ne lui versait pas la moitié de sa fortune (environ 700 millions d’euros au minimum). On comprend soudainement pourquoi elle avait accepté de se convertir à l’islam : pas folle la guèpe…

Karim Aga Khan descendant de Mahomet, imane, ismaélien et donc chiite est passionné d’architecture, de sciences humaines, de l’art, de processus évolutif de l’habitat. l’amélioration de vie des habitants, de justice, des médias.
Selon lui, le monde musulman prend en considération la place femme en insérant les  femmes par leurs compétences.

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