Archives quotidiennes : 1 novembre 2011

Qu’en pense la Chine de la crise financière européenne et l’aide proposée par son gouvernement au  » vieux continent  » ? Maï Salaün

Paris - Musée d'Orsay: Jean Baptiste Carpeaux'...

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CRISE EUROPÉENNE – 30/10/2011 | 16:12 – 556 mots

En Chine,

médias et microblogs

contestent l’aide proposée

à l’Europe

Suite au sommet européen et au voyage du directeur général du FESF à Pékin, les commentateurs dans les médias et sur les weibos, sorte de Twitter chinois, expriment leur incompréhension et demandent quelles sont les contreparties, au moment où la Chine donne des signes de ralentissement et d’inflation.

Premier détenteur mondial de réserves de change avec plus de 3200 milliards de dollars (2762 milliards de francs), la Chine a dit à maintes reprises être prête à soutenir l’euro. La deuxième économie mondiale a les reins solides et de bonnes raisons de se porter au secours du Vieux continent, son principal marché d’exportation avec les Etats-Unis.

Mais le moment est sans doute mal choisi, alors que l’Empire du Milieu enregistre un ralentissement de sa croissance et peine à juguler une inflation qui pénalise les plus modestes avec une forte hausse des produits alimentaires. Les Chinois ont d’ailleurs promptement exprimé leur hostilité sur les weibos, ces microblogs qui comptent plusieurs centaines de millions d’utilisateurs.

«L’Europe est beaucoup plus riche que la Chine. Comment peut-elle manquer d’argent? C’est une vraie escroquerie», assène un microblogger, Song Hongbing. «Quand vous consacrerez-vous à aider votre propre population, à nourrir les enfants de la campagne, à donner du travail aux légions d’étudiants diplômés qui sont au chômage, à permettre aux masses modestes de se loger?», demande un autre internaute identifié sous le pseudonyme Post-90s Voice.

Clarifications attendues par Pékin

En dépit d’une croissance colossale ces 30 dernières années, Pékin doit encore extraire de la pauvreté plusieurs centaines de millions de Chinois. Le gouvernement doit réduire le fossé entre riches et pauvres qui se creuse dangereusement.

Selon Michael Pettis, professeur de finance à l’Université de Pékin, l’opposition de l’opinion publique à ces projets constitue une réelle source d’inquiétude pour les autorités, même dans un pays où le Parti communiste règne sans consulter le peuple. «Les gens vont penser que la Chine sort de l’ornière une bande de riches étrangers. Politiquement, ça n’est jamais bon», estime-t-il.

La zone euro a décidé de démultiplier la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la capacité d’intervention passerait à 1000 milliards d’euros (1221 milliards de francs), contre 440 milliards. Sollicitée par l’Europe, la Chine pourrait acheter des obligations du FESF supplémentaires.

Mais Pékin, qui représente déjà un investisseur important dans le Fonds, n’a donné aucun signe clair d’engagement nouveau dans l’attente de «clarifications». Le pays a connu des revers de fortune avec ses investissements étrangers.

Concessions

Il était notamment entré au capital de la banque d’affaires américaine Morgan Stanley et du fonds d’investissement Blackstone, frappés de plein fouet par la crise financière de 2008. Les dirigeants chinois «ont été très critiqués dans le pays pour cela et je pense qu’ils veulent éviter de recommencer», note Michael Pettis.

Le «Global Times», journal en langue anglaise connu pour ses positions nationalistes, estime que Pékin devrait à tout le moins exiger des concessions en échange de sa contribution. Et le quotidien de mentionner en particulier une plus grande ouverture du marché européen aux produits et investissements chinois.

«Une Europe développée demande de l’argent à la Chine (…). Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi la Chine devrait accepter», écrivait vendredi le journal dans un éditorial. Certains pensent également que les Européens doivent mettre en sourdine leurs critiques à l’égard du yuan, jugé artificiellement sous-évalué pour favoriser les exportations chinoises.

Dans tous les cas, prédit Andy Xie, ancien économiste en chef à Morgan Stanley, la contribution chinoise ne pourra être que symbolique. «On ne peut pas donner de l’argent dans un cas potentiel de faillite sans avoir son mot à dire sur la restructuration (du bénéficiaire). Or la Chine n’a pas le contrôle de l’Europe», relève- t-il.

latribune.fr avec AFP – 30/10/2011, 16:12
MIGRATION – 31/10/2011 | 15:38 – 218 mots
RICHESSE

La croissance du nombre de millionnaires s’accélère dans les pays émergents

Source : La Tribune.fr – 22/06/2011 | 21:30 – 346 mots  |

Les pays émergents comptent de plus en plus de millionnaires, selon une étude de Merril Lynch avec Capgemini dévoilé ce mercredi. Fait marquant : pour la première fois la zone Asie-Pacifique se positionne au deuxième rang devant l’Europe en terme de nombre de personnes fortunées et de patrimoines.

 En 2010, le nombre millionnaires en dollars dans le monde a dépassé le niveau record enregistré avant la crise de 2007, selon la 15ème édition du World Wealth Report publiée ce mercredi par Capgemini et Merril Lynch Wealth Management. Ils sont désormais 10,9 millions à se partager un patrimoine de 42 700 milliards de dollars, soit environ treize fois la valeur du PIB réalisé par l’Allemagne en 2010.

Mais ces dernières années, les économies de la région Asie-Pacifique ont connu un véritable boom économique tirée par une solide demande en Chine, en Inde et à Singapour. C’est donc logiquement que la croissance du nombre de millionnaires que comptent les pays émergents continue à être supérieure à celle des pays développés. Symbole de cette tendance, la zone Asie-Pacifique, hors-Japon, avec près de 10% de millionnaires supplémentaires en 2010, en compte désormais et pour la première fois davantage que l’Europe, après l’avoir déjà dépassé en 2009 en termes de patrimoine. Alors que le Vieux Continent dénombrerait 3,1 millions de personnes fortunées pour une richesse de 10.200 milliards de dollars, les millionnaires asiatiques seraient 3,3 millions à se partager un gâteau estimé à 11.600 milliards de dollars

« Autre élément nouveau dans [cette] région : l’Inde a rejoint le classement des douze premiers pays en termes de nombre de millionnaires », a indiqué Laurence Chrétien, en charge du World Wealth Report pour la France au sein de Capgemini Consulting. La hiérarchie n’est cependant pas bousculée. Les millionnaires restent fortement concentrés aux Etats-Unis en Allemagne et au Japon avec 53% de la population mondiale des personnes fortunées. Mais si elle maintient son rythme de croissance, « la Chine devrait faire son entrée dans le trio de tête d’ici sept à dix ans », assure Gilles Dard, président de Merril Lynch Wealth Management en France..

L’Amérique latine connaît pour sa part une croissance moindre avec 6,2% de millionnaires en plus. Le continent affiche pourtant de bons résultats en termes d’évolution de leur PIB, avec notamment le Brésil (+7,5%) et le Mexique (+5%). « En Amérique Latine, les fortunes restent encore très concentrés dans certains groupes familiaux », explique Gilles Dard.

Julien Bonnet – 22/06/2011, 21:30  |

Les classes moyennes tendent à disparaitre, on se dirige tout droit vers un monde d’exploitant/exploité. Faudra bien choisir son camp !!!

par Isa le 23/06/2011 à 11:14

Ils sont riches , ils n’ont qu’à payer des profs particuliers à leur môme … ou les envoyer dans des pensions pour fils de riches

par Tonio Delavega le 01/11/2011 à 18:14

« …3200 milliards de dollars (2762 milliards de francs) ». De francs !! De grâce, mettez de tels « journalistes » à la porte, si vous voulez garder un minimum de crédibilité. Euros, francs français d’il y a plus de dix ans, francs suisses,…

par albertfrank le 01/11/2011 à 10:15

CHINE – 01/11/2011 | 10:43 – 325 mots

La Chine compte cinq fois plus de millionnaires que la France

Source : La Tribune.fr – 01/06/2011 | 14:58 – 532 mots  |

Une femme de chambre chinoise devant l'hôtel Château Laffitte situé dans la proche banlieue de Beijing Une femme de chambre chinoise devant l’hôtel Château Laffitte situé dans la proche banlieue de Beijing

Les millionnaires sont en plein boom dans l’ex-Empire du Milieu. Selon une étude du Boston Consulting Group, la Chine compte désormais 1,11 million de millionnaires en dollars, soit 31% de plus qu’en 2009. Le pays se situe au 3e rang mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon. La France arrive loin derrière avec 210.000 millionnaires.

Nouveau record pour la Chine. Alors qu’en un an, le nombre de millionnaires a bondi de 12,2% dans le monde, le nombre de millionnaires en dollars dans la deuxième économie mondiale a bondi de… 31%. La Chine abrite 1,11 million des 12,5 millions de foyers millionnaires du monde. Elle se situe en deuxième position, loin derrière les Etats-Unis (5,22 millions de millionnaires), le Japon (1,53 million), et distance d’une bonne longueur le Royaume-Uni (570.000 millionnaires) et l’Allemagne (400.000).

L’augmentation de 31% sur un an du nombre de « superriches » chinois est d’autant plus impressionnante que les fortunes privées ont progressé en moyenne dans le monde de « seulement » 8% en 2010. Le total des fortunes de la planète atteignait 121.800 milliards de dollars fin 2010, soit 20.000 milliards de dollars de plus qu’au plus fort de la crise financière. L’étude du Boston Consulting Group (BCG), publiée ce mardi, souligne également que les fortunes privées progressent, mais moins vite qu’avant la crise, puisque de 2002 à 2007 l’augmentation s’est établie à 11% par an. Selon le cabinet de conseil en stratégie, cette croissance devrait même ralentir encore dans les années à venir, notamment à cause du Japon. BCG prévoit un ralentissement de la croissance des fortunes mondiales entre la fin 2011 et 2015, à 6% par an en moyenne, avec un rythme plus rapide dans les pays émergents.

La Chine « superriche » mais pas si performante sur les « ultrariches »

Pourquoi, dans un tel contexte, la Chine a-t-elle réussi à augmenter considérablement son nombre de millionnaires ? Selon l’enquête annuelle de l’institut d’édition et de gestion évènementielle Hurun Report, publiée en avril 2011 en coopération avec le think tank GroupM Knowledge, cette augmentation s’explique par la croissance rapide du PIB et surtout par le boom immobilier en Chine. Le Hurun Report estime que 55% des millionnaires chinois doivent leur fortune à des entreprises privées, 20% sont des spéculateurs immobiliers, environ 15% sont actionnaires, et les 10% restants seraient des cadres très bien rémunérés.

Si la Chine tire très nettement son épingle du jeu sur le nombre de millionnaires (à relativiser avec les énormes disparités de richesse et de développement dans cet immense pays), elle ne se classe « que » 8è pour les foyers possédant plus de 100 millions de dollars, les « ultrariches » estimés à 393 dans le pays. Sur ce critère, ce sont encore les Etats-Unis qui arrivent en tête, avec 2692 foyers riches de plus de 100 millions de dollars. Le podium est complété par l’Allemagne (839 foyers) et l’Arabie Saoudite (826).

La France en 9e position sur les deux tableaux

De plus, certains Etats plus petits recensent une concentration plus importante de millionnaires. A Singapour, 15,5% des foyers possèdent un patrimoine qui dépasse le million de dollars. En Europe, c’est la Suisse qui arrive en tête des pays à la plus forte concentration de millionnaires, avec 9,9% des foyers.

La France arrive en 9e position sur les deux tableaux : 210.000 millionnaires et 377 « ultrariches ». Sur les « superriches » (les millionnaires) la France est devancée en Europe par le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse et l’Italie. En ce qui concerne les « ultrariches », la France en acceuille moitié moins que l’Allemagne (377 contre 839) et moins que le Royaume-Uni (738), la Russie (561) et l’Italie (494).

Sylvain Rolland – 01/06/2011, 14:58
Benny a tout à fait raison : qu’attend La Tribune pour compléter ou corriger ses infos ? Je trouve que ses journalistes sont un peu longs à la détente par moment … par Ouah Reine Boue fête le 10/06/2011 à 14:44
CHINE

Ces milliardaires communistes qui font la pluie et le beau temps en Chine

Source : La Tribune.fr – 04/03/2011 | 16:11 – 762 mots  |

Ce samedi, les dirigeants du parti communiste chinois dévoileront les détails du douzième plan quinquennal. L’un des volets portera sur les mesures, en particulier fiscales, destinées à réduire des inégalités de revenus, sources de tensions dans la population. Mais il faudra compter avec l’opposition des dizaines de milliardaires membres de l’assemblée.

Copyright ReutersCopyright Reuters

Les mesures en faveur d’une réduction des inégalités en Chine, qui atteignent des proportions inédites, figurent en bonne place dans le 12e plan quinquennal. Demain samedi, dans son discours d’introduction aux travaux de la réunion annuelle de l’Assemblée nationale populaire, le Premier ministre Wen Jiabo devrait en parler longuement. Le pouvoir est préoccupée par la grogne sociale qui gagne du terrain, en raison de la cherté de la vie, de l’absence de liberté d’expression et de la corruption.

Car en Chine, argent et communisme font bon ménage. Une enquête menée par deux journalistes de l’agence Bloomberg, Michael Forsythe, correspondant à Pékin, et Peter Hirschberg, illustre quantitativement le phénomène.

Les plus fortunés des parlementaires américains sont loin d’égaler leurs homologues chinois

Dans les rangs des 2.987 membres de l’Assemblée, figurent 70 très grosses fortunes dont le patrimoine cumulé représente 493,1 milliards de yuan (53,7 milliards d’euros). A titre de comparaison, rappelons qu’aux Etats-Unis, la fortune des 70 membres du Congrès les plus riches atteint seulement 4,8 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros). Or, outre-Atlantique, le revenu par habitant est dix fois supérieur à celui de la République populaire. Difficile d’illustrer plus clairement l’écart abyssal des inégalités dans l’ex-Empire du milieu.

Officiellement, aucun pays au monde ne compte plus de milliardaires que les Etats-Unis. On en recense 400 contre 190 en Chine. Mais ce chiffre, selon de nombreux spécialistes, ne reflète que partiellement la réalité, car, dans l’ex-empire du Milieu, une large part de la richesse n’est pas déclarée.

Dans ces conditions, la volonté de justice sociale affichée par les autorités de Pékin a toutes les chances de se heurter au lobbying des « caciques » membres de l’Assemblée. Car si, au nom de l’égalité, il n’est pas obligatoire d’être communiste pour intégrer le « parlement » de la nation, en réalité, cette chambre est sous le contrôle absolu du parti. La sélection de ses « élus » fait donc problème pour représenter une population de facto exclue de toute possibilité institutionnelle de s’exprimer. Comme le remarquait l’écrivain britannique George Orwell, dans « La ferme des animaux » : « Certains sont plus égaux que d’autres ».

Un relèvement du seuil d’imposition est… envisagé

Si dans le nouveau plan quinquennal, il est prévu de relever le seuil d’imposition fiscale pour soulager les bas et moyens revenus et taxer davantage les hauts revenus, en revanche aucun taux précis n’a encore été communiqué. Comment ces milliardaires et ceux qui aspirent à le devenir seront-ils enclins à accepter l’application réelle de telles mesures ? D’autant que la générosité ou la justice sociale ne font pas partie de leurs préoccupations.

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter le plus riche des membres de l’Assemblée chinoise, Zong Qinghou. « Les gens riches investissent leur argent, et créent des emplois. S’ils sont éliminés, personne n’investira ni ne construira des usines ! » expliquait récemment à des journalistes, le PDG fondateur du groupe Hangzhou Wahaha, leader sur le marché des boissons en Chine. Ce dernier s’est également toujours prononcé contre l’imposition de toute taxe foncière où l’extension du financement public pour améliorer une couverture sociale pratiquement inexistante. C’est plutôt le genre de discours que l’on s’attendrait à trouver dans la bouche d’un adepte de Milton Friedman ou de Friedrich Hayek, mais à une grande réserve près : ces auteurs ont aussi viscéralement défendu la liberté de l’individu contre tous les totalitarismes.

Vraiment riches, officiellement communistes mais résolument pas philanthropes

En septembre dernier, les milliardaires américains Warren Buffett et Bill Gates avaient fait le déplacement à Pékin pour convier cinquante de leurs homologues chinois à un dîner pour leur vanter les bienfaits de la philanthropie, ils avaient fait chou blanc, les nouveaux riches de la république populaire ayant été  très réticents à mettre la main à la poche.

Il n’en reste pas moins que la préoccupation du parti de rééquilibrer un modèle économique où les taux de croissance à 10% se sont faits sur un faible coût de travail, une priorité aux exportations et un investissement inédit dans l’histoire humaine dans le développement des infrastructures, est réelle.

Une étude de CLSA montre que depuis 1999, la croissance annuelle du revenu moyen urbain est restée pratiquement supérieure à 8%. Ce n’est le cas pour le monde rural que depuis 2006. Mais cette appréciation est grignotée par l’inflation autour de 5%, et des prix de l’immobilier quasiment inaccessibles pour le Chinois moyen.

Les militants de la démocratie qui appellent à manifester chaque dimanche dans les grandes villes pour une « révolution de jasmin » dans leur pays mettent en avant ce creusement des inégalités, soulignant l’incapacité du parti communiste à trouver une solution à l’aggravement de cette situation malgré le boom économique. Pour le moment, la seule réponse est la répression.

Robert Jules – 04/03/2011, 16:11
CHRONIQUE

« Made in France » ? Ne rêvons plus

Source : La Tribune.fr – 01/06/2011 | 19:22 – 889 mots  |

Par Alain Madelin, ancien ministre

Un nouveau label « Made in France » ou plus exactement « Origine France garantie » vient d’être dévoilé. Ayant, pour ma part, toujours roulé dans une voiture française par fierté de nos marques nationales, privilégiant volontiers aussi le « made in Breiz », par attachement à l’identité bretonne, je ne peux que trouver sympathique cette démarche patriotique. Il serait pourtant abusif de tirer des leçons économiques de cette forme de « préférence nationale ». Un achat à l’étranger n’est pas une perte d’emploi mais un déplacement d’emploi d’une entreprise française à une autre (lire « Le mauvais procès du libre-échange » dans « La Tribune » du 18 avril 2011).

Depuis belle lurette, tous nos produits sont en fait « made in world ». Rien n’illustre mieux cette réalité que le petit essai de l’économiste américain Leonard Read, « Moi, le crayon ». « Je suis un crayon noir, le crayon de bois ordinaire que connaissent tous ceux qui savent lire et écrire… Moi le crayon, aussi simple que je paraisse, je mérite votre émerveillement et votre respect »… « Simple ? Et pourtant pas une seule personne à la surface de cette Terre ne sait comment me fabriquer. »

Et d’énumérer tout ce qui entre dans la fabrication d’un crayon. Le bois de cèdres d’Oregon. Tout le travail des bûcherons – du campement qui les loge à leur ravitaillement -, les scies et les haches, les camions et les trains qui assurent la coupe et le transport (jusqu’aux machines complexes de la scierie). Comment le graphite d’une mine de Ceylan est produit, transformé puis transporté jusqu’au crayon qui s’ébauche. Et de décrire aussi le long processus qui permet de fabriquer, à partir des mines de zinc et de cuivre, la virole en laiton au bout du crayon qui retient une « gomme » elle-même produite par l’interaction du chlorure de soufre avec de l’huile de graine de colza provenant d’Indonésie. Et l’histoire des six couches de laque qui recouvrent le crayon, celle de la marque imprimée… Ce sont au total des millions d’êtres humains qui participent sans le savoir à la création de ce simple crayon, qui échangent et coordonnent leur savoir et leur savoir-faire dans le cadre d’un système de prix sans qu’une autorité supérieure dicte leur conduite.

Ce texte date de 1958. Depuis, la mondialisation et la mutation de nos économies vers la société de la connaissance n’ont fait, bien entendu, que renforcer cette interdépendance. Mais notre façon d’appréhender le réel reste encore fortement marquée par un appareil statistique conçu pour mesurer les échanges de biens physiques de la société industrielle. Or, derrière la crainte de la désindustrialisation ou les peurs des délocalisations, la réalité, c’est l’internationalisation de l’économie et l’interpénétration de l’industrie et des services.

La frontière entre industrie et services s’estompe. Au lieu de vendre un bien, on vend de plus en plus un service. Les industriels se font commerçants, les commerçants se font industriels. Une nouvelle catégorie d’entreprises apparaît, les « sociétés plates-formes », qui conçoivent leurs produits, maîtrisent leurs marques, vendent partout dans le monde et remplacent leur activité de production par une sous-traitance optimisée à l’échelle de la planète. Apple en est un bon exemple. Prenez un iPhone, comptabilisé 179 dollars dans les statistiques américaines des importations en provenance de Chine. Une récente étude universitaire réalisée au Japon (Yuquig Xing et Neal Detert) a décomposé le processus de fabrication et la chaîne de valeur. Si la 3G, le Bluetooth et les composants audio sont « made in USA », la mémoire flash et l’écran sont produits au Japon, le processeur et ses composants sont coréens, le GPS, la caméra et le wi-fi viennent d’Allemagne. L’assemblage final en Chine ne représente que 6,50 dollars, soit 1,3 % du prix de vente aux États-Unis ! Ce que l’on voit, c’est un déficit commercial apparent de 1,9 milliard de dollars pour les États-Unis avec l’iPhone ; ce que l’on ne voit pas, c’est la captation de l’essentiel de la valeur créée par les Américains.

Derrière le film catastrophe de la désindustrialisation que la France aime se projeter, la baisse de nos effectifs industriels a deux causes essentielles. D’une part, l’externalisation des fonctions de service (gardiennage, nettoyage, cantine) autrefois comptabilisées dans les emplois industriels et passées aujourd’hui dans les services. D’autre part, la hausse de la productivité dans l’industrie où moins d’emplois et moins d’argent sont nécessaires par unité produite. L’influence des délocalisations reste marginale. D’ailleurs, tous les rapports convergent pour montrer que les délocalisations sont globalement favorables à la croissance économique et à l’emploi.

Les délocalisations sont favorables à la croissance économique et donc à l’emploi tout comme le progrès technique. Il n’y a pas de différence entre une main-d’oeuvre chinoise peu chère et un robot industriel ! L’Allemagne est devenue le premier exportateur de biens de haute technologie devant les États-Unis, à partir des mêmes facteurs de production que la France (même monnaie et même coût du travail).

Il ne faut pas se tromper de combat et prétendre défendre nos emplois, face aux pays à main-d’oeuvre bon marché, en comprimant les salaires, en subventionnant les emplois peu qualifiés par d’artificielles baisses de charges tout en décourageant le capital et en surfiscalisant les emplois qualifiés. Le mariage réussi du « made in world » et du « made in France », c’est celui de la créativité et de l’investissement.

Alain Madelin – 01/06/2011, 19:22

L’exemple de l’I-Phone est faux. Si l’on choisit de décomposer le produit, il faut le faire intégralement et ne pas attribuer la caméra à l’Allemagne à 100 %. Derrière le fournisseur allemand, il y a d’autres sous-traitants,… Vu le secret industriel, probablement personne ne connaît la vraie répartition de la VA de l’I-Phone entre pays. Si 15 dollars au Japon + 8 dollars en Chine + 8 dollars au US, … au total Apple les paie 50 dollars par unité et son client entre 400 et 900 euros selon le modèle.

par Didier le 23/06/2011 à 20:31

Ralentissement inattendu

du secteur manufacturier chinois

Copyright Reuters Copyright Reuters

Le secteur manufacturier chinois a enregistré son plus faible rythme de croissance en près de trois ans en octobre.

L’indice officiel des directeurs d’achat pour le secteur manufacturier chinois publié ce mardi a affiché en octobre son niveau le plus faible depuis février 2009.  Bien que supérieur au seuil des 50 marquant la limite entre croissance et contraction d’une activité, cet indice PMI a reculé à 50,4 en octobre après 51,2 en septembre. Il était en outre attendu à 51,6.

La semaine dernière, l’indice d’octobre calculé en première estimation par la banque HSBC avait de son côté atteint 51,1, contre un niveau définitif de 49,9 pour le mois de septembre.

Il n’est en fait pas rare que ces deux indicateurs donnent des résultats divergents, car le PMI officiel rassemble davantage de données sur les plus grands groupes manufacturiers chinois, tandis que l’indice calculé par HSBC se focalise sur les petites et moyennes entreprises, qui emploient environ 75% de la population chinoise.

Craintes sur la capacité à réagir au ralentissement économique mondial

« Le recul de l’indice PMI en octobre indique un nouveau ralentissement économique à venir », commente Zhang Liqun, chercheur d’un organisme gouvernemental, dans un communiqué joint aux chiffres officiels.

Zhang Zhiwei, chef économiste chez Nomura Securities, tempère. Il estime que le recul du PMI est « en grande partie lié à un facteur saisonnier plutôt qu’à une faiblesse économique ». « Nous continuons d’anticiper le maintien des réserves obligatoires et des taux d’intérêt à un niveau inchangé pour le reste de l’année 2011 », précise-t-il dans une note.

Les nouvelles commandes, la production et les nouvelles commandes à l’exportation ont accusé un net recul en octobre.

Selon le Bureau national des statistiques (BNS), ces mauvaises performances montrent que la Chine est affectée par une demande en berne en Europe, premier partenaire commercial de la Chine, ainsi qu’aux Etats-Unis. Le recul de la composante des prix de 10,4 points à 46,2, passant pour la première fois depuis avril 2009 sous la barre des 50, montre que « la pression inflationniste dans le secteur manufacturier s’est atténuée et que les hausses des prix est sous contrôle », estime le BNS.

latribune.fr avec Reuters – 01/11/2011, 10:43

D’après le FMI, repris dans « Wikipedia » (en anglais), la croissance réelle du PIB de l’Inde en 2010 a été de 11,107% et celle de la Chine de 10,300%. Il ne faut pas trop continuer à sauter sur la moindre information pour rêver que les choses aillent mal chez la deuxième et troisième puissance mondiale. Demain elles seront première et deuxième. Déjà l’Asie, l’Australie, l’Afrique, l’Amérique latine et même les Etats-Unis et le Canada profitent beaucoup de leurs montées. Il est grand temps pour l’Europe de mieux s’adapter aux réalités.

par Jean LEBON le 01/11/2011 à 20:45

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Negatively charged ions are found in many haircare products and tools today because of their ability to bond with and change…

Solon : le père de la démocratie dont ses origines sont dûes à la crise de la cité grecque en 594 avant JC

Solon. Woodcut from the Nuremberg Chronicle

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En 514 av JC. Solon a fondé la démocratie en Grèce suite à crise de la dette athénienne.

On ne peut manifester et tendre la main.

Il faut prendre le temps de prendre du temps pour réfléchir sur les actions possibles, prendre des décisions et parler ensuite, et que les marchés ne réagissent qu’après les réactions et décisions prises par les politiques.

Nous sommes solidaires. L’union européenne doit comprendre la situation des , soutenir et expliquer comment il faut faire pour

La démocratie athénienne désigne le régime politique mis en place progressivement dans la cité d’Athènes durant l’Antiquité et réputé pour être l’ancêtre.

La démocratie a été mise en place en Grèce et peut-être à Athènes. Il s’agit d’une démocratie directe où les citoyens participent, parfois de force, à la vie politique. La Grèce nous a fourni un catalogue conséquent de termes liés à la politique : démocratie, oligarchie, ploutocratie, aréopage, tyrannie, aristocratie, monarchie. On ne connaît guère les autres systèmes politiques de la Grèce ancienne faute de documents si ce n’est celui de Sparte qui est une cité mais de nature oligarchique. Les documents dont on dispose sont les témoignages archéologiques (bâtiments et objets), les stèles gravées de l’Agora (qui ont servi ultérieurement à paver certaines places telles que l’agora), les auteurs anciens (soit contemporains- Hérodote, Aristote, Platon, Thucydide,… ou ultérieurs-Plutarque, Tite-Live,…), les ostraka (tessons), les papyrus (cf. constitution d’Athènes d’Aristote).

Après un bref tour d’horizon historique, on montrera dans un premier temps qu’il a fallu d’abord organiser le territoire et le peuple d’une certaine façon pour que la démocratie puisse s’installer. Dans un deuxième temps, nous verrons quelles sont les institutions mises en place pour gouverner à la fois le territoire et le peuple. Enfin, dans une dernière partie, nous aborderons les lieux où s’exerce le pouvoir.

I ) Bref historique d’Athènes

L’histoire d’Athènes a pu être reconsituée à partir des milliers de travaux réalisés par les archéologues et historiens depuis la fin du XIXème siècle. Aujourd’hui, alors que la recherche continue, on peut distinguer deux parties dans l’histoire d’Athènes :

1) l’Athènes archaïque (Xème av. n.è.-500 av.n.è.) : les origines lointaines sont confuses à la suite d’invasions des Achéens (XVI-XIIIème), puis des Doriens (XIIème-Xème). Ces invasions ont pratiquement détruit toutes les cité archaïques (Mycènes, Argos, Tirynthe). La première mention des Athéniens est visible dans l’Iliade, avec dans l’armada des Grecs, des bateaux d’Athènes (1200). Les débuts d’Athènes sont semi-légendaires avec en particulier l’intervention de Thésée. Que le fondateur s’appelât Thésée ou non, qu’il fut seul ou qu’ils furent plusieurs, la ville est issue du regroupement des bourgs, des villages de l’Attique (synœcisme). Le nom de la ville aurait été donnée à la suite du concours entre Poséidon-Erechtée, dieu de la mer et Athéna. Cette dernière offrit l’olivier qui fut préféré au cadeau de Poséidon, une source d’eau salée sur l’acropole. A la suite de cet épisode, les hommes, qui avaient soutenu Poséidon, mécontents, décidèrent d’interdire aux femmes l’accès à la vie politique. Cette légende illustre bien, depuis les âges reculés, ce déchirement de l’Attique entre la terre et la mer. Si la déesse fut choisie, ce fut certainement parce qu’à l’époque (Xème siècle), la richesse venait des terres alors que plus tard, la mer sera la ressource essentielle.

Jusqu’en 507, le pouvoir à Athènes appartient aux riches familles terriennes (géné) qui pratiquent l’esclavage pour dettes.

Politiquement, le pouvoir est assuré par un roi et un conseil, l’Aréopage, aux mains des membres de ces grandes familles. Puis le roi fut remplacé par trois archontes (roi, polémarque et éponyme). Toute la période sera marquée par un développement progressif du peuple au détriment des grandes familles. Cet affaiblissement, aux origines multiples, est l’œuvre de trois personnages réels : Dracon, Solon et Clisthène.

Vers 625, Dracon a fait interdire les vendettas entre familles et institué en matière de justice un droit commun à toute l’Attique. Il ne toucha pas au pouvoir politique. En agissant ainsi, il subsitue une justice publique à une justice privée ; c’est là une des marques de la démocratie.

En 594, Solon fait promulguer un certain nombre de lois. Devenu archonte, il supprima toutes les dettes pesant sur les terres (eisangelia) et interdit l’esclavage pour dettes afin que les habitants de l’Attique restent des hommes libres. Il créa à côté de l’Aréopage un conseil de 400 membres, future Boulé, et classa les citoyens en quatre classes selon la fortune (pentacosiomedimnes, hippeïs, zeugytes, thètes dans l’ordre de richesse décroissant). Les riches se voyaient réservés les plus hautes charges.

En 507, Clisthène est à l’origine d’un redécoupage du territoire et de la création de dix tribus pour ce qui est du découpage du peuple qui désormais assurera tous les pouvoirs. Ces trois hommes sont les fondateurs de la démocratie.

En 462, Ephialtès réussit, au prix de sa vie, à transférer les pouvoirs de l’Aréopage à la Boulé. La démocratie est alors définitivement en place.

2) l’Athènes classique (500-338) :

Durant la période où règne la démocratie, Athènes dut à deux reprises repousser les Perses (guerres Médiques en 490 et 480), engagea une guerre pour l’hégémonie contre Sparte (431-404) qu’elle perdit. Athènes fut occupée par une garnison spartiate. En 338, alliée à Thèbes, elle ne put résister à la puissance montante du moment et fut défaite par Philippe de Macédoine à Chéronée. C’en était fini de l’indépendance d’Athènes. C’est durant la période 480-431 qu’Athènes est la plus puissante et la plus riche des cités de la Grèce ; c’est de cette époque que datent les principaux monuments de l’Acropole, détruite par les Perses. Même durant cette période, la lutte continua entre les partisans du peuple et ceux de l’aristocratie .

Genèse de la démocratie

La naissance de la démocratie peut être considérée par rapport à un horizon politique au sens large du terme qui va rendre cette réforme possible et nécessaire, une crise politique et sociale totale, la stasis. Les citoyens qui régissent leurs affaires sont amenés à réfléchir au meilleur système politique, à la meilleure politeia, c’est-à-dire la meilleure façon de s’organiser pour surmonter cette crise multiple.

Les origines de la démocratie athénienne : la crise de la cité grecque

La démocratie trouve son origine dans la grave crise de la cité grecque et les mutations propres à Athènes. Au vie siècle av. J.‑C., les cités du monde grec sont confrontées à une grave crise politique, résultant de deux phénomènes concomitants : d’une part l’esclavage pour dettes, liant situation politique et situation financière, touche un nombre grandissant de paysans non propriétaires terriens : l’inégalité politique et le mécontentement sont forts dans le milieu rural ; d’autre part le développement de la monnaie et des échanges commerciaux fait émerger une nouvelle classe sociale urbaine aisée, composée des artisans et armateurs, qui revendique la fin du monopole des nobles sur la sphère politique. Pour répondre à cette double crise, de nombreuses cités modifient radicalement leur organisation politique. À Athènes un ensemble de réformes amorce un processus débouchant au ve siècle sur l’apparition d’un régime politique inédit : une sorte de démocratie pour les hommes libres mais avec la continuation de l’esclavage. À titre d’exemple le philosophe Jacques Rancière estime que :

«  La démocratie est née historiquement comme une limite mise au pouvoir de la propriété. C’est le sens des grandes réformes qui ont institué la démocratie dans la Grèce antique : la réforme de Clisthène qui, au VIe siècle av. J.-C., a institué la communauté politique sur la base d’une redistribution territoriale abstraite qui cassait le pouvoir local des riches propriétaires ; la réforme de Solon interdisant l’esclavage pour dettes. » 3

Paupérisation rurale[modifier]

Tétradrachme d’Athènes, Ve siècle av. J.-C., Musée de l’Agora antique d’Athènes

À partir du viie siècle, la plupart des cités grecques sont confrontées à une crise politique. Le commerce se développe, notamment avec l’apparition de la monnaie auvie siècle, en provenance de la Lydie de Crésus, en contact avec les cités grecques avant la défaite de -546 face au perse Cyrus. Ce développement extraordinaire du commerce méditerranéen a deux conséquences :

D’une part les agriculteurs grecs sont peu compétitifs face à la concurrence de plus en plus vive des terres fertiles de la Grande Grèce récemment colonisée. De plus en plus de paysans, incapables d’écouler suffisamment leur production, sont condamnés à se vendre comme esclaves pour faire face à leurs dettes. Cette main-d’œuvre servile est utilisée par les urbains et vient donc elle-même concurrencer les petits artisans indépendants. Ces sujets peu fortunés, sur lesquels repose une part croissante de l’économie, viennent grossir le rang des chômeurs et manifestent leur mécontentement.

Révolution hoplitique : émergence d’une petite bourgeoisie[modifier]

Gravure d’un hoplite

D’autre part, corrélativement à l’appauvrissement des masses paysannes, émerge une nouvelle classe de sujets aisés, faite de commerçants et d’artisans (notamment potiers à Athènes). Ceux-ci sont dorénavant suffisamment riches pour s’acheter des équipements d’hoplites : la guerre n’est plus l’apanage de l’aristocratie. Le système aristocratique basé sur la propriété agraire est battu en brèche face aux revendications égalitaires de ces nouveaux citoyens-soldats. On parle de révolution hoplitique.

Instabilité politique[modifier]

Au sein de chaque cité les grandes familles s’appuient sur le mécontentement populaire (tant des paysans appauvris que des nouveaux riches urbains) pour mieux se disputer le pouvoir. Elles n’hésitent pas non plus à faire appel à des puissances extérieures pour renverser les tyrans. Ainsi, les cités se combattent fréquemment entre elles, ce qui nourrit souvent les révoltes, par ailleurs durement réprimées. Mais les guerres sont aussi parfois un facteur de cohésion interne des cités.

En outre, chaque cité grecque frappe désormais sa propre monnaie, forgeant ainsi une nouvelle composante majeure de son identité. Au ve siècle, les cités grecques ne frappent plus la monnaie irrégulièrement et chacune appose un signe particulier sur la monnaie qu’elle frappe, l’épicène, qui permet de la reconnaître. Pour la monnaie athénienne, c’est une chouette. Qu’elles retardent ou précipitent l’éclosion d’un nouveau régime, les différentes mesures politiques (guerres, chutes de régime, répressions, levées ou baisses d’impôts, introductions de monnaies) n’y pourront peu : la donne sociale a définitivement changé.

Partout la nouvelle configuration des rapports de forces sociales fait émerger une nouvelle donne politique. Deux nouveaux modèles, appelés à s’opposer dans le siècle à venir, se distinguent par leur originalité : l’oligarchie militaire spartiate et la démocratie athénienne.

Les réformes politiques[modifier]

À l’opposé d’autres démocraties, comme les États-Unis ou la République française, la démocratie athénienne ne naît pas d’insurrections populaires mais de l’engagement de politiciens pour assurer l’unité de la cité. Voici les quatre principales réformes que l’on distingue, ainsi que leurs instigateurs :

Réformes de Dracon[modifier]

Dracon est mandaté, en 621-620 avant J.C, pour mettre par écrit des lois ne s’appliquant qu’aux affaires de meurtre et dont la dureté devait rester légendaire – d’où l’adjectif draconien. Mesure limitée qui, cependant, affirme pour la première fois l’autorité de l’État au-dessus des parentés dans le domaine de la justice, instaure un droit commun pour tous et, par là même, porte atteinte à l’arbitraire desaristocrates. Six thesmothètes (gardiens de la loi écrite) viennent alors renforcer le collège des archontes. Malgré l’amplification de la crise, le monopole économique et politique des grandes familles athéniennes, les Eupatrides, n’est cependant en rien attaqué, les archontes (dirigeant collégialement la cité) étant toujours tous issus de ces milieux. Deux modèles résolvant ce problème émergèrent en Grèce au vie siècle :

  • soit l’arbitrage d’un législateur, chargé, dans une sorte de consensus, de mettre fin à des troubles qui risquent de dégénérer en guerre civile ;
  • soit la tyrannie, qui, dans l’évolution de la Grèce archaïque, apparaît bien souvent comme une solution transitoire aux problèmes de la cité.

Avec Solon, le législateur, puis avec les Pisistratides, Athènes fera successivement l’expérience de l’une et de l’autre.

Réformes de Solon[modifier]

Solon

Athènes est en pleine crise politique et sociale lorsque les adversaires se mettent d’accord pour choisir Solon comme arbitre. Archonte de -594 à -593, législateur, auteur d’un code de lois, il aurait effacé les dettes, interdit l’esclavage pour dettes et défait les lois draconiennes.

Il a surtout effectué des réformes constitutionnelles qui lui valurent la réputation d’être le père de la démocratie. Le système qu’il a proposé est un peu différent de laploutocratie. Il existerait alors quatre groupes socioéconomiques à Athènes :

  • les aristocrates, ou Eupatrides, composés des propriétaires fonciers les plus riches ;
  • les gémoroi, constitués des autres propriétaires fonciers ;
  • la classe populaire, qui compose le reste de la population et vit de son salaire ou du commerce ;
  • les esclaves, considérés comme des biens et non comme des hommes libres.

Des hommes libres, Solon tire quatre classes censitaires. D’après le nombre de mesures de blé, de vin et d’huile que le citoyen possède, il appartient à l’une des quatre « tribus » suivantes :

  • les pentacosiomédimnes (qui possèdent plus de 500 médimnes de céréales) ;
  • les hippeis (plus de 300 médimnes) ;
  • les zeugites (plus de 200 médimnes) ;
  • les thètes (moins de 200 médimnes).

Les plus hautes magistratures ne sont accessibles qu’aux plus hautes classes ; les thètes n’eurent accès qu’à l’Ecclésia et aux tribunaux. L’accès aux charges passait par une élection à l’Ecclésia toutefois. Aristote affirme qu’il aurait créé un deuxième Conseil de quatre cents membres (à raison de 100 par tribu) au fonctionnementprobouleumatique mais aucune preuve de son existence n’a été découverte à ce jour.

Ses réformes judiciaires furent les plus célèbres toutefois : il créa l’Héliée, un tribunal populaire ouvert à tous où, chose nouvelle, chacun avait le droit d’intervenir en justice contre quiconque aurait enfreint les lois, affirmant ainsi la responsabilité collective des citoyens.

Réformes de Clisthène[modifier]

Articles détaillés : Clisthène (Athènes) et Réformes clisthéniennes.

Organisation géographique de l’Attique

À travers sa réforme de -508Clisthène, membre d’une des plus grandes familles d’Athènes, les Alcméonides, concéda au peuple la participation non seulement aux décisions politiques mais aussi aux fonctions politiques en échange de son soutien. Cette réforme repose sur la réorganisation de l’espace civique. Les anciennes structures politiques fondées sur la richesse et les groupes familiaux furent remplacées par un système de répartition territoriale. Un citoyen athénien ne se définit désormais plus que par son appartenance à un dème.

L’Attique est divisé en trois ensembles : la ville (asty), la côte (paralie), et l’intérieur (mésogée). Dans chaque ensemble se trouvent dix groupes de dèmes, nomméstrittyes. La réunion de trois trittyes, une de chaque ensemble, forme une tribu : il y a donc dix tribus.Chaque tribu regroupe plusieurs personnes; ils sont mélangés et non pas classés par culture, région et classes sociales afin que les goûts (politiques et culturels) et les envies soit toutes entendues. Ce système, sur lequel se base la nouvelle organisation des institutions, casse la pratique du clientélisme traditionnel. On parle d’isonomie.

Nouvelle organisation administrative et civique de l’Attique après la réforme de Clisthène

À la structure sociale et administrative hiérarchisée, :

Dème ⊂ Trittye ⊂ Tribu ⊂ Cité,

Clisthène fait correspondre une structure hiérarchisée du pouvoir :

Prytanes ⊂ Boulè ⊂ Ecclésia.
Juges ⊂ Héliée ⊂ Ecclésia.

La Boulè passe ainsi de 400 à 500 membres, 50 pour chaque nouvelle tribu, et sert non plus à éclairer l’Aréopage mais à définir l’ordre du jour de l’Ecclésia. Malgré la création des tribunaux de l’Héliée, la mainmise sur le pouvoir judiciaire de l’Aréopage reste prédominante.

La réforme ne retint pas le vote comme mode principal de désignation des responsables politiques, lui préférant des tirages au sort (pour la désignation des bouleutes et des héliastes) et un système d’alternance régulière pour les prytanes, ce qui fait, pour partie, de la démocratie athénienne une stochocratie.

Réformes de Périclès[modifier]

Vers le milieu du ve siècle av. J.‑C. en 451 av. J.-C. Périclès mit en place une indemnité journalière de présence au sein de l’Héliée et de la Boulê, ainsi qu’aux spectacles des Panathénées : c’est le misthos (« salaire ») destiné à faire participer les citoyens les plus pauvres et les plus distants de la ville. Elle leur permettait de chômer un jour pour assurer leurs fonctions civiques et politiques. Le montant du misthos passa de deux à trois oboles par jour sous Cléon, soit l’équivalent du faible salaire d’un ouvrier. Cette mesure renforça le caractère démocratique du régime athénien.

Cependant, Périclès se distingua plus par ses actions militaires et diplomatiques ainsi que par les grands chantiers qu’il leva que par sa rénovation des institutions politiques.

Fonctionnement de la démocratie athénienne[modifier]

La citoyenneté athénienne[modifier]

Pinakia, plaquettes en bronze d’identification des citoyens (nom, nom du père, dème) utilisés dans le tirage au sort des jurys, Musée de l’Agora antique d’Athènes

Jusqu’en -451, pour être citoyen athénien, il faut être un homme né de père athénien, et avoir suivi l’éphébie de 18 à 20 ans, c’est-à-dire être capable de défendre la cité. L’éphébie est en effet une formation militaire et civique qui permet à la cité d’assurer sa défense sans avoir d’armée permanente ; elle prémunit aussi la ville des risques de tyrannie. En -451, Périclès modifie la loi qui désormais confère la citoyenneté au jeuneadulte à la seule condition de la double filiation d’un père de statut citoyen et d’une mère, fille de citoyen, ce second critère introduisant unerestriction notable .

Les esclaves et les femmes considérés respectivement comme des biens et d’éternelles mineures, ainsi que les métèques (étrangers) furent exclus de la communauté politique, comme dans la plupart des cités grecques. Cependant, si un métèque non barbare (c’est-à-dire grec) accomplissait de hauts faits pour la cité, il pouvait recevoir à titre exceptionnel et en remerciement de ses actions la citoyenneté athénienne, moyennant finances. Une telle décision ne pouvait être prise qu’à la suite d’un vote de l’Ecclésia réunissant 6000 citoyens. Ces naturalisations sont donc très rares et solennelles. (Par exemple, un métèque riche a fait don à la cité athénienne de plus de 1000 boucliers, et il n’a jamais obtenu cette citoyenneté.)

La citoyenneté conférait un pouvoir politique, mais aussi une protection judiciaire (les citoyens ne pouvant ni être torturés sans poursuite ni être condamnés à la torture) et un avantage économique : seuls les citoyens peuvent avoir une propriété foncière. Ce privilège s’explique par l’histoire de la démocratie athénienne ; héritier d’un passé aristocratique, le régime considérait l’agriculture comme le seul travail digne d’un citoyen, et valorisa la vie de rentier.

Le citoyen athénien avait le droit de voter et d’être élu mais il avait le devoir de faire la guerre et payer les impôts. Par ailleurs, les riches doivent financer les liturgies et les pauvres doivent être aidés financièrement pour qu’ils puissent participer à la vie de la cité.

Les institutions politiques[modifier]

Répartition des pouvoirs politiques dans l’Athènes démocratique auive siècle

Les institutions constitutives de la démocratie athénienne nous sont connues essentiellement grâce à la découverte inopinée, à la fin duxixe siècle apr. J.-C. d’une Constitution d’Athènes attribuée à Aristote, et à ses disciples du Lycée, et rédigée aux environs de -3304. Bien que la démocratie athénienne n’eut jamais de constitution écrite officielle, les rôles de ses institutions n’en demeurent pas moins clairement connus et distincts les uns des autres. Leur évolution font donc l’objet de subtiles luttes politiques.

L’Ecclésia[modifier]

Article détaillé : Ecclésia.

Ostrakon portant le nom de Thémistocle, vers 490-480 ou 460,Musée de l’Agora antique d’Athènes

C’est l’assemblée de citoyens qui se réunit sur la colline de la Pnyx. Elle vote les lois en général avec la présence de 6000 citoyens si l’on en croit Thucydide. Ces votes se font à main levée et à la majorité simple. N’importe quel citoyen peut prendre la parole (isegoria) et proposer une motion. C’est le propre de la démocratie directe. Une fois votée, la loi est exposée au public sur l’Agora. Selon un processus similaire, l’Ecclésia peut, pour se protéger de la tyrannie, voter une fois par an d’un exil de 10 ans d’un citoyen, c’est l’ostracisme, le nom venant du morceau de céramique (l’ostracon) sur lequel on inscrit le nom de la personne que l’on souhaite expulser. Cette réunion annuelle s’effectue après celle pendant laquelle les magistrats bouleutes et héliastes sont tirés au sort pour des mandats d’un an. Elle nécessite la présence de 6000 membres, c’est le fameux quorum 6000. Cette pratique disparaîtra en -417, après avoir frappé une dizaine de grands hommes politiques athéniens.

La Boulè[modifier]

Article détaillé : Boulè.

La Boulè est le nom générique de conseils dans différents régimes grecs orthographié parfois Boulê. À Athènes, La Boulê est souvent appelée « Conseil des Cinq Cents », car, à partir des réformes de Clisthène elle est composée de 500 membres (bouleutes) à raison de cinquante par tribu. Les bouleutes sont tirés au sort parmi des listes dressées par chaque dème de citoyens volontaires âgés de plus de trente ans et renouvelés chaque année, un citoyen ne pouvant être au maximum que 2 fois bouleutes. Cette assemblée siège de façon permanente. La présidence et la coordination du travail sont assurées par les prytanes. Chaque tribu assure pendant un dixième de l’année (35-36 jours) la prytanie, c’est-à-dire la permanence. Le principal travail de la Boulé est de recueillir les propositions de loi présentées par les citoyens, puis de préparer les projets de loi pour pouvoir ensuite convoquer l’Ecclésia. La Boulé siège au Bouleuterion, bâtiment contigu au Tholos sur l’Agora.

Les magistrats[modifier]

Jetons d’identité pour le tirage au sort des magistratures, Musée de l’Agora antique d’Athènes

Les magistrats gèrent les affaires courantes et veillent à l’application des lois. Parmi eux, on trouve les 10 stratèges, élus pour un an et rééligibles, qui sont les principaux détenteurs du pouvoir exécutif et qui sont aussi chargés du commandement de l’armée. On trouve également les 10 archontes (littéralement, les « commandeurs »), tirés au sort parmi les citoyens aisés, qui exercent principalement des fonctions judiciaireset religieuses. Les magistrats doivent exercer leur pouvoir de manière collégiale et jamais de manière individuelle, ce qui est censé éviter le retour d’une tyrannie. Les magistrats et les ambassadeurs sont contrôlés à la fin de leur mandat. C’est la reddition de comptes que l’on nomme euthynai. Cela permet aux Athéniens de contrôler efficacement les magistrats et de limiter ainsi les dérives.

La dokimasia est l’examen préliminaire que subissent les futurs magistrats pour limiter les effets malheureux du tirage au sort. Cet examen permet de vérifier que le candidat est bien citoyen, qu’il a bien l’âge minimum requis, qu’il n’a jamais occupé le poste et qu’il en est digne. Il se déroule soit devant l’Ecclésia, soit devant l’Héliée, soit devant les deux.

L’Aréopage[modifier]

Article détaillé : Aréopage.

L’Aréopage est une institution politique, précédant l’avènement de la démocratie et aux origines mythiques, qui eut pour but premier de « conserver les lois », c’est-à-dire de veiller au respect de la constitution, et ayant à cette fin des pouvoirs judiciaires très étendus. Il est formé d’anciens archontes, c’est-à-dire d’anciens nobles riches et puissants avant qu’ils ne fussent tirés au sort. C’est traditionnellement l’institution athénienne la moins démocratique et la plus aristocratique. Elle tient son nom de la colline d’Arès où siègent les aréopagites. Son emplacement, hors de l’Agora qui est le cœur de la cité, a une forte symbolique : le crime n’a, littéralement, pas le droit de cité.

Les réformes de Dracon permirent aux citoyens de former des recours auprès de l’Aréopage à l’encontre de magistrats les ayant lésés dans l’exercice de leurs fonctions. Celles de Solon renforcèrent encore le pouvoir de l’Aréopage, qui fît alors figure de conseil des Sages, protégeant la cité non seulement contre les menaces internes (et prévenant ainsi – paradoxalement – les complots ourdis contre la démocratie) mais aussi les menaces externes. À ce titre, l’Aréopage ne rendait compte de ses activités auprès d’aucune autre institution. Après les réformes de Clisthène et les guerres médiques, le pouvoir détenu par l’Aréopage devient donc prépondérant. Éphialtès et Thémistocle travaillèrent de concert pour réduire cette influence au profit de l’Ecclésia, de la Boulê, et des nouveaux tribunaux de l’Héliée. Ainsi, après -462, l’Aréopage ne dispose plus de pouvoir politique mais fait figure de vénérable institution.

L’Héliée[modifier]

Article connexe : Héliée (édifice).

Klérotèrion, machine à tirer au sort les jurys en mettant le pinakion des citoyens dedans, Musée de l’Agora antique d’Athènes

Ce tribunal populaire est composé de 6000 citoyens, toujours âgé de plus de 30 ans et répartis en dix classes de 500 citoyens (1000 restant en réserve) tirés au sort chaque année pour devenir héliastes. Ils étaient tirés au sort avec la plaque, que l’on voit a gauche, pour ce faire on mettait les noms de tous ceux qui voulaient y participer dans les cases et on ajoutait des fèves (blanches et noires) dans un autre compartiment (qui a été arraché)puis on pigeait au sort un nom et une fève si la fève état blanche, le nom pigé était un héliaste et si la fève était noire, le nom pigé n’était pas héliaste et on recommençait pour en avoir jusqu’à 500. L’accusation est toujours, en l’absence d’équivalent à nos « ministères publics », une initiative personnelle d’un citoyen. Celui-ci percevant, en cas de condamnation, une partie de l’amende, pour indemnisation et récompense de ses efforts pour la justice, certains citoyens font de la délation leur métier, ce sont les sycophantes. Malgré des mécanismes limitant les dérives de ce système, celui-ci contribue à diviser la cité et servit d’argument fort au parti aristocratique contre le nouveau régime. Par un système compliqué et selon l’affaire, on désigne par tirage au sort (sous contrôle d’un magistrat instructeur) un plus ou moins grand nombre d’héliastes pour chaque procès. Ainsi, à titre d’exemple, pour un procès privé, 201 juges siègent normalement, 401 exceptionnellement. Pour les procès publics, ils sont 501, 1001, voire 1501 juges. La tâche de juger est d’autant plus difficile qu’il n’y a ni code de procédure, ni code pénal, offrant ainsi une grande liberté d’interprétation des lois (par ailleurs en nombre réduit).

De plus, les verdicts sont sans appel et immédiatement exécutoires, on comprend dès lors l’important rôle politique que prennent les tribunaux de l’Héliée. 200 réunions ont lieu par an, chacune sous la présidence d’un magistrat qui ne prenait pas part au vote. Le tribunal des Ephètes (51 membres) est celui qui a le plus accaparé les prérogatives de l’Aréopage ; il peut siéger en quatre endroits différents selon les types d’affaires :

Jetons de vote utilisés par les jurés de l’Héliée,Musée de l’Agora antique d’Athènes

  • au Prytaneion, ils jugent tout ce qui a pu amener mort d’hommes (objets, animaux) ;
  • au Palladion, ils jugent les meurtres involontaires, les métèques et les esclaves ;
  • au Delphinion, ils jugent la légitime défense ;
  • à Phréattys (sur une plage), ils jugent les bannis qui ont connu un meurtre dans leur exil. L’accusé est alors placé sur une embarcation au large.

Équilibre et compétition entre l’Ecclésia et l’Héliée[modifier]

Article connexe : Dikastèrion.

Au cours du temps les tribunaux de l’Héliée ont pris le pas sur l’Ecclésia. En effet, en -416 la procédure de graphè para nomon (ἡ γραφή παρά νόμων) (mise en accusation d’une loi) est introduite, pour se substituer à la pratique de l’ostracisme utilisée pour la dernière fois l’année précédente. Elle permet à n’importe quel citoyen de faire examiner par un tribunal de l’Héliée, dit dikastèrion, toute loi ayant été voté par l’Ecclésia ou en cours de proposition par l’Ecclésia. Si la cour juge la loi ou la proposition de loi contraire aux lois générales de la cité, non seulement elle est annulée mais son auteur et l’épistate dirigeant les débats au moment de son adoption (ou proposition) sont passibles de lourdes sanctions, allant jusqu’à l’atimie. Si le tribunal était appelé pour juger une loi en cours de proposition et qu’il l’a déclaré compatible avec la Constitution, cela entraînait son adoption sans réexamen par l’Ecclésia. Le graphè para nomon offre donc plus qu’un rôle de conseil constitutionnel à l’Héliée, rôle auparavant détenu par l’Aréopage, l’Héliée devient au fil du temps un co-législateur, partageant le pouvoir législatif avec la Boulê et l’Ecclésia. Résultat : à partir de -355 les luttes politiques ne se tiennent plus sur la Pnyx, mais dans les « tribunaux ».

Les grandes crises : guerre du Péloponnèse et coups d’État[modifier]

Articles détaillés : Guerre du PéloponnèseQuatre-Cents et Les Trente.

L’empire athénien à la veille de la guerre du Péloponnèse

L’année -430 marque le début du déclin d’Athènes, la désastreuse lutte contre Sparte conjuguée à une épidémie de fièvre typhoïde, fatale pour Périclès en -429, conduit inexorablement la cité désormais démoralisée à sa perte. L’occupation par les troupes spartiates aboutit au retour de la tyrannie en -411, avec le coup d’État des Quatre-Cents, renversée dans un premier temps puis revenant sous une nouvelle forme en -404 avec les « Trente tyrans ». Ceux-ci suppriment l’Héliée, restaurent les prérogatives passées de l’Aréopage, et relèguent l’Ecclésia à un simple rôle consultatif, s’assurant eux-mêmes les rênes du pouvoir. Ce régime, profondément réactionnaire et méprisant au plus haut point la démocratie, ne survivra pas au départ de l’occupant spartiate au début de l’an -403.

ive siècle av. J.‑C. : une cité faible et un régime mis en doute

Au ive siècle av. J.‑C., la cité, puissance déchue, est considérablement appauvrie. L’empire athénien a disparu, la démocratie athénienne n’est plus un modèle s’exportant. Toutefois, un renouveau de l’élan démocratique souffle sur la cité, l’extension du misthos (jusqu’alors réservé aux héliastes et bouleutes) aux citoyens se rendant à l’Ecclésia, provoque un afflux d’urbains de tous milieux (nobles, petits et grands commerçants, potiers, et dockers) dans l’assemblée, dont la souveraineté ne sera plus remise en cause. Ce succès populaire de la démocratie (qui est, rappelons-le, à l’origine une invention de politiciens aristocrates pour faire face aux revendications d’une petite bourgeoisie naissante) est critiqué. PourAristophane, qui critiqua notamment le passage à trois oboles du misthos sous Cléon dans sa pièce les Guêpes, mais aussi Aristote, les pauvres, de plus en plus impliqués dans l’exercice du pouvoir, sont plus sensibles aux arguments des démagogues. Ainsi la foule des citoyens, sous l’influence de la vindicte populaire, prend des décisions irréfléchies comme la condamnation à mort de l’exemplaire Socrate, le populisme est né. Il n’est donc pas étonnant que la critique intellectuelle de la démocratie apparaisse d’abord, sous une forme particulièrement sévère, chez le principal disciple de Socrate : Platon. Celui-ci hiérarchise dans la République les régimes politiques en plaçant la démocratie juste devant la tyrannie et derrière l’aristocratie, la timocratie, et l’oligarchie.

 I wasn’t able to watch the first Socialist primary debate last night. Will try to catch it this weekend on the Internet. Some the reactions I read were unfavorable but this commentary by Thomas Legrand – whose analyses are usually pretty good – on France Inter this morning gave it the thumbs up
Retour sur le premier débat des primaires socialistes…
i.e. three days to the Turkish legislative elections, which, barring a huge surprise, will give the AKP and Tayyip Erdoğan another big victory, and with yet another overwhelming majority in the Büyük Millet Meclisi. I don’t look forward to the aftermath. Le Monde had a good analysis earlier this week of the current situation there.
  Papandreou Seeks Support in Referendum, Raising Default Concerns – Businessweek
« Papandreou could lose the referendum, which means that new elections would have to be called, » Thomas Costerg, European economist at Standard Chartered Bank in London, said in an e-mail. « Heightened Greek uncertainty could propagate to other fragile euro-area…
 From: ARTUSO ANTONIO
Sent: Sunday, October 30, 2011 9:41 AM
To:
Cc: reconstruction.communiste
Subject: CinĂŠma – La rĂŠvolution française – The French Revolution – France – 1989
CINÉMA ET RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE – Numéro 13
Rubrique du Bulletin ÂŤReconstruction communiste CanadaÂť
reconstruction.
 Faites passer.
Aujourd’hui, Google donne pour les mot-clés petition wall street ceci:
Avaaz – Le monde contre Wall Street
http://www.avaaz.org/fr/the_world_vs_wall_st_fr/
il y a 6 jours – Des milliers d’Américains occupent Wall Street, rejoignant ainsi un mouvement mondial pour … Le monde contre Wall Street.

Qui est Georges Papandréou ? Va-t-il quitté ses fonctions ? Aurait-il peur du peuple grecque ou tourne-t-il son regard vers l’Est ? La Grèce est une démocratie et son peuple gronde… La Chine serait-elle sa terre promise ? Maï Salaün

Maps shows a group of countries known as the P...

Image via Wikipedia

Avec l’annonce du référendum – il y a un risque que le 6ème versement pour renflouer la Grèce.

Le pétrole est en très nette baisse, l’économie US aussi.

Cela va redonner un rôle majeur à la banque générale européenne – sacré baptême du feu ce mardi pour Mario Draghi qui accéde à la présidence de la Banque centrale européenne ! Le nouvel homme fort de la zone euro et du futur G20 de demain aura pour mission de réduire cette fracture. Son discours de jeudi 3 novembre 2011 sera très attendu.

Dans 15 mn, Réunion d’urgence à l’Elysée sur la décision du référendum grec.

Pour la CDU, « Papandréou joue avec le feu »

Gunther Krichbaum (CDU) est président la commission des affaires européennes au Bundestag. | LEMONDE.FR | 01.11.11 | 16h03   •  Mis à jour le 01.11.11 | 16h03

Que pensez-vous de l’annonce du référendum en Grèce ?

Je suis surpris. Comme tous les dirigeants européens. Alors que les deux derniers sommets européens avaient amené un peu de calme sur les marchés, cette annonce provoque partout en Europe une grande nervosité et une grande irritation. Georges Papandréou a ouvert la boîte de Pandore. Son attitude constitue un affront pour les autres leaders européens. Il joue avec le feu. C’est incompréhensible. Même la question de confiance qu’il pose aux députés n’est pas gagnée d’avance.

Le courtier américain le gros du monde a fait faillite MF Global qui avait joué sur le territoire européen + de 600 millions de dollors parti en fumé…

A côté Mac-donald, Merck et Faiser qui triple ses bénéfices, se balladent dans le positif avec tous les acteurs du luxe.

Affaibli par la dette européenne, le courtier MF Global dépose le bilan

LEMONDE.FR avec AFP | 01.11.11 | 08h40   •

Mis à jour le 01.11.11 | 11h53

MF Global, l'un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Street victime de la crise de la dette européenne.

MF Global, l’un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Streetvictime de la crise de la dette européenne.REUTERS/BRENDAN MCDERMID

 MF Global, l’un des plus grands noms du courtage aux Etats-Unis, a déposé le bilan lundi 31 octobre, devenant ainsi le premier gros groupe de Wall Street victime de la crise de la dette européenne, sur laquelle il avait massivement parié. Le conseil d’administration du groupe l’a placé sous la protection de la loi des faillites afin de « protéger ses actifs », indique un communiqué de l’entreprise. Selon le dossier du dépôt de bilan déposé devant un tribunal new-yorkais, elle possédait au 30 septembre 41 milliards de dollars d’actifs et 39,7 milliards de passif, ce qui en fait la huitième plus grosse faillite aux Etats-Unis depuis 1980.

Le dépôt de bilan du groupe, qui emploie environ 2 870 personnes, pourrait envoyerune onde de choc sur les marchés mais ses conséquences ne devraient pas êtreaussi importantes que l’impact de la faillite de Lehman Brothers en 2008. Selon le dossier du dépôt de bilan, les plus importants créanciers de MF Global sont JPMorgan Chase et Deutsche Bank. Toutefois, sur les 1,2 milliard de dollars de dettes imputées à JPMorgan, la banque américaine n’en possède réellement que 80 millions et agit pour le reste du montant au nom d’autres établissements financiers, a affirmé une source au sein de la banque.

MF Global, l’un des premiers courtiers en matières premières et produits dérivés dans le monde, était dans une position très difficile en raison des pertes plus lourdes que prévu annoncées la semaine dernière. Déjà malmené sur le marché depuis l’été, le groupe new-yorkais avait reconnu à cette occasion être exposé à hauteur de 6,3 milliards de dollars à la dette publique européenne, dont plus de la moitié à l’Italie et plus d’un milliard à l’Espagne, deux pays dans la ligne de mire des investisseurs. D’après le Wall Street Journal, les dirigeants de MF Global ont lancé pendant le week-end une dernière tentative de sauvetage en négociant avec Interactive Brokers Group, qui a envisagé un moment de racheter des actifs du courtier pour environ 1 milliard de dollars.

POSSIBLE FRAUDE

Ces discussions n’ont finalement pas abouti et, selon le New York Times, leur échec est dû à la découverte d’un trou d’environ 700 millions de dollars dans les comptes de la société de courtage. La disparition de ces centaines de millions de dollars confiés à MF Global par des clients pourrait suggérer que ces fonds ont été utilisés de manière illicite par la société, a rapporté lundi le NYT.

L’emplacement « de cet argent n’est pas clair, et une certaine somme devrait refaire surface dans les prochains jours, le temps que le processus de faillite progresse », explique le quotidien américain, citant « plusieurs personnes » proches du dossier. Les autorités boursières enquêtent pour déterminer si la société de courtage a utilisé les fonds de ses clients à ses propres fins, effectuant des placements dans l’espoir de se renflouer. Si les faits étaient avérés, cela constituerait une infraction à une règle d’or de Wall Street.

ÉCHEC PERSONNEL

Le dépôt de bilan du groupe MF Global marque un échec dans la stratégie de son PDG, Jon Corzine.

Le dépôt de bilan du groupe MF Global marque un échec dans la stratégie de son PDG, Jon Corzine.REUTERS/LUCAS JACKSON

Le dépôt de bilan de MF Global marque l’échec de la stratégie de son PDG, Jon Corzine. Ancien coprésident de Goldman Sachs et gouverneur démocrate de l’Etat du New Jersey de 2006 à 2010, il avait pris en mars 2010 les rênes de la société, ancienne filiale du britannique Man Group. L’homme était décidé à transformer le courtier en une véritable banque d’investissement, quitte à se lancer dans des paris risqués sur les marchés.

« [MF Global] a renforcé les activités de courtage en nom propre, qui ne marchent pas bien, comme on le sait, en raison des actifs liés à la zone euro, mais aussi à l’énergie ou aux taux d’intérêt. La situation ne pourrait pas être pire, a confié la semaine dernière à l’AFP un ancien cadre du groupe sous couvert d’anonymat.Cela fait seulement un an que cela dure. Avant, on s’occupait juste de gérer les positions des clients, il y avait bien moins de risque. »

Le groupe a ainsi investi plus de 6 milliards de dollars dans la dette européenne, dont plus de la moitié dans celle de l’Italie, actuellement dans la ligne de mire des marchés. Avant de faire paniquer ses actionnaires et de faire fuir ses clients, cette position avait inquiété les régulateurs financiers américains, l’un d’entre eux, la Finra, demandant à la maison de courtage d’augmenter ses fonds propres au mois d’août.

Est-on à l’aube de la sortie de la Grèce de l’Europe ?

quelle est l’idée de Papandréou?

Son ministre des finances n’était pas au courant, ses autres ministres également, le seront plus précisément lors d’un conseil des ministres extraordinaire grecques à 18 heures- le plan franco-allemand proposé la semaine dernière pour sauver par la Grèce – la pression dans la rue contre l’austérité insoutenable demandée au peuple grec.

Auj. à 10:40

la décision d’hier soir peut paraître incompréhensible.Pourtant je ne crois pas M.Papandréou inconscient, il y a donc une bonne raison derrière: la démocratie peut être…
Le tout est de trouver quelle est cette raison: je propose ce file pour que chacun émette des hypothèses:

Je commence donc:

Je pense que un ou plusieurs pays ont compris le désarroi des grecs , et vont chercher à l’exploiter: Aller au référendum, c’est quasiment sûr d’une réponse négative. Les conséquences: peut être la sortie de l’Euro.
Le ferait-il sans avoir quelques garanties??

Je pense que des pays comme Chine, Russie, (pays du Golfe un peu moins), pourraient devenir les sauveurs.
En faisant comme l’Islande , ils plantent leur créanciers (parrallèle entre les 2 référendums…).

Le retour au drachme est suicidaire, sauf s’il fait exploser la zon,e euro, alors l’aide extérieure devient très bon marché.

Mon scénario de politique fiction est donc un plan secret avec la Chine , malmenée par les européens au cours du récent sommet, qui permettrait d’être plus efficace que le plan européen.
En effet , il vaut mieux une aide financière d’un riche que d’un pauvre.
D’autant plus qu’une fois sorti, ils n’ont rien à craindre de la chute de l’Italie ou autre PIIGS.

Les chinois diviseraient alors l’Europe, les Etats unis…et s’implanteraient dans le bassin méditéranéen

La peur du peuple

01 Novembre 2011 Par Patrick rodel Inscrit(e) depuis Dec. 2007″ href= »http://blogs.mediapart.fr/blog/nerac40″>patrick rodel

La réaction d’une certaine partie de la classe politique et des commentateurs (ce matin, les questions posées par la journaliste de France Info à une députée socialiste d’origine grecque étaient déroutantes d’indignation) devant la décision de Papandréou d’organiser un référendum pour demander au peuple grec son avis sur des décisions prises jusqu’à présent sans qu’il soit vraiment consulté, en dit long sur cette peur du peuple toujours vive au sein même de régimes qui se prétendent démocratiques. Le peuple représente toujours un danger potentiel, il est le pôle de l’irrationalité, il est le risque de l’irruption de la violence et du désordre : le mouvement populaire est redoutable, parce qu’il n’obéit jamais à ce que les élites considèrent comme l’évidence même. Il n’a droit à la parole que lors des élections – le reste du temps, il ne parle pas, il « braille », selon la formule du ministre Darcos et personne de responsable ne songe à l’entendre, sauf à être taxé de populisme -, il donne sa voix et du même coup quelqu’un parle à sa place et il n’est jamais acquis que sa parole soit fidèlement répercutée dans les Assemblées : par exemple, il dit non et l’on fait comme s’il avait dit oui ; ou on lui repose la question jusqu’à ce qu’il l’ait bien comprise et réponde comme on veut qu’il réponde. Que le peuple se batte pour défendre des intérêts qui ne sont pas ceux des tenants du pouvoir montre bien qu’il n’a jamais atteint l’âge de raison – laisserait-on un enfant décider de son avenir ? ! et lorsque, au cours de l’histoire, c’est lui qui s’est levé pour défendre l’intérêt de la nation elle-même, alors que les prétendues élitesdans leur grande majorité, trahissaient allègrement, on se hâte d’oublier tout cela et de restaurer un régime favorable aux riches, de désarmer le peuple et de le renvoyer au travail.

Cette peur du peuple, c’est bien elle qui a transformé la dictature du prolétariat en dictature sur le prolétariat. C’est bien elle qui, intériorisée dans nos démocraties, est le ressort de cette apathie qui nourrit une délégation paresseuse de la volonté populaire ou un désintérêt croissant à l’égard d’un jeu politique qui apparait de plus en plus pipé.

Pour que le peuple cesse de faire peur, il conviendrait qu’il n’ait plus peur de lui-même et qu’il fasse entendre sa voix trop longtemps confisquée : une autre voie politique pourrait ainsi s’ouvrir qui serait celle d’une véritable démocratie.

 WASHINGTON (AP) – The European debt crisis has claimed its first big casualty on Wall Street, a securities firm run by former New Jersey Governor Jon Corzine.
MF Global Holdings Ltd., which Corzine has led since early last year, filed for bankruptcy protection Monday. Concerns about the company’s holdings of European debt caused its business…
Les banques grecques sont fragilisées. Leurs besoins sont de 30 milliards d’euros. Le marché bancaire grec est en train de vacillé entre le plan et le départ des épargnants.

L’agence Fitch menace la zone euro
après la décision du référendum grec

Pour l’agence de notation, la décision de la Grèce de soumettre à référendum l’accord sur le règlement de la crise de la dette menace « dramatiquement » la stabilité financière de la Grèce et de la zone euro dans son ensemble.

L’Italie accuse Sarkozy d’avoir alimenté la spéculation contre elle

Pour le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, le président français a contribué à alimenter une « attaque spéculative » contre son pays sur les marchés financiers avec ses commentaires consécutifs au dernier sommet de la zone euro.

 When Goldman Sachs went public on May 4, 1999, Jon Corzine , who was then the firm’s chief executive, held a stake that was suddenly valued at $305 million. So, perhaps, it’s uncharitable to complain about the piddling $12 million severance he was poised to gain if he had managed to sell his current firm, MF Global Holdings, over the weekend.

Europe’s Crisis Stymies Financial Overhaul. More Job Cuts Even as Profits Rise.

October 31, 2011, 3:14 pm In Debt
A Lehman Brothers, in Miniature
MF Global Holdings and one of its United States subsidiaries filed for Chapter 11 protection on Monday.
Notably absent from the filing was MF Global, the registered broker-dealer subsidiary of the MF…

Europe’s Crisis Stymies Financial Overhaul
More Job Cuts Even as Profits Rise
At MF Global, Two Other Falling Stars
As MF Global filed for bankruptcy on Monday, much of the attention has focused on the Wall Street firm’s chief executive, Jon S. Corzine, the former New Jersey governor and onetime head of Goldman Sachs.
But two of Mr.

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Référendum grec réunion de crise à l’Élysée 

Réactions (165)

Référendum grec :
réunion de crise à l'Élysée

Nicolas Sarkozy convoque ses ministres en fin d’après-midi à Paris après la décision surprise du gouvernement grec d’organiser un référendum sur le plan d’aide européen.

Le gouvernement grec sur le fil du rasoir 

L’annonce d’un référendum en janvier prochain a provoqué un véritable tollé dans toute la classe politique grecque. La perspective incertaine sur l’avenir du pays fait trembler les partenaires européens.

Plan de sauvetage : Paris et Berlin toujours déterminés

Mis à jour le 01/11/2011 à 17:15 |
publié le 01/11/2011 à 12:39
Le président Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 26 octobre dernier.
Le président Nicolas Sarkozy à Bruxelles le 26 octobre dernier. Crédits photo : THIERRY CHARLIER/AFP
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont rencontrer dès mercredi à Cannes les responsables de l’Union européenne, du FMI et d’Athènes, après l’annonce d’un référundum en Grèce sur le plan d’aide du pays.
Georges Papandreou a déclenché un véritable séisme. Le premier ministre grec, qui a annoncé lundi soir l’organisation d’un référendum et d’un vote de confiance sur le plan d’aide adopté jeudi dernier, a entrainé une nouvelle chute des marchés boursiers européens. Pris au dépourvus, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, qui avaient réussi à conclure à l’arraché cet accord après une longue nuit de négociations difficiles, doivent en discuter. Le tandem franco-allemand s’est d’ores et déjà dit «déterminé» à faire appliquer le plan de sauvetage de la zone euro. Il va donc rencontrer mercredi à Cannes les représentants des institutions européennes et du FMI et, séparément, les responsables grecs,d’après l’Elysée. Et ce, alors qu’une réunion du G20 est prévue le lendemain dans la cité balnéaire et devait initialement rassurer la sphère économique mondiale sur la capacité de la zone euro à endiguer la crise une bonne fois pour toute.

Par ailleurs, une réunion interministérielle se tiendra à 17 heures à l’Elysée autour du chef de l’État. Pour cette réunion, ont été conviés le premier ministre, François Fillon, le ministre de l’Economie, François Baroin, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, le ministre des Affaires européennes, Jean Leonetti, et le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

La classe politique européenne s’inquiète

De l’Espagne au Luxembourg, en passant par la Grande Bretagne, la décision grecque provoque depuis ce matin de vives critiques dans la classe politique européenne. «C’est une étrange manière d’agir» a déclaré l’Allemand Rainer Brüderle, président du groupe parlementaire du FDP(libéral), partenaire avec l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la coalition au pouvoir. «On dirait que quelqu’un essaie de se dégager de ce qui a été convenu. Le premier ministre Papandreou a accepté un plan de sauvetage qui bénéficie à son pays. Les autres pays consentent à des sacrifices considérables pour des décennies de mauvaise gestion et de faible gouvernance en Grèce», a-t-il déploré sur les ondes de la Deutschlandfunk.

Le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb, estime, lui, que le référendum équivaudra à un vote sur l’appartenance du pays à la zone euro. Un avis partagé par Christopher Pissarides, lauréat du prix Nobel : «En cas de victoire du non, la Grèce ferait défaut immédiatement. Je ne la vois pas rester dans l’euro», explique ce dernier.

Pour sa part, le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, craint un «bazar» si le «non» devait finalement l’emporter. «Pour moi ça a l’air d’un coup de dés», a-t-il déploré.

La presse grecque très critique

En France, le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi est également monté au créneau : «Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable de la part du premier ministre grec», a-t-il déclaré sur France Info. «Lorsque l’on est en situation de crise et que d’autres veulent vous aider, il est insultant de tenter à sauver sa peau plutôt que prendre ses responsabilités», a ajouté Christian Estrosi, en souhaitant que le «premier ministre grec revienne sur sa décision».En Grèce, les mots sont tout aussi durs à l’encontre de Georges Papandreou. Le chef de file de l’opposition conservatrice (Nouvelle Démocratie), Antonis Samaras, estime que le premier ministre «ne peut pas gouverner et au lieu de se retirer de manière honorable, il dynamite tout». «Jamais je n’aurais pensé que Papandreou prendrait une décision aussi dangereuse et frivole», a affirmé, l’ancienne ministre des Affaires étrangères Dora Bakoyanni, qui dirige l’Alliance démocratique (un petit parti de centre droit).

Même la presse nationale se déchaîne. «Le pays sera paralysé par d’interminables débats, le gouvernement, l’appareil d’Etat et les institutions ne fonctionneront plus», assure le journal conservateur Kathimerini.

«Un minimum de démocratie»

Quelques rares voix s’élèvent toutefois pour saluer la décision du gouvernement Papandreou. Florian Filippot, directeur de la campagne présidentielle de la présidente du Front National, Marine Le Pen, voit dans la décision de la Grèce «une première lueur démocratique dans un pays soumis aux pires pressions depuis des mois, le peuple se voyant en permanence sommé d’accepter». Selon lui, «Nicolas Sarkozy a même accepté toutes les folies pour tenter de maintenir cette illusion, allant jusqu’à se mettre à genou devant la Chine. Seule la fin organisée et concertée de l’expérience malheureuse et ratée de l’euro que préconise Marine Le Pen pourra sortir notre pays et la zone euro de l’ornière et de la crise».

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, estime également que l’organisation d’un référendum est «un minimum de démocratie». «Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges savait qu’il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec. Aucun peuple au monde ne peut accepter de se voir annoncer un futur pareil», a-t-il dit.

» La Grèce organise un referendum sur le sommet européen

Grèce: un referendum sur le sommet européen

Réactions (650)

Le gouvernement Papandréou va demander aux Grecs s’ils sont d’accord avec les décisions prises lors du sommet européen du 26 octobre.

Grèce : un referendum sur le sommet européen

Par  , Alexia Kefalas
Mis à jour le 31/10/2011 à 23:00 |
publié le 31/10/2011 à 22:06
Réactions (656)
Georges Papandréou, le premier ministre grec.
Georges Papandréou, le premier ministre grec. Crédits photo : Thanassis Stavrakis/AP

Le gouvernement Papandréou va demander aux Grecs s’ils sont d’accord avec les décisions prises lors du sommet européen du 26 octobre.

La décision n’a surpris que par sa forme. Sous la pression de son peuple et des partis politiques, Georges Papandréou, le premier ministre grec, a annoncé lundi soir l’organisation d’un référendum national. Officiellement, il s’agit d’approuver l’accord conclu la semaine dernière par les Européens pour effacer une partie de la dette publique du pays. Mais dans les faits, la marge de manœuvre de Georges Papandréou était trop restreinte pour que le gouvernement puisse continuer d’appliquer les réformes. «Le pays est paralysé depuis plus d’un mois. D’un côté l’ensemble de la classe politique demande d’élections, de l’autre il y a la rue. Entre les grèves du zèle et ceux qui ralentissent l’activité, plus personne ne travaille», explique Giorgos Delastik, analyste politique. «Il faut y ajouter ceux qui n’ont plus les moyens de payer leurs factures, et la violence dans le comportement des gens qui n’ont plus rien à perdre». En effet, pour la première fois depuis le retour de la démocratie en Grèce en 1974, le défilé de la fête nationale a été annulé dans quinze villes du pays. À Thessalonique, dans le nord du pays, des dizaines de Grecs ont jeté des œufs et des projectiles sur les officiels incitant Carolos Papoulias, le président de la République à quitter les lieux. Dans une lettre au premier ministre, Mikis Theodorakis, figure emblématique de la résistance à la junte des colonels a aussi appelé Georges Papandréou à prendre ses responsabilités.

C’est désormais chose faite. Devant le groupe parlementaire socialiste, le premier ministre grec n’a pas mâché ses mots: «La volonté du peuple grec s’imposera à nous», a déclaré M. Papandréou. Il va aussi demander un vote de confiance au Parlement sur l’accord sur la dette. La question sera alors «Les Grecs veulent-ils l’adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils? Si les Grecs n’en veulent pas, il ne sera pas adopté», a-t-il précisé. Si le «non» l’emporte, la constitution grecque impose la tenue d’élections législatives anticipées. Une probabilité élevée, si l’on en croit un sondage réalisé dimanche dernier selon lequel 58,9% des Grecs seraient défavorables à l’accord conclu par les Européens le 26 octobre dernier

Catharsis

Cette perspective agace la majorité. Et pour cause, l’opposition conservatrice, largement en tête dans les sondages veut une renégociation des termes des plans d’aide à la Grèce. Non seulement du dernier mais également de celui adopté en mai 2010.

«Malheureusement, les Grecs risquent d’y voir un plébiscite et d’aller voter non», s’alarme un député de gauche sous couvert d’anonymat «cela plongera le pays dans un marasme économique et politique sans précédent», conclut-il.

Ce coup de poker surprise du gouvernement grec pourrait plonger l’Europe dans le chaos. Sauf s’il parvient à convaincre le peuple de voter oui, au final, ce qui redonnera une légitimité nouvelle à Georges Papandréou pour poursuivre sa cure d’austérité. Pour bien dramatiser l’enjeu, le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos dans une interview télévisée a indiqué que ce referendum serait l’occasion pour le peuple grec «de faire la catharsis du drame qu’il vit»… Une forme de tragédie!

Culture de relance et de croissance en entreprise… Maï Salaün

carte des regions de france avec l'outre-mers

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Une très belle année numérique, avec un plan stratégique crédible, des réussites sur nos secteurs d’activités historiques et de marchés de niche, des innovations qui boostent nos clients à fréquenter notre univers en ligne, et nos points de ventes. Nous avons une qualité de service en phase avec l’attente de nos clients, grâce à une forte modernisation de nos équipements qui nous permettent d’être à la pointe des outils industriels utilisés sur le marché européen.

Nous sommes un acteur de la relation client entre le monde virtuel et des clients bien réels, un acteur de confiance dans les nouveaux modes de consommations.

Ces évolutions sont génératrices de changement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de l’entreprise. Les salariés réagissent, répondent présents, veulent être accompagnés pour devenir et être des acteurs performants, profiter et partager les fruits du savoir, du savoir faire et de la réussite du développement des compétences et des bénéfices de notre entreprise.

Ces évolutions du marché, incrémentent en interne une formidable énergie pour booster les salariés à conquérir ces nouveaux challenges et faire de notre entreprise existante et reconnue demain, telle qu’elle est aujourd’hui : un actrice incontournable de la société française.

Toute cette modernisation, ces conduites du changement ont un coût. Ce qui demande une ouverture vers un besoin de se rapprocher à de partenaires avec de solides atouts capitalistiques et comportementales, pour assurer notre développement et nos intenses efforts d’innovation.

Nos clients sont contents que nous soyons en phase avec les nouvelles technologies et de nous savoir proche d’eux en leur apportant des services sur mesure fidèles à leurs attentes, sans les faire attendre lors de la relation client et tout cela, partout sur le territoire français.

Notre entreprise a confiance en nous, ayons confiance en elle et donnons lui tous les moyens de conquérir son avenir pour qu’elle soit une actrice contemporaine de demain, soyons, sans se renier, des visionnaires !!!

Culture de confiance en entreprise. Maï Salaün

French frigate Entreprise

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Pour être l’entreprise de service que les clients choisissent :

Notre activité est à 100% sont en concurrence.

Nous simplifions la vie de nos clients, nous répondons à l’attente de nos clients sans  qu’en retour ils attendent nos services et de se faire servir.

Nous nous adaptons à tout ce qui change telle que la révolution numérique. Ce qui entraîne un réaménagement de nos chaînes de transmissions, des lieux de fréquentation de nos clients et des compétences de nos salariés. La diversité du multicanal par où passent nos différents produits et services, engage l’évolution des compétences de nos salariés et des outils mis à leur disposition, tout en restant au plus près d’une maîtrise des coûts, puisque c’est notre enjeu vital : Construire la société de demain avec les salarié d’aujourd’hui.

Pour donner envie de nous rejoindre en interne et en externe, nous innovons. Nous apportons des réponses utiles, des solutions qui accelèrent le business des professionnels et des entreprises de l’économie 2.0. Nos clients vont adorer puisque c’est simple, facile et fiable.

En interne, nous donnerons envie à nos salariés de grandir évoluer en les accompagnant sur cette voie, la stratégie de l’entreprise d’être une passerelle avec le monde de demain, entre vie numérique et la vie réelle. Nous les accompagnerons pour leur faire révéler leur formidable esprit de service.
Nous allons vous étonner !!!

Nous gardons nos repères, grâce au chemin pris depuis le début par notre entreprise, ce qui est devenu une histoire entreprenariale française  au service des français.

Nous nous modernisons tout en conservant nos valeurs sociales et humaines pour une performance responsable. Vous allez nous redécouvrir et retrouver le meilleur !!!

Les indics – Qui les connaît vraiment ? dans l’ombre, ils informent l’État

Patch paris cirminal

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Jusqu a 2004, avant la loi Perben 2. Chaque indic a un matricule et payé sur facture sur des comptes cryptès avec un logarithme situé à l’etranger.

Les indics sont des voyous pris dans des histoires de drogues, qui sont devenus cibles, ou les vieux voyous ou suite a des procédures.

Un indic peut faire gagner des années d’enquêtes. A l’heure ou les budgets des forces de l’ordre sont corsetés, les indics sont précieux.

Selon Christophe Cornevin du Figaro. Avant d’engager un indic, un devis est fait par les douaniers.

Les indics permettent de réveler et régler 9 affaires sur 10. La France est la star mondiale de gestion humaine des indics.

Par Christophe Doré
Mis à jour le 05/10/2011 à 13:44 |
publié le 01/10/2011 à 18:03
Dans les services de l'administration fiscale, les visiteurs discrets et bien informés sont rarement mal accueillis. (Jean-Michel Turpin/Le Figaro Magazine)
Dans les services de l’administration fiscale, les visiteurs discrets et bien informés sont rarement mal accueillis. (Jean-Michel Turpin/Le Figaro Magazine)

Ce sont des agents de renseignement plus ou moins officiels, des voyous en bisbille avec le milieu ou des aventuriers tuyautant les douanes sur les trafics en tout genre. Ils sont comptables, honteux de cacher de l’argent au fisc ou citoyens scrupuleux motivés par des objectifs plus ou moins avouables. Tous, ils informent les services de l’État et l’aident à faire respecter la loi. Peu estimés, ces informateurs sont traités de balances, de donneuses, de sycophantes – voire de collabos. Mais, sans eux, la «police serait une grande handicapée. Sourde et aveugle» écrit Christophe Cornevin. Grand reporter au Figaro, il est l’auteur d’une enquête passionnante, Les Indics. Plongée au coeur de cette France de l’ombre qui informe l’État (Flammarion) dont nous publions ici les bonnes feuilles. Du portrait du célèbre Vidocq, forçat mouchard devenu chef de la Sûreté de Paris, à la secrète Brigade nationale de répression de la délinquance fiscale créée en 2010, Christophe Cornevin explore l’univers opaque du renseignement, les rapports complexes de l’indic et de son agent traitant, la valse à mille temps des taupes et des infiltrés. Vous allez découvrir comment les services de police, mais aussi la gendarmerie, les douanes ou le fisc protègent, rémunèrent et parfois manipulent leurs précieux informateurs. Entre cafardages miteux et révélations glorieuses, c’est toute une face cachée de la France d’aujourd’hui qui s’éclaire un peu.

 

Un très secret bureau central des sources

Le cœur de la matrice se situe au sein du très secret Service interministériel d’assistance technique (SIAT). Derrière son intitulé apparemment banal, pouvant presque faire songer à de la maintenance informatique, cette unité se révèle être le fer de lance des services répressifs de l’Etat afin d’infiltrer le crime organisé. Aux confins de la police judiciaire et de la sécurité publique, implanté au sein du quartier général de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), rue des Trois-Fontanot à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, le SIAT ne forme pas seulement une cohorte de «zombies», superflics de l’ombre qui vivent aux côtés des voyous jusqu’à les faire tomber. Il recrute aussi les taupes et, surtout, gère en père tranquille l’une des plus impressionnantes pépinières d’indics que la France ait connue, via le Bureau central des sources (BCS). Personne ou presque ne connaît son existence. Trop confidentiel pour que le grand public y mette son nez. Car à la moindre indiscrétion, des gens peuvent se trouver en danger. Sa mission est d’immatriculer l’ensemble des informateurs de la police nationale sans lesquels les services de terrain ne pourraient élucider la moitié des énigmes criminelles dont ils ont la charge. Ces sources très précieuses font l’objet de toutes les attentions. Elles sont choyées et leurs identités, jalousement gardées pour ne jamais être identifiées (…)

Selon un dernier état des lieux, cette banque de données ultra-secrète abrite mille sept cents numéros de code, soit autant d’indics. À côté de chaque matricule, figurent le nom de l’unité ou de la brigade qui le «traite», le type de spécialité délinquante dans laquelle il peut évoluer ainsi que son périmètre d’action, lequel va du microquartier de banlieue à une région entière. L’élite de la balance, elle, rayonne à l’échelle planétaire.

Sans qu’il y ait de «grille de salaire» particulière pour les informateurs en France, les tarifs sont fixés de manière assez précise. Ainsi, si la dénonciation d’un étranger en situation irrégulière est facturée aux alentours de 50 euros, l’adresse d’un atelier de couture chinois est estimée à 300 euros. Les tuyaux sur l’immigration ne font guère flamber les prix. En revanche, les tarifs actuels peuvent se chiffrer entre 5000 et 10.000 euros en contrepartie d’un bon «rens’», comme on dit dans le jargon « police », permettant de mettre au jour et démanteler un gros trafic de drogue. «Un pactole qui peut faire sourire quand on considère que la revente au détail d’une cargaison de poudre se chiffre en millions d’euros», décrypte un vieux routier du 36 quai des Orfèvres. La bourse aux indics pourrait s’envoler jusqu’à 100.000 euros pour des informations concernant certains dossiers d’envergure internationale ou d’une très haute sensibilité politico-policière.

Fixant de façon prosaïque un barème des prix, le Bureau central des sources ajuste les tarifs avant que le Directeur central de la police judiciaire, grand argentier, ne signe le versement des fonds. Dans 95 % des cas, ils sont accordés et réglés rubis sur l’ongle, toujours en cash, comme l’exige toute balance qui se respecte. Outre l’avantage de pouvoir mener des «opérations mains propres» dans les relations entre les flics ripoux et les truands, ce fichier inédit permet de gérer les indics au jour le jour, en désactivant les mauvais «collaborateurs», quand ces derniers coûtent plus cher qu’ils ne rapportent. Ou quand ils deviennent ingérables (…)

Une «liste noire» a donc été constituée au sein du SIAT pour alimenter une base de données Europol. En France, elle abrite les noms d’une cinquantaine d’informateurs infréquentables. Trente-sept d’entre eux sont classifiés «dangereux», et quatorze non grata, pestiférés et interdits de tout contact avec tout policier. Ils font le tour des polices européennes pour tenter de les escroquer. Quelques cas sont, en la matière, édifiants. Ainsi, Alberto, un escroc d’envergure internationale, a tenté de «revendre» la même filière marocaine de cannabis aux carabiniers italiens, puis au Bundeskriminalamt (BKA) allemand et à un service français moyennant plusieurs milliers d’euros. Seul un recoupement fortuit, effectué entre deux policiers qui se connaissaient, a permis de découvrir le pot aux roses et de rayer à jamais le sieur Alberto de la carte.

Gendarmerie, 750 indics rémunérés

 

Dans une tour de cité, à Sevran (93), l'interpellation musclée d'un dealer présumé. Pour rapidement savoir qui interpeller, où et quand, rien ne vaut un bon informateur. (Jean-Pierre Rey/Fedephoto)
Dans une tour de cité, à Sevran (93), l’interpellation musclée d’un dealer présumé. Pour rapidement savoir qui interpeller, où et quand, rien ne vaut un bon informateur. (Jean-Pierre Rey/Fedephoto)

 

En cette période de disette budgétaire, toute activité chronophage, à la rentabilité incertaine, est proscrite. Sans être considérés comme la panacée, les indics, qui faisaient figure d’épouvantails dans les années 80, ont désormais le vent en poupe. Estimé à 750 à l’hiver 2010, le nombre des indics enregistrés et rémunérés par la gendarmerie française pourrait franchir avec allégresse la barre des 1000 «correspondants» plus ou moins «honorables» d’ici à la fin de l’année. «À un moment, les unités vont cesser d’engranger de nouveaux informateurs dans notre base de données et nous devrions atteindre notre vitesse de croisière d’ici à 2012», annonce-t-on à la Section centrale des sources, où l’on scrute sans cesse le ratio entre le «volume global des sources», le «nombre d’affaires, les incidents et leur nature» et le «volume des rémunérations». Dans le lot, certains informateurs ont été régularisés, c’est-à-dire immatriculés et fichés, sans même vraiment le savoir. L’objectif premier, outre de mettre de l’ordre dans ce maquis des ombres, reste toujours de protéger les agents et les officiers traitants susceptibles de prouver qu’ils ont bien observé les protocoles en cas de grabuge. «La mise de base est fixée autour de 100 euros, confie un enquêteur de terrain. Elle peut correspondre à un tuyau, glané sur le zinc dans un bar ou lors d’une soirée privée, disant qu’untel a acheté un pétard sans pouvoir nous dire quel en sera son usage. Ou encore un gars qui a été le témoin d’une transaction entre deux inconnus portant sur le recel d’une œuvre d’art volée ou encore d’une voiture maquillée…»

La rémunération des indics, comme dans la police, ne rime pas avec jackpot. L’atmosphère est plus proche de la noirceur d’un film de Jean-Pierre Melville ou de Bertrand Tavernier que des soap operas tape-à-l’œil mettant en scène des flics jonglant avec les dollars du côté de Miami. «On ne peut ni ne veut pas trop payer les tontons car il faut qu’ils aient faim en permanence pour revenir nous voir et ne pas prendre de mauvaises habitudes, grince un gendarme. On les maintient en vie, le nez à la surface de l’eau à coups de billets pour qu’ils nous donnent ce que l’on veut savoir.» Lorsque la fameuse « source humaine de renseignements » monte en gamme, les tarifs grimpent. De 1000 euros à 5000 euros à celui qui pourra donner un lieu de rendez-vous entre voyous travaillant sur un coup, les numéros de portables des protagonistes, les plaques d’immatriculation des voitures employées ainsi que la nature du coup en préparation. «Plus on va payer, plus on a des chances d’avoir des informateurs efficaces, témoigne-t-on au Bureau des affaires criminelles. Mais tout est affaire de dosage car le risque est bien sûr que les informateurs montent eux-mêmes un délit pour ensuite le dénoncer et toucher la prime. Quand on sent que l’on est face à un chantier dont on ne comprend pas tout le mécanisme, on laisse tomber l’affaire…»

«En règle générale, le prix d’une information dépend de la loi du marché entre l’offre et la demande, résume un militaire de haut rang. Ainsi, un renseignement menant à la saisie d’un kilo de cocaïne à Sainte-Lucie, un des carrefours du trafic de poudre, ne vaudra pas plus de 300 ou 500 euros. La marchandise y est omniprésente, elle se banalise. En revanche, certains services métropolitains n’hésiteraient pas à mettre au minimum 50.000 euros sur la table pour une saisie d’un quart de tonne à Paris, où le kilo se négocie à 40.000 euros en bout de chaîne…»

La discrète Direction nationale des recherches et enquêtes douanières

 

Un policier de la brigade anticriminalité a rendez-vous avec un de ses informateurs. Une règle d'or : ne pas tisser de liens personnels. (Jean-Pierre Rey)
Un policier de la brigade anticriminalité a rendez-vous avec un de ses informateurs. Une règle d’or : ne pas tisser de liens personnels. (Jean-Pierre Rey)

 

À elle seule, cette unité d’investigation en « eaux profondes » est la principale consommatrice d’« aviseurs ». Comptant 730 agents d’élite faisant partie du cercle très fermé du renseignement, au même titre que la DGSE ou la DCRI, elle a saisi l’année dernière quinze tonnes de drogues, pour une valeur marchande de 178,8 millions d’euros ! Et son action dans la répression du trafic de tabac et des cigarettes a permis la découverte de 173,6 tonnes de marchandises estimées à 46,1 millions d’euros. Sans parler de 1,4 million d’articles de contrefaçons confisqués dans la même période. Longtemps et maintenant encore, des policiers et des gendarmes reluquent avec une pointe de jalousie les affaires colossales et les moyens de leurs homologues.

Dépendants du ministère du Budget, les douaniers ont souvent la réputation d’être sous les gros robinets de Bercy. Une rumeur persistante évoque volontiers les « gros sous » mis à leur disposition pour arroser leurs indics sous une corne d’abondance. Las, le fantasme n’est pas loin. La réalité est en effet moins glamour. Il suffit d’aller dans leur discret QG parisien pour voir que les agents spéciaux des douanes françaises ne roulent que rarement en Mercedes coupé ou en rutilant 4 x 4. Que leur train de vie s’apparente assez peu à celui de James Bond. Sous l’effet amincissant de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), les « aviseurs » ont même été mis à la diète, comme tous les autres indics de France et de Navarre. Car les règles du jeu ont changé depuis la publication d’un arrêté au Journal officiel du 18 avril 2007. Il sonne la période des vaches maigres : la rémunération d’un informateur des douanes ne peut dorénavant plus «excéder la somme de 3100euros, sauf décision contraire du directeur général des douanes». Dans les faits, les primes ne percent le plafond fatidique que pour une affaire sur dix, lorsque le tuyau, de première main, débouche sur un trafic d’envergure, une grosse confiscation et la possible capture d’une équipe ayant un certain relief. Dans ce cas, le montant de la rétribution, «fixée de façon discrétionnaire et ne pouvant faire l’objet d’aucun recours», comme le précise le nouvel arrêté, est calculé selon un barème fluctuant et ultrasecret, connu d’une poignée de hauts responsables. «Si tous nos tarifs étaient dévoilés, certains informateurs deviendraient gourmands et ne s’aligneraient que sur les primes les plus élevées», prophétise avec une prudence de Sioux un chef de service.

«D’autres seraient tentés de faire le tour des services pour aller se vendre au mieux-disant. En fait, nous travaillons sur devis et nous discutons de chaque affaire avec nos correspondants pour ne leur proposer que du sur-mesure…» Cet exercice de haute couture module l’épaisseur des enveloppes versées en espèces. Les sommes varient notamment en fonction du risque encouru par «l’aviseur» quand il balance une affaire. «On ne donnera pas la même somme à un aviseur qui permet la saisie sèche d’un kilo de coke envoyée par voie postale à telle adresse, ou à un second informateur qui, lui, nous offre de confisquer la même quantité de marchandise lors d’une transaction où assistent des passeurs, un porteur de valise ou un semi-grossiste», susurre-t-on à la direction des opérations. Quelle est l’échelle des tarifs lorsque les «caïds» sont livrés clefs en main, menottés sur un plateau avec la marchandise? Là encore, les agents invoquent le devoir de réserve. Seul un détail de l’arrêté de 1957 peut livrer une clef de lecture. Ce dernier stipule que «la rémunération prévue est majorée de 25 ou 50% selon qu’il n’y a pas ou qu’il y a eu capture du délinquant» pour toute affaire ayant rapporté au moins 100.000 francs, liée aux stupéfiants ou à des opérations en mer. Aujourd’hui, à l’occasion de très jolis coups de filet douaniers, le montant des primes peut se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Certains affirment que, pour les 10 % d’affaires les plus importantes, dont le retentissement médiatique assoit la réputation internationale des douaniers, il existe un budget «informateurs» dépassant les deux millions d’euros. Une somme que ne confirme pas l’administration. Là encore le sujet reste un tabou. «Absurde de susciter de vaines polémiques», lâche en forme de pirouette un cadre. A Bercy, on aime causer chiffres, mais pas nécessairement devant tout le monde.

Attentifs au bon fonctionnement de l’appareil à distiller les «tuyaux», petits et gros, les agents du budget ont aussi mis sur pied un «service central des sources», situé au siège de la DNRED. A l’image des deux autres structures siamoises qu’animent chacun de leur côté les gendarmes ou les policiers, ce dernier fonctionne loin des regards indiscrets, sous la houlette du Bureau des affaires générales et du secret défense (BAG-SD) dont une des missions est «d’instruire et veiller au suivi des dossiers d’immatriculation des sources». Selon un état des lieux effectué en avril dernier, il abritait les matricules de 2020 aviseurs, dont 1 150 (soit près de 60 % du total) sont traités en direct par les agents de la DNRED et près de 845 par les « échelons » régionaux basés à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Nantes, Rouen et Toulouse, mais aussi dans les zones Antilles-Guyane.

À Bercy, des aviseurs en or

 

Hervé Falciani. «Non je n'ai pas reçu d'argent», affirme cet ex-informaticien à la banque HSBC à Genève, sur France 2 au mois de décembre 2009. Cette source inespérée a livré quelques mois plus tôt aux services du fisc une liste de 2 953 Français détenant des comptes en Suisse. Grâce à lui, Bercy aurait récupéré 500 millions d'euros d'impôts sur des avoirs rapatriés en France. (JP Amet/Fedephoto)
Hervé Falciani. «Non je n’ai pas reçu d’argent», affirme cet ex-informaticien à la banque HSBC à Genève, sur France 2 au mois de décembre 2009. Cette source inespérée a livré quelques mois plus tôt aux services du fisc une liste de 2 953 Français détenant des comptes en Suisse. Grâce à lui, Bercy aurait récupéré 500 millions d’euros d’impôts sur des avoirs rapatriés en France. (JP Amet/Fedephoto)

 

Tout comme aux douanes, les règles du jeu ont changé dans les services fiscaux de Bercy (NDLR : le ministère de l’Economie et des Finances a cessé officiellement de payer ses informateurs à la demande de Nicolas Sarkozy).

À la Direction générale des impôts, la dénonciation a pourtant longtemps servi de ferment aux déclenchements de contrôles en tous genres. Et les corbeaux au service du fisc, aussi appelés «aviseurs», ont été récompensés des décennies durant en monnaie sonnante et trébuchante. Cette pratique institutionnalisée mais non avouée est même devenue l’un des moteurs des bons résultats affichés par cette administration lancée dans sa croisade contre les fraudeurs (…) Une source judiciaire haut placée confie même que les dénonciations furent à l’origine de 10 % des procédures engagées en matière financière. Il faut dire que des coups de fil anonymes comme celui donné à Thierry Jean-Pierre, qui allait déclencher l’affaire Urba, ou ceux reçus par le juge Eric Halphen dans le financement du RPR ont ouvert la voie aux «gorges profondes». Les «super-agents» – aussi appelés les «cow-boys» – des Brigades de contrôle et de recherches (BCR) allaient recruter leurs indics et glaner leurs informations à la sortie du tribunal des prud’hommes.

Si l’appât du gain s’est estompé, les lettres de dénonciation continuent à atterrir sur les bureaux des agents du fisc. Cependant, il est impossible d’en estimer le nombre car les plis considérés ne font l’objet d’aucun récolement statistique. Il semble, contrairement à une tenace image d’Epinal, qu’ils n’ensevelissent pas les centres des impôts. «Quand ce n’est pas le lucre, les motivations sont la jalousie d’un employé évincé, la vengeance d’une maîtresse ou d’un voisin ou, plus rarement, le racisme ou la volonté de voir épingler un concurrent», déplore Vincent Drezet, secrétaire national de la principale organisation professionnelle, le Syndicat national unifié des impôts (SNUI). «Le dirigeant d’entreprise a deux ennemis, le comptable dont il se sépare et la femme qu’il trompe!», plaisante-t-on aimablement entre agents vérificateurs. Quelques libelles publiés ici et là suffisent à saisir la teneur du fléau, tant les auteurs se ressemblent dans la mesquinerie du propos. Certains abusent encore du ton dactylographique, cuvée 1940 : «Monsieur le directeur, je vous signale que M. X fait du travail au noir et il fait de fausses factures aux gens et il ne fait pas ses déclarations d’impôts et il paie pas de redevance télévision il faut l’arrêter c’est pas normal je vous donne son adresse […] et je vous donne son n° de voiture.» D’autres, on le redoute, simulent les maladresses orthographiques pour brouiller les pistes: «Je teins à vous signaler que M. X qui habite Y travail chez M. X depuis plus de deux ans, ce M. X travail sans être déclaré même ce qui parait qu’il touche le RMI, la vie de M. X est très confortable, voiture, terrain, chevaux de course, de la fraude sur tout la ligne, je vous remercie de faire le nécessaire à cette fraude fiscale: sincères salutation.»

Dans la pratique, l’administration fiscale classe les dénonciations en deux familles. «Les mouchardages anonymes sont jetés au panier de manière systématique, poursuit Vincent Drezet. Les plis les plus fantaisistes atterrissent au petit bonheur la chance dans n’importe quelle perception de province. Dépourvues de tout élément et postées dans le but manifeste de satisfaire une envie de nuisance personnelle, ces dénonciations n’ont aucune chance d’aboutir…»

En fait, les mouchardages les plus sérieux se font à visage découvert. Ils sont adressés de manière précise aux bons services et notamment à la redoutable Brigade de contrôle et de la recherche (BCR), service d’incorruptibles méconnus dont la mission est de recouper les informations et de mener des investigations préalables au contrôle. Enfin, les révélations crédibles sont davantage étayées par des chiffres, des dates ou des faits. Le tout est souvent agrémenté de documents comptables et financiers divers transmis à l’insu de leurs propriétaires. Selon un cadre de la Direction générale des impôts, ces dénonciateurs «haut de gamme» sont fréquemment des employés qui décrivent, pièces à l’appui ou grâce à une mémoire prodigieuse, des schémas de fraudes. «Ceux qui nous apportent des affaires sont ceux-là même qui avaient été dans le cercle de décisions menant à la fraude et qui font soudain preuve d’un éclair de lucidité, confie Vincent Drezet. Ces gens, qui faisaient partie du système, viennent vider leur sac parce que l’affaire est trop lourde pour eux et qu’ils veulent percer l’abcès jusqu’au bout…»

Si la délation fiscale ne peut être précisément évaluée, certaines confidences filtrent sur quelques dossiers atypiques. Ce fut le cas de ces 64 familles françaises «caftées» au fisc en 2008 parce qu’elles disposaient de comptes bancaires au Liechtenstein, pour un montant de un milliard d’euros ! D’accablants soupçons, comme l’a révélé l’ancien ministre du Budget Eric Woerth lors d’une audition au Sénat, se fondaient sur la base de renseignements allemands glanés à Londres… Pour mettre au jour cette affaire et faire en sorte que les évadés fiscaux reviennent au bercail sans scandale, les grands argentiers de Bercy n’ont pas déboursé un denier public pour obtenir la liste des fraudeurs, fidèles à leur habitude de ne pas payer les informateurs contrairement à ce qui se pratique outre-Rhin. Ce qui avait fait alors dire à Jean Arthuis, président de la commission des Finances et ancien ministre de l’Économie: «En somme, nous refusons de payer pour obtenir des renseignements, mais si un autre pays paie ces renseignements et nous en fait profiter gratuitement, ça nous va…» Depuis peu, en cette période de montée en puissance de l’escroquerie fiscale sur le plan international, certaines voix s’élèvent pour réclamer le retour de l’aviseur fiscal. Celui-ci, qui ne peut plus être rémunéré par Bercy, pourrait techniquement le devenir par le ministère de l’Intérieur, qui dispose d’un cadre spécifique pour employer ses informateurs. Dans ce cas-là, ces «aviseurs» pourraient travailler officiellement pour le compte d’une structure hybride, combinant savoir-faire des investigations policières et haute technicité des dossiers fiscaux et des mécanismes comptables. Or il se trouve qu’une toute nouvelle Brigade nationale de répression de la délinquance fiscale (BNRDF) a justement ouvert ses portes l’année dernière en région parisienne pour lutter notamment contre les grands fraudeurs et leurs princes de l’évasion. Dans cette hypothèse, les corbeaux du fisc, à qui l’on a tordu le bec, pourraient à l’avenir entonner leurs grinçantes ritournelles.

Les Indics. Plongée au cœur de cette France de l’ombre qui informe l’État, de Christophe Cornevin, Flammarion, «Enquête», 475p., 21,90€.

Par Christophe Doré

Comment Michel Neyret « suggérait »

à ses subordonnés de rémunérer les indics

Ils ne voulaient pas passer pour des « trompettes », alors ils ont menti à leur supérieur hiérarchique, l’ancien numéro 2 de la police judiciaire (PJ) de Lyon, Michel Neyret. Voilà ce qui ressort des procès-verbaux d’audition de l’ex-commandant adjoint de la PJ de Grenoble, Gilles Guillotin, dont Le Monde a eu connaissance. Pris dans les mêmes filets que leur emblématique patron lyonnais incarcéré depuis le 3 octobre, lui et son chef direct, le commissaire Christophe Gavat, ont été mis en examen mardi 4 octobre pour « trafic de stupéfiants »,« détournement de scellés »« vol en réunion » et « association de malfaiteurs ». Sortis libres du cabinet des juges parisiens Patrick Gachon et Hervé Robert, chargés d’instruire cette affaire, ils ont été placés sous contrôle judiciaire, ainsi que deux autres policiers, dont le chef de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Lyon, un jeune commissaire de 33 ans, Aymeric Saudubray.

Interrogé à quatre reprises par les hommes de l’Inspection générale des services (IGS) – la police des polices – au cours de sa garde à vue de 96 heures, Gilles Guillotin, 53 ans, fonctionnaire de police depuis trente-deux ans, a raconté les conditions dans lesquelles Michel Neyret l’avait sollicité : « M. Neyret m’a suggéré que nous pouvions donner un complément de rémunération aux sources, sous forme de produits stupéfiants. En ce qui me concerne, c’est essentiellement du cannabis. » Aux policiers de l’IGS qui le pressent de donner des précisions, Gilles Guillotin assure que Michel Neyret « n’a jamais donné d’instructions formelles, mais c’était une invitation qui revêtait une forme de pression, car il était notre supérieur hiérarchique ».

Gilles Guillotin et Michel Neyret se connaissent depuis longtemps. Le premier, entré dans la police comme gardien de la paix, s’est hissé au grade de commandant. Sans être des intimes, les deux hommes traquent ensemble depuis des années les mêmes malfaiteurs. Et puis ils ont l’un et l’autre la passion des belles voitures, au point qu’une fois, lors d’une conversation téléphonique enregistrée par les enquêteurs, Michel Neyret s’est amusé à faire vrombir le moteur d’une Ferrari qui lui avait été prêtée par un escroc, afin que Gilles Guillotin puisse l’entendre.

Le commandant Guillotin travaille régulièrement avec des informateurs.« Essentiellement dans les stupéfiants, mais aussi en matière de braquage », dit-il à l’IGS. Il dispose d' »indics » enregistrés au bureau des sources à la direction centrale de la police judiciaire, comme l’exige la loi de 2004, mais « il y a aussi des informateurs qui donnent ponctuellement des informations aux divers policiers qui ne sont pas officiellement enregistrés ».

Il y a un an et demi, Gilles Guillotin apprend qu’un de ses indics sort de prison. « Amigo » – c’est le nom donné à cet indic – le conduit vers des affaires de braquage et de stupéfiants. « C’est là que Neyret s’est manifesté auprès de moi, indique M. Guillotin à l’IGS. Lorsqu’il a émis l’idée de remettre de la résine de cannabis, j’ai « shooté » en touche en lui disant de s’adresser à Gavat (le supérieur direct de M. Guillotin). Puis avec Gavat, nous nous sommes entretenus entre quatre yeux poursavoir ce qu’on allait faire. On a convenu de faire semblant d’accepter, de fairecroire à Neyret qu’on acceptait pour ne pas passer pour des trompettes, et nous n’avons rien fait. »

Courant juillet, grâce à « Amigo », la PJ grenobloise met la main sur près de 90 kg de cannabis. Michel Neyret demande alors aux deux Grenoblois d’en « prélever » une partie – environ 25 kg – avant que la saisie ne soit détruite à l’incinérateur. Visiblement impatient de toucher sa cargaison, Michel Neyret téléphone le 29 août à Christophe Gavat pour savoir si « du produit a pu être récupéré ». M. Gavat le rassure, mais, selon ses dires et ceux de M. Guillotin, il ment. « Nous avons faitcroire à Neyret (que nous avions récupéré du cannabis) car il nous mettait la pression », glisse M. Guillotin aux enquêteurs de l’IGS.

C’est que, depuis avril, Michel Neyret a resserré ses contacts avec les escrocs qui lui offrent des voyages au Maroc, des séjours sur la Côte d’Azur, le font rouler en Ferrari et naviguer sur des yachts de luxe. Au chef adjoint de la PJ lyonnaise, ces escrocs, dont certains, comme Stéphane Alzraa ou Gilles Benichou, sont connus de la justice, réclament du cannabis. Le 30 mai, comme le dévoilent des écoutes téléphoniques, Michel Neyret tente de les faire patienter.

Tous les policiers des stups de Lyon n’entraient pas dans la combine de M. Neyret. Ainsi, il ressort d’une des écoutes que celui-ci recommande à l’un de ses collaborateurs de s’adresser plutôt à l’un qu’à l’autre car « ce serait plus jouable ». Au total, Michel Neyret, qui aurait reconnu devant l’IGS être seul à l’initiative de ces détournements, aurait essayé de soudoyer une dizaine de policiers, conscients d’enfreindre la loi mais ignorant les dérives de leur charismatique patron.

Yves Bordenave
LIBYE: après Kadhafi, la « pax americana » ! Le peuple libyen « libéré » va maintenant se faire plumer par les ricano-otano-occidentaux, Ricains en tête…
Quand les Ricains « libèrent » et s’installent, ils ne partent plus …
RoRo
From: Xarlo
Sent: Thursday, October 20, 2011 5:45 PM
Baobabs galore – Gweta, Botswana
Gweta, Botswana
Version traduite plus bas
Oct 21, Baobabs galore, Gweta
We stayed at Planet Baobab
« It’s hard!! Laughs Fabyan… his hands at the wheel, at the same time looking at the rpms on the dash board, trying to change feet at the pedals and shifting gear at the same time….
Temps: Ensoleillé
Pelouse: Parfaite
Joueurs présents (27): Florent C,Pierre Louis M, Corentin D, Mathieu M, Charles S, Christophe P, Simon VDH, Martin P, Gaultier R, Momo, Paul Castiau, Guillaume A, Greg B, Geoffroy P, Quentin P, Sébastien M (et Raphael) Hugues B, Vivien S, Alexandre Be, Arthur, Edouard M, Thibault B, Thibault L, Guillaume et…
Ce n’est qu’un aurevoir, Koh Tao ! – Ko Tao, Thailand
Ko Tao, Thailand
Where I stayed
Ananda Villa
(Bangkok hotels)
Avant-propos : 1) désolée pour les inquiets… J’étais occupée 🙂 et 2) pleins de mini histoires ici alors… essayez de suivre ! J’ai quitté avec GRANDE
This week we have two guest posts from our Language Rich Europe partner in France, the Observatoire européen du plurilinguisme. The first article discusses soft power and a plurilingual Europe. Translations in German, English, Spanish, Greek, Italian, Portuguese, Romanian and Russian are available on-line.
La tombe de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara a été vandalisée. À défaut d’issue judiciaire dans l’affaire de son assassinat, le lieu cristallise gêne, débat et émotions.
Un mythe emprisonné est plus dangereux qu’un mythe mort. C’est sans doute pour cette raison que les putschistes burkinabè du 15 octobre 1987 ont préféré éliminer le…
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