Archives quotidiennes : 2 août 2011

Drôle d’Etat de nos Présidents et Ministres

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In January 2009, President of the United State...

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VIDEO – Drôle d’état :

Lemoine à la recherche

du nouveau Bush ce soir

dans sa première

émission pour France 4

20-10-2010 – 19h39 et rediffusée le 02/08/2011 au soir
 VIDEO - Drôle d'état : Lemoine à la recherche du nouveau Bush ce soir dans sa première émission pour France 4

Après la crise économique, le monde connaît la crise du politiquement ridicule. Deux ans après le départ de George W. Bush, ses gaffes, lapsus et dérapages verbaux nous manquent. Nostalgique de l’homme politique, France 4 décide de lui trouver un remplaçant ce soir à 20h35 !

Depuis que Barack Obama a remplacé George W. Bush, l’image peu contrôlée de l’ex-président des Etats-Unis nous manque. France 4 décide de réagir ce soir à 20h35 dans l’émission Drôle d’Etat présentée par Jean-Luc Lemoine pour lui trouver un remplaçant digne de ce nom !

Et tout y est : plateau de JT à l’américaine, envoyés spéciaux, experts et spécialistes de la « bushologie », etc. Bref tous les moyens sont déployés pour remédier à la crise que connaissent les bêtisiers politiques.

France 4 et Jean-Luc Lemoine diffuseront ce soir à 20h35 un éventail des plus grosses gaffes politiques, mais aussi des images inédites comme on peut le voir dans les extraits. Découvrez des images de personnalités politiques qui perdent leur pantalon, dansent devant les caméras, embrassent leur micros… Autant de dérapages qui vous feront rire à coup sûr !

Alors qui succèdera à George W. Bush et sauvera le monde du politiquement incorrect ? Ségolène Royal et sa bravitude, Berlusconi et ses prostituées, ou Rachida Dati et son « inflation » qui se transforme en « fellation » ?

Réponse ce soir sur France 4 à 20h35. En attendez, découvrez un extrait en avant-première, en cliquant sur le lien suivant : 

http://tele.premiere.fr/News-Videos/VIDEO-Drole-d-etat-Lemoine-a-la-recherche-du-nouveau-Bush-ce-soir-dans-sa-premiere-emission-pour-France-4-2435814

La littérature maghrébine de langue française, une littérature que l’on peut aimer ou pas, mais que l’on ne peut plus ignorer. Tahar Ben Jelloun – la passerelle entre les cultures occidentales et orientales. Maï Salaün

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The Sand Child

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LEXPRESS.fr à publié le 21/06/2011 à 18:30 un article sur :

Tahar Ben Jelloun

récompensé pour son

analyse des printemps

arabe.

En effet, Tahar Ben Jelloun a reçu

le prix de la Paix Erich Maria.

Remarqué pour son essai L’étincelle, voici une position d’un des intellectuels maghébins les plus reconnus en France sur la Révolte dans les pays arabes.

Tahar Ben Jelloun récompensé pour son analyse des printemps arabes Des manifestants à Tunis, le 19 février 2011 – afp.com/Fethi Belaid
 L’étincelle de Tahar Ben Jelloun lui a valu d’être récompensé par le Prix de la Paix Erich Maria Remarque. Le jury a salué une oeuvre qui favorise « la coexistence pacifique entre les cultures chrétiennes et islamiques » a déclaré Claus Rollinger, le président du jury, recteur de l’université d’Osnabrück, en Allemagne.

Dans son essai publié le 6 juin chez Gallimard, l’écrivain franco-marocain livre une analyse des révoltes dans les différents pays arabes, tenant compte des spécificités de chacun.

Le prix de la Paix Maria Remarque est remis tous les deux ans dans la ville allemande d’Osnabrück. Il récompense une oeuvre qui aborde le thème de « la paix intérieure et extérieure ».

 

Mais, connaissez-vous Tahar Ben Jelloun ?

Voici quelques éléments de réponse sur son parcours de vie :

Tahar Ben Jelloun (en arabe : طاهر بنجلون) est un écrivain et poète marocain de langue française né à Fès le 1er décembre 1944.

Après avoir fréquenté une école primaire bilingue arabo-francophone, il a étudié au lycée français de Tanger à l’âge de dix-huit ans puis fit des études de philosophie à l’université Mohammed-V de Rabat où il écrivit ses premiers poèmes, recueillis dans Hommes sous linceul de silence (1971).

Il enseigna ensuite la philosophie au Maroc, mais dû partir pour la France en 1971 car l’enseignement de la philosophie fut arabisé, et il n’était pas formé pour cela.

Il écrivit à de nombreuses reprises pour le quotidien Le Monde à partir de 1972.

Il poursuivit par un doctorat de psychiatrie sociale obtenu en 1975.

Son écriture profita de son expérience de psychothérapeute (La Réclusion solitaire , 1976 – excellent, je vous le conseille).

En 1985 il publia le roman L’Enfant de sable qui le rendit célèbre.

Il a obtenu le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée, à première lecture, cette histoire est très simple, il est préférable de la lire plusieurs fois puisqu’il y a de nombreux niveaux de compréhension et d’accessibilité aux différents sous entendu + connaître la culture musulman pour les comprendre, une suite à L’Enfant de sable.

Tahar Ben Jelloun vit actuellement à Paris avec sa femme et sa fille Mérième, pour qui il a écrit plusieurs ouvrages pédagogiques (Le Racisme expliqué à ma fille, 1997). Il est aujourd’hui régulièrement sollicité pour des interventions dans les écoles et collèges.

Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues ; citons particulièrement L’Enfant de sable et La Nuit sacrée (43 langues) ainsi que Le Racisme expliqué à ma fille (25 langues dont l’espéranto). La plupart de ses livres ont été traduits en arabe, parfois avec des révisions par l’auteur lui-même.

Ainsi «L’Enfant de sable » (Seuil 1985) et « La Nuit sacrée » Prix Goncourt 1987 ont été traduits dans 43 langues dont, en dehors des langues européennes et de l’anglais, l’indonésien, le lithuanien, le vietnamien, le hindi, l’hébreu, le japonais, le coréen, le chinois, l’albanais, le slovène, l’arabe etc.

« Le racisme expliqué à ma fille » qui est un best seller en France, Italie et Allemagne a été traduit dans 33 langues dont les trois langues principales d’Afrique du Sud (l’Afrikaan, le Siswati et l’Ixixhosa), le bosniaque et l’esperanto !
Tahar Ben Jelloun a reçu le Prix IMPAC à Dublin en juin 2004 ; ce prix, décerné par un jury international après une sélection faite par 162 bibliothèques et librairies anglo-saxones a couronné le roman « Cette aveuglante absence de lumière », livre écrit à la demande et après un entretien avec un ancien prisonnier du bagne de Tazmamart au Maroc.

Je vous conseille de lire également Moha le Fou, Moha le Sage et Stratégie d’écriture. En effet, vous en apprendrez plus sur la richesse de la culture et de la philosophie arabe (non islamisme).

Avec  Moha le Fou, Moha le Sage vous aurez accès dans un tout petit livre de poche, à toute la dimension de la transmission du savoir par l’oral, les 7 piliers de l’Islam, le monde mystique et fantasmagorique de la culture populaire et philosophique du Maghreb.

Avec Stratégie d’écriture là c’est beaucoup moins accessible, beaucoup plus technique. Je vous avertie il faut aimer l’écriture, les tournures de phrases et être ouvert aux techniques d’écriture et d’avoir l’esprit ouvert. Ce livre est une passerelle entre la culture occidentale et celle orientale. Néanmoins, il est passionnant et vous apprendra plein de notions du savoir musulmans du monde d’Epictète et d’Avéroes entre autres. L’oeuvre de Tahar Ben Jelloun constitue indiscutablement une entrée possible, et non des moindres, dans l’étude de la littérature maghrébine de langue française en particulier et dans celle des littératures de langue française en général. En effet, que l’on s’occupe du récit, de l’espace, du temps ou des figures de style dans les textes jellouniens, on finit toujours par mettre à nu les stratégies d’une écriture qui reste enracinée dans son terroir, tout en revendiquant son ouverture son ouverture d’écoute et sur la parole de l’autre, pour rappeler, sans doute à une nouvelle manière de concevoir le contact des cultures et la relation entre les peuples. Telle est l’idée centrale qui a présidé à l’élaboration de et ensemble de travaux dus à des universitaires de Rennes II, Grenoble III, Strasbourg en France et de Marrakech, Tunis I, Université du Centre-Tunisie au Maghreb, entre autres.

BEN JELLOUN Tahar

Que pensez-vous de

Tahar BEN JELLOUN ?

Donnez votre avis sur la vie de Tahar BEN JELLOUN !
Qui représente Tahar BEN JELLOUN pour vous ?
Vous l’aimez ? Vous détestez ? Pourquoi ? Racontez-moi :

Barack Obama vient de promulger la loi pour sauver l’économie américaine

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President Barack Obama and Treasury Secretary ...

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C’est du court terme, mais le Congrès américain a enfin voté la loi. Barack Obama a eu la chance, à quelques heures de la date butoir, de promulguer la loi en relevant le plafond de paiement – les fonctionnaires et les allocations d’aides, ainsi que tous les services publiques vont pouvoir continuer à être payer. Il faut savoir tout de même que les Etats Unis sont dans la même situation financière que la Grèce et devra attendre à peu près 6 ans pour retrouver une situation stable, lorsqu’elle deviendra raisonnable dans sa consommation. Mais comme les USA ont l’habitude de vivre sur ses dettes…

Les Etats Unis sont soulagés, la Loi a été adoptée par le Congrès et 

promulguée par Barack Obama.
L’administration OBAMA va pouvoir, maintenant, 
s'attaquer au milieu financier, du travail et celui des allocations, 
pour une meilleure répartition des imputations budgétaires.

Le Sénat américain entérine

le compromis sur la dette

Publié par lefigaro.fr le 02/08/2011 à 20:26
La colline du Capitol, à Washington.
La colline du Capitol, à Washington. Crédits photo : CHIP SOMODEVILLA/AFP

Le Sénat a adopté ce mardi soir le compromis visant à relever le plafond de la dette publique.

La loi a ensuite été promulguée par Barack Obama.

Les États-Unis évitent, à quelques heures près, le défaut de paiement.

Fin du suspens sur la dette américaine. Le Sénat a adopté ce mardi soir le compromis autorisant une hausse du plafond de la dette, quelques heures seulement avant la date butoir. Le président américain Barack Obama a dans la foulée promulgué la loi, finalisant le processus législatif. Dans une déclaration à la Maison blanche, ce dernier a salué un «premier pas important» visant à s’assurer que les États-Unis ne vivent plus au-dessus de leurs moyens.Avant cet heureux dénouement, tenu pour acquis contrairement au vote de la Chambre des réprésentants hier soir, des voix se sont élevées pour exprimer l’amertume laissée par le long débat sur le relèvement du plafond de la dette américaine. «Le résultat est bon, mais ce qu’il a fallu faire pour y arriver est affligeant», a regretté mardi matin, après le vote de la Chambre des représentants, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner. «Je pense que le spectacle auquel nous avons assisté à Washington, d’un nombre significatif de parlementaires de ce pays laissant planer la menace d’un défaut de paiement, a vraiment fait beaucoup de dégâts à la confiance» des investisseurs dans l’économie américaine, a déclaré le ministre sur la chaîne ABC, ce mardi.Si cette date avait été dépassée, les Etats-Unis risquaient le défaut de paiement, ne pouvant pas emprunter au-delà de la barre fixée auparavant à 14.294 milliards de dollars.

Dernière manoeuvre d’une longue série pour éviter cette débâcle, Barack Obama avait dépêché son vice-président Joe Biden lundi au Capitole pour donner des explications aux élus mécontents de son camp. Il est vrai que la Maison-Blanche, après avoir longtemps insisté pour inclure dans le plan de nouvelles recettes fiscales, notamment en taxant les Américains les plus riches, a dû se résigner à n’augmenter aucun impôt.

«Un sandwich de Satan saupoudré de sucre»

«Cet accord est un sandwich de Satan saupoudré de sucre. Si vous soulevez le pain, vous n’allez pas aimer ce que vous allez voir», a lancé sur Twitter le représentant Emanuel Cleaver, président du groupe des élus noirs de la Chambre. Le porte-parole de la présidence, Jay Carney, a rejeté les critiques sur l’absence de nouvelles recettes fiscales, assurant qu’une commission spéciale bipartite créée par l’accord pourrait recommander des mesures telles que la suppression des subventions pour les compagnies pétrolières.

À droite, les élus proches de la mouvance ultraconservatrice du «tea party» ne sont pas satisfait non plus. Ils réclament des coupes drastiques dans les dépenses et s’opposent même, pour certains, à tout relèvement du plafond de la dette. Mais les poids lourds du parti ont tout fait pour que le texte soit voté. Le plan n’était «pas parfait» mais il va «commencer à changer la culture budgétaire ici à Washington», a plaidé le numéro deux républicain de la Chambre, Eric Cantor.

Un second round de négociations en novembre

Malgré l’adoption du texte par le Sénat ce mardi, les débats enflammés sur la dette promettent de durer. En effet, seul le premier round est clos: le plan, qui totalise 2400 milliards d’économies surdix ans, se déroulera en deux temps. Les détails du premier volet de la rigueur, compris entre 900 et 1000 milliards de dollars, ont certes déjà été négociées et n’est fondé que sur la baisse des dépenses, comme l’exigeaient les républicains.

Mais le second round se déroulera jusqu’au 23 novembre, lorsqu’une commission bipartite présentera ses proposition portant sur les 1500 milliards de dollars encore manquant pour boucler le plan d’économies.

Barack Obama veut

« remettre l’Amérique au travail »

Article de Hayat Gazzane, publié par le Figaro le 02/08/2011 à 20:40

Obama a exhorté les parlementaires à prendre des mesures pour stimuler l'économie.
Obama a exhorté les parlementaires à prendre des mesures pour stimuler l’économie. Crédits photo : JASON REED/REUTERS

La première page du débat sur la dette tournée,

le président américain appelle le Congrès

à faire de la relance économique sa priorité.

Après la dette, l’emploi. Dans une allocution à la Roseraie de la Maison-Blanche, ce mardi après l’adoption par le Congrès du compromis sur le relèvement du plafond de la dette, le président Barack Obama a exhorté les parlementaires à prendre des mesures pour stimuler l’économie. «Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire croître cette économie et remettre l’Amérique au travail», a affirmé le président, après avoir tancé le Congrès pour s’être lancé dans une guerre de tranchée sur les déficits et les dépenses publiques plutôt que de se concentrer sur le chômage, qui atteint 9,2%.Désormais, «tout le monde doit s’y mettre. Ce n’est que justice. C’est le principe pour lequel je vais me battre dans les prochaines phases de ce processus», a indiqué le président selon qui «on ne peut pas équilibrer le budget sur le dos de ceux-là même qui ont le plus souffert de la récession».

«Des mesures qui feront la différence»

Le travail des élus du Congrès débutera dès septembre. «Quand le Congrès rentrera de vacances, je l’inciterai à prendre immédiatement des mesures bipartites qui feront la différence», a déclaré Barack Obama. «Cela créera un climat dans lequel les entreprises pourront embaucher, les gens auront plus d’argent dans leurs poches et pourront le dépenser. Les gens qui sont au chômage pourront trouver de bons emplois. Nous devons commencer par plus d’allègements fiscaux pour les familles de la classe moyenne», a-t-il dit.

Les efforts devront d’ailleurs se poursuivre «dans les prochains mois». «Je vais aussi continuer à me battre pour ce qui importe le plus aux Américains : de nouveaux emplois, des salaires plus élevés et une croissance économique plus rapide», a-il ajouté.

«Assez parlé de la dette»

Au Sénat, immédiatement après le vote sur la dette, le chef de la majorité démocrate Harry Reid a fait écho au président: «Le travail numéro un du Congrès doit être de créer des emplois pour les Américains». Celui-ci a annoncé que le premier texte sur lequel le Sénat se pencherait à son retour de congés parlementaires serait justement un projet de loi sur les brevets, dont les démocrates espèrent tirer des créations d’emplois. Le sénateur démocrate, Charles Schumer, a ajouté qu’il était temps pour le Congrès de retourner à son programme, «c’est-à-dire l’emploi». «La voie est maintenant dégagée» pour un nouvel effort du Congrès sur l’emploi en septembre, a-t-il dit.

Côté Chambre, la chef de la minorité démocrate Nancy Pelosi a enfoncé le clou en lançant devant la presse: «Assez parlé de la dette. Nous devons parler d’emploi».

Les fraudeurs fourmillent d’idées selon TRACFIN et mettent sous pression les banques.

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Tracfin vient d’annoncer que les fraudes ont augmenté de 12% en 2010, soit un montant de + de 500 millions d’euros.
Tout est pris en compte, blanchiment (drogues), fraudes pyramidales, escroqueries financières, etc.

Dominique Moïsi, Un Juif improbable : le témoignage d’un citoyen européen

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Europe

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Attention à la désaffection envers l’Europe, bénéfice des notions identitaires et individualistes. L’Europe représente nos valeurs, notre passé et notre histoire… Ici vous trouverez un témoin de l’histoire qui s’est senti européen dès son plus jeune âge. Né post – 2nd Guerre Mondiale, d’une maman qui s’était convertie au catholicisme dès les années 30 et son père qui est revenu de la déportation allemande, fût finalement juif d

Quand, enfant, Dominique Moïsi eut l’âge d’apprendre à compter, il le fit en gravant dans sa mémoire 159721, les chiffres qui étaient tatoués sur le poignet de son père. Celui-ci avait survécu à Auschwitz, aux expériences médicales des Nazis, il vivrait. jusqu’à quatre-vingt-dix ans. Et il transmettrait à son fils un instinct de vie viscéral, son refus de jouer les Prophètes du malheur, et son amour pour la France, à la fois intense et torturé. Né au lendemain de la Libération, Dominique Moïsi a connu une carrière hors normes, courant d’une université à l’autre, sautant d’un continent à l’autre, défendant à Jérusalem et aux Etats-Unis l’idée que l’Europe n’était pas morte. Qu’il en était l’exemple paradoxal et convaincu. Ce récit résolument personnel devient bientôt le portrait d’une génération, celle de l’immédiate après-guerre qui doit lutter contre les fantômes de l’Histoire pour reconstruire un continent qui avait coulé. Un témoignage passionnant et moderne…

« Un juif improbable »,

de Dominique Moïsi :

comment devenir européen ?

 Ecrire ses Mémoires à 65 ans, lorsqu’on est ni un homme d’Etat ni un grand nom de la création artistique, est-ce bien raisonnable ? Dominique Moïsi, cofondateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et l’un des plus fins commentateurs des questions de politique étrangère, n’avait pas cette idée en tête lorsqu’il a entrepris ce livre : il voulait écrire sur l’Europe. Puis, à la réflexion, il s’est dit que raconter comment lui, Dominique Moïsi, était devenu européen serait sans doute la meilleure façon d’expliquer l’Europe.

Lui, c’est d’abord un petit garçon, fils unique, né à Paris au lendemain de la seconde guerre mondiale, d’un père juif rescapé d’Auschwitz, où il avait été envoyé sur dénonciation d’un collègue, et d’une mère juive convertie, adulte, au catholicisme.

Ce baby-boomer-là n’a pas l’optimisme radieux de ses contemporains d’outre-Atlantique, au contraire : il porte sur ses épaules le pesant secret de cette déportation dont son père mettra quarante ans à lui parler, une culture de l’art classique européen dans laquelle l’immerge très tôt sa mère et les interrogations d’une identité troublée.

Cette quête le mène, après de sages études au lycée Buffon et à Sciences Po, en Israël, où il va faire son doctorat à l’Université hébraïque de Jérusalem, sous la direction de Saul Friedländer.

  Saul Friedländer (né le 11 octobre 1932 à Prague) est un historien israélien spécialiste de la Shoah et du nazisme, auteur de nombreux ouvrages. Né sous le prénom de Pavel d’une famille juive parlant allemand, il a grandi en France. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses parents l’ont caché dans un orphelinat catholique, non loin de la frontière suisse, espérant eux-mêmes trouver refuge dans ce pays neutre ; mais les douaniers suisses les ont refoulés, car à ce moment-là (en 1942) la Suisse n’acceptait les réfugiés juifs que s’il s’agissait de familles avec des enfants en bas âge ou de femmes enceintes ; ayant laissé Pavel derrière eux, les parents Friedländer ne correspondaient pas aux critères d’admission et ils ont été renvoyés en France, puis déportés1. Saul Friedländer découvre bien plus tard que les couples avec des enfants de moins de 10 ans pouvaient passer, et que les autres étaient refoulés. Ses parents ne l’avaient pas emmené, pensant que c’était trop dangereux. S’il avait été là, tous auraient été sauvés. Dans l’institution catholique qui le cache, il devient Paul. Sans nouvelles de ses parents durant plusieurs années, Saul Friedländer a finalement appris en 1946 que ses parents disparus pendant la guerre étaient morts en déportation. Quand il arrive en Israël, en 1948, on lui demande s’il a un prénom hébreu. Comme il sait, grâce à son éducation catholique, que Saul, sur le chemin de Damas, était devenu Paul. il choisit Saul comme prénom. Après avoir obtenu un doctorat en Histoire à l’université de Genève, il s’est engagé activement dans les combats du mouvement sioniste en Israël en rejoignant les rangs de l’Irgoun.

Revenons à Interrogations identitaires

Mais Israël ne le conquiert pas. Car, entre-temps, il y a eu une rencontre avec Raymond Aron :

Raymond Aron
Philosophe occidental
xxe siècle
Raymond Aron en 1966
Raymond Aron en 1966

Raymond Claude Ferdinand Aron, né le 14 mars 1905 à Paris et mort le17 octobre 1983 dans la même ville, est un philosophesociologuepolitologue etjournaliste français, défenseur du libéralisme.D’abord ami et condisciple de Jean-Paul Sartre et Paul Nizan à l’École normale supérieure, il devient lors de la montée des totalitarismes un promoteur ardent du libéralisme, à contre-courant d’un milieu intellectuel pacifiste et de gauche alors dominant.

Pendant trente ans, il est éditorialiste au quotidien Le Figaro. Durant ses dernières années, il travaille à L’Express. Grâce à des compétences et des centres d’intérêt multiples – en économiesociologiephilosophiegéopolitique – il se distingue et acquiert une grande réputation auprès des intellectuels. Ses convictions libérales et atlantistes lui attirent de nombreuses critiques, venant des partisans de la gauche, comme de ceux de la droite.

Raymond Aron dénonce dans son ouvrage le plus connu, L’Opium des intellectuels, l’aveuglement et la bienveillance des intellectuels à l’égard des régimes communistes. Il garde néanmoins tout au long de sa vie un ton modéré. Il est un commentateur reconnu de Karl MarxCarl von ClausewitzKojève et Sartre.

Il est le père de Dominique Schnappersociologue nommée au Conseil constitutionnelen 2001.

Raymond Aron  deviendra le mentor du jeune étudiant Dominique Moïsi. Il y a eu aussi Harvard, grâce à une bourse Sachs providentielle, proposée par Roger-Gérard Schwartzenberg.

Roger-Gérard Schwartzenberg
Portrait Roger-Gérard Schwartzenberg.jpg


Mandats
Ministre de la Recherche
27 mars 2000 – 5 mai 2002

Roger-Gérard Schwartzenberg, né le 17 avril 1943 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), est un homme politique français, qui a été président du Mouvement des radicaux de gauche (MRG), aujourd’hui Parti radical de gauche (PRG), dont il est président d’honneur. Il a été député au Parlement européen (19791983), député à l’Assemblée nationale (19862007) et ministre (19831986 et 20002002). Par ailleurs, il est professeur à l’université Paris II (Panthéon-Assas).

Universitaire, Roger-Gérard Schwartzenberg a établi un double record. D’une part, il est agrégé de droit public dès l’âge de 25 ans, en 1968 : il est alors le plus jeune professeur de Faculté de France, en poste d’abord à Orléans. D’autre part, il est élu à 26 ans, en 1969, professeur à la Faculté de droit de Paris, (devenue Université Paris II Panthéon-Assas). Simultanément, il est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences po) de 1972 à 1983.

Spécialiste de science politique, il est l’auteur d’une dizaine de livres dont La campagne présidentielle de 1965 (1967), La guerre de succession ou l’élection présidentielle de 1969Sociologie politique (1971, 5e édition : 1998), L’État spectacle(1977), La Droite absolue (1981), La Politique mensonge (1998), 1788 : Essai sur la maldémocratie (2006), L’État spectacle 2 (2009).

Dans un article du Monde du 11 février 1981 (intitulé « Le triangle du pouvoir »), François Mitterrand le place « au premier rang de nos écrivains politiques ».

Au plan politique, il est président du Mouvement des radicaux de gauche (MRG) de 1981 à 1983, date à laquelle il entre au gouvernement.

Par ailleurs, il a créé l’Institut de la vision (dirigé par le Pr José Sahel), l’Institut de la longévité et du vieillissement (animé par le Pr Étienne-Émile Baulieu) et l’Institut des maladies rares (dirigé par le Pr Alain Fischer).

 

C’est paradoxalement en Amérique que Dominique Moïsi, qui sait parfaitement jouer de sa « french touch » dans les salons bostoniens, comprend que son identité profonde, ce n’est ni d’être français ni d’être juif, c’est d’être européen.

Dans les séminaires du Centre d’études européennes animé par Stanley Hoffmann,  citoyen français depuis 1947, il passe son enfance entre Paris et Nice, avant d’étudier à l’Institut d’études politiques de Paris, où il est major de la section Service public en 1948, à la faculté de Droit de Paris, puis à Harvard (étant donné l’impossibilité pour lui de passer de concours de l’ENA avant 1952, en raison des lois françaises sur la naturalisation). Il fait une carrière universitaire aux États-Unis et fonde notamment le Centre d’Etudes Européennes de Harvard en 1968. Stanley Hoffmann a également participé en tant qu’expert politique au film « le monde selon Bush » traitant des dérives de l’administration Bush après l’élection de ce dernier à la Maison Blanche en 2000.

Dominique Moïsi rencontre, au tout début des années 1970, des Britanniques, des Italiens et surtout des Allemands, que son statut d’enfant de déporté passionne. « Nous nous sentions tous différents des Américains, partageant des valeurs qui n’étaient pas tout à fait les leurs, écrit-il. Nous avions cessé d’être en guerre avec nous-mêmes, nous ne l’étions plus les uns avec les autres, nous ne traversions pas une crise existentielle aussi déprimante que celle qu’avait creusée la guerre du Vietnam chez les Américains. » A Harvard, il rencontre aussi celle qui deviendra sa femme, l’historienne Diana Pinto, (historienne italienne et ancienne consultante pour le Conseil de l’Europe. Elle est l’auteur de The Wager : Reconciling Europe and the Jewish World in the 21st Century), une juive italienne aux prises avec les mêmes interrogations identitaires, qu’elle affronte plus directement. A deux, ils seront plus européens. Plus forts.

Après cette découverte de l’Europe à distance, il lui est plus difficile de s’identifier à Israël. La guerre de Kippour confirme Dominique Moïsi dans son sentiment que ce pays ne peut indéfiniment exclure « l’autre, l’Arabe et le Palestinien » ; il en voit le symbole dans « l’incongruité » du drapeau blanc et bleu, frappé de l’étoile de David, orgueilleusement planté sur la paisible Jéricho.

C’est donc Raymond Aron qui va le recueillir, à Paris, pour le mettre sur les rails de l’IFRI, qui naît en 1979. Dix ans plus tard, la chute du mur de Berlin est pour lui comme l’aboutissement d’une longue quête, « la réconciliation, écrit-il, entre mes trois identités, française, européenne et juive ». Qui mène à la définition de l’Europe idéale de Dominique Moïsi : « A la complexité des identités doit répondre la clarté absolue des valeurs. » Finalement, l’autobiographie était une bonne idée.


UN JUIF IMPROBABLE de Dominique Moïsi. Flammarion, 349 p., 19 euros.

pour connaître la suite, cliquer sur le lien suivant :

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