Les Diallo une grande famille solidaire internationale – DSK a du souci à se faire jusqu’à la fin de sa vie.

Publié le

USA |  9 juillet 2011  |  Mise à jour le 10 juillet 2011

« Nafissatou nous a demandé de l’aide »

Maladho Diallo, président du Fouta Islamic Center, a été désigné porte-parole des Guinéens de New York à l’occasion de l’affaire DSK.

Pourquoi la communauté guinéenne est-elle restée si discrète jusque-là?
Parce que Nafissatou et son avocat Kenneth Thompson nous l’avaient expressément demandé. Thompson souhaitait piloter seul le dossier. Mardi dernier, après les fausses révélations du New York Post, qui l’accusait d’être une prostituée, Nafissatou a téléphoné à un des sages de la communauté pour nous demander de l’aide.

Qu’allez-vous faire?
Nous voulons empêcher par tous les moyens le procureur Cyrus Vance de classer cette affaire. Nous ne savons pas ce qui s’est passé entre Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn dans cette chambre d’hôtel. Il dit qu’il n’a rien fait mais elle continue d’affirmer qu’elle a été violée. Elle a donc droit à un procès.

Mais quelles actions envisagez-vous?
Nous nous organisons avec d’autres groupes pour mener des actions communes. Nous avons déjà le soutien du United African Congress, qui défend les intérêts des immigrés africains dans tout le pays. Plusieurs associations féministes nous ont aussi contactés pour nous assurer de leur coopération. Si Vance renonce, nous mobiliserons ces troupes pour manifester sans relâche devant son bureau.

Avez-vous perdu confiance en la justice américaine?
Pas du tout. Nous sommes au contraire fiers de cette justice. En tant que Guinéens, persécutés dans notre pays, nous savons que nous n’aurions pas les mêmes droits à Conakry. Ce que je déplore, c’est l’attitude de ce procureur, qui ne pense qu’à sa carrière, qui aujourd’hui a peur pour son avenir politique…

Les mensonges passés de Nafissatou Diallo n’incitent guère à la croire…
Elle a menti pour avoir l’asile en disant qu’elle avait été violée ? Et ce n’est pas bien ? Mais dans mon pays les femmes peules vivent avec cette angoisse. Le 28 septembre 2009, une centaine d’entre elles ont été violées en plein jour dans un stade de Conakry par des militaires. Les Peuls sont victimes d’une répression politique qui sera reconnue un jour comme un crime contre l’humanité. L’ONU s’est saisie de ce dossier. Oui, Nafissatou Diallo a menti pour échapper à un destin tragique. Elles sont nombreuses à avoir agit de même. Cela ne fait pas d’elle une mauvaise personne…

Il y a d’autres mensonges, moins nobles…
Je viens du même village qu’elle. Nafissatou est une paysanne qui n’a reçu aucune instruction. Elle a été mariée à 15 ans. Son mari est mort et elle s’est retrouvée propulsée à New York. Je suis persuadé qu’elle est tombée sous la coupe de personnes peu fréquentables. Comme elle est naïve, elle a accepté de recevoir sur son compte de l’argent dont elle ne connaissait pas la provenance. C’est, en tout cas, ce qu’elle a dit aux représentants de la communauté pour expliquer ces mouvements financiers. Aurait-elle continué à travailler comme elle travaillait et à vivre dans son immeuble miteux si elle avait eu autant de moyens ? Nous la croyons, et c’est pour cela que nous la défendons. Et dans tous les cas, aucun de ces éléments ne permet de dire si elle a été violée ou non… Il faut attendre les résultats de l’enquête de police et le procès pour connaître la vérité.

Tout savoir en cliquant sur le lien suivant : http://www.lejdd.fr/International/USA/Actualite/Nafissatou-nous-a-demande-de-l-aide-interview-355585/?from=headlines

 Paru dans le JDD USA |  le 25 juin 2011  |  Mise à jour le 26 juin 2011

« Nafissatou pleure tous les jours depuis un mois »

EXCLUSIF. Mamadou Diallo, le frère de Nafissatou, parle au JDD.

Une petite maison de brique rouge dans un lotissement de la banlieue d’Indianapolis. L’herbe plus verte et mieux tondue qu’à côté donne à la résidence un semblant d’opulence. C’est dans ce quartier que vit la communauté africaine de l’Indiana. Des Sénégalais, des Maliens, des Guinéens… Ils sont chauffeurs de taxi, petits commerçants, conducteurs de bus. Mamadou Diallo, le frère de Nafissatou, l’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn, a emménagé ici il y a quelques mois. Ancien chauffeur routier reconverti dans le taxi, il ne travaille plus depuis trois semaines. Un sérieux accident de voiture lui a brisé le dos. Âgé de 53 ans, il a quitté la Guinée en 1975, puis atterri aux États-Unis en 1988, à 31 ans. Après New York et Chicago, il a choisi de s’installer ici, dans la capitale de l’Indiana, l’État des grandes plantations de maïs, pour sa tranquillité et pour l’éducation de ces cinq enfants.

Vendredi, peu après 15 heures, Mamadou Diallo rentre de la mosquée avec ses deux plus jeunes fils, âgés de 2 et 5 ans. Ils portent la djellaba. Devant les palissades en bois qui protègent son jardinet, l’homme parle d’abord avec réticence. « Oui, je suis le frère de Nafissatou. Mais je n’ai rien à dire de cette histoire. Je vis loin de New York », lâche-t-il du bout des lèvres. Contrairement à beaucoup de Guinéens, Mamadou Diallo ne parle pas français car il n’a jamais été à l’école. Il a découvert l’anglais en arrivant aux États-Unis. Puis, finalement, il ouvre sa porte. Dans son village, on ne laisse pas les inconnus dehors. Sa femme sert un plat de riz et de viande en sauce et s’assied sur une chaise, écoutant en silence et surveillant les enfants du coin de l’œil. Une des filles lit ses devoirs et les deux garçons tapent dans un ballon devant la chaîne Disney Channel.

Avec fierté, le père de famille raconte l’éducation donnée par son propre père, « un homme très respecté ». Dans le village de Tchiakoullé, le patriarche était fermier, mais aussi marabout et imam. Il avait apparemment « beaucoup d’enfants » (« Je n’arrive pas à compter », indique Mamadou), et deux familles dans deux maisons différentes. Mamadou Diallo veut transmettre la même éducation à ses propres enfants. Deux de ses filles viennent de terminer le collège. Il espère qu’elles iront à l’université pour avoir un bon métier. Mais ce qui lui donne le plus de satisfaction, c’est leur foi en l’islam. Il va chercher dans le placard cinq corans reliés en cuir. « Ma fille de 11 ans vient de terminer la lecture du Coran » dit-il en en montrant un ouvrage épais écrit en arabe.

Pour Mamadou, « l’affaire », c’est avant tout l’honneur perdu des Diallo. : « Pourquoi notre famille est-elle frappée par une telle malédiction? », s’interroge-t-il sans cesse. Pas facile d’évoquer le sujet. Il se laisse tomber sur le canapé, les larmes aux yeux. Comme si les événements du Sofitel avaient tout ruiné. Comme si rien ne pourrait jamais « laver l’affront »… Le procès? D’éventuelles indemnités? Mamadou Diallo ne semble pas intéressé, presque méfiant. Comme si, au fond de lui-même, il aurait préféré que sa sœur ne parle jamais de cette histoire. Puis tout à coup, il s’emporte contre « l’homme » de la chambre d’hôtel. « Un animal », lâche-t-il, laissant transparaître, avant de la rentrer de nouveau, toute l’étendue de sa colère.

Comment avez-vous appris que votre sœur Nafissatou était au cœur d’une affaire de viol?
Je l’ai appris quatre jours après le drame. Quelqu’un de la communauté guinéenne du Bronx m’a appelé et m’a raconté ce qui lui était arrivé.

Mais on ne parlait que d’elle à la télévision…
J’avais entendu l’histoire, mais le nom de ma sœur n’était pas donné. Je ne savais même pas qui était le monsieur…

Une Guinéenne, employée du Sofitel… Cela ne vous a pas inquiété?
Je savais que Nafissatou avait trouvé un emploi dans un hôtel de Manhattan, mais pas exactement où.

Quels sont vos rapports avec elle?
C’est ma demi-sœur. Nous avons le même père, mais pas la même mère. J’ai quitté le village en 1975, je n’avais pas 20 ans, et je suis passé dans plusieurs pays africains. Elle n’était pas encore née. Ensuite, je l’ai vue lorsque je retournais en Afrique pour quelques jours de vacances… Mais ces voyages étaient très espacés. Je suis arrivé aux États-Unis en 1988, j’avais 31 ans, et la première fois j’ai attendu neuf ans pour retourner au village.

L’avez-vous vue depuis l’affaire du 15 mai dernier?
Je suis allé dans le Bronx le 19 mai pour la voir. C’est Hassanatou, ma sœur qui vit à New York, qui s’occupe d’elle. Je lui téléphone pour prendre de ses nouvelles.

Comment va-t-elle?
Elle va très mal. Nafissatou pleure tous les jours depuis un mois. Jamais elle ne pourra oublier ce qui s’est passé.

Qu’allez-vous faire pour elle? L’aider à quitter New York?
Que puis-je faire pour elle? Sa vie est détruite. Elle est finie. Il n’y a plus rien à faire pour elle. Il n’y a plus qu’Allah qui puisse faire quelque chose pour Nafissatou. Son honneur est sali. Comme celui de tout notre village.

Estimez-vous qu’elle puisse avoir une part de responsabilité?
Je n’étais pas dans cet hôtel. Je ne sais pas ce qui s’est passé là-bas. Il n’y a que l’homme, Nafissatou et Dieu qui connaissent la vérité. Au fond de mon cœur, je pense que ma sœur dit la vérité. C’est une femme pieuse qui est incapable de faire du mal aux autres. Elle est timide et travailleuse. C’est une bonne musulmane.

Pourtant, vous semblez la connaître peu…
Je sais quelle a été son éducation. Notre père était un marabout et un imam. Il a élevé tous ses enfants dans la religion et le respect des autres. Nous ne sommes pas allés à l’école. Mais il a appris le Coran à chacun d’entre nous. À Nafissatou comme aux autres. Elle fait ses prières tous les jours. Pendant le ramadan, elle donne de l’argent aux pauvres alors qu’elle est pauvre elle-même. Chaque fois que je lui téléphone pour lui demander d’envoyer de l’argent au village, pour un mariage, un malheur, elle le fait immédiatement.

Alors pourquoi la considérer comme « finie »?
C’est une honte terrible pour notre famille. On parle de cette histoire dans le monde entier. C’est une honte terrible pour moi. Jamais aucun d’entre nous n’a fait de mal à qui que ce soit sur cette terre. Je ne comprends pas pourquoi ce malheur nous arrive à nous. Cet hôtel n’était pas fait pour elle. L’argent n’est pas tout dans la vie. Il y a des choses plus importantes. Avant, elle travaillait avec la femme d’un Gambien du Bronx dans un restaurant familial. Elle gagnait moins, mais c’était mieux pour elle.

L’avez-vous aidée à choisir son avocat?
Non. C’est ma sœur et des membres de la communauté qui l’ont choisi. Ce sont des histoires compliquées. Certains veulent exploiter notre malheur.

Que pensez-vous du procès à venir?
Je soutiendrai ma sœur, car elle est ma sœur. Mais je ne suis pas très intéressé par ce procès. Allah sait. Il a déjà jugé.

Marie-Christine Tabet, envoyée spéciale à Indianapolis – Le Journal du Dimanche 

Tout savoir en cliquant sur le lien suivant : http://www.lejdd.fr/International/USA/Actualite/Affaire-DSK-Mamadou-Diallo-le-frere-de-Nafissatou-parle-au-JDD.-339661/

Les Diallo une grande famille solidaire internationale – DSK n’aurai pas dû toucher Nafissatou , la prendre comme maîtresse ou s’en séparer.

International |  3 juillet 2011

Pourquoi DSK ne sera jamais jugé

Le très virulent procureur Cyrus Vance Jr se retrouve piégé par les mensonges de la femme de chambre du Sofitel. Un procès ne pourrait que virer au fiasco pour lui. Mieux vaut se résoudre au non-lieu.

Même Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, n’y croit plus. « Nous pensons que le procureur du district pose les fondements d’un non-lieu », a déclaré vendredi à la presse la star du barreau. Autrement dit, il n’y aura sans doute jamais de procès de Dominique Strauss-Kahn. Certes, la justice de New York maintien, à l’heure qu’il est, ses accusations contre l’ancien patron du FMI. Certes, Thompson tente toujours de soutenir sa cliente, répétant que celle-ci a bien été violée, donnant même des détails, très  crus, sur l’agression supposée : le ligament de l’épaule froissé, les seins empoignés, le vagin écorché, des bas arrachés…

Mais en dévoilant ces blessures, Thompson montre qu’il mise, lui aussi, sur une issue très rapide du procès pénal. « Son agressivité a pour but de faire peur à DSK, décrypte Ron Soffer, avocat inscrit au bureau de New York et de Paris. Il veut faire croire qu’il peut toujours engager des poursuites au civil. Il essaie aussi sans doute de préparer un arrangement financier secret avec la défense. Même si Strauss-Kahn est innocenté pénalement, il n’aura pas très envie de revenir dans six mois s’expliquer devant un tribunal sur l’épisode de la suite 2806 ».

L’abandon pur et simple des poursuites?

De l’avis général ou presque, DSK ne sera donc jamais jugé pour viol. Aux mesures décidées vendredi (caution rendue, bracelet électronique ôté mais passeport conservé),  devrait bientôt succéder une autre, bien plus symbolique: le non-lieu. « Beaucoup de chapitres de cette affaire extraordinaire restent à écrire, mais si les poursuites sont abandonnées, cela montrera que la justice fonctionne, estime l’ancien procureur Jacob Frenkel, chargé de délits de droit commun à La Nouvelle-Orléans. Il vaut mieux ne pas poursuivre un dossier insuffisamment solide que de condamner un innocent ». Spécialiste des questions de justice sur la chaîne d’information continue CNN, l’ancien procureur adjoint Jeffrey Toobin ajoute : « Je crois qu’à ce stade, cette affaire va se terminer par un non-lieu. Il est difficile d’imaginer un procès où le témoin principal apparaît comme une fieffée menteuse. Je n’ai jamais vu une chose pareille, cette journée est l’une des plus extraordinaires de l’histoire de la justice criminelle des États-Unis ».

Quand bien même Nafissatou Diallo aurait dit la vérité sur la seule agression sexuelle, comment imaginer, vu les derniers coups de théâtre, qu’un jury condamnerait Dominique Strauss-Kahn? « S’il y a procès, cette femme sera réduite en charpie lors des contre-interrogatoires », prédit Jacob Frenkel. L’accusation a désormais trois choix : continuer les poursuites avec une forte probabilité de perdre un procès où le jury ne sera jamais unanime ; poursuivre l’affaire en réduisant l’importance des chefs d’inculpation ; abandonner purement et simplement les poursuites. Aux yeux de tous, cette dernière hypothèse s’impose désormais. Pour l’accusation, la crédibilité du témoin est un effet la clé de voûte de la procédure. « Le travail de l’accusation est de présenter au tribunal un dossier dans lequel la culpabilité de l’inculpé est probable, sans doute raisonnable », raconte Ron Soffer. « Là, on est très loin du compte ».

Le procureur a d’ailleurs déjà officiellement reconnu ses erreurs. Car, fait paradoxal, ce ne sont pas les dizaines de détectives privés recrutés par la défense qui ont apporté les éléments accablants pour l’accusatrice mais bel et bien le procureur lui-même. Après avoir défendu avec force pendant plus d’un mois le récit « crédible » de la victime  présumée, Cyrus Vance Jr. a ainsi dû communiquer à la défense des éléments d’enquête pouvant se révéler disculpatoires, comme l’y oblige la loi américaine.

« Il n’y a pas eu d’enquête suffisante »

Vendredi à l’issue de l’audience, le visage fermé et le teint blanc, il a reconnu devant les journalistes que si les preuves matérielles (ADN et vidéos) ne remettaient pas en cause le rapport sexuel entre l’ex-directeur du FMI et la femme de chambre du Sofitel, la parole de l’accusatrice n’était plus « crédible ». Élu avec 91% des voix, le procureur est désormais dans l’oeil du cyclone. Plusieurs experts estiment que l’arrestation de DSK, le 14mai, est survenue trop rapidement après les faits. « Il n’y a donc pas eu d’enquête  suffisante, c’est inhabituel mais c’était dû au fait que Dominique Strauss-Kahn allait quitter le pays, il fallait agir vite », souligne l’un d’entre eux. Cela dit, le procureur Cyrus Vance aurait dû, de l’avis général, se dispenser de déclarer à la presse, comme il l’a fait, qu’il existait des preuves très sérieuses étayant les faits. « Il a tiré des conclusions trop rapides, il s’est laissé emporter par la frénésie médiatique », estime Jacob Frenkel.

« Tout ceci n’est pas bon pour le procureur Cyrus Vance, reconnaît le juriste Alex Reinert. Son bureau a déjà perdu récemment dans une affaire de viol présumé d’une femme par deux policiers qui ont été innocentés. Cette nouvelle affaire était très importante pour sa carrière et il ne peut pas se permettre de la perdre ». Conclusion : mieux vaut abandonner les poursuites que de risquer une Berezina devant le tribunal. Certains spécialistes, comme l’avocat et ancien procureur de la Sex Crime Unit (l’unité chargée de
l’enquête dans l’affaire DSK) Matthew Galluzzo, imaginent désormais un non-lieu qui pourrait être prononcé avant même la prochaine audience, prévue le 18 juillet. Ensuite, une fois blanchi, Strauss-Kahn pourrait contre-attaquer, se retourner contre la ville de New York et lui intenter un procès en dommages et intérêts. L’ultime chapitre d’une affaire judiciaire folle et unique dans l’histoire.


 La double vie de Nafissatou Diallo 

International |  3 juillet 2011

La double vie de Nafissatou Diallo

La femme de chambre du Sofitel a téléphoné, le lendemain de l’agression dont elle se dit victime, à un trafiquant de drogue… qui se révèle être son second mari.

« Ne t’inquiète pas. Ce type a plein de fric, je sais ce que je fais… » En moins de 48 heures, cette phrase prononcée par l’accusatrice de Dominique Strauss-Kahn a fait basculer l’affaire DSK. Mercredi dernier, le procureur de New York, Cyrus Vance, reçoit sur son bureau la traduction en anglais d’une conversation en fulani, un dialecte africain, entre un trafiquant de drogue et Nafissatou Diallo. Cette communication a été enregistrée le 15 mai dernier au standard d’une prison d’Arizona. La veille, la jeune Guinéenne de 32 ans, employée comme femme de chambre au Sofitel de Times Square, avait accusé DSK de l’avoir agressée sexuellement dans la suite 2806 de l’hôtel…

Tout d’abord révélées par le New York Times, ces informations ont été implicitement confirmées par l’équipe de Cyrus Vance, reconnaissant à la barre du tribunal de New York, vendredi, devant le juge Michael Obus, que « le contexte de l’affaire [avait] changé », le « témoin exemplaire » de l’accusation s’étant révélé peu « crédible ». Selon nos informations, ce prisonnier est en réalité le second « mari » de Nafissatou Diallo. Il s’agit d’un Gambien, rencontré dans le Bronx, qu’elle a épousé religieusement il y a un peu plus d’un an. Le mariage n’a pas encore été transcrit dans les registres d’état civil américains. La pratique est courante dans les communautés de la diaspora africaine. Selon la coutume, les jeunes époux n’ont pas fait le voyage en Afrique pour célébrer le mariage. « Nafissatou a choisi seule cet homme », confie un membre de sa famille. « Elle nous a dit qu’il avait été emprisonné pour des problèmes d’immigration, de papiers et de travail illégal. Jamais elle n’a parlé d’affaires de drogue. Nous avons découvert cela dans les journaux ».

« J’ai honte et je suis perdu »

Pour la communauté africaine du nord-est du Bronx, c’est « ce Gambien » qui a profité de la « naïveté » de Nafissatou. « Elle n’avait pas changé de train de vie, poursuit son parent. Elle continuait à travailler comme avant et à s’occuper de sa fille très correctement. C’est une bonne élève qui a fini son high school ». Son demi-frère dans l’Indiana, que le JDD avait interviewé la semaine dernière, maintient ses déclarations : « Je n’étais pas dans cet hôtel, mais ce que je sais d’elle n’a rien à voir avec tout cela. J’ai honte et je suis perdu ». L’accusatrice sans visage de DSK en possède en fait de multiples. Pour ses collègues du Sofitel, elle reste une employée modèle qui n’a jamais posé le moindre problème. Samedi soir, Miranda (*), une femme de chambre d’origine hispanique, confiait en grillant une cigarette devant l’entrée du personnel du Sofitel : « Nous n’arrivons pas à croire à toutes ces histoires, cela ressemble tellement peu à l’image que nous avions d’elle. Ce n’est pas du tout la fille qui se fait remarquer. Quand elle bavardait, c’était pour parler de sa gamine ». C’est cette réputation sans tâche qui avait conduit le puissant syndicat des femmes de chambres à la soutenir publiquement, allant même jusqu’à organiser une démonstration de force devant les marches du tribunal.

Pourtant, Nafissatou, élevée dans une famille religieuse des plateaux de haute Guinée, mariée à 16 ans et ayant appris le coran avec son père à l’âge de 11 ans, comme tous ses frères et sœurs, semble bien avoir eu une double vie. La première pour son employeur, ses collègues et sa pieuse communauté ; la seconde avec un homme aux troubles activités. Lorsque la jeune femme est arrivée aux États-Unis, elle a rapidement obtenu le statut de réfugiée politique. C’est sa grande sœur, Hassanatou, mariée à un chauffeur de taxi du Bronx, qui a organisé sa venue. À l’époque, Nafissatou avait déjà quitté son village de Tchiakioullé pour vivre avec sa fille à Conakry sous la protection d’un de ses frères. Son mari était mort au village d’une « longue maladie ». Samedi, devant la mosquée, les hommes qui s’étaient attardés pour palabrer entre deux prières évoquaient « un homme jeune, probablement emporté par le sida ». Débarquant à New York, la jeune femme livre aux enquêteurs de la police de l’immigration une histoire de persécutions politiques et de tortures ayant entraîné la mort de son époux. « Il n’y a pas 36 façons d’obtenir une carte de réfugiée aux États-Unis », raconte un cadre de l’Ofpra. « Les hommes doivent convaincre qu’ils ont été victimes de sévices personnels en raison de leurs opinions, les femmes comme Nafissatou qu’elles ont été violées ou qu’elles refusaient l’excision pour elles ou leurs filles. C’est la protection subsidiaire ».

Nafissatou a fini par avouer aux enquêteurs qu’elle avait récité devant les officiers américains un scénario appris par cœur en visionnant une cassette vidéo… Cette pratique, qui peut lui valoir d’être poursuivie pour parjure, est monnaie courante parmi les demandeurs d’asile. La plupart d’entre eux ont, en effet, beaucoup de mal à prouver les sévices qu’ils ont éventuellement subis. Au cours de ces premières années dans le Bronx, Nafissatou a vécu chez sa sœur Hassanatou, qui y possède un grand appartement. Elle travaillait alors dans le magasin de son beau-frère Abdoulaye. L’établissement a brûlé. Nafissatou a ensuite commencé un petit boulot à l’African American Restaurant.

Un job à 24 dollars de l’heure

C’est à ce moment-là qu’elle s’installe, seule, dans un appartement loué par une femme africaine. Elle aurait vécu là avec son nouvel « époux » gambien, avant qu’il ne soit incarcéré. Puis elle a quitté son travail du Bronx pour le Sofitel de Times Square, un job à 24 dollars de l’heure qui lui procurait la Sécurité sociale gratuite. À la faveur de cette évolution professionnelle, elle prend discrètement ses distances avec sa communauté et sa famille. C’est également à partir de cette date qu’elle prend ses habitudes dans le restaurant de Blake Diallo, un Sénégalais qui s’est d’abord présenté comme son frère et lui a trouvé son premier avocat, Jeffrey Shapiro. « Nafissatou continuait à verser de l’argent tous les mois pour le village », affirment toutefois Souleymane Diallo, président de l’association des Guinéens, et son demi-frère Mamadou.

C’est l’affaire du Sofitel qui a resserré les liens de la famille. Mamadou, exilé dans l’Indiana pour assurer le bien-être de ses filles ; Hassanatou, la grande sœur du Bronx, et les principaux membres de la communauté se sont retrouvés le 19 mai dernier dans une sorte de conseil, selon le principe de l’arbre à palabres, pour trancher le cas de Nafissatou. Avant cela, la communauté avait conduit une petite enquête qui n’avait rien laissé paraître d’une double vie. « Je suis même allé au Sofitel pour interroger ses collègues », avoue Souleymane Diallo. Rassurés, ils avaient décidé de la soutenir envers et contre tout, préférant taire son deuxième mariage et protégeant son identité. L’imam avait demandé aux fidèles de la mosquée de garder le silence pour protéger une famille au-dessus de tout soupçon. Depuis vendredi, dans le Bronx, les certitudes vacillent.

 

LES MENSONGES D’UNE FEMME DE CHAMBRE

Son emploi du temps après le viol présumé : à « de multiples reprises », la plaignante avait déclaré aux enquêteurs puis au grand jury qu’elle avait attendu, cachée dans le couloir, que DSK sorte de sa suite pour dénoncer les faits. Or, après avoir été agressée, elle a nettoyé une chambre de l’étage puis est retournée dans la suite de DSK avant d’aller se plaindre à sa supérieure.

Sa demande d’asile : dans le formulaire daté de décembre 2004, la Guinéenne raconte comment son époux a été battu, arrêté et emprisonné par les forces de l’ordre avant de mourir en prison des suites de mauvais traitements. Des faits qu’elle a admis depuis avoir inventés.

Ses déclarations d’impôt :depuis deux ans, la victime présumée déclarait à sa charge la garde de l’enfant d’une amie en plus de celle de sa propre fille. Elle a également admis avoir falsifié ses revenus afin de garder son logement.

Ses téléphones portables : lors de l’enquête, il est apparu qu’elle payait chaque mois plusieurs centaines de dollars à cinq compagnies de téléphone mobile différentes, alors qu’elle soutenait n’avoir qu’un seul appareil.

Un précédent viol : durant plusieurs auditions, Nafissatou Diallo a affirmé avoir été victime d’un viol collectif en Guinée avant d’admettre que cette agression n’avait jamais eu lieu. Elle aurait bien été victime d’un viol dans son pays natal mais dans d’autres circonstances.

Alexandra Geneste (à New York)

Tout savoir en cliquant sur le lien suivant : http://www.lejdd.fr/International/Actualite/Affaire-DSK-le-trafiquant-de-drogue-est-le-second-mari-de-Nafissatou-Diallo-352485/


Suivez l’évolution de l’affaire DSK en direct sur leJDD.fr 

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À propos de Maï SALAÜN

Tous les grands qui ont réussi dans le passé ont été des visionnaires, des hommes et des femmes qui se sont projetés dans l'avenir. Ils ont pensé à ce qu'ils pourraient être, plutôt qu'à ce qu'ils étaient déjà et ensuite, ils se sont mis en action pour faire de leur vision une réalité. Femme libre indépendante intolérante indécente incandescente. Une extrémiste de l amour et totalement conformiste sur la vie avec une arme de destruction massive : le facteur travail. J'ai les goûts les plus simples du monde, je ne me contente que du meilleur.

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