La Banque populaire de Chine ou BCC annonce qu’elle va relevé 30 milliards de fonds de réserve, pendant qu’en Europe et en Amérique on tente de fuir nos dettes. Voulez-vous « acheter » une île en Chine ? Maï SALAÜN

Publié le
Aval européen pour accroître de 30 milliards le fonds de garantie
12:31 La commission européenne a autorisé l’augmentation de capital de 30 milliards d’euros du fonds de garantie afin d’apporter un soutien aux banques grecques.
Vendredi 7 janvier 2011

La tournée européenne du vice-premier ministre chinois, qui a débuté en Espagne le 4 janvier, s’est prolongée en Allemagne et s’achève au Royaume uni le 12 janvier, relance le débat sur l’indépendance financière de l’Union face à la Chine.

Petit résumé de la situation :

– D’un côté, l’Europe

avec une dette publique qui s’élevait en 2009 à 8 720 milliards d’euros (données Eurostat 15/11/10 pour l’UE des 27) et à 7 092 milliards pour les seuls pays de la zone euro (16 devenus 17 depuis l’entrée de l’Estonie le 1er janvier).

– De l’autre, la Chine

avec des réserves de change de 2 648 milliards de dollars (fin septembre), l’équivalent du PIB français en 2009, et près de la moitié du PIB chinois (un record mondial !). Ces réserves de change détenues par la banque centrale de Chine (BCC) représentent 30% des réserves de change mondiales, sans compter les centaines de milliards détenus par ses fonds souverains[1].

25% de la dette européenne serait détenue par des non-résidents (dont la moitié par les Américains et les Chinois).

La Chine est le premier créancier des Etats Unis, elle détient 10% de la dette américaine (907 milliards de dollars, fin octobre 2010). Elle détiendrait également 7% de la dette publique des Etats européens (soit 630 milliards d’euros).

Depuis quelques mois les discussions se multiplient entre la Chine et les Etats européens les plus endettés qui voient dans le géant chinois un prêteur de choix.

Grèce : 4 à 5 milliards d’euros, la Chine a promis de racheter une part des emprunts grecs quand ils seront de nouveau disponibles sur les marchés

Portugal : 5 milliards d’obligations achetées par la Chine au premier trimestre 2011

Espagne : environ 100 millions d’euros et une promesse de 6 milliards en janvier

Belgique, Hongrie, Italie : discussions en cours…

La présence de la Chine en Europe se fait de plus en plus visible : multiplication des visites diplomatiques, développement des échanges commerciaux, accroissement des investissements directs …

La Chine mise sur l’Europe : son marché, ses technologies, son influence…

Grâce à cette politique du « carnet de chèques », la Chine avance ses pions et trouve de nouveaux alliés plus favorables à ses intérêts : levée de l’embargo sur les armes, qualification de la Chine en « économie de marché », limitation du protectionnisme douanier, tolérance sur le niveau du yuan….


[1] SAFE Investment Company, (State Administration of Foreign Exchange)

CIC (China investment corporation)

CADF (China – Africa development fund)

HKMA (Hong Kong Monetary Authority Investment Portfolio)

NSFF (National Social Security Fund)…

Sur le même sujet : La Chine au chevet de la zone euro

Par cestpasduchinois Publié dans : info du jour
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La Banque populaire de Chine ou BPC (en caractère chinois simplifiés 中国人民银行, Zhōngguó Rénmín Yínháng) est la banque centrale de de la République populaire de Chine. C’est l’institution financière qui, entre autres, émet les billets et pièces en circulation dans la République populaire de Chine, à l’exception de Hong Kong ; etMacao, et dont la devise est le yuan ou renminbi. Jusqu’en 1978, c’était la seule banque de la République populaire. Son rôle a par la suite évolué vers celui d’une banque centrale. Toutefois, un certain nombre d’activités, notamment la gestion desréserves de change, sont confiées à un autre organisme connu internationalement sous le nom de State Administration of Foreign Exchange.

Le président de la BPC est nommé par le premier ministre et approuvé par l’Assemblée nationale populaire. Il est membre du Conseil des affaires de l’État.

Histoire

La Banque populaire de Chine est créé en 1948, dans le Hebei. Après la proclamation de la République populaire, la banque est transférée à Pékin.

La France étant le prochain pays en faillite après la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Portuage, l’Espagne. Le suivant après La France : l’ Allemagne

Nouveau tour de vis de la Banque centrale chinoise

La banque centrale chinoise va relever pour la quatrième fois cette année le coefficient des réserves obligatoires des banques, de 50 points de base, poursuivant son tour de vis monétaire pour lutter contre l'inflation. Cette mesure, qui porte le ratio de réserves requises à un plus haut record de 20,5%, entrera en vigueur le 21 avril. /Photo d'archives/REUTERS
 (c) ReutersLa banque centrale chinoise va relever pour la quatrième fois cette année le coefficient des réserves obligatoires des banques, de 50 points de base, poursuivant son tour de vis monétaire pour lutter contre l’inflation. Cette mesure, qui porte le ratio de réserves requises à un plus haut record de 20,5%, entrera en vigueur le 21 avril. /Photo d’archives/REUTERS (c) Reuters

PEKIN (Reuters) – La Banque centrale chinoise (PBOC) a annoncé dimanche le relèvement de 50 points de base du ratio de réserves obligatoires des banques, pour la septième fois depuis le mois d’octobre.

Le ratio de réserves obligatoires des plus importantes banques chinoises est ainsi porté à 20,5% et cette hausse marque un nouveau jalon dans le durcissement de la politique monétaire de la PBOC qui s’efforce de juguler l’inflation et la surchauffe.

Quelque 350 milliards de yuans supplémentaires (37 milliards d’euros) seront bloqués dans les caisses des établissements bancaires.

Dans un court communiqué publié sur son site internet, la PBOC précise que la mesure sera mise en oeuvre dès le 21 avril.

« Cette hausse s’inscrit dans les mesures de durcissement de la banque centrale », a souligné Lin Songli, économiste de Guosen Securities à Pékin.

« Le PIB du T1 montre que l’économie prise dans son ensemble va bien, il reste encore de la marge pour des durcissements. »

Depuis octobre, la banque centrale n’a pas seulement relevé les ratios de réserves, elle a également revu à la hausse le loyer de l’argent par quatre reprises, a mis en place des mesures strictes de contrôle des prix sur certaines matières premières tout en combattant la spéculation foncière.

L’inflation, conséquence de la hausse des cours des matières premières et de l’abondance de liquidités continue toutefois de pénaliser la deuxième économie mondiale.

Les chiffres de mars ont montré que les prix ont progressé le mois dernier de 5,4% l’an, un rythme sans précédent depuis juillet 2008.

En janvier et février la hausse des prix, en rythme annuel là encore, était ressortie par deux fois à 4,9%.

Don Durfee et Sally Huang, Nicolas Delame pour le service français

Chine: les réserves de change explosent

AFP
14/04/2011 | Mise à jour : 11:27 Réagir 

Les réserves de change de la Chine, les plus importantes au monde, ont atteint 3.044,7 milliards de dollars fin mars, a rapporté jeudi la banque centrale chinoise sur son site internet. Leur montant, qui atteignait déjà un record fin 2010 à 2.847 milliards de dollars a augmenté de 24,4% sur an, a précisé la banque centrale. L’accumulation colossale de ses réserves de changes par Pékin reflète le déséquilibre des échanges extérieurs du pays.

La Chine maintient administrativement son taux de change à un niveau très bas, ce qui favorise ses exportateurs, tandis que l’afflux de capitaux dans le pays gonfle la masse monétaire et crée de l’inflation. L’excédent commercial de la Chine s’est élevé l’an dernier à 183 milliards de dollars, un peu moins qu’en 2009. Selon les analystes, ces réserves de la Chine sont encore massivement en dollars, la Chine étant le premier créancier des Etats-Unis devant le Japon.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/14/97002-20110414FILWWW00493-chine-les-reserves-de-change-explosent.php

Quand la Chine rachète le monde

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Par Ghislain de MontalembertSophie Roquelle
28/01/2011 | Mise à jour : 18:22 Réactions (240) 

Richissimes et décomplexés, les enfants de Mao prennent leur revanche. Entreprises, terres, ports, dettes : leur boulimie est sans limites. Et si la Chine devenait la première puissance mondiale d’ici à dix ans ?

Jacob Wood, né à Shanghaï il y a 60 ans, a bâti un petit empire industriel au Nigeria. Pas à pas, la Chine étend son emprise sur l'Afrique. (Paolo Woods)
Jacob Wood, né à Shanghaï il y a 60 ans, a bâti un petit empire industriel au Nigeria. Pas à pas, la Chine étend son emprise sur l’Afrique. (Paolo Woods)

C’est le dîner où il fallait être. Près de 300 personnalités du monde des affaires et de la finance, dont le ministre de l’Economie Christine Lagarde, se pressaient le 18 janvier au Palais Brongniart, à l’invitation de M. Jiang Jianqing. Pas question de snober l’ouverture de la succursale française de la plus grande banque chinoise et même mondiale, l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). Dérouler ainsi le tapis rouge alors que les Chinois sont suspectés d’avoir subtilisé la technologie de la voiture électrique de Renault? Impensable il y a dix ans ! Mais aujourd’hui, la Chine mène le monde à la baguette.

Assise sur des réserves de change de plus de 2500 milliards de dollars (l’équivalent de toute la richesse de la France), elle est partie sans complexe à l’assaut du monde. Et rien ni personne ne lui résiste. Cette stratégie a un nom: zouchuqu, ce qui signifie « sortir des frontières », partir à la conquête des marchés internationaux. Depuis 2000, les investissements chinois à l’étranger ont été multipliés par vingt. Une boulimie sans limite géographique ni sectorielle: terres agricoles et minières en Afrique et maintenant en Amérique du Sud, entreprises aux Etats-Unis et en Europe, infrastructures (ports, routes, aéroports…) un peu partout, dettes souveraines… Rien n’échappe à la fringale des héritiers de Mao.

Après les premiers rachats du début des années 2000 (notamment la division PC d’IBM, acquise en 2004 par Lenovo), le mouvement s’accélère après la crise financière de 2008. Les chiffres donnent le vertige: 26 milliards de dollars d’investissements directs hors des frontières en 2008, 43,3 milliards en 2009 et environ 60 milliards l’an dernier ! Les Chinois volent au secours des grandes banques américaines comme Morgan Stanley, dont ils possèdent aujourd’hui près de 10 %, et font leur marché dans les pays occidentaux, profitant de l’anémie des économies et de la faiblesse des valorisations boursières des entreprises.

Parallèlement, la Chine s’est lancée dans une politique à marche forcée d’acquisition de terres agricoles et minières partout dans le monde. Elle posséderait plus de 30 millions d’hectares arables hors de ses frontières (soit plus que la surface exploitée en France), essentiellement en Afrique. Objectif: assurer l’autosuffisance de ses approvisionnements alimentaires. Avec 10 % des surfaces agricoles mondiales, comment pourrait-elle nourrir 1,4 milliard d’habitants, soit 22 % de la population mondiale? «C’est un enjeu capital pour la stabilité du pays car les famines sont susceptibles de provoquer des rebellions qui menaceraient le pouvoir», souligne Axel de Martene, consultant agricole. Les investissements chinois en Afrique sont devenus d’une telle ampleur qu’on parle désormais de «Chinafrique»… Il ne s’agit pas seulement de rizières au Cameroun, au Mozambique ou à Madagascar. Pékin a mis la main sur le riche sous-sol minier de la République démocratique du Congo, où ses investissements se montent à 25 milliards de dollars !

Car il faut sans cesse alimenter le moteur en surchauffe de l’économie chinoise en sécurisant ses réserves de matières premières, notamment en pétrole et en gaz, ainsi qu’en minerais rares. Alors, la Chine multiplie les achats, les joint-ventures et les accords de coopération pour exploiter les richesses du sous-sol au Brésil, en Russie, au Kazakhstan. Avec en moyenne 10 % de croissance annuelle depuis dix ans, elle est devenue le moteur de l’économie mondiale. «L’an dernier, sa contribution à la croissance mondiale a été de 27%», rappelle Valérie Plagnol, directrice de la recherche au Crédit Suisse France.

Plus question de faire la fine bouche devant l’expansionnisme chinois. D’autant que les finances publiques des pays occidentaux sont exsangues, et leurs besoins, immenses. «Nous vivons un moment historique, avec un rééquilibrage profond de l’activité économique mondiale», assure Françoise Nicolas, chercheuse à l’Ifri. Cette nouvelle donne saute aux yeux lorsque Pékin vole au secours des Etats européens les plus endettés.

D’Athènes à Dublin en passant par Lisbonne et Madrid, le gouvernement chinois fait ses emplettes, obtenant des taux particulièrement avantageux (de 5 à 8 %). Ces placements juteux lui permettent aussi de diversifier ses réserves de change, jusqu’alors massivement investies en dollars. Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, Pékin posséderait déjà plus de 7 % de la dette publique européenne, soit 630 milliards d’euros ! Paris et Berlin seraient, selon certains experts, en bonne place dans la liste de ses débiteurs. Mais, chut… ! A Bercy, le sujet est tabou.

Pourquoi la Chine a-t-elle choisi de donner cette fois-ci le maximum de publicité à ces opérations de sauvetage des économies du sud de l’Europe? Qu’a-t-elle exigé en échange? «Pékin tire de ces opérations un bénéfice politique maximal et peut s’attendre à ce que ces pays adoptent des positions diplomatiques conformes à ce que veut la Chine», analyse l’universitaire François Godement, grand spécialiste de l’empire du Milieu. Des contreparties non écrites mais bien réelles. Pour ce spécialiste, toutefois, l’Europe n’est pas forcément perdante car «elle s’immisce entre Pékin et Washington». Seul bémol: «Une offre unie de dette permettrait à l’Europe de négocier de meilleurs taux d’intérêt avec Pékin.» Et de résister à la pression politique. Le poids des Chinois dans la dette américaine n’a pas empêché la semaine dernière le président Barack Obama de parler des droits de l’homme à Hu Jintao, qu’il recevait à la Maison-Blanche.

Il y a toutefois peu de chance que ces remontrances perturbent le grand bond en avant de l’économie chinoise. Pour Pékin, l’essentiel est ailleurs, dans ce que Hakim el-Karoui, au fil d’un brillant essai sur le déclin de l’Occident *, appelle «l’invention de sa modernité». «La Chine veut redevenir la première puissance mondiale, écrit-il, elle le fera par l’industrialisation de son appareil productif et elle imposera les termes de l’échange au reste du monde.» La démocratie attendra.

Le consommateur chinois, moteur de la croissance de demain

L’année 2010 a marqué un tournant. Jusqu’ici, la Chine arrosait le monde de ses produits à bas prix et accueillait les investissements des entreprises du monde entier, fascinées par ce gigantesque marché autant que par la perspective de produire à faible coût. En 2009, plus de la moitié des exportations de la Chine étaient réalisées par des entreprises étrangères ou des joint-ventures.

Mais cette stratégie, qui a permis aux Chinois d’engranger de gigantesques excédents commerciaux et financiers, montre aujourd’hui ses limites. «Les Chinois se sont rendu compte des dangers d’une trop grande dépendance à l’égard des marchés étrangers, remarque l’économiste Patrick Artus, directeur des études à la banque Natixis. Depuis 2008, ils estiment qu’il ne faut plus compter sur l’Europe et les Etats-Unis pour tirer leur croissance.» Fait nouveau, ils ne cachent plus leur mépris pour les Occidentaux. De hauts fonctionnaires européens sont encore héberlués d’avoir entendu, récemment, des officiels chinois venus négocier à Bruxelles, leur déclarer: « Vous, les Européens, vous croyez vivre dans une grande Suisse, mais vous vivez dans une grande Grèce.»

Pour Pékin, le consommateur chinois doit devenir le moteur de l’économie. Le développement de la Chine passera par l’enrichissement de la population et l’émergence d’une classe moyenne pléthorique. En 2010, le salaire minimal chinois a connu une progression de 24 %. Pas étonnant que la consommation intérieure ait grimpé de 19 % !

Les autorités ont désormais une obsession : se mettre au plus vite au diapason des standards internationaux et procéder à une montée en gamme industrielle. Leur objectif reste de sortir dès que possible de l’exportation à bas prix, car elles savent que la montée des coûts salariaux mais aussi celle du yuan, pour laquelle les Etats-Unis militent avec force, diminueront tôt ou tard leur compétitivité extérieure. Mieux vaut vendre des produits à forte valeur ajoutée, des voitures et des trains à grande vitesse, plutôt que des survêtements et des baskets !

Comment acquérir en un temps record des technologies que l’on ne maîtrise pas? Pendant des années, les Chinois ont fait l’éponge, apprenant au contact des entreprises internationales auxquelles ils ouvraient progressivement – mais jamais totalement – leurs marchés. «Les Chinois tolèrent les étrangers là où leur technologie est insuffisante, mais avec l’idée de s’en passer dès qu’ils le pourront, remarque Patrick Artus. Nous leur vendons des Airbus mais leur objectif, à terme, est de produire, voire d’exporter leurs propres avions!»

L’autre moyen, plus rapide, est de « croquer » purement et simplement ses concurrents. Il semblerait que la Chine ait choisi de privilégier cette stratégie. Les acquisitions d’entreprises occidentales sont de plus en plus nombreuses, de Volvo aux Choco BN en passant par NFM Technologies ou les Moteurs Baudouin, pour citer deux exemples français récents. L’argent n’est pas un problème, les Chinois pourraient s’offrir tout le CAC 40 s’ils se lâchaient ! «La plupart du temps, il s’agit d’acquérir des technologies étrangères, des réseaux de distribution ou des marques, observe Françoise Lemoine, spécialiste de la Chine au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). Le mouvement est lancé, et nous n’en sommes encore qu’au début».

A quelle sauce serons-nous mangés?

Partout, les Chinois sont accueillis en sauveurs. A Châteauroux, où une base militaire désaffectée devrait accueillir une cinquantaine d’entreprises chinoises d’ici à 2017, les élus locaux sont allés eux-mêmes les chercher. «Même à Châteauroux, on a compris que la Chine était en train de devenir la première puissance mondiale», glisse le sénateur-maire UMP Jean-François Mayet. Un aéroport (ancienne base aérienne de l’Otan), 500 hectares de terrains viabilisés et une situation géographique centrale en Europe («Châteauroux est à égale distance de Gibraltar et de la Pologne», rappelle M. le maire) ont séduit la première fédération d’entreprises chinoises. Quelque 4 000 emplois directs seront créés, dont 80 % pour la main-d’œuvre locale, soit plus que le bassin d’emploi de Châteauroux peut en fournir. Ce sont 1 500 salariés nouveaux et leurs familles qui devraient débarquer dans la préfecture de l’Indre. Comment résister ? Et tant pis si les industries chinoises qui viendront s’installer seront «essentiellement des usines de montage» – de l’aveu même des promoteurs du projet – et qu’à terme, l’emploi industriel en France et en Europe risque d’en pâtir.

Gare au retour de bâton ! Le Cabanon était le premier transformateur de tomates françaises, une PME installée «au cœur de la Provence depuis 1947». Passée sous pavillon chinois en 2004, la société se contente aujourd’hui de mettre en boîtes du concentré de tomates importé de Chine.

Parfois, l’affaire tourne aussi au vinaigre pour les investisseurs chinois. TCL n’a jamais réussi à faire tourner la division téléviseurs de Thomson, rachetée en 2004 et fermée définitivement en 2009. Trop pressé, sans expérience internationale, le management de TCL a épuisé six patrons, tous envoyés de Chine, avant de jeter l’éponge.

Difficile de redresser les canards boiteux de l’industrie européenne avec des préceptes du genre «le poisson pourrit par la tête» et des réunions convoquées le dimanche matin. C’est pour éviter ce genre de désastre que Xuefei Lu, responsable du département Asie du cabinet Inter cultural management associates (ICM), organise des séminaires à destination de Chinois ayant des affaires en Europe et des cadres européens travaillant avec la Chine. La demande est croissante, note-t-elle. Les principales difficultés ? Faire comprendre aux Chinois qu’en Europe, «il y a un droit, des lois, tandis qu’en Chine, les lois varient selon les provinces et peuvent être interprétées». Le style de management, aussi, est aux antipodes. «Beaucoup d’entrepreneurs chinois sont des autodidactes, autoritaires, décidant de tout. Ils se comportent comme des empereurs, explique Mme Lu. Les salariés se sentent flattés qu’on leur demande de venir travailler le week-end car cela veut dire qu’ils ont été remarqués par la direction.» On imagine le choc des cultures à la première réunion du comité d’entreprise !

Comment faire face à la déferlante chinoise ? La question commence à titiller les pouvoirs publics en Europe. S’inspirant de ce qui se fait déjà aux Etats-Unis, Bruxelles veut dé-sormais contrôler les investissements chinois en Europe, multipliés par 5,2 au cours des neuf premiers mois de l’année 2010 ! Tirant la sonnette d’alarme, Antonio Tajani, commissaire européen à l’Industrie, propose de créer une autorité chargée de contrôler les rachats d’entreprises européennes par des capitaux étrangers, notamment chinois. Au risque de voir l’Europe accusée de protectionnisme par la Chine, très chatouilleuse sur le sujet.

En France aussi, l’inquiétude est palpable. Il y a un an, le Premier ministre François Fillon a confié à Valérie Plagnol, Patrick Artus et Jacques Mistral, tous trois membres du Conseil d’analyse économique (CAE), la rédaction d’un rapport encore confidentiel à ce jour. Objectif: définir une position française, voire européenne, à l’égard de la Chine. «Outre notre préconisation d’opter pour une position autonome vis-à-vis du Congrès américain sur la question de la réévaluation du yuan, nous recommandons d’être plus stricts avec les Chinois et d’exiger davantage de réciprocité, confie Patrick Artus. Osons leur dire que s’ils veulent continuer de capter nos technologies et d’acheter nos entreprises, ils devront ouvrir davantage leurs marchés.» La Chine s’est réveillée. Et le monde n’a pas fini de trembler. A l’Occident de sortir de sa léthargie.

Les «nombreux défis» de la Chine pour 2011

Lors de la conférence économique annuelle, clôturée le 12 décembre, les responsables chinois se sont engagés à garantir en 2011 un développement économique «stable et sain».
Lors de la conférence économique annuelle, clôturée le 12 décembre, les responsables chinois se sont engagés à garantir en 2011 un développement économique «stable et sain».

Les mesures de relance et les investissements massifs destinés à amortir les effets de la crise ont nourri l’inflation et le surendettement. Le rééquilibrage du développement économique sera la priorité du gouvernement l’an prochain.

Prudence. Les autorités chinoises n’ont plus que ce mot à la bouche. Lors de la conférence économique annuelle, clôturée le 12 décembre, les responsables chinois se sont engagés à garantir en 2011 un développement économique «stable et sain», a rapporté l’agence officielle Chine Nouvelle. La semaine précédente, le Bureau politique du Parti communiste avait annoncé un resserrement de la politique monétaire chinoise pour l’an prochain, anticipant de «nombreux défis». C’est pourquoi, en 2011, la Chine doit accélérer la mutation structurelle de son modèle économique, estiment les analystes. Malgré la batterie de mesures prises par Pékin pour juguler la hausse des prix, notamment dans l’immobilier, et l’octroi de crédits, le risque de surchauffe de l’économie chinoise n’est pas écarté.

• Le spectre de l’inflation resurgit

L’indice des prix à la consommation a augmenté en novembre de 5,1% sur un an, après une hausse de 4,4% en octobre, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). Sur les onze premiers mois de l’année, la progression en glissement annuelle est de 3,2%, dépassant la limite des 3% que s’était fixée le gouvernement. Pour 2011, la Chine fixera son objectif d’inflation autour de 4%, a d’ores et déjà prévenu la direction de la Commission nationale de réforme et de développement. «L’inflation érode rapidement le pouvoir d’achat des ménages. Les ventes de vêtements et de biens non durables se tassent de manière significative», prévient Wei Yao, économiste Chine chez Société Générale CIB. Une mauvaise nouvelle pour Pékin, qui cherche à relever la part de la consommation intérieure dans le revenu national.L’inflation est nourrie par la quantité d’argent injectée dans l’économie chinoise depuis la crise financière mondiale. Les mesures de soutien s’étaient élevées à 4000 milliards de yuans (455 milliards d’euros) et le gouvernement avait ouvert très largement les vannes du crédit.

• La politique monétaire chinoise sous pression

«Dans l’ensemble, la politique monétaire de la Chine sera plus restrictive en 2011, car les autorités veulent appuyer sur le frein pour ralentir le mécanisme de création de monnaie», commente Hervé Liévore, stratégiste chez Axa Investment Managers. En novembre, les banques chinoises ont octroyé 64 milliards d’euros de crédits. Le montant total des crédits accordés depuis janvier a grimpé à 841 milliards d’euros, alors que le gouvernement central avait fixé un plafond de 848 milliards pour 2010. Afin d’endiguer ce débordement, la Banque populaire de Chine (POBC) a déjà relevé six fois le taux de réserves obligatoires des banques. Elle a par ailleurs annoncé le jour de Noël un relèvement d’un quart de point (0,25%) de ses taux d’intérêt sur les emprunts et les dépôts , à compter du 26 décembre, les augmentant ainsi à 5,81% et 2,75% respectivement. La Banque centrale avait déjà relevé le 19 octobre les taux directeurs de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), et ce pour la première fois en près de trois ans. Ce relèvement a été salué par les analystes. «L’arme la plus importante contre l’inflation est de relever les taux», a estimé Shen Jianguang, analyste chez Mizuho Securities basé à Hong Kong. «La Banque centrale a besoin de faire cela pour gagner en crédibilité dans sa lutte contre l’inflation», a ajouté Ken Peng, économiste de Citigroup basé à Pékin. Peu avant cette annonce, Wei Yao, de Société Générale CIB, estimait en effet que «l’absence d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt d’ici à la fin de l’année montrerait que Pékin rechigne au resserrement (de sa politique monétaire, NDLR), ce qui serait un signal négatif pour les perspectives de l’économie chinoise en 2011». Les analystes s’attendent à ce que cette dernière hausse des taux soit suivie d’autres l’année prochaine.

• Les prix immobiliers continuent de flamber

L’abondance de liquidités en circulation dans l’économie chinoise, couplée avec la faible rémunération de l’épargne, incitent d’autant plus les Chinois en quête de placements, à se ruer sur l’immobilier. «La sous rémunération de l’épargne et les performances en dents de scie des marchés boursiers alimentent les bulles», constate Hervé Liévore, d’Axa IM. Depuis le mois d’avril, le gouvernement central a pris des mesures pour freiner les investissements immobiliers, en resserrant les vannes du crédit ou en interdisant les prêts pour l’achat d’une troisième résidence. La bulle immobilière ne cesse pourtant pas de gonfler. Dans un rapport publié début décembre, l’Académie des Sciences Sociales calcule qu’un tiers des grandes villes chinoises propose des appartements 30% à 50% plus cher que leur valeur réelle, compte tenu du niveau de vie local et de l’offre immobilière.

L'Académie des Sciences Sociales estime que 85% des foyers chinois n'ont pas les moyens de s'acheter leur maison. Crédit photo : AP
L’Académie des Sciences Sociales estime que 85% des foyers chinois n’ont pas les moyens de s’acheter leur maison. Crédit photo : AP Crédits photo : Ng Han Guan/ASSOCIATED PRESS

Selon le gouvernement, les prix des appartements relevés en octobre dans 70 grandes villes étaient en hausse de 0,2% sur un mois et de 8,6% sur un an. L’Académie des Sciences Sociales, qui table sur une hausse des prix de l’immobilier de 15% pour 2010, estime que 85% des foyers chinois n’ont pas les moyens de s’acheter leur maison. Selon le stratégiste d’Axa IM, toutefois, l’inflation dans l’immobilier devrait se tasser. «Depuis le second trimestre, l’évolution mensuelle de cette inflation est inférieure à l’évolution en glissement annuel. Les mesures prises par le gouvernement commencent à porter leurs fruits.»

• Les marchés anticipent une décélération de la croissance chinoise

Selon les données officielles, l’économie chinoise a augmenté de 9,6% en moyenne annuelle au troisième trimestre, contre 10,3% au deuxième trimestre et 11,9% au premier. La Banque mondiale a récemment relevé ses estimations de croissance pour la Chine en 2010, à 10%, contre 9,5% auparavant. L’institution s’attend à une décélération en 2011, avec une croissance du PIB chinois de 8,7% (contre 8,5% précédemment). «Dopée par les secteurs minier, énergétique et manufacturier, la production industrielle est de nouveau en phase d’accélération depuis septembre», observe cependant Hervé Liévore, selon qui l’activité manufacturière restera «satisfaisante» au quatrième trimestre et au premier semestre de 2011. La production industrielle a gagné plus de 13% en novembre, après un bond de 16,3% en octobre. «L’activité dans les services est en revanche plus inquiétante», note le stratégiste d’Axa IM. L’indice PMI des services est ainsi tombé à son plus bas niveau depuis neuf mois en novembre, à 53,2 contre 60,5 en octobre, selon la Fédération chinoise de la logistique et des achats. «Ces zones de fragilité de l’économie chinoise devraient encourager les autorités à ne pas relever le taux directeur trop rapidement», selon Hervé Liévore. Pour l’instant, les signaux sont majoritairement au vert. Le volume des importations et celui des exportations ont tous deux battu un record mensuel, d’après les douanes chinoises. L’excédent commercial de la Chine atteint 22,9 milliards de dollars sur le mois de novembre. Des résultats qui pourraient nourrir les critiques persistantes des Etats-Unis et de l’Union européenne sur la politique des changes de Pékin.

• La sous-évaluation du yuan sous le feu des critiques

«L’environnement est propice à ce que la Chine maintienne en gros le taux de change du yuan à un niveau stable», fait valoir un éditorial publié mi-décembre dans The Financial News, le journal édité par la Banque centrale chinoise. Le texte met en avant la réduction progressive de l’excédent courant chinois et la volatilité des autres devises internationales sur un marché agité. «La priorité de la Chine en 2011 sera toujours de stabiliser le taux de change du yuan, non seulement face au dollar, mais aussi face aux monnaies des autres grandes puissances, comme l’euro et le yen. Il est donc peu probable que les autorités lâchent du lest et décident une appréciation majeure du yuan l’année prochaine», commente Hervé Liévore, selon qui la monnaie chinoise restera «source de pression politique».

Les partenaires commerciaux de la Chine continueront de maintenir la pression sur le sujet du yuan. Crédit : AFP
Les partenaires commerciaux de la Chine continueront de maintenir la pression sur le sujet du yuan. Crédit : AFP Crédits photo : EYEPRESS/ASSOCIATED PRESS

Les partenaires commerciaux de la Chinecontinueront à lui demandent de mener des politiques qui réduisent son excédent commercial. Cependant, pour Patrick Artus, directeur des recherches économiques de Natixis, cette critique des pays occidentaux est infondée. «Ces excédents commerciaux devraient disparaître avec la mise en place progressive du nouveau modèle de croissance de la Chine basé sur la consommation», écrit-il dans une note récente. «Ce modèle devrait apporter une appréciation réelle du yuan», ajoute-t-il. Si les autorités chinoises se montrent prudentes pour 2011, leurs partenaires mondiaux devront, eux, s’astreindre à la patience.

Jeudi 14 avril 2011

176 îles chinoises sont à disponibles à la location pour 50 ans pour y développer le tourisme, le transport, la fabrication, la pêche, l’agriculture, la sylviculture, la construction.

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Ces îles sont dispersées au large des côtes des provinces du Liaoning, du Shandong, du Jiangsu, du Zhejiang, du Fujian, du Guangdong, de Hainan et de la région autonome du Guangxi.

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Source : Chine informations

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À propos de Maï SALAÜN

Tous les grands qui ont réussi dans le passé ont été des visionnaires, des hommes et des femmes qui se sont projetés dans l'avenir. Ils ont pensé à ce qu'ils pourraient être, plutôt qu'à ce qu'ils étaient déjà et ensuite, ils se sont mis en action pour faire de leur vision une réalité. Femme libre indépendante intolérante indécente incandescente. Une extrémiste de l amour et totalement conformiste sur la vie avec une arme de destruction massive : le facteur travail. J'ai les goûts les plus simples du monde, je ne me contente que du meilleur.

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