Chaos dans la résidence bouclier des Gbagbo

Publié le

18/04/11 | 19:34

Dans la résidence des Gbagbo à Abidjan :

le chaos après l’assaut

http://www.lesechos.fr/economie-politique/infos-generales/monde/afp_00337500-dans-la-residence-des-gbagbo-a-abidjan-le-chaos-apres-l-assaut.htm

© AFP – Issouf Sanogo

© AFP - Issouf Sanogo

Impacts de roquettes, murs noircis, blindés calcinés, chaos dans les appartements : la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo à Abidjan, où il était retranché avec femme et enfants, porte encore les stigmates des heures qui ont précédé son arrestation le 11 avril.

Sur le mur de l’entrée principale de la résidence du quartier de Cocody (nord), une roquette a laissé un immense trou. Juste à côté, deux engins blindés dirigés vers la route d’accès ne sont plus que des carcasses calcinées.

La caserne de la Garde républicaine jouxtant l’entrée a été totalement détruite par les missiles des hélicoptères de la force française Licorne. Les diverses frappes ont permis aux combattants du président Alassane Ouattara d’entrer enfin dans une résidence dont, durant des jours, ils n’avaient pu déloger les défenseurs.

Un premier bâtiment, le poste de la garde armée du président, est en partie brûlé. Un mur est percé par deux roquettes.

© AFP – Issouf Sanogo

© AFP - Issouf Sanogo

Un chemin goudronné descend ensuite vers le portail d’accès à la résidence proprement dite, là où M. Gbagbo, sa femme Simone, des enfants et petits-enfants du couple et leurs employés – une centaine de personnes au total-, étaient retranchés jusqu’à l’assaut final et leur arrestation par les Forces républicaines (FRCI) de M. Ouattara.

Dans les allées tournant autour du large bâtiment moderne d’un étage, situé au bord de la lagune, une trentaine de 4X4 civils et de grosses berlines noir ou bleu sombre sont abandonnés çà et là, portes ouvertes, certains avec des impacts de balles.

La façade donnant sur la lagune est partiellement brûlée. Cinq voitures calcinées stationnées devant ont progagé l’incendie au bâtiment, explique un guide au Premier ministre Guillaume Soro, venu visiter les lieux lundi.

Conviée pour la visite, la presse n’a pas eu accès au sous-sol où M. Gbagbo a été arrêté.

Dans salons, bureaux et chambres, c’est le chaos. Tout a été mis sens dessus dessous: livres, documents divers, albums photos jonchent le sol, des meubles sont renversés, des tableaux sont à terre. Sans doute l’oeuvre des FRCI qui ont investi les lieux après l’arrestation.

A l’étage, dans les appartements privés et le cabinet de travail de la très fervente Simone Gbagbo, le même désordre indescriptible.

© AFP – Issouf Sanogo

© AFP - Issouf Sanogo

Les étagères d’une bibliothèque sont remplies de dizaines de lives et DVD religieux, dont une série sur « La révolution de l’Evangile ».

Mais les documents étalés par terre témoignent d’une obsession: l’élection présidentielle de novembre, et notamment les cas de fraudes présumés. Jetée là, une cassette audio au titre détonnant: « un bisou pour Gbagbo ».

Dans le dressing de « Simone », des dizaines de robes aux tissus africains sont encore accrochées aux penderies, et d’autres vêtements recouvrent entièrement le sol.

Dans la salle de bain, la grande baignoire ronde est encore remplie d’eau. Une bouteille de champagne de grande marque, vide, est posée sur le rebord.

Dans une pièce voisine, une chambre d’enfants est aussi complètement en désordre.

« Nous avons pu noter la violence des combats qu’il y a eu », a lancé le Premier ministre à l’issue de sa visite.

« On continue de s’interroger: comment quelqu’un peut-il s’enfermer dans une telle résidence, avec ses enfants, ses petits-enfants (…) comme si on voulait en faire un bouclier humain. Cela me choque », a ajouté M. Soro.

La Croix-Rouge a enlevé depuis vendredi cinq corps, dont un lundi – quatre militaires et un employé -, retrouvés dans des bâtiments annexes de la résidence.

Carte
Par Emmanuel PEUCHOT

Côte d’Ivoire: Retranché dans sa résidence,

Gbagbo s’accrochait au pouvoir

http://www.20minutes.fr/article/702149/monde-cote-ivoire-retranche-residence-gbagbo-accroche-pouvoir

Publié le 6 avril 2011.

CONFLIT – Les forces d’Alassane Ouattara tentent de le capturer vivant…

Laurent Gbagbo plie, mais ne rompt pas. Les affrontements ont fait rage pour la troisième journée consécutive à Abidjan où le président sortant, qui refuse toujours de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, vit retranché.

Les forces d’Alassane Ouattara ont lancé ce mercredi un assaut dans la capitale économique ivoirienne contre la résidence de Laurent Gbagbo qui a, semble-t-il, été repoussé selon une source militaire occidentale.  D’après cette source, qui vit non loin de la résidence fortifiée de Laurent Gabgbo dans le quartier huppé de Cocody, les combats ont diminué d’intensité dans l’après-midi et les forces d’Alassane Ouattara se sont regroupées. Affousy Bamba, porte-parole d’Alassane Ouattara, a démenti un tel repli, sans pouvoir donner de précisions sur les derniers combats.

Echec des négociations

L’objectif est clair: prendre Laurent Gbagbo vivant. «Cela n’a jamais été l’intention de qui que ce soit dans le camp Ouattara, et ce n’est toujours pas le cas, d’assassiner l’ancien président Gbagbo», a dit Affousy Bamba. «Alassane Ouattara a donné des instructions formelles pour que Gbagbo soit pris vivant car nous voulons le traduire en justice», a-t-elle ajouté.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a reconnu l’échec des négociations et dénoncé l’«intransigeance» de Laurent Gbagbo, tout en soulignant que ni les soldats français de la force Licorne ni les casques bleus de l’Onu n’étaient engagés dans les affrontements.

«Le président Sarkozy organise l’assassinat du président Gbagbo»

Le porte-parole de Laurent Gbagbo à Paris, Toussaint Alain, a pourtant accusé la France de vouloir la mort du chef de l’Etat sortant. «Le président Sarkozy organise l’assassinat du président Gbagbo», a-t-il dit. En outre, une centaine de manifestants pro-Gbagbo se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale française aux cris de «Sarkozy assassin», «La France et l’Onu complices» et «La Côte d’Ivoire ne t’appartient pas».

Laurent Gbagbo refuse principalement de signer un document par lequel il renoncerait à revendiquer le pouvoir. «Si Gbagbo refuse de signer les documents présentés hier (par l’Onu et la France), c’est parce qu’on lui propose quelque chose qui n’a aucune base juridique ou légale», a dit ce mercredi son autre porte-parole Ahoua Don Mello. Interviewé sur RFI, le président sortant a redit son refus de se rendre. «Nous n’en sommes pas dans la phase de négociations. Et où partirais-je? Pour aller où?», a-t-il demandé.

 C.C. avec Reuters

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