Immigration légale : Parisot prend ses distances avec Guéant. Avec Guéant, les Sarkozy auraient-ils pu immigrer en France ? Va-t-on répondre à notre promesse d’aide aux peuples tunisiens et libyens ? Et La France saura-t-elle continuer à la figure de proue de la terre des droits de l’homme et du citoyen ?

Publié le

9 avril 2011, 13h46

UMP : objectifs 2012

La présidente du Medef met en garde contre un pays qui se fermerait et plaide pour une immigration légale raisonnable. Elle ne prend donc pas la même direction que Claude Guéant qui veut « limiter l’immigration légale ».

Laurence Parisot, présidente du Medef

Laurence Parisot, présidente du Medef SIPA

Laurence Parisot, la présidente du Medef, a mis en garde vendredi contre les dangers « d’un pays qui se ferme ». « Rester un pays ouvert est une nécessité. Nous sommes pour l’immigration en général car elle est source de richesses et d’ouverture », a-t-elle affirmé en marge du « B8 » à Paris, la réunion des  patrons des pays du G8. Sans remettre en cause les propositions du ministre de l’Intérieur dont elle ne connaît pas « le contenu exact », elle a expliqué lors d’une conférence de presse que « l’immigration liée au travail » ne représentait « chaque année en France (…) que 20.000 personnes. » Un chiffre en deçà des estimations du ministère de l’Intérieur.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Géant, dans l’interview du Figaro Magazineassure lui que : « pour assurer sa cohésion, vivre paisiblement, dans le respect de ses propres principes, une société a besoin d’une régulation de l’immigration, explique le ministre de l’Intérieur. (…) J’ai demandé que l’on réduise le nombre de personnes admises au titre de l’immigration du travail. Et nous allons continuer à réduire le nombre d’étrangers venant en France au titre du regroupement familial. »

Dans les faits, le nombre d’immigrés pour motif économique devrait, selon le vœu de Guéant, passer de 31.000 par an à 20.000. Le nombre d’immigrés au titre du regroupement familial devrait lui aussi être revu à la baisse. Selon les chiffres de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), l’immigration pour motif familial a chuté de 10% en France entre 2005 et 2010.Les propositions de Claude Guéant semblent, en tous les cas, en contradiction avec la réalité.

Certes, le nombre d’immigrés légaux en France a augmenté de 9,2% en France entre 2005 et 2010. Mais cette augmentation est surtout dû à l’afflux d’étudiants étrangers dont le nombre a progressé de 47% en cinq ans. A l’inverse, le nombre d’immigrés pour motif familial, comme le nombre de réfugiés, ont tous les deux baissé, respectivement de 10,9% et de 29,6% (chiffre de l’Offi).

8 avril 2011, 17h00

Avec Guéant, les Sarkozy auraient-ils pu immigrer en France ?

Le ministre de l’Intérieur a annoncé vendredi dans une interview au Figaro Madame qu’il comptait prendre les mesures nécessaires pour réduire l’immigration légale en France.

Claude Guéant et Nicolas Sarkozy

Claude Guéant et Nicolas Sarkozy SIPA

Claude Guéant ne s’en cache pas. Il ne l’a jamais fait depuis son entrée place Beauvau. Il est « le méchant de service » de Nicolas Sarkozy, comme l’a surnommé Jean-Christophe Martin sur France Info vendredi matin.

A droite toute !

Laïcité. Sentiment des Français de « ne plus être chez eux ». Sécurité. Immigration. Depuis plusieurs semaines, l’ancien secrétaire général de l’Élysée a multiplié les déclarations subversives. Avec ses mots naît la polémique, invariablement. La droite décomplexée, volume 2.  Guéant est devenu la figure de proue d’une politique dure et affirmée et, sous son égide, l’UMP tente de ramener dans le giron républicain les brebis égarées du Front national.

Ses propos accordés au Figaro Madame vont dans ce sens. Claude Guéant y parle de laïcité, quelques jours après le débat organisé par le parti majoritaire sur le sujet. Il évoque surtout la problématique de l’immigration, ramenée à l’ordre du jour un an à peine avant la prochaine élection présidentielle. « Pour assurer sa cohésion, vivre paisiblement,dans le respect de ses propres principes, une société a besoin d’une régulation de l’immigration, explique le ministre de l’Intérieur. (…) J’ai demandé que l’on réduise le nombre de personnes admises au titre de l’immigration du travail. Et nous allons continuer à réduire le nombre d’étrangers venant en France au titre du regroupement familial. »

9,2 % d’immigrés légaux en France

Dans les faits, le nombre d’immigrés pour motif économique devrait, selon le vœu de Guéant, passer de 31.000 par an à 20.000. Le nombre d’immigrés au titre du groupement familial devrait lui aussi être revu à la baisse. Selon les chiffres de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), l’immigration pour motif familial a chuté de 10% en France entre 2005 et 2010. Les propositions de Claude Guéant semblent, en tous les cas, en contradiction avec la réalité.

Certes, le nombre d’immigrés légaux en France a augmenté de 9,2% en France entre 2005 et 2010. Mais cette augmentation est surtout dû à l’afflux d’étudiants étrangers dont le nombre a progressé de 47% en cinq ans. A l’inverse, le nombre d’immigrés pour motif familial, comme le nombre de réfugiés, ont tous les deux baissé, respectivement de 10,9% et de 29,6% (chiffre de l’Offi).

La fin de l’ « immigration choisie » ?

Dans l’esprit de Guéant, l’immigration pour motif économique devrait cependant avoir moins d’avenir en France. Une position en contradiction avec celle de Jean-François Copé et de Christine Lagarde. Selon la ministre de l’Économie, l’immigration légale « doit être protégée et sécurisée ». Les mots du ministre de l’intérieur sont aussi en contradiction avec Nicolas Sarkozy qui, dès 2005, faisait la promotion de l’ « immigration choisie ».

On pourrait d’ailleurs se demander, avec une grande ironie, si avec les mesures qu’entend mettre en place Claude Guéant, le père de l’actuel chef de l’État, Pal Sarközy Nagy-Bocsa, aurait pu rester en France ou obtenir la nationalité française. Pour l’histoire, Pal Sarközy n’avait que 20 ans lorsqu’il a fui la Hongrie, en proie au stalinisme. Comme il le détaillait en mars 2010 à Paris-Match, il a alors cumulé les petits boulots, : peintre portraitiste, vernisseur de films, livreur ou encore boxeur. Ce n’est qu’en 1975, à l’age de 47 ans, qu’il obtient la nationalité française… Autre temps, autre mœurs ?

PEOPLE-MATCH | SAMEDI 27 MARS 2010

PAL SARKOZY, LA MÉMOIRE DU CLAN

Pal Sarkozy, La mémoire du clan

Dans leur appartement de Levallois-Perret sur l’île de la Jatte, Pal Sarkozy, avec sa quatrième épouse, Inès. De nombreux tableaux témoignent de la passion du père du président pour la peinture. | Photo Philippe Petit

A VOIR AUSSI

A LIRE AUSSI

LIENS GOOGLE

Paru dans Match

Le père du président de la République publie ses souvenirs, l’itinéraire extraordinaire d’un jeune immigré arrivé en France à 20 ans. Sans papiers.

Interview Caroline Pigozzi – Paris Match

Il reconnaît sans façon que son nom lui a largement ouvert, surtout à l’étranger, les portes des galeries de peinture où il expose régulièrement. Pal Sarkozy, bientôt 82 ans, est un aventurier au franc-parler. Ses Mémoires, écrits en collaboration avec Frédérique Drouin (éd. Plon), portent un titre ­éloquent, « Tant de vie ». Issu de la noblesse terrienne hongroise, Pal Sarközy de Nagy-Bocsa a fui le communisme à 20 ans pour s’installer à Paris où il exercera plusieurs petits métiers avant de s’imposer comme publicitaire. Soixante années après son arrivée clandestine dans la capitale, il a vu son fils Nicolas être élu à la charge ­suprême. Marié quatre fois, père de cinq enfants de deux unions différentes, fier de sa vie et du destin de sa famille, Pal Sarkozy avoue qu’il partage avec son fils de président un même besoin et désir de plaire.

Paris Match. Pal Sarkozy, pour nous, vous êtes d’abord le père du chef de l’Etat.
Pal Sarkozy. J’en suis heureux. Surtout pour lui, car il en rêvait depuis longtemps et je n’aurais ­jamais pensé qu’il entrerait un jour à ­l’Elysée. Quelle fierté, pour un ­immigré hongrois réfugié, ayant passé sa première nuit à Paris le 2 décembre 1948 sur la bouche du métro station Wagram, apatride et qui n’aura son passeport français qu’en 1976, de voir soixante années plus tard l’un de ses fils devenir président de la République ! Avec Napoléon, c’est la seule fois dans l’histoire de France, que la première génération devenue française accède au poste suprême.

Jeune, Nicolas Sarkozy, était-il déjà ambitieux ?
Très. Comme tous les Sarkozy, il voulait absolument réussir.
C’est son grand-père maternel, le Dr Mallah, urologue et grand ­amateur d’art, un Juif grec né à ­Salonique, converti au catholicisme lors de son mariage, et dont ­Nicolas était très proche, qui lui a donné le sens de l’Etat. Dès l’âge de 13 ans, il l’emmenait voir le défilé du 14-Juillet. C’est ainsi que, très tôt, en première ­année de droit, Nicolas s’est mis à faire de la politique à la faculté. Vous connaissez la suite…

Parlez-moi de vous maintenant…
J’aurai 82 ans le 5 mai prochain. J’ai quitté Budapest, où je suis né, pour venir ici à l’âge de 20 ans. Le régime stalinien se durcissait, et je ne voulais pas aller faire mon service militaire en ­Russie. J’ai commencé par exercer des petits métiers : peintre portraitiste, vernisseur de films, livreur, boxeur, employé affecté aux surfaces corrigées chez un architecte. J’ai alors rencontré Andrée Mallah, qui se faisait appeler “Dadue” car elle ­détestait son prénom et, en 1950, nous nous sommes mariés. Après avoir été stagiaire de Frisca, un grand directeur artistique de l’époque, qui m’a appris la publicité, je me suis lancé dans le métier. J’ai travaillé pour Oréal notamment – on ne disait pas encore le L’ – à la conception de l’emballage Monsavon, puis chez ­Boussac et chez Elvinger, une importante agence de publicité, avant d’ouvrir le Studio Sarkozy de création publicitaire et de lancement de produits, ainsi que Photos Rachel, installées avenue Rachel, dans le XVIIIe arrondissement.

Une intégration difficile ?
Avant cela, je n’avais voyagé qu’en Autriche. Par ailleurs, les codes chez nous semblaient ­désuets par rapport aux vôtres, il y avait bien un siècle d’écart entre les deux. Les règles sociales n’avaient rien à voir non plus, et il m’a fallu une bonne année pour comprendre les clés du système parisien. N’oubliez pas que je suis issu d’un milieu protégé de la ­petite noblesse de Szolnok, les ­Sarközy de Nagy-Bocsa, et qu’ayant deux frères de quatre et huit ans plus âgés que moi, j’avais été élevé en fils unique.

Avec, toutefois, un esprit ouvert et moderne ?
Vous insinuez que j’ai fait en France ce qui eût été impossible en Hongrie ? C’est vrai, j’ai recomposé quatre fois ma famille… Mon problème est que ma nature sentimentale et ma sincérité de cœur m’ont entraîné à me marier chaque fois que je suis tombé amoureux, ou presque… De toute façon, je n’étais pas tellement sensible aux conventions puisque, au début, je ne connaissais personne. Il eût été ­impensable, je l’avoue, d’agir ainsi, tout comme de faire carrière dans la publicité en Hongrie.

Un proverbe prétend que les chiens font rarement des chats…
Vous voulez me faire dire que le désir de plaire serait héréditaire ? Je le reconnais mais, pour ma part, on m’a plus séduit que le contraire. Ce besoin doit être dans notre sang puisque je suis arrivé seul en France et qu’il y a, aujourd’hui, une trentaine de ­Sarkozy, entre mes cinq enfants [quatre garçons et une fille de deux mariages différents], mes belles-filles qui ont naturellement toutes gardé mon nom en divorçant – je ne compte pas là les pièces rapportées –, et moi qui me suis, je le répète, marié quatre fois. Mais je continue d’avoir de bons rapports avec Marie-Dominique, la première femme de Nicolas, et avec Cécilia qui m’envoie encore ses vœux. Lors des fêtes d’anniversaire et de Noël, j’essaie de réunir tout le monde : mes enfants, tous très solidaires entre eux, mes ­anciennes femmes, mes ex-belles- filles, les actuelles, mes treize ­petits-enfants. La prochaine fois, il y aura en plus mon arrière-petit-fils, Solal. C’est l’occasion de nous retrouver en famille, car il est ­difficile d’harmoniser les agendas des uns et des autres. C’est plus joyeux que de renier ou de regretter le passé !

Vous, le patriarche, qu’avez-vous enseigné à vos descendants ?
Moi qui ai appris quatre langues en dehors de celle maternelle – l’allemand, l’anglais, l’espagnol et le français – et qui, à la demande de mon premier beau-père, ai francisé mon prénom en Paul, j’ai surtout expliqué à mes enfants la valeur du travail et leur ai donné l’esprit d’indépendance. François a fait ses études de médecine comme souvent chez les fils d’émigrés, ­Nicolas a suivi l’exemple de sa mère en devenant avocat, ­Guillaume a voulu être ingénieur [Ecole spéciale des travaux publics], ­Olivier a souhaité devenir banquier chez Carlyle à New York et Caroline a fait une carrière d’architecte d’intérieur, mais c’est avant tout le fruit de leur vocation personnelle et je n’y suis pas pour grand-chose. Je leur ai juste répété combien il était important d’acquérir la liberté. Les aînés ont par ailleurs été éduqués au cours Saint-Louis, dans le VIIIe arrondissement, une école religieuse très chic, pour faire plaisir à mes beaux-parents et à Dadue.

Quelles sont les caractéristiques de Nicolas Sarkozy ?
Il est incroyablement travailleur avec un tempérament très compétitif, doté d’une mémoire extraordinaire qui retient tout, même les chiffres, et c’est un orateur de grand talent. Il est aussi très courageux physiquement. Jeune, c’était un cavalier impé­tueux qui aimait l’équitation au point de vouloir dormir dans le box avec les chevaux. On devinait déjà son caractère déterminé, mais il a été tellement impressionné par Christopher Reeve, devenu ­tétraplégique en 1995 à la suite d’une chute de cheval, qu’il a alors, du jour au lendemain, cessé de monter à cheval. En privé, il est cha­leureux et gentil, même s’il parle essentiellement de lui. Mais moi aussi, je parle beaucoup de moi ! Il est parfois coléreux et pas toujours très à l’heure. Petit détail amusant, très gourmand, il adore le chocolat. Mais comme il a ­tendance à grossir, il fait ­extrêmement attention et est perpétuellement au régime alors que moi, je mange du chocolat tout le temps. Dans le passé, nous avons eu des hauts et des bas, c’est inévitable, on s’est engueulés sur ses études, ses sorties… Je ne voulais pas discuter car les jeunes de ma génération devaient obéir avant tout, c’était cela, l’autorité.

Etes-vous un homme heureux ?
J’ai vécu intensément et beaucoup aimé mon métier. J’ai toujours eu des idées. Alors responsable du relooking d’une marque, j’inventais de nouveaux produits, par exemple le premier antirides solaire de ­Biotherm, au début des années 70. La peinture m’apporte aussi beaucoup de joie. A ma retraite, à 76 ans j’ai recommencé, à tenir un pinceau.

La vie est-elle devenue plus facile le 6 mai 2007 ?
Bien sûr, les gens sont tous devenus très aimables avec moi. Lorsque je réserve dans un restaurant, on me donne toujours la meilleure table. J’ai aussi plus de facilité à exposer les tableaux que je peins avec Werner Hornung, surtout à l’étranger où les portes s’ouvrent sans que j’aie maintenant à m’occuper de rien. Ainsi vais-je bientôt exposer à la Fondation Salvador-Dali de Bruges. Après Budapest, j’ai actuellement une exposition au Caire. Six autres sont d’ores et déjà pro­grammées avant la fin de l’année, dont une à l’Espace Cardin, en face de l’Elysée, qui commence le 24 avril. Nicolas et Carla m’ont annoncé qu’ils viendraient le soir de l’inauguration.

Un hasard, notre magazine ­semble avoir joué un rôle clé dans votre existence !
Mathyi ­Polakovics dit Paul Mathias, alors grand reporter à Paris Match, a été mon premier ami lorsque je suis arrivé dans l’Hexagone. Je l’avais connu en Hongrie, à l’âge de 6 ans. A Paris, il était proche de tout le monde. C’était lui qui avait ramené de Hongrie Jean-Pierre Pedrazzini, votre ­photographe fauché pendant l’insurrection hongroise de 1956, et qui mourut deux jours après à l’hôpital, à Paris. Mathias me fascinait car il me racontait des histoires extraordinaires sur les Kennedy et sur le Shah d’Iran. Personnage flamboyant et merveilleux, Mathias a aussi été mon témoin lorsque j’ai épousé Dadue en 1950.

Etes-vous prêt pour de nouvelles aventures ?
J’ai mené une vie riche d’aventures, d’événements, de rebon­dissements. J’ai également beaucoup aimé les femmes. Et les enfants, surtout lorsque je les voyais grandir, que je pouvais leur enseigner des choses et en apprendre d’eux, en les observant. J’aime aussi les animaux de ferme, les chiens, car, dans mon pays natal, il y en avait beaucoup autour de nous. Maintenant, je prends l’existence au second degré, mais toujours avec bonheur et philosophie, sans illusion sur les autres ni sur moi-même. A 82 ans, je sais que le rideau risque de tomber à tout moment !

« Tant de vie », de Pal Sarkozy, avec la collaboration de Frédérique Drouin, éd. Plon. Point final

 

 

Copé – Fillon, rien ne va plus

Le secrétaire général de l’UMP a une nouvelle fois attaqué le Premier ministre. Entre les deux hommes forts du parti majoritaire, la guerre est désormais ouverte, chacun tentant de tuer l’autre politiquement.

Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP

Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP SIPA

Il ne s’agit encore que de bruits d’alcôve mais les petites phrases sont reprises avec une telle facilité qu’on peut douter d’une réelle volonté de les garder secrètes. On pouvait également penser que la fin du débat sur la laïcité mettra fin aux batailles internes et que les dirigeants de l’UMP, à l’approche de l’élection présidentielle, oublieraient leurs querelles pour se concentrer sur l’essentiel. Mais le mal est plus profond et la guerre est bien ouverte entre Jean-François Copé et François Fillon.

Mercredi, Le Parisien / Aujourd’hui en France révèle une petite phrase lâchée par le secrétaire général de l’UMP. Sa maison brûle, étirée entre les partisans d’une politique très à droite et ceux qui voudraient injecter un peu plus de social dans cette politique gouvernementale; mais Copé n’éteint pas l’incendie. « Je n’oublierai jamais ce que Fillon m’a fait, a-t-il commenté. Sarkozy non plus. » Une nouvelle attaque à l’adresse du Premier ministre de la part du secrétaire général du parti majoritaire. Cela commence à faire beaucoup et donne du grain à moudre aux opposants de l’UMP.

« Vous croyez que je vais aider Fillon ? Ça m’étonnerait »

Cet affrontement de colonels n’est sans doute pas la cause des errements de Nicolas Sarkozy dans les sondages. Mais il en est l’une des conséquences. La défaite programmée de l’actuel chef de l’État lors de la prochaine présidentielle aura réveillé les ambitions et si Jean-François Copé n’a jamais caché la sienne pour 2017, François Fillon paraît lui aussi vouloir investir le Palais.

Son positionnement est connu, comme il l’a prouvé lors du débat sur la laïcité. Copé aura parlé de « posture » à son égard mais le fait est là : Fillon est de ceux qui veulent recentrer la politique du gouvernement quand Copé ne veut pas laisser de zone blanche au Front national. La frange modérée de l’UMP apprécie le discours du Premier ministre et certains souhaitent, sans l’avouer, que l’actuel Premier ministre se présente à la place de Nicolas Sarkozy en 2012.

Copé s’imaginait attendre tranquillement 2017 pour prendre sa fonction présidentielle. Et voici qu’un Premier ministre s’invite dans la danse et perturbe la destinée du secrétaire général de l’UMP… Il n’en fallait pas plus pour que Jean-François Copé n’aiguise ses couteaux et ne se prépare au combat. Lui qui reprochait à Fillon, sur le plateau du Grand Journal, de ne pas « jouer collectif » pourrait se prononcer en faveur deRachida Dati dans l’attribution de la deuxième circonscription de Paris pour les législatives de 2012, une circonscription également souhaitée par Fillon. « Vous croyez que je vais faire quoi ? Que je vais aider Fillon ? Ça m’étonnerait », aurait-il dit selon Le Parisien. L’Élysée, pour sa part, reste silencieux. A croire que Sarkozy apprécie ce spectacle d’anthropophages, où ses héritiers proclamés se dévorent.

 

 

 

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :