Le rachat de SFR – aura un impact positif sur les comptes de Vivendi,

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Vivendi débourse 7,950 milliards d’euros pour acheter les 44 % de SFR détenus par Vodafone. Un montant utilisé par l’opérateur britannique pour choyer ses actionnaires et se désendetter.

Pour racheter les 44 % du capital de SFR que Vodafone détenait, Vivendi va devoir débourser près de 8 milliards d’euros. La somme est importante, mais le contrôle total de l’opérateur va lui permettre d’avoir accès quotidiennement à sa trésorerie. Vivendi va voir son bénéfice net grimper avec cette acquisition et a d’ores et déjà indiqué qu’il augmenterait son divivende. SFR pourra aussi se développer à l’international. En revanche, Vivendi prend 100 % du capital du deuxième opérateur télécoms français au moment où la concurrence se durcit, quelques mois avant l’arrivée de Free dans le mobile.

Vivendi va enfin pouvoir détenir 100 % de son principal actif. Le groupe, qui n’a jamais dissimulé ses intentions à ce sujet, a annoncé hier le rachat des 44 % de SFR détenus par Vodafone pour 7,750 milliards d’euros (plus un accompte sur dividendes de 200 millions d’euros). L’opération, qui reste soumise à l’accord des autorités de la concurrence concernées, devrait être bouclée d’ici au 30 juin.

Vivendi s’endettera mais paiera l’acquisition en cash. « Nous n’avons pas besoin de faire appel au marché », précise Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi. Le groupe, qui a fait état d’un bénéfice net de 2,2 milliards d’euros en 2010, a cédé l’ensemble de la participation de 20% qu’il détenait dans le groupe de médias NBC Universal, dégageant ainsi un montant en numéraire de 5,8 milliards de dollars hors dividendes. Et il a reçu en janvier dernier 1,254 milliard d’euros de l’opérateur téléphonique allemand Deutsche Telekom, pour régler un différend de onze ans pour le contrôle du troisième opérateur mobile polonais PTC.

Enthousiasme modéré du marché

Sur un plan financier, l’opération avec Vodafone devrait permettre d’améliorer la rentabilité de Vivendi. Concrètement, le rachat de SFR devrait se traduire par un impact favorable de 15 % à 18 % sur le bénéfice net ajusté de 2011, et apporter une contribution supplémentaire d’au moins 600 millions supplémentaires aux résultats en 2012 et 2013, a précisé lundi le conglomérat. La décote boursière du groupe devrait se réduire à hauteur de 15 % à 20 % grâce à cette opération, selon des analystes.

Malgré ce coup de pouce aux résultats, le marché a accueilli avec un enthousiasme relativement modéré cette opération, jugée un peu chère payée par certains.  Elle se fait sur la base de 6,2 fois l’Ebitda 2010 de SFR (3.973 millions d’euros), soit le haut de la fourchette des analystes qui pariaient plutôt sur 5,5 à 6 fois. Néanmoins, « cette opération est positive », souligne Eric Ravary du CM-CIC Securities à l’AFP, et le groupe dispose « largement des moyens financiers » pour la conclure.

Sur un plan stratégique, SFR qui conservera pendant trois ans des accords commerciaux avec Vodafone (« roaming », suivi des grands comptes) obtient surtout le droit de se déployer sur la scène internationale, ce qui pourrait être un facteur de croissance. Vivendi souligne que cette prise de contrôle de SFR n’est cependant pas l’amorce d’un virage plus marqué du groupe vers les télécoms. Présent dans la musique, les jeux vidéo et la télévision, le groupe entend rester présent sur tous ces fronts.

Multiplication des opérations financières

Pour Vodafone, il s’agit également d’une étape majeure. L’opérateur britannique va utiliser une partie de l’argent empoché pour choyer ses actionnaires : il a indiqué lundi qu’il allait consacrer 4 milliards de livres (soit environ 4,5 milliards d’euros) pour racheter de ses actions, portant ainsi à 6,8 milliards de livres le montant total de son programme de rachat d’actions. La nouvelle a d’abord fortement dynamisé son titre en Bourse, qui est ensuite resté plus sagement dans le vert.

Le solde de la transaction avec Vivendi servira au désendettement du groupe, qui a multiplié les opérations financières à un rythme impressionnant ces six derniers mois. Le premier opérateur télécoms européen vient ainsi de racheter les 33 % que son partenaire Essar détenait encore dans leur coentreprise, troisième acteur du mobile en Inde. Auparavant, en novembre, le Britannique avait revendu sa participation dans le japonais Softbank pour 5 milliards de dollars. Deux mois avant, il avait cédé sa participation dans China Mobile, ce qui lui avait rapporté 5 milliards de dollars. Enfin, il a mis en vente sa filiale polonaise, Polkomtel, le mois dernier.

Nouvelle répartition des forces

Présent dans 60 pays, le géant du mobile s’est lancé dans une nouvelle répartition de ses forces au niveau mondial. Comme l’a expliqué Andy Halford, le directeur financier de Vodafone, le 23 mars, lors d’une réunion qui s’est tenue avec des investisseurs, l’objectif du groupe est de se recentrer sur l’Europe, l’Afrique et l’Inde. Rien que de plus logique : le nombre d’abonnés au mobile en Inde devrait croître de 18 % par an d’ici à 2014 et de 7 % en Egypte, où le groupe détient déjà de bonnes positions.

Quant aux filiales qui ne sont pas contrôlées par Vodafone, elles doivent, pour rester dans le groupe,« dégager une trésorerie positive ». C’est le cas des trois opérateurs emblématiques : Polkomtel, SFR et Verizon Wireless.

Verizon Wireless, numéro un du mobile aux Etats-Unis, pose un autre problème à Vodafone, détenteur de 45 % du capital. Même fort de 95 millions de clients, l’opérateur ne verse pas de dividende à ses actionnaires. Le numéro deux de Verizon, Lowell McAdam, a indiqué fin janvier que l’opérateur mobile pourrait payer à la fin de l’année « un dividende juste ». Les dirigeants de Vodafone ne semblent pas prêts à se séparer d’un actif qui ne devrait plus tarder à porter ses fruits.

 

 

04/04/11 | 12:20 | mis à jour à 13:01 | Guillaume de Calignon

 

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À propos de Maï SALAÜN

Tous les grands qui ont réussi dans le passé ont été des visionnaires, des hommes et des femmes qui se sont projetés dans l'avenir. Ils ont pensé à ce qu'ils pourraient être, plutôt qu'à ce qu'ils étaient déjà et ensuite, ils se sont mis en action pour faire de leur vision une réalité. Femme libre indépendante intolérante indécente incandescente. Une extrémiste de l amour et totalement conformiste sur la vie avec une arme de destruction massive : le facteur travail. J'ai les goûts les plus simples du monde, je ne me contente que du meilleur.

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