UMP: Sarkozy et Fillon veulent éviter le morcellement, en passant par le parti radical, Fillon et Borloo, Maï SALAÜN

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Les proches de Sarkozy assurent que Borloo n'osera pas se présenter en 2012.
Les proches de Sarkozy assurent que Borloo n’osera pas se présenter en 2012.Crédits photo : Gregoire Elodie/Abaca

Les élections cantonales ont révélé les différentes sensibilités qui existent au sein de l’UMP. Borloo et les centristes agacent particulièrement.

«Je n’ai pas vraiment vu d’appétence pour le centre dans ce premier tour de scrutin!» Depuis le début de la semaine, Nicolas Sarkozy ne cache plus son agacement envers les centristes –Jean-Louis Borloo en tête- qui critiquent l’ambiguïté de la ligne du «ni-ni» (ni FN ni front républicain) fixée par l’UMP pour le deuxième tour des cantonales. Le chef de l’État a également gardé en travers de la gorge l’abandon de l’extension de la déchéance de la nationalité, voulu par les centristes. Et il déplore que ces derniers «ne se soient pas félicités de l’action de la France en Libye, au secours des droits de l’homme». «C’est bien, de critiquer, mais c’est bien aussi de s’exprimer quand les choses vont bien», s’agace un conseiller élyséen, qui nuance toutefois: «Le président voit régulièrement Jean-Louis Borloo, il sait ce qu’il pense. Et Jean-Louis fait ce qu’il veut. C’est la diversité.»Reste que le centre en général et Borloo en particulier sont devenus un caillou dans la chaussure du président. L’hypothèse, qui fut un temps examinée à l’Élysée, d’une candidature centriste destinée à apporter un réservoir de voix à Sarkozy pour le deuxième tour de la présidentielle, n’est plus d’actualité. Pour 2012, les calculs ne se concentrent plus sur le deuxième tour, mais sur le premier. «Il faut déjà arriver au deuxième tour!» s’inquiète un proche du président.

Les résultats du premier tour des cantonales, qui enregistrent un recul de l’UMP et une poussée du FN, ont -s’il était besoin- ôté les derniers doutes. Sarkozy est désormais convaincu qu’il doit être le seul candidat de droite en lice. Et que Borloo doit «rester dans la famille». «Il ne faut pas balkaniser l’UMP!» a tranché, il y a peu, le président devant l’ex-ministre centriste Marc-Philippe Daubresse, qui vantait les bénéfices d’une candidature Borloo au premier tour de la présidentielle. «Il faut rassembler au maximum au premier tour», confirme un conseiller élyséen. Méthode Coué ou pas, les proches de Sarkozy assurent que Borloo n’osera pas se présenter en 2012. «Borloo, c’est “retenez-moi ou je fais un malheur”, mais c’est surtout “retenez-moi bien”! ironise un très proche du président. Si Sarkozy lui demande de ne pas y aller, il sera soulagé!» D’autres soupçonnent le président du Parti radical d’essayer de faire monter sa cote: «Il veut se vendre à la hausse, être le dernier premier ministre du quinquennat», grince un ministre.

Au-delà de la question d’une candidature centriste en 2012 se pose la question du fossé qui se creuse entre les différentes sensibilités de la majorité. «En cas de défaite de Sarkozy en 2012, l’UMP implosera, c’est une évidence», confient plusieurs ténors de la majorité. Un risque que le premier ministre François Fillon a bien compris: depuis le discours présidentiel de Grenoble sur la sécurité, qui a braqué les centristes, il n’a de cesse d’envoyer des signaux à ces derniers, tentant de se poser en rassembleur et garant de l’unité.

Ne pas le «chevènementiser»

Ce faisant, il en profite pour imprimer sa marque. Tout en empêchant que Borloo préempte un certain nombre de thématiques: «La difficulté pour Sarkozy et Fillon, c’est de ne pas “chevènementiser” Borloo, note un conseiller. Il ne faut pas lui offrir une posture crédible dans le débat politique, éviter qu’il puisse se positionner sur le terrain des valeurs.» La prise de position de Fillon, appelant lundi soir à voter «contre le FN», visait de fait à rassembler les points de vue, alors que Borloo venait de dénoncer l’ambiguïté de la ligne du «ni-ni» fixée par l’UMP.

De leur côté, les proches du président veulent se rassurer: «Pour la campagne, on marchera sur les deux jambes: le régalien (immigration, sécurité) et la cohésion sociale (emploi)», promet l’ancien ministre Brice Hortefeux.

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À propos de Maï SALAÜN

Tous les grands qui ont réussi dans le passé ont été des visionnaires, des hommes et des femmes qui se sont projetés dans l'avenir. Ils ont pensé à ce qu'ils pourraient être, plutôt qu'à ce qu'ils étaient déjà et ensuite, ils se sont mis en action pour faire de leur vision une réalité. Femme libre indépendante intolérante indécente incandescente. Une extrémiste de l amour et totalement conformiste sur la vie avec une arme de destruction massive : le facteur travail. J'ai les goûts les plus simples du monde, je ne me contente que du meilleur.

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