Accompagner une démocratisation dans le monde arabe, préalable au processus de paix, est-ce possible et souhaitable ?

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Accompagner une démocratisation dans le monde arabe, préalable au processus de paix, est-ce possible et souhaitable ?

La crise et les bouleversements qui s’annoncent partout dans le monde arabe sont un vecteur d’inquiétudes, pour la communauté diplomatique, autant que d’opportunités. Encore faudrait-il y voir clair et dissiper les premières pour renforcer résolument les secondes.

A l’heure où nous écrivons, des sites internet égyptiens ont diffusé l’information – qui, aussi bien, pourrait n’être qu’une rumeur destinée à galvaniser les foules –  selon laquelle, le fils héritier du trône d’Egypte, Gamal Moubarak, se serait enfui à Londres avec sa famille. D’autres soupçonnent qu’il aurait été victime d’une tentative d’empoisonnement. Si cela s’avérait confirmé, la situation y serait donc beaucoup plus dramatique que ne l’ont rapporté les médias occidentaux, minimisant à dessein l’ampleur des manifestations.

D’autre part, les Frères Musulmans, puissants dans ce pays, ont appelé,  jusqu’à présent, leurs fidèles à se tenir à l’écart des protestations. Sans doute, pour mieux profiter ultérieurement de la suite des évènements, comme ce fut le cas en Tunisie, par des tentatives de « récupération » de revendications économiques propagées par les jeunes diplômés sans avenir sous ces régimes. Mohammed El-Baradei, le protecteur du programme nucléaire iranien, appelle à manifester et attend son heure. Au Caire et Alexandrie, Suez, jusqu’à présent, ce sont essentiellement les mêmes classes jeunes et éduquées qui mènent la danse contre le pouvoir. Toute déstabilisation peut avoir un effet-boomerang (modèle iranien ou turc).

Dans les chancelleries, alors qu’Hilary Clinton soutenait, hier soir, le gouvernement Moubarak en appelant à la retenue, Michèle Alliot-Marie optait pour la prudence que la France n’a pas su manifester à l’égard de la Tunisie : le Quai d’Orsay, soudainement « moderniste », a appelé à « plus de démocratie » en Egypte. Pour faire bonne mesure, N. Sarkozy, visiblement dépassé par les évènements, s’adonnait au sport favori des diplomates : l’instrumentalisation des “blocages du processus de paix” qui feraient du Liban, sa “victime collatérale”! La politique-gadget de Monsieur Sarkozy ne saurait être à la hauteur de la crise libanaise, pure conséquence d’enjeux internes et des volontés de domination de son allié Assad et de son ennemi l’Iran…

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